CR Citou !
Après Albine, où j’ai fini complètement trempé, je ne pouvais pas partir le lendemain matin étant donné que mes chaussures, coudières, genouillères, sac à dos devaient sécher. Le soleil du sud mettra la matinée à faire son travail, ce qui m’arrange vu que les cuisses brûlent un peu après les 2400m de D+ de la veille.
Je me mets donc en route pour Citou, spot recommandé là encore par Petoulachi, sur des traces construites sur base de traces de PVCR si j’ai bien compris
Bref, merci à eux deux
. Le trajet se fait via des toutes petites routes, et la trace a beau être juste sur l’autre versant de la Montagne Noire effectué la veille, il me faudra 45 minutes pour arriver au point de départ. Ce trajet se passe sans croiser un village ou presque, on est exclusivement en forêt et je n’ai même plus de réseau. Citou est du même acabit, tout petit village où on peut arriver à se demander qui vit là… Bref, le plus important c’est le spot VTT promis par Petou ! Selon lui, c’est différent d’Albine, plus de cailloux, plus de pentes, plus technique. Vu que j’ai trouvé Albine « facile », entendez par là que ça ne présente pas de difficultés techniques insurmontables pour qui fait du VTT all Mountain depuis un moment. Il y a évidemment moyen de se prendre une taule car on est vite grisé par la vitesse. Bref, place à Citou !
Je prends la plus longue trace, une quarantaine de kilomètres pour environ 1800m de D+ Vu que je démarre tard, il est 13h30, je ferai l’impasse sur la petite boucle du début pour attaquer une longue montée sur route. Je le réaliserai plus tard mais en fait la fin est la même route infâme montée la veille sur Albine pour rejoindre la DFCI où j’ai fini par faire du portage. Vu la sortie de la veille, je mouline et dès que je sens que je force sur les cuisses, je passe le pignon supérieur. Pas trop mal comm tactique, ma fréquence cardiaque se stabilise entre 120 et 130, parfait ! La fin se fait sur une DFCI et au total je grimpe quasi 600m de D+ en 11 kilomètres.
Me voilà fin prêt pour la première descente qui commence dans la même tourbe qu’à Albine. C’est jouissif, la première partie est un single flowy avec de whoops, des racines bien mises, bref un bonheur entre les arbres. On arrive assez vite sur la DFCI pour retrouver la suite après une brève montée. Là le paysage change un tout petit peu avec un peu de caillasse au milieu de la terre mais ça reste flowy et super agréable malgré quelques sections très pentues, ce qui n’a pas ma préférence. Mais dans l’ensemble, ce single est génial car il alterne de la pente, des virages rapides, de la ligne droite, des bosses, un pur régal.
On arrive alors au bout de cette partie et on remonte légèrement au milieu d’un sentier qu’il devient difficile de voir vu que la végétation semble avoir repris le dessus. A la fin de cette partie on attaque, du pentu, du très très pentu. Petou adore ça, moi moins et ce qui devait arriver arriva, une gamelle. C’est une portion raide, le segment s’appelle d’ailleurs « pentu lespi », dans la terre et les racines au bout de laquelle, il y a un virage à 90 degrés. La pente est selon Strava de 39% et ça ne m’étonne pas. Je suis à fond sur les freins, le vélo dérape, je le maîtrise mais au moment de tourner, je perds l’avant et je passe au-dessus du vélo. ET ICI, LISEZ BIEN CEUX QUI ROULENT SANS CASQUE INTEGRAL.
Je pars la tête la première, et la mentonnière tape la terre avec une force, au point que le bout « mou » de mon nez se bouffe la terre aussi. Le bout des narines est un peu « brûlé », ce qui témoigne du choc. Je n’ose pas imaginer les dégâts sans casque intégral. C’est la deuxième fois que la mentonnière me sauve, remember les terres noires en juin 2022. Evidemment les genouillères et les coudières prennent cher aussi mais après quelques minutes d’étourdissement, je me fais un « health check » et il n’y a rien de cassé, pas même une égratignure, merci la tourbe. Au final, c’est juste le choc qui a été assez violent qui m’a ébranlé quelques minutes.
J’arrive sur une DFCI et j’entame une remontée pas trop longue d’environ 250m de D+. La descente qui suit se fait en plusieurs temps. La première partie est à nouveau composée de tourbe, de racines et de quelques cailloux. C’est flowy, agréable, rapide, pentu juste comme il faut. J’arrive alors sur une DFCI et je cherche la suite du single. Là encore la végétation cache le single et en regardant la trace sur le GPS je le trouve enfin. Ici le décor change. Davantage de cailloux, de pierres, des tuiles et une portion d’épingles jouissives dans la pente. Je les passe toutes : soit j’ai progressé, soit le Santa me va mieux que le Jeffsy, ou les deux. Ensuite, il y a un long single moins pentu qui est assez agréable où il faut jouer de la pédale pour maintenir le rythme. Il se finit le long d’un mur avec à droite… le vide. Le problème c’est que des ronces venant du mur donnent l’impression de vouloir vous expulser du single. Ce sera au final la partie la plus dangereuse de ce fabuleux single que j’ai adoré.
J’arrive alors dans le hameau de Rieussec, un peu en-dessous de Citou. Je monte ensuite une route et ensuite une DFCI qui me mèneront vers le départ des deux dernières descentes. Vous l’aurez compris, je remonte deux fois par là. Contrairement à certains, ça ne me dérange pas de monter sur route et ça se fait assez bien. Pour arriver à la première montée, il faut grimper 270m de D+, la fin sur DFCI donc. Cette troisième descente se fait quasi exclusivement dans de la caillasse, les tuiles volent sous le vélo et elle est très fun. Ca alterne des épingles, des virages, des lignes droites rapides et des drops où il vaut mieux tirer le vélo qu’enrouler, ce que je fais sur conseil préalable de Petoulachi. Bref énormément de fun et de défi technique car en soi, elle n’est pas facile.
Je me retrouve donc à Rieussec à nouveau et je remonte via la même route. Le passage sur DFCI est beaucoup plus long et le paysage est magnifique en cette fin de journée. Je remonte ici de 350 mètres pour attaquer la « DH Rieussec ». C’est un peu le même style que la précédente mais plus longue, avec pas mal d’épingles, de la pente, le tout dans des cailloux, des tuiles. C’est là aussi jouissif et je me rends compte que je maîtrise de mieux en mieux le Santa Cruz. Comme me l’avaient fait remarquer hdb et Nark, il faut charger l’avant pour optimiser l’efficacité de l’arrière. Je le fais de plus en plus et ça marche du tonnerre. Le vélo se pilote presqu’ai millimètre et je prend un plaisir fou… J’arrive à nouveau à Rieussec et je rejoins tranquillement Citou par la route.
Je finis cette sortie avec 1600m de D+ pour un peu plus de 43 km. La trace : https://www.strava.com/activities/9221364538/
Citou est vraiment très différent d’Albine, c’est plus sauvage, plus brut de décoffrage et bien plus technique. C’est un terrain exigeant qui nécessite de la dextérité, de la concentration… et un casque intégral
Blague à part, j’ai adoré cette trace mais ce jeudi je suis retourné à Albine. Pourquoi ? Parce qu’après une semaine de roulage, je suis émoussé et je préfère refaire les singles flowy et shapés d’Albine que les sentiers plus sauvages exigeants de Citou. J’avais peur que ce soit la sortie exigeante de trop qui se finisse mal
A Albine, j’ai optimisé pour faire les plus belles descentes. Ca fait quand même une sortie à plus de 1600m de D+ et 37,5 km.
Citou et Albine, il faut y faire une Kiroule, c'est impossible de passer à côté de ces deux spots l'un à côté de l'autre !
C’est en définitive une belle semaine qui s’achève avec 6 jours de roulage sur 7 jours :
263 km au total
10157 m de d+
Mon record je pense.
Là je retourne dans ma Belgique mais évidemment je reviendrai 