klaponk Du be do da | Exstrange a écrit :
Mais il faut être en mesure de s'imaginer ces interlocuteurs et vivre l'expérience comme si elle était réelle, je doute qu'une grande proportion de personnes en soit capable.
L'expérience réelle dépasse souvent la simulation, en terme de ce qu'on en retire (en positif ou négatif).
Quant aux psys, il s'agit pas de gober leurs discours et médocs sans esprit critique. L'intérêt est d'y prendre ce qu'on a y prendre, ce pour obtenir un bénéfice (donc il vaut mieux avoir une démarche très réfléchie, ce qui je te l'accorde n'est probablement le cas d'une vaste majorité de patients perdus).
D'autres s'en remettent à l'alcool, est-ce mieux ? Ce n'est même pas un jugement de ma part. Juste pour dire qu'on fait comme on peut, avec nos propres capacités.
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Certes, ce n’est pas plus simple, mais mieux en phase avec mon associalance ainsi que ma quête de savoir et de connaissance… Il ne s’agit cependant pas de simuler l’expérience ou de « faire comme » si elle était réelle. Réelle elle l’est. Dans la totalité de son immanence, comme tout ce fouillis d’atomes, d’énergies et de molécules sensibles et insensibles à nos sens dans lequel on baigne.
C’est en effet une dimension plus interne et métaphorique de l’existence dont le sens ne nous est pas forcément très palpable au premier abord. De là à dire que le cas pratique sur le terrain avec ses retombées dépasse souvent le vécu de sa modélisation inconsciente, c’est effectivement fonction de nos propres parcours et capacités.
Les deux sont d’ailleurs complémentaires. Pour le démontrer disons que l’adoption du coin de la fenêtre de ta chambre d’enfant par une araignée velue et sanguinaire projette chaque nuit à la lueur de la lune ou d’un réverbère des ombres effrayantes sur ton berceau et nourrisse de cauchemars ton sommeil.
Il se peut qu’au fil du temps ce soit le déclencheur d’une terrible phobie de ces pourtant si douces arachnides te mettant alors en fuite ou en panique à la vue de tels monstres. D’ailleurs vous disposes de phobies les assos,à part la peur de mettre dans le mauvais trou ou de se retrouver seul face à soi-même sans voyages, travail ou grosses voitures ?
Pour y remédier on pourrait alors être tenté d’aller voire un spécialiste, qui nous présentera par étape un spécimen, qui expliquera son caractère, sa nature, ses instincts, son fonctionnement, les risques encourus et caetera. Au début en ouvrant une porte, ensuite dans la même pièce, puis de plus en plus proche, jusqu’à la toucher, la caresser, la laisser grimper sur la main, puis, le bras, l’épaule, le cou, la tête ?
Mais comment faire si cela bloque à la première étape ? Si les réactions sont d’une telle violence qu’à chaque rencontre cela soit inévitablement les larmes, l’évitement et les cris ?
Utiliser la contention, la contrainte, la sédation et la camisole ? Ou explorer le vécu et le ressenti de cette ombre envahissante par la suggestion, la projection, la poétique, le rêve, la communication, la régression, le cheminement et l’imagerie interne, l’ancrage et la réassociation ?
Après pour confirmer et maintenir les progrès et acquisitions et surtout leur donner sens, le vécu intersubjectif est en effet irremplaçable. Et au niveau plaisirs et ressentis c’est un peu comme comparer du numérique à de l’analogique cela ne poutre pas pareil…
Et au final si le délire d’un voyageur du monde c’est de discuter de « conneries » avec des passants pour plus se socialiser, ou qu’il s’encombre d’une notion de « s’en sortir » je trouve simplement cela un peu triste. Il y a tellement d’autres choses à dire ou à faire que cela.
Comme aller nager et se frotter de la pierre d’alun sous les bras ou lire « Comment voyager avec un saumon » d’Umberto Eco et notamment son « COMMENT REPONDRE A LA QUESTION "COMMENT ÇA VA" ». Car que l'on soit au trente-sixième dessous ou que l'on ait un fil à la patte, que la question soit complexe, que l'on soit en forme ou que l'on en ait l'eau à la bouche, on se console comme on peut, on ne rajeunit pas et ça baigne du tonnerre, chez moi c’est cyclique…
S’en « remettre à » quoi que ce soit n’est jamais bon et même un peu chrétien. Mais faire confiance à ce que l’on est. Et tel un enfant accroupi, plein de tristesse qui lâche un bateau frêle comme un papillon de mai, se laisser aller aux charmes de l’ivresse comme un canaillon tout de légèreté transformé ; ainsi se faire mouche et de bar en bar voltiger dans la folie ordinaire du sud de nulle part, ça n’est pas si vieux ou dégueulasse que le cancer... ---------------
je, tu, il, nous, vous, ils
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