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Qu'est-ce que c'est le BreathPlay?
Il y a plus de 40 années, quand je faisais du surf sur les vagues gigantesques de Hawaii, j'ai découvert que j'avais beaucoup plus de la puissance pour pagayer dans les vagues si j'utilisais des expirations fortes concentrées sur les mouvements des bras. C'était une technique pour faire du surf, et je ne pensais pas du tout qu'elle serait pour moi, beaucoup plus tard, la base d'une méthode de respiration pour faire des sports de l'endurance et du sport en général.
Il y a presque 30 années, tout à fait par hasard pendant la même semaine que mon deuxième livre, Yoga and the Athlete, était publié, j'ai découvert la fascination de s'étirer avec la musique. Parce que mes enseignants du yoga étaient peu réceptifs à l'idée, j'ai décidé de faire des études de la danse, bien que j'étais le seul homme dans mes classes.
La danse est différente des sports comme le surf ou le vélo, dans lesquels il n'y a pas besoin de contrôler le mouvement si précisément. Quand on fait du surf, c'est la vague qui détermine le mouvement. On répond toujours aux changements de la vague. Quand on fait du vélo, c'est les pédales qui déterminent le mouvement. Il faut essayer de faire des cercles parfaits dans le pédalage.
Mais quand on danse, il n'y a que l'espace et la pesanteur. Le challenge de la danse est de contrôler le mouvement sans l'aide, par exemple, de l'énergie extérieure d'une vague ou de la forme circulaire et mécanique du pédalage.
La danse, c'est la discipline du mouvement le plus pur. Bien que les danseurs et danseuses ont l'aide des barres et des miroirs pour l'entraînement, le centre dintérêt est exclusivement dans l'intérieur du corps. La danse a l'air de la grâce et de la facilité, mais c'est très trompeur. Elle a cet air parce que elle est basée sur une grande puissance et un contrôle extraordinaire.
Quand je suis retourné au vélo adulte, je faisais intensivement des études de ballet classique. Quelque fois chaque semaine, j'ai pris des cours de ballet. Tous les jours de chaque semaine, je faisais du vélo dans les montagnes de Santa Cruz. J'ai fait du vélo essentiellement comme danseur classique, et l'aspect athlétique venait seulement en deuxieme place.
A ce moment là, je faisais du BreathPlay depuis quatre ans, et j'utilisais chaque expiration pour faire la pompe pelvienne. C'est-à-dire que dans l'expiration, en tirant mes abdominaux vers la colonne vertébrale, je basculais mon pelvis vers l'avant. C'était comme ca le mouvement du pelvis aidait les poumons à expulser plus d'air. J'ai trouvé que cette mobilisation du pelvis par la respiration a amélioré ma course à pied.
A cause des classes de ballet, j'ai ajouté l'allongement de la colonne vertébrale à la pompe pelvienne. En fait, l'allongement de la colonne vertébrale est devenu un développement, une amélioration, de la pompe pelvienne. En plus, j'ai ajouté la technique de ballet qui consiste à fermer la cage thoracique avec l'expiration.
C'étaient des améliorations significatives. A cause de la combinaison entre l'étirement des abdominaux vers ma colonne vertébrale et ensuite la fermeture de la cage thoracique, j'ai atteint un volume d'expiration encore plus grand qu'avant. Bien sur, une expiration plus grande veut dire une inspiration plus grande. En fait, le volume de l'inspiration est toujours égal au volume de l'expiration.
On peut respirer un volume plus grand d'air de deux manières. Normalement, un athlète va inspirer plus fort quand l'effort devient plus dur, mais un athlète qui est aussi un BreathPlayeur au lieu de faire ça, va expirer plus fort et inspirer passivement. C'est l'arme secrète. Ce changement si simple et si inattendu fait toute la différence, particulièrement en combinaison avec les schémas de respiration de BreathPlay, dans lesquels l'expiration est toujours plus longue que l'inspiration, et les cadences de chaque cycle complet de respiration sont toujours un numéro impair.
J'ai toujours roulé seul, parce que j'étais fasciné par cette recherche, et je ne voulais pas de toute la distraction d'un compagnon. Pour beaucoup de mois, j'ai roulé seul, un BreathPlayeur danseur. Sur la route des montagnes, je n'ai jamais vu d'autres cyclistes.
Un jour, pendant une longue escalade qui passait à travers des arbres denses, j'ai vu un cycliste sur la route devant moi. Tout de suite, j'ai décidé de le rattraper ; alors, j'ai commencé une accélération lente. Je ne pouvais que le voir de temps à autre, parce que la route avait beaucoup de virages. Chaque fois que je le voyais, il était plus prés. En moins de 5 minutes j'étais seulement 50 mètres derrière.
Mais quelque chose la mis en garde. Tournant sa tête, il m'a vu. Toute de suite, il a accéléré très fort, creusant rapidement un écart entre nous.
« Ah bon ! », pensais je « C'est plus intéressant ! » Au bout de 10 autres minutes, je roulais à coté de lui. Il a ouvert très grands les yeux, et il m'a dit, avec étonnement, « Qui êtes vous ?! »
Ce cycliste s'appelait Bill Robertson, et il m'a dit plus tard qu'il était dans l'équipe Talbott. Quelqu'un m'a dit que c'était un protégé de Eddie B, l'entraîneur de l'équipe olympique des Etats Unis. Il était étonné parce que normalement personne ne pouvait le rattraper, et je l'avais fait assez vite.
C'est comme ça que j'ai appris que mon BreathPlay de danseur m'avait rendu très fort sur un vélo. Je pense que c'est très significatif. En 1972, j'ai couru un marathon en 2 :33. Ce n'est pas mal, mais ce n'est pas particulièrement bon non plus. Cette fois là quand j'ai rencontré Bill Robertson j'ai eu la première confirmation que BreathPlay m'a aidé à devenir un athlète de l'endurance beaucoup plus fort.
Quelques années plus tard, quand j'étais partenaire de l'entraînement de John Howard pour la RAAM 1982, je me suis rendu compte que je roulais confortablement avec un cycliste de niveau mondial. C'est vraiment étonnant. Avant BreathPlay, j'ai remporté un succès modeste comme coureur, mais après BreathPlay, j'ai pu rouler avec un des cyclistes les plus forts du monde.
Je ne vous dis pas cette histoire pour me vanter. Ce n'est pas mon genre ; cela concerne BreathPlay, cette idée très inattendue mais également très puissante. J'ai eu la bonne chance d'avoir une suite dépiphanies qui m'a mené au développement de BreathPlay.
John Howard m'appelle « entraîneur iconoclaste » parce que le BreathPlay est une idée iconoclaste. Cette idée ne va pas du tout intéresser les dilettantes, mais elle va beaucoup intéresser les enthousiastes vrais du vélo. Bien que BreathPlay soit controversé, il a fait ses preuves. Il faut naturellement que d'abord on prenne le temps de l'apprendre, mais si vous développez les compétences fondamentales, vous aurez sans faute des résultats étonnants.
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