Gilgamesh d'Uruk Lui-même | +skAArj+ a écrit :
J'avoue, le Judaïsme du moins. Mais Jésus était un humain et je ne me réfère pas spécialement à la bible, mais aux multiples représentation que de nombreux peintres ont fait de lui, etc... D'où vient le christiannisme alors si ce n'est pas le cas??
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Je pense qu'il n'y a pas besoin d'inférer l'existence d'un homme en particulier (YSW / Yeshua / Josué / Jesus le Nazaréen), même si elle est tout a fait envisageable.
Ca c'est un texte que j'avais écris pour fr.soc.religion. Je ne suis plus completement sûr d'être d'accord avec moi même , mais ça donne à voir. Disons qu'il y a a creuser sur la nature même des Evangiles. Je pense que le "point aveugle" des origines est là.
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Bonjour,
à force de rassembler des éléments de discussion de-ci, de-là, j'ai fini par composer un texte synthétique sur la thèse d'un récit évangélique hors Histoire
----- Qui est Jésus ? ------
Deux thèses radicalement opposées peuvent être prises en considération :
1 : Une thèse centrée sur le personnage, qu'on pourrait intituler : "Jésus : Histoire ou Mythe ?"
La thèse se base sur un ensemble de texte des Ie - IIe siècles, les Évangiles, largement postérieurs aux événements et dont la base serait une tradition orale voire des témoignages directs. Pour les plus sceptiques, il y a eu création d'un mythe autours d'un personnage héroïque.
Résumé : d'humbles pêcheurs auraient un jour rencontré un homme charismatique, jeune rabbi de Nazareth qu'ils auraient accepté de suivre. Quelques hauts faits plus tard, ce jeune rabbi est arrêté, jugé par le clergé juif qui le livre au bras séculier de l'occupant romain pour une crucifixion en règle. La suite appartiendrait à la Foi. Soit il est ressuscité, soit pas. De même pour les miracles.
Jusqu'à ce stade du scénario, croyants et athées trouvent un terrain d'entente : l'HISTOIRE, le récit, même un peu embellis et qu'un oeil critique peut, avec un brin d'intuition et de bon sens, redresser pour lui donner les dimensions du réel. Certes, croyants et incroyants s'opposent sur la réalité de l'événement fondateur de la Foi chrétienne, la Résurection, mais autrement ce scénario est consensuel est ceci qu'il fait appel à un corpus de faits peu contestés, à commencer par l'existence d'un certain Jésus de Nazareth.
2 : L'autre thèse est centrée sur les textes. Ils sont, ne l'oublions pas la seule et unique trace tangible du personnage. C'est par eux que tout commence. Avant de les lire, peut être faut-il commencer par savoir ce qu'ils sont. La thèse pourrait être
"Les Évangiles : Histoire ou Midrash ?".
Cette thèse est développée dans un livre appelée "L'Invention de Jésus" I et II, de Bernard Dubourg, Ed. Gallimard, Coll. L'Infini. L'auteur est un linguiste.
Il démontre que tous les exégètes, religieux ou non, en partant de l'hypothèse que les manuscrits ont été écrits en GREC, passent à côté des Evangiles.
L'hébreu est réputé langue morte à l'époque de Jésus. Il aurait parlé une langue transnationale sémite, l'araméen.
Dubourg prend le texte grec. Manifestement, se dit-il en linguiste, ce n'est pas un grec correct. La syntaxe est cacophonique, bancale. Par contre, on retrouve de fréquente clausules : ET il dit... ET il fit... qui rappellent l'usage du W (waw) hébreu. La forme syntaxique, pléonastique en grec : "Il répondit et il dit..." devient correcte passée à l'hébreu. D'autre part, un certain épisode relaté par Flavius Josèphe (jeu de mot échangé par des combattants hébreux lors du siège d'une ville) n'ont de sens que si les combattants de l'époque parlaient hébreu, et non araméens... Bref. Il appert, selon Bernard Dubourg que l'hébreu était bien la langue vernaculaire (courante) de l'époque et que le texte de rédaction original des Évangiles est sans nul doute l'hébreu.
Détail d'érudits, pinaillage de traducteurs ? Non. C'est le point d'ancrage de toute la thèse qui suit. Oh, et puis quand même : il n'est pas indifférent, croyant ou pas, de se faire une claire idée de la langue dans laquelle ont été écrits les textes fondateurs de la civilisation occidentale !
Voyons un peu le contexte "rédactionnel". A l'époque, en Palestine, les Juifs forment un peuple des plus lettrés, une oasis d'érudition dans un Empire comprenant moins de 1% de lecteurs. Le sujet de cette érudition, point de mire d'efforts séculaires : la Thora (Loi), dont le message tient en cette affirmation : "L'Eternel est Un". Le texte est sacré, inspiré de YHVH et écrit selon un mode de production qui est en même temps un mode d'interprétation, une exégèse ésotérique : la Kabbale (racine étymologique : "tradition" ). la Kabbale qui utilise à plein ce qu'autorise l'hébreu. C'est à dire beaucoup : acrostiche, homonymie, anagramme, gématria (interprétation de la valeur numérique des lettres/chiffres de l'alphabet)...
L'hébreu se prête particulièrement bien à ce type de manipulation, contrairement au grec, et plus généralement à l'ensemble des langues indo-européennes (sanskrit, latin, germanique, slave...).
D'abord, tout bêtement, l'hébreu ancien est une langue économe. Comme toutes les langues sémitiques, chaque mot comprend un "noyau", reprise plus ou moins déclinée d'un mot-racine, un "père de famille" sémantique. Ex : le même mot désigne le bois, l'arbre et par extension la croix. Cela lui donne un tour très concret : pour "émouvoir" l'hébreu dira "remuer entrailles". Ensuite, les voyelles n'étant pas écrites, les mots comptent peu de lettres (entre 2 et 5). Enfin, l'alphabet n'a que 22 lettres. D'où au final une langue naturellement portée sur le jeu de mots, l'anagramme, l'assonance, l'homonymie. Ex : LM (lem, le pain) signifie aussi lutte, massacre, d'où Bethléem, BTH LM = la maison du pain et pareillement la maison du massacre. Le Massacre des Saints Innocents pointe derrière le nom même de la bourgade
Chacune des 22 lettres de l'alphabet est à la fois une lettre, un mot et un chiffre. ' : ALP(aleph, le boeuf) = 1,
B : BTH (beth, la maison)= 2, etc. (Rem : l'identification du nom de la lettre avec un mot date sans doute de la création des signes alphabétiques proto-sinaïtique puis phéniciens à partir de hiéroglyphes égyptiens)
Voir ici pour le nom et la prononciation des lettres, ceux que cela intéresse. Rappel : l'hébreu se lit de droite à gauche
http://talmud.multimania.com/aleph/aleph.htm
Si deux mots ont la même valeur numérique, ils seront considérés équivalent par exégèse, procédé appelé gématria.
Voir ici l'exemple d'interprétation d'un mot :
http://www.alliancefr.com/judaisme [...] prenom.htm
Du fait de cette base d'interprétation, paradoxalement, le Texte, interprété au pied de la lettre - vraiment ! - se révèle indéfiniment ouvert à la recherche. Qu'on imagine sur ce simple exemple : ayant établit que "pierre" et "fils" sont équivalents car de même gématrie : 52, les rabbins "relisant" la Loi, font un "rechercher / remplacer" de "pierre" par "fils" et produisent un nouveau texte, à son tour ouvert à l'interprétation. Ils ne cherchent nullement par goût de la nouveauté à s'éloigner du Texte. Non ! A l'opposé, ils cherchent ce qui est DANS le texte car pour eux le Texte est en lui-même LA réalité. Il est plus réel que le monde sensible. D'ailleurs, l'hébreu ne se conjugue pas au passé / présent / futur mais au temps de l'accompli et de l'inaccompli. La narration est a-temporelle, vrai de tout temps.
Le résultat de cette exégèse se présente sous forme d'un midrash (racine DRS, chercher, fouiller, découvrir), c'est à dire un nouveau texte qui présente la "thèse" issues de la recherche exégétique sous forme d'une narration, avec ses personnages, ses dialogues, son intrigue, son dénouement. Le midrash n'a rien d'un amusement scolaire. Son objectif est véritablement de compléter la Thora.
La thèse est donc la suivante : les Évangiles ne sont ni le témoignage de disciples zélés, ni une tradition populaire tardivement transcrite (une saga), ils sont un produit de la littérature sacrée hébraïque, dans la droite ligne de la Kabbale.
Voici un indice une idée du procédé et du même coup des intentions implicites des Évangiles. Cela commence comme il se doit par une traduction en hébreu du texte. Il s'agit du célébrissime Prologue de l'Évangile de Saint Jean, qui a donné lieu à des tonnes d'interprétations philosophico-théologiques à base d'Être et de Logos grec : «Au commencement était le Verbe.»
Voici le texte en français, en grec et en hébreu (avec sa prononciation) :
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Jean 1,1
Au commencement était le Verbe > en arkhe en o logos > BRASYT HYH HDBR
(bereshyt hayah hadaber)
et le Verbe était auprès de Dieu > kai o logos en pros ton theon > WHDBR HYH LYHWH
(wé hadaber hayah lé * )
et le Verbe était Dieu. > kai theos en o logos > WYHWH HYH HDBR
(wé * hayah hadaber)
Il était au commencement auprès de Dieu > outos en en arkhe pros ton theon > HWA HYH BRASYT LYHWH
(hou hayah bereshyt lé *)
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Traduction des mots hébreux :
BRASYT (bereshyt) : au commencement, au principe, en offrande première, en premier choix...
HYH (hayah) : c'est la forme accomplie du verbe être c'est-à-dire :est, était, sera en accomplissement
HDBR (hadaber) : la parole, le verbe, la chose, l'évènement, la promesse...
W (vé) : et
L (lé) : pour, vers, à
HWA (hou) : lui
YHWH : (imprononçable : vocalisé "adonaïs", c-a-d seigneur) c'est le fameux tétragramme sacré 'Yahvé' c'est à dire le verbe "être" (racine HW) décliné sous toutes ses formes : est - était - sera (en accomplisement et en inaccomplissement).
Comment être sûr de cette rétroversion en hébreu ? En faisant l'hypothèse suivante : ce texte de Jean est une exégèse du premier verset de la Genèse. Logique : les Évangiles sont la Nouvelle Alliance (et non le "Nouveau Testament", au passage), ils doivent pour être authentiques "renfermer" l'Ancienne Alliance, afin de l'accomplir par le texte...
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Genèse 1,1 : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre > BRASYT BRA ALHYM AT HSMYM WAT HARX
(bereshyt bara elohim et hashamayim veet haarets)
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Une des méthodes d'exégèse du texte est basée sur la propriété numérique de l'alphabet hébreu (sur la géométrie de la langue sacrée), que l'on appelle gématrie.
BRASYT au commencement 913
BRA créa 203
ALHYM Elohim 86
AT HSMYM le ciel 796
WAT HARX et la terre 703
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soit 2701 |
Sur ce 2701 il y a beaucoup de choses à dire, mais pour ce qui nous concerne (Prologue de Jean) :
BRASYT au commencement 913
HYH était 20
HDBR la parole 211
WHDBR et la parole 217
HYH était 20
LYHWH pour D. 56
WYHWH et D. 32
HYH était 20
HDBR a parole 211
HWA lui 12
HYH était 20
BRASYT au commencement 913
LYHWH pour D. 56
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soit 2701 ! |
Ca ne s'arrête pas là :
1) Gématrie par rang des lettres finales de Gn 1,1 TAMTMTX = 22+1+13+22+13+22+18 = 111
2) Gématrie classique des lettres initiales de Jn 1,1
BHHWHLWHHHHBL = 2+5+5+6+5+30+6+5+5+5+5+2+30 = 111 également
3) ce qui est aussi la gématrie classique de Aleph la première lettre de l'alphabet : ALP = 1+30+80 = 111
Autres éléments intéressant :
4) "Et la parole était pour Dieu" WHDBR HYH LYHWH peut se lire : et 206 est comme 26, car DBR (daber, la parole) = 206 et le tétragramme = 26. Cela double le sens de l'équivalence Dieu / Parole.
5) La première phrase de Jean comporte 13 lettres BRASYT HYH HDBR ce qui est la valeur du mot hébreu AJD(eh'ad, un) = 1+8+4 et la seconde phrase aussi a 13 lettres WHDBR HYHLYHWH ce qui fait 13+13 = 26 = YHWH = 10+5+6+5 = 26.
La troisième phrase a 12 lettres WYHWH HYH HDBR ce qui est la valeur du mot hébreu HWA (hou = 5+6+1, lui) qui est le mot qui commence le verset suivant.
Tout cela permet de composer une phrase :
AJD YHWH HWA : > un Dieu lui = Dieu est Un
Ainsi, en lisant ces trois premières phrases du Prologue on affirme l'unicité de Dieu et son équivalence à la parole. Par-là, on voit que l'on peut étudier ce texte mais qu'il ne faut pas le traduire, car on en perd tout le sens.
Évidemment, on peut penser ce que l'on veut de la validité de tels modes d'interprétation ; disons-le crûment : c'est de la numérologie. Mais le point est qu'il s'agit bien de ce qui se pratiquait précisément en ces lieux du temps de 'Jésus'.
Dès lors, quand issus de cette période et en ces lieux, advient un texte qui, à chaque ligne fait référence à la Thora, ("je suis venu accomplir les Écritures" / "pas un iota ne sera changé" ) le moins que l'on puisse faire est d'y rechercher les procédés kabbalistiques qui pourraient s'y cacher. Le mot Kabbale n'est sulfureux qu'à l'aune de ce siècle. Il ne doit pas faire peur : nous avons vu qu'à la base le procédé est rationnel, dès lors qu'on en avale les prémices : le texte (contenu + langue) est sacré, tout ce qu'il révèle, de n'importe quelle façon, est la réalité. Voilà tout.
En quoi consiste le midrash évangélique ? A l'époque, les juifs cherchaient le Messie (MSYH). Pas sur terre, au coin de la rue : dans le Texte. MSYH fait partie d'un ensemble de "trouvailles" ésotériques, résultats de recherches qui s'étalent sur plusieurs siècles. Le mot signifie simplement "Oint" ("Christ" en grec), l'onction d'huile étant symbole royal. Tout de même, quel drôle de qualificatif. Seulement voilà : MSYH contient par anagramme : SM HY, le Nom vivant, SM (le Nom) étant le substitut révérenciel de YHVH. Tous les juifs cherchaient "qui" était ou plutôt "quel nom" il fallait donner au Messie.
Par fouille du Texte, ont trouve par exemple que MSYH (gématrie : 52) est
RBWNY (rabouni) = 52
BN (fils) = 52,
KYHYD (comme unique) = 52,
BSR (chair) = 502 -> 52
et, peut être (supsens
!
YWHNN (Jean) = 52
On trouve aussi dans le même esprit que
HY LM (être le pain) = 638
et
MSYH BN (?) (messie fils du béni) =638
bon, bon, bon
Autres trouvailles intéressantes, et dans lesquelles nous continuons de retrouver en plein la thématique évangélique:
1)'DM (adam, homme) = 18 en gématrie classique
2) HT'(péché) = 18
L'affaire est entendue, l'homme est péché.
...mais par bonheur
1) 'DM "élevé" =1²+4²+13² = 186.
2) YHWH (Dieu) "élevé" = 10²+5²+6²+5² = 186
L'homme élevé (ressuscité) rejoint YHWH, à condition que celui ci ressuscite également. Voilà une excellente raison pour la resurection divine.
Avec tout cela, pas mal d'options sont ouvertes.
Avec BN et 'DM, on trouve que MSHY = BN'DMB (ben adam, fils d'Adam, Fils de l'Homme) : Caïn (KNH). D'où la secte des caïnites. Mais Seth (STH) est également un "ben adam" dans la Genèse ! Et voilà les sethiens.
MSHY = YWHNN (Jean) = 52, on l'a vue plus haut. D'où l'importance de Jean (le Baptiste) et la rude concurrence qui s'ouvrira entre lui et YSW (Jésus/Josué) dont la gématrie n'est égale qu'à 53, pour qui sera le Messie
Etc. Ceux qui ont lu la Tentation de Saint Antoine, de Flaubert, se rappellerons je pense de la "litanie des sectes" des premiers âges de l'Eglise.
Bon, et enfin, ceux qui nous intéressent, pour qui MSHY = YSW (Josué)
Pourquoi ? Nous allons développer, mais retenons d'abord ce fait s'il se confirme. "Jésus". ne devrait pas se lire "Jésus" mais bien "Josué", successeur de Moïse.
En hébreu (voyelles non transcrites) Jésus et Josué sont indiscernables. Il s'agit strictement du même mot : YSW (racine SW, sauver). Or, quand les lettrés hébreux utilisent un nom propre, la première chose à faire est d'aller le rechercher parmi les personnages bibliques existants, car le nom est hautement significatif. C'est le plus souvent la "clé" qui donne sens à la thèse poursuivie. Il n'y a aucun Jésus dans la Bible, par contre Josué y possède une stature exceptionnelle.
YSW (Josué) se décompose en YHVH SW (Dieu sauveur). D'où pour mémoire les paroles de l'ange Gabriel à Marie : «Tu appelleras son nom Jésus car il sauvera les peuples du péché». Quel rapport entre "Jésus" et "sauver" ? Aucun en grec. En hébreu par contre, le "car" de l'ange acquiert un sens évident pour n'importe quel locuteur de la langue.
Josué c'est aussi celui à qui revient "d'accomplir la Loi", c-a-d de fonder le royaume d'Israël, tandis que Moïse, "rédacteurs de la Loi", meurt au seuil de la Terre Promise. Parfaite symétrie de destin entre Josué biblique et Jésus/Josué évangélique, entre Ancienne et Nouvelle Alliance.
Maintenant, pourquoi YSW ? Notamment parce que
1) Le Fils de l'Homme élevé = B²+N²+'²+D²+M² = 386
2) Le Fils de Dieu élevé =B²+N²+Y²+H²+W²+H² = 386
3) YSW = 386
Le Dieu Sauveur, YHVH SW = YSW (Josué) = le Fils de l'Homme, glorifié par son élévation. Et Fils de Dieu , selon le même mode.
Maintenant que nous savons à qui nous avons affaire, allons plus loin, pour tenter d'éclaircir ce que les Évangiles peuvent livrer de sentences sibyllines.
Matthieu XII,39-40 : " Mais répondant, il leur dit : une race mauvaise et adultère (i.e : le peuple juif) cherche un signe ; mais aucun signe ne lui sera donné si ce n'est le signe de Jonas le prophète. Comme Jonas a été dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits, ainsi sera-t-il, le Fils de l'Homme , dans le coeur de la terre trois jours et trois nuits " . |
C'est quand même un rien obscur. Serait-ce de la poésie ? Partons plutôt du fait qu'il y est dit quelque chose de précis.
On part du fait que les nazoréens veulent ressusciter YHWH. Pour cela, je passe sur les détails, il leur faut lui donner un nouveau nom : YH.WH soit une lettre de différence H (hé) -> H. (hou). Au passage, on mesure que ces nazoréens, à cause précisément de leur conservatisme, mais un conservatisme portant sur méthode, non sur le contenu, ne se refusaient rien.
Ensuite, voyons ce Jonas.
Jonas c'est YWNH mot identique à une lettre près à YHWH. YWNH signifie également "colombe", dont chacun connait l'emploi fréquent comme substitut révérenciel de YHWH
Le passage de YWNH (Jonas) à YHVH (Dieu) porte sur la lettre N (Noun, poisson)
Ce qui éclaire l'épisode biblique de Jonas et du poisson : il s'agit d'une transformation. Qui dure 3 jours "dans le ventre de". Or, par ailleurs le "ventre" renvoie fréquemment à Shéol, l'entité chtonienne, jamais rassasiée, où vont les morts.
Les nazoréens veulent faire subir le même traitement à YHWH, en le transformant en YH.WH
N dans YWNH Jonas, occupe par anagramme la place de la lettre H., lettre qui elle-même sépare YHWH Dieu, ancien nom (non-ressuscité) et YH.WH Dieu, nouveau nom (ressuscité).
Noun, "signe de Jonas" indique sur quoi porte la résurrection.
Et d'autre part :
1) YHWH (ancien nom) = 10+5+6+5 = 26
2) YH.WH (nouveau nom) = 10+8+6+5 = 29
29-26 = 3 : il faut trois jours entiers "par le ventre de la mort" à YHWH pour atteindre, en YH.WH, le stade ultime de la résurrection. Comme il a fallut 3 jours entiers à YWNH(Jonas) pour se transformer "par le ventre du poisson" en YHWH.
On obtient donc la série de transformations indiquées par le "Selon-Matthieu" : YWNH ->(noun->hé)-> YHWH -> (hé->hou) -> YH.WH
Jonas -> (3 j) - > Dieu - > (3 j) - > Dieu Ressucité
Le passage si obscur s'explique entièrement par ces rapprochements.
J'arrête là, pour ceux que cela intéresse, en dehors du livre de Dubourg on trouve sur le net des bribes (assez contradictoires, plusieurs auteurs de qualités inégales) de cette thèse sur le site http://www.realite-christianisme.org, rubrique : LES NAZOREENS
Quand même, question : en 2000 ans d'exégèse chrétienne, qu'a t'on tenté de kabbalistique sur les Évangiles ? Et la réponse est : rien, ne serait-ce qu'une simple rétroversion en hébreu. Or, le prétendu grec des Évangiles est irrémédiablement stérile selon ce mode d'interprétation.
Je trouve pour conclure la thèse de B Dubourg convaincante...
1/ parce qu'elle se base sur une analyse linguistique du texte, sans présupposés théologiques,
2/ parce qu'elle raccroche le courant de rédaction des Évangiles à un contexte et on ne peut plus "naturel": le pharisianisme (pour faire court). Elle explique ainsi du même coup et sans se forcer l'existence des apocryphes. Il ne s'agit plus alors de divagations quasi pathologiques, telles que les ont tenues en les moquant les Pères Fondateurs de l'Église(vers le IIIe siècle.) mais des thèses parfaitement rationnelles, en concurrences les unes des autres et basées sur des procédés communs. Comment expliquer par exemple que des sectateurs, les ophistes, aient pu adorer le Messie sous la forme du Serpent, dont la réputation biblique est à la fois si forte et si sulfureuse, s'ils ne s'étaient pas sentis à la fois autorisés et contraints par une démarche d'exégèse ? Or, si eux fabriquent le Messie sous ce mode, Messie-Serpent parce que Serpent comme Messie a pour destin d'être "élevé" (par Moïse dans le désert, je passe), c'est que l'usage ultra exégétique du Texte est parfaitement légal et admis par tous.
3/ parce qu'elle explique bien pourquoi la réalité sous jacente au texte est restée lettre morte de si nombreux siècles et pourquoi elle pourrait le rester encore longtemps, aussi longtemps que la source textuelle des Évangiles sera considérée dans son grec de pacotille et non dans son bon hébreu.
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A quoi pourrait ressembler un travail d'exegèse correctement conduit ? Sans même avancer très avant dans les arcanes de la Kabbale, simplement sur le problème de traduction, voici une note qui constituait l'addendum d'un article de Bernard Dubourg Un coup de vasistas sur Judas - PO&SIE n°17 (1981)
Citation :
Quand on lit la plupart sinon toutes les exégèses les plus autorisées, les plus fouillées, du Nouveau Testament, on ne peut quêtre étonné de ce quaucune ne repose sur lhypothèse dun socle sémitique commun aux évangiles. Certes, beaucoup dauteurs notent que le grec de ces textes est confus, bizarre, que la syntaxe en est faible, voire extrêmement fautive ; ils notent aussi, ça et là, quelques sémitismes. Mais jamais ils ne cherchent systématiquement, et non pas sporadiquement, à en dégager loriginal hébreu, quitte, cela fait, à réinterpréter à sa lumière, et à sa lumière uniquement, lensemble des actes, des paraboles et de la carrière de Jésus et de son entourage. Une telle entreprise réserverait pourtant bien des surprises, et la richesse du Nouveau Testament sen trouverait accrue dautant. Dautres problématiques seraient soulevées, dautres idées seraient ainsi mises en avant touchant les débuts du Christianisme.
Pour donner une minuscule notion de ce cheminement, je prends les courts passages de Matthieu (XXI, 18-22), Marc (XI, 12-14) et Luc (XII, 1-9) concernant le figuier desséché. Littéralement : « le matin, dit Matthieu, revenant de la ville (Jérusalem, si lon maintient le contexte), il (Jésus) eut faim ; et voyant un figuier unique sur le (bord du) chemin, il alla sur (vers ?) lui et ne trouva rien en lui si ce nest seulement des feuilles, et il lui dit : Que de toi aucun fruit ne vienne plus à jamais ; et illico se dessécha le figuier. »
Je recueille, au fur et à mesure quils se présentent, les mots les plus importants du passage, en les rétrovertissant en hébreu.
Le matin, cest en grec proï ; en hébreu, cela donne B.Q.R. : le matin, de bonne heure, mais aussi : demain, le lendemain. Et cest bien pourquoi Marc parle de te epaurion : il a choisi, lui, le second sens de lhébreu quil traduit, le lendemain.
La ville, cest polis ; en hébreu : ?.Y.R. ; en ville : B.?.Y.R. Mais la même racine signifie lâne ; on peut donc comprendre que Jésus retourne, fait demi-tour, sur lâne dont il sest servi pour son entrée dite triomphale dans la ville sainte, le lendemain de cette entrée. Bien plus : la même racine signifie encore la colère, la haine, lennemi ; on peut alors écrire : le matin ou le lendemain, Jésus retourne à lennemi, ou sen retourne avec colère.
Avoir faim, cest en grec peinao ; en hébreu, R..B., même sens : avoir faim, languir de faim, mais aussi : subir une famine. Dans ce dernier cas, en retournant sur ou auprès de lennemi, Jésus subirait une famine.
Voir, en grec horao, simple vision de lil, simple inspection. En hébreu, le verbe R..H. signifie beaucoup plus : voir, avoir des visions, avoir soin, visiter, choisir, sentir avec plaisir ou douleur, éprouver. Le traducteur est allé, pour sûr, au plus facile.
Un figuier unique, suken mian ; en hébreu, TH..N.H., cest le figuier, la figue, mais également loccasion, le prétexte, ainsi que la passion ou le désir charnels, peut-être aussi la peine, leffort. Jésus voit un figuier ? éprouve une passion ? choisit un effort ? Unique, cest en hébreu .H.D. : unique, seul, mais aussi : unanime, immuable. Jésus voit-il une occasion unique, ou face à lui une passion unanime ? quelle occasion ? quelle passion ? On devine déjà la multiplicité des interprétations possibles.
Odos, le chemin ; en hébreu : D.R.K., le sentier, le chemin, la voie, mais aussi : la conduite, léthos, la manière de se conduire. .L., préposition dont ce sentier est le régime, veut bien dire sur, mais dans tous les sens : au profit de, au détriment de, contre, à cause de, etc. extrême richesse des prépositions hébraïques. Un figuier sur la route ? colère contre une manière de se conduire ? quelle manière ? de qui ?
Puis, dit le texte, il alla vers (sur) lui. Le pronom étant, en grec, féminin, on ne sait pas si Jésus va vers le figuier (fém.) ou vers la ville.
Aller cest Q.R.B., être près, sapprocher de, mais aussi savancer contre (au cas où il sagit dun ennemi), sapprocher dune femme (dans le cas dune passion charnelle). Que choisir parmi ces sens, eu égard à ce que jai dit plus haut ? Le matin ou le lendemain, Jésus retourne à lennemi, ou sen retourne avec colère, ou sur un âne ; il a faim ou subit une famine ; il voit un figuier ou un prétexte, une occasion unique, ou éprouve un désir charnel : sur le chemin ? contre une conduite ? il sapproche de la ville ou du figuier ou contre lennemi ou rejoint lobjet de sa passion ? allez savoir.
Je poursuis. Il « ne trouva rien en lui (en elle) si ce nest seulement des feuilles ».
La feuille, phullon ; en hébreu : .L.H., feuille, en effet, mais aussi prétexte, fausse accusation, voire holocauste. Il ny trouva que des feuilles ? il ne parvint qua de fausses (p. 122) accusations ? contre qui ? Mais .L.H., nest-ce pas aussi monter, sélever, produire, semparer ?
Puis : « il lui dit : que de toi aucun fruit ne vienne (ne soit) plus à jamais ».
Le fruit, karpos ; en hébreu : P.R.Y., fruit au sens large également, résultat, produit. Menace de toute manière excessive, dérisoire, sil sagit dun figuier refusant (!) de porter des fruits à Pâque, ainsi que lindique le contexte.
Et enfin : « se dessécha aussitôt le figuier ».
Se dessécher, cest en hébreu Y.B.SH., qui veut également dire : avoir honte, être confus (confusion pouvant aller jusquà la mort, cf. Jérémie 48, 20). Pauvre figuier, baisserait-il les yeux ?
On voit que le passage de Matthieu est loin de ne concerner quun arbre fruitier stérile, ainsi que le grec le prétend en rupture complète avec le contexte.
En Marc (XI, 13), si le figuier ne porte pas de fruits, cest parce que « ça nétait pas la saison des figues » (o gar kaïros ouk en sukon). Le temps des figues, cest .TH. TH..N.I.M., qui peut aussi sentendre comme le temps des prétextes, ou le temps des passions, ou le temps des efforts. Autrement dit, Marc lui-même porte dautres confirmations de notre hypothèse du début.
Luc transpose lévénement en parabole. Lhomme qui possède un figuier dans son vignoble, voyant son maître mécontent de ce que larbre reste stérile, lui demande : « Seigneur (= Monsieur), pardonne-lui pour cette année encore, jusquà ce que je creuse autour de lui et y jette du fumier. » K.R.H., cest creuser, mais aussi tendre un piège, une embuscade ; quant à G.L.L.Y.M., le fumier, les excréments, la fiente, il désigne aussi, sans quon y change une lettre, les Galiléens (dont Luc parle juste avant cette parabole). Ainsi la phrase peut se retraduire par : je tendrai autour de lui (delle) une embuscade et lui jetterai des Galiléens.
Le figuier, cest THeNâH. On lit, en Jean I, 48 : « doù me connais-tu ? lui dit Nathanael ; avant que Philippe tappelât, lui dit Jésus, quand tu étais sous le figuier (THaHaTH ha-THeNâH), je tai vu ». Il est normal que Nathanael ait été sous un figuier, son nom rimant avec sa position ; le grec, là encore, ne laisse rien deviner des raisons de ce rapprochement.
Cette courte, ridiculement courte, analyse, menée avec toute lhésitation requise, signale donc lurgence dun travail dont je métonne quil nait pas encore été systématiquement entrepris. Il faut construire une rétroversion hébraïque du texte grec des évangiles, et, une fois cette rétroversion accomplie, discuter du sens ou des sens du texte hébreu ainsi obtenu : loriginal.
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