r06 a écrit :
Non j'ai lu, mais c'est cool il s'en sort bien mais je suis désolé je trouve pas ça totalement ouf surtout vu ou il est arrivé.... Je veux dire il a pris des chemins détournés en créant des boites et en suivant sa copine sans job, mais là il est que un employé lambda...
Je trouve ce que tu fais (les exams en parallèle du taf et de la vie de famille) bien plus impressionnant...
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Employé oui, mais par choix. C'était pas le cas les 2 dernières années. Et j'ai pas arrêté car ca ne marchait pas, c'était très lucratif.
Bon, je vais raconter l'autre partie du risque dans ce qu'on a fait : le visa de travail. Car ma première partie etait très orientée boulot.
Mme a passé des entretiens dans différents endroits et a globalement été acceptée partout. On a donc eu une discussion de couple sur où aller. Au menu : Christchurch, NZ, Londres, Manchester, Washington DC et San Diego.
La NZ me tentait énormément pour le côté atypique. J'ai regardé les offres d'emplois en info dans mon domaine, il y en avait qu'une. Du coup j'ai mis mon veto. L'Angleterre ? Penser partir à l'étranger pour simplement traverser la manche, se taper le temps de merde et la bouffe degueulasse ? Non merci. Manchester etait son 1er choix a elle d'un point de vue scientifique. J'aurai été prêt à faire l'effort si on n'était pas tombé d'accord.
On est donc tombé d'accord sur San Diego.
Les lecteurs attentifs remarqueront que SF n'est pas dans la liste.
Elle avait passé son interview sur SD ( techniquement La Jolla ) début décembre. Les gens étaient en short, le campus est magnifique. Elle avait vu les surfeurs et savait que je m'y plairais
Résultat elle donne son accord et la date de début est fixé pour 4 mois plus tard, temps nécessaire pour obtenir son visa. 2 mois après le début des démarches, on apprend que son labo déménage à SF avec le choix de dire non ou de suivre.
Je me suis rattaché au sien. Il faut savoir que techniquement, je n'avais pas le droit de travailler en arrivant. Il me fallait faire une demande, qqs mois après l'arrivée sur le territoire. La demande doit justifier pourquoi et ne surtout pas dire que c'est pour l'argent, puisque le détenteur principal du visa s'est engagé à avoir les ressources financières pour la famille. Le risque de de refus est faible, mais tant que tu n'es pas accepté, il y a toujours une crainte.
Ce visa à une énorme influence : elle ne pouvait pas changer d'employeur. Si elle quittait son job ou se faisait virer, on avait 1 semaine pour quitter le territoire avant de se retrouver en situation illégale vis à vis de l'immigration. Et sa pute de boss, qui n'embauchait globalement que des étrangers, s'est révèlée etre une psychopathe qui jouait énormément la dessus..
On a eu plusieurs discussions pour savoir si on lâchait tout ce qu'on avait commencé à construire ( ma startup qui était en phase de levée de fond, son postdoc qui n'avait pas abouti encore a une publication.. ).
C'est pour ça que lorsque ma startup s'est arrêtée, j'ai voulu trouver au plus vite un job dans une boîte prête à me payer mon propre visa ( pour limiter les risques de déportation et enlever un peu de poids des épaules de Mme ) et une green card ( pour qu'on n'est plus besoin de visas ). Ca limitait partiellement les boîtes prêtes à m'embaucher ( on doit approcher des $20k de frais pour le tout ).
Les choses s'arrangent globalement pour nous apres des années à bosser, et on commence a récolter le fruit de notre travail. Je trouve une boîte en étant correctement payé ( > $100k ), elle publie son premier papier dans un journal correct. J'ai obtenu mon visa, donc si elle a un soucis, on n'est plus dégagé du territoire en 1 semaine. La procédure pour la GC débute. A ce moment, ça peut prendre 1 an comme 5 ans...
Et la, tout bascule. La chef de Mme pete un câble et tente de virer Mme. Ca crée de multiples problèmes. L'un étant que si on sait qu'on ne risque pas de devoir quitter le pays, rattacher Mme a mon visa signifie qu'elle perd son droit au travail, mon visa ne permettant pas au conjoint de travailler. Plusieurs mois de galère, elle cherche un job pour se barrer, et finit recevoir une offre qu'elle ne peut accepter car elle n'est légalement pas autorisee à bosser.
Il faut savoir qu'à ce moment, c'est plus 2008 avec un flux migratoire négatif pour la SV. Les visas de travail disponibles pour l'année sont en nombre limité et sont tous alloués en moins d'une semaine.
On va avoir de la chance dans notre malheur. Moins d'1 semaine avant le début du nouveau job/fin de validité de la proposition d'embauche, ma procédure de green card passe à une étape qui donne un permis de travail à Mme..
Et la alors qu'on pourrait penser que tout s'arrange, il faut comprendre que les situations se sont inversées, et que c'est moi qui doit garder mon job pour qu'on puisse tous les 2 bosser et rester aux US.
Comme rien n'est simple, ça devient la grosse merde de mon côté. Je passe des mois dans une boîte devenue horrible, mon meilleur pote/collègue qui restait en partie pour moi finit par claquer sa dem du jour au lendemain.. On arrive à Noël, et la le vendredi soir du début des vacances, je vais sur le site de l'immigration complètement dépité pour regarder le statut de mon application et découvrir que ma GC etait acceptée. On a du m'entendre hurler dans tout le quartier.
Je suis revenu de vacances 10 jours plus tard, j'ai passé une semaine au boulot et un matin j'ai décidé que j'avais eu ma dose et j'ai claqué ma démission sans chercher de boulot. Parce que j'étais légalement en mesure de le faire...