Wunderlich | cartemere a écrit :
J'ai dit l'église
Qui indique quand même que le préservatif n'est pas un moyen de se prémunir contre le sida (du moins certaines sources au sein de l'église, puisque comme pour tout d'autres sources disent le contraire), que c'est pas fiable, que le virus est plus petit que le latex, etc.
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Au temps pour moi Comme certains disent : "la pensée du Pape, c'est celle de l'Eglise, et réciproquement"... j'ai fait le raccourci!
L'Eglise (et non "l'église" d'ailleurs - qui est le lieu dans lequel les cathos vont prier tous les dimanches, l'Eglise représentant l'ensemble de la communauté catholique) n'a jamais dit que le préservatif n'est pas un moyen de se prémunir contre le Sida, elle considère que ce n'est pas le SEUL moyen, et qu'on peut parfaitement adopter une attitude autre, à savoir l'abstinence, qui est quoi qu'on en dise la meilleure prévention contre le SIDA.
Se protéger lors d'un rapport à risque, c'est bien, et même indispensable. Mais éviter un rapport à risque, c'est mieux.
Après, il existe toujours des personnes pas très futées qui sortent le plus sérieusement du monde que le virus passe à travers le latex du préservatif, et que donc le préservatif ne protège pas du tout du sida
BAKA a écrit :
Je veux bien entendre qu'un préservatif n'est pas fiable à 100%, mais qu'on m'explique aussi ce qui a arrêté l'épidémie en France: rendre plus courant l'usage du préservatif, ou le retour à des relations humaines authentiques?
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Certes, en France, le préservatif a joué un grand rôle dans la lutte contre le Sida, notamment grâce aux campagnes de sensibilisation et d'information, à son accès évidemment très facile (il suffit de se rendre au supermarché ou à la pharmacie du coin), et à son prix tout à fait abordable pour l'immene majorité des Français. Mais il s'est d'une certaine façon érigé comme un "dogme", où considérer que l'abstinence et la fidélité sont des valeurs complètement dépassées et obsolètes... alors qu'elles sont aussi quelques part un moyen efficace d'éviter les rapports à risque.
cartemere a écrit :
oui Et en faisant le parallèle : la ceinture de sécurité n'est pas efficace à 100% en cas d'accident, donc ça ne sert à rien : n'utilisez plus votre voiture, et déplacez-vous à pieds...
l'exemple est totalement débile parce que c'est moi qui le sort, mais si ça venait d'une haute autorité de l'église j'ai l'impression que beaucoup seraient prêts à me sortir des articles sur les bienfaits de la marche à pieds
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Ce n'est pas tant la fiabilité du préservatif qui est mise en cause dans le discours de l'Eglise (sauf si certains disent malheureusement n'importe quoi), mais plus les effets néfastes que peuvent avoir l'usage du préservatif, qui finit par "banaliser" l'acte sexuel du fait du sentiment de sécurité que le préservatif apporte.
Dans ta "métaphore", tu considères que la relation sexuelle via le préservatif est beaucoup plus "moderne" que la volonté de s'abstenir.
Or l'abstinence est tout aussi possible et "recevable" que d'opter pour la relation sexuelle via préservatif...
Edit: et pour donner une autre analogie : Pour lutter contre les dangers potentiels de la route, ce n'est pas uniquement une campagne de publicité vantant les mérites de l'Airbag qui est nécessaire, mais aussi une formation/éducation efficace permettant aux conducteurs de mieux se comporter sur la route et d'adopter une conduite responsable
Ca peut paraître grotesque dit comme ça, mais ça peut aussi permettre de mieux faire comprendre des propos trop souvent incompris... Du moins, l'abstinence n'a rien de désuet, has been, obsolète face à la possibilité de saÏkser quand bon nous semble.
Et chacun est parfaitement libre de faire comme il l'entend. Ce n'est pas acceptable d'affirmer que l'abstinence et la fidélité sont désuets et dépassés dans notre société moderne qui a largement libéralisée les moeurs. Tout comme ce n'est pas acceptable de dire que la capote est dangereux en soit, parce qu'elle n'est pas fiable à 100% ou de donner des leçons de morale à ceux qui l'utilisent (chacun fait comme il l'entend en son âme et conscience)
Encore une fois, le discours de BXVI s'adressait surtout à la Communauté Africaine, et bizarrement, dans son ensemble, elle a plutôt bien accueilli son discours...
Comme quoi les valeurs de l'abstinence et la fidélité ne sont pas partout tombés en désuétude...
Voici d'ailleurs un petit rappel que je me permets de poster :
Citation :
SIDA : Communiqué de la Fédération africaine d’action familiale (25 mars 2009)
« Les jeunes n’ont pas besoin d’adultes qui leur distribuent des préservatifs et des pilules. Il y en a déjà suffisamment. Ce qu’ils cherchent c’est des adultes heureux dans leur sexualité et qui les aident à vivre des relations vraies », affirme la Fédération africaine d’action familiale, dans ce communiqué sur la polémique soulevée par la déclaration du pape Benoît XVI sur le SIDA, lors de son voyage en Afrique
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POLEMIQUE SUR LA DECLARATION DU PAPE SUR LE PRESERVATIF
A-t-on bien compris ce que voulait dire le Saint Père ?
Les 30 organisations membres de la Fédération Africaine d’Action Familiale n provenance de 20 pays Africains suivants : Burundi, Burkina Faso, Cameroun, Togo, Côte d’Ivoire, Tanzanie, Ouganda, Rwanda, République Démocratique du Congo (RDC), Nigeria, Madagascar, Ile Maurice, Malawi, Afrique du Sud, Sénégal, Soudan, Zimbabwe, Tchad, Kenya, tenons a exprimé notre opinion sur a polémique autour du préservatif.
Ce que nous avons entendu de la déclaration du Saint Père : le sida est un véritable fléau. Il nous invite plus que jamais à humaniser a sexualité et à accompagner les personnes malades et nous dit que ce fléau ne peut être résolu par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème.
Il n’est pas de notre ressort de commenter cette déclaration ni sur le fond ni sur la forme. Nous profitons de la polémique suscitée pour livrer notre point de vue qui s’appuie sur des observations sur le terrain. En effet, nous rencontrons beaucoup d’Africains jeunes et moins jeunes qui sont convaincus que la solution pour combattre le VIH/SIDA ne se trouve pas dans le préservatif mais dans l’éducation à la sexualité. De nombreuses générations ont assimilé le continent africain à un havre de riches cultures traditionnelles et de modèles à l’épreuve du temps en matière de respect des valeurs familiales. Dans bon nombre de nos traditions, il s’agit essentiellement pour cette éducation de faire vivre une sexualité épanouie, et un amour véritable, préparant à un mariage heureux et à une fécondité physique et spirituelle. Cette conception de l’éducation tend à faire de l’homme un adulte libre. Notre entendement de la notion de « sexualité humanisée » dont parle et a encore parlé Benoît XVI s’appuie sur le fait que l’éducation doit tenir compte du fait que la sexualité ne se limite pas à la biologie ou à la génitalité. C’est un apprentissage à la vie ayant donc une dimension à la fois sociale, sacrée et religieuse. Elle vise à présenter l’amour vrai et, elle repose sur une confiance et une acceptation mutuelle.
Il ne s’agit certes pas de refuser le progrès car comme le dit un proverbe Kongo, « si tu changes de pays change aussi de façon de vivre ». mais sachons aussi « qu’un arbre ne tient pas sans racine » (proverbe mandingue.) Dans sa recherche d’un nouveau mode de vie cohérent et acceptable, l’homme africain aujourd’hui, situé dans la visée d’une combinaison harmonieuse du complexe socio - culturel traditionnel qui continue de structurer sa personnalité , et des apports modernes ne gagne t-il pas à garder les qualités des anciens et y ajouter les valeurs modernes, en rejetant les défauts des deux. Parmi les apports de la modernité figure le préservatif.
Mais tout ce qui est moderne n’est pas forcément le meilleur. C’est là l’opposition entre l’abstinence encore largement pratiquée et la distribution facile, voire agressive des préservatifs. La distribution abusive, incontrôlée, sans discernement des préservatifs déresponsabilise et favorise chez les jeunes une vie sexuelle désordonnée.
Nous souhaiterions que les organisations internationales soient à l’écoute des Africains qui désirent faire appel à un certain sens de la dignité humaine dans la manière de vivre la sexualité. L’éducation à la responsabilité, au sens de sexualité, à vivre l’amour dans toute sa dimension intéressent les jeunes Africains. Les jeunes ont besoin de références et surtout de modèles cohérents et vivants. Nous ne devrons donc pas avoir peur de leur dire ce que nous pensons. Il ne s’agit pas de faire de la démagogie. Ne pas oser demander des efforts aux gens et ne pas s’il le faut proposer un idéal exigeant , ce n’est pas les respecter. Surtout c’est croire les jeunes incapables d’aimer. Les jeunes n’ont pas besoin d’adultes qui leur distribuent des préservatifs et des pilules. Il y en a déjà suffisamment. Ce qu’ils cherchent c’est des adultes heureux dans leur sexualité et qui les aident à vivre des relations vraies.
De fait, dans un pays comme l’Ouganda, c’est grâce à une campagne d’éducation en vue d’une abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage que le taux de propagation de l’épidémie a sensiblement baissé ces dernières années. La revue scientifique américaine Science no 304 a publié le 30 avril 2004 .un article de deux chercheurs de l’université de Cambridge, Rand L. Stoneburner et Daniel Low-Beern sur l’efficacité de la lutte anti-SIDA en Ouganda. Selon les deux hommes, la baisse du SIDA dans ce pays s’explique par une campagne unique en son genre. Le message diffusé dans la population insiste sur la morbidité élevée due au SIDA et le mode de transmission du virus responsable, essentiellement sexuel. Mais l’originalité de la démarche, et son succès, vient de la promotion de la fidélité et de l’abstinence, au lieu des traditionnels préservatifs et test de dépistages.
Pour prévenir l’expansion du sida d’une manière durable, il faut croire en la capacité des jeunes de vivre une sexualité épanouie et responsable dans les paramètres de la fidélité et de l’abstinence. Le changement de comportement auquel sont conviés les jeunes est un processus à promouvoir et par les adultes et par les jeunes eux-mêmes.
Aidez-nous à garder nos valeurs
Quant à nous, Africains, ne nous trompons pas de combat
Danièle Sauvage
Présidente de la FAAF
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Ce point de vue est en parfaite cohérence avec les déclarations de Benoit XVI. |