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Auteur Sujet :

[Topouic Unique] SQFP - Le meilleur du Pouic.

n°60371003
Kiveu
Carlos Irwin Estevez
Posté le 31-07-2020 à 10:40:13  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

Herbert de Vaucanson a écrit :


Oui enfin ça, c'est en théorie. On a quand même vu récemment le pb des conflits d'intérêt (idéologiques) dans ce domaine, avec les publis nawak acceptées dès lors qu'elles allaient dans le "bon" sens. Normalement, on doit déclarer les conflits d'intérêt, dans une publi, et ça se comprend aisément : si des chercheurs de Total font une publi sur le réchauffement climatique moins intense que prévu, ce sera regardé d'un œil très critique. Mais si on est activiste féministe et qu'on fait une publi en rapport avec le genre, par contre, ça ne pose pas de pb.


 
les liens d’intérêt  [:moundir]  
S'il y a conflit, alors il faut balancer l'étude en question.


---------------
“The modern conservative is engaged in one of man’s oldest exercises in moral philosophy; that is, the search for a superior moral justification for selfishness.”
mood
Publicité
Posté le 31-07-2020 à 10:40:13  profilanswer
 

n°60371314
fingaelas
apprenti zététicien
Posté le 31-07-2020 à 11:03:05  profilanswer
 

Kiveu a écrit :


les liens d’intérêt  [:moundir]  
S'il y a conflit, alors il faut balancer l'étude en question.


j'ai du mal avec ça, je dirais plutôt qu'il faut vérifier les données, la méthodologie, avec la plus grande attention.
et voir la cohérence avec les autres études solides portant sur le même sujet.
bref, traiter le fond du sujet, parce qu'on peut très bien avoir raison, malgré le fait que ça nous arrange.
 
je crois que c'est florent martin, de l'observatoire zététique, qui disait que les études privées étaient souvent de meilleure qualité que les études indépendantes, car plus d'argent, donc puissance statistique plus grande.
 
et puis, pour un médicament par exemple, on peut pas demander aux pouvoirs publics ou au concurrent de se farder les études randomisées à la place du labo qui a le brevet.


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jusqu'à preuve du contraire
n°60371331
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 31-07-2020 à 11:04:35  profilanswer
 

fingaelas a écrit :


j'ai du mal avec ça, je dirais plutôt qu'il faut vérifier les données, la méthodologie, avec la plus grande attention.
et voir la cohérence avec les autres études solides portant sur le même sujet.
bref, traiter le fond du sujet, parce qu'on peut très bien avoir raison, malgré le fait que ça nous arrange.
 
je crois que c'est florent martin, de l'observatoire zététique, qui disait que les études privées étaient souvent de meilleure qualité que les études indépendantes, car plus d'argent, donc puissance statistique plus grande.
 
et puis, pour un médicament par exemple, on peut pas demander aux pouvoirs publics ou au concurrent de se farder les études randomisées à la place du labo qui a le brevet.


Tu détectes comment une astuce type p-hacking, par exemple ? :o


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it is difficult to get a man to understand something when his salary depends on his not understanding it   -   La lecture est un stratagème qui dispense de réfléchir   -   Et les Shadocks pompaient, pompaient...
n°60371417
Kiveu
Carlos Irwin Estevez
Posté le 31-07-2020 à 11:10:39  profilanswer
 

fingaelas a écrit :


j'ai du mal avec ça, je dirais plutôt qu'il faut vérifier les données, la méthodologie, avec la plus grande attention.
et voir la cohérence avec les autres études solides portant sur le même sujet.
bref, traiter le fond du sujet, parce qu'on peut très bien avoir raison, malgré le fait que ça nous arrange.
 
je crois que c'est florent martin, de l'observatoire zététique, qui disait que les études privées étaient souvent de meilleure qualité que les études indépendantes, car plus d'argent, donc puissance statistique plus grande.
 
et puis, pour un médicament par exemple, on peut pas demander aux pouvoirs publics ou au concurrent de se farder les études randomisées à la place du labo qui a le brevet.


 
 
Ah mais je suis totalement d'accord.
Je ne fais que corriger le lieu commun qui tend à confondre lien d’intérêt et conflit d’intérêt.
un conflit d’intérêt c'est clairement quand un chercheur oriente, consciemment ou inconsciemment, les conclusions de ses recherches dans le sens des intérêts de son sponsor/financier principal.
Le lien d’intérêt en recherche, il est très rarement évitable de nos jours, et comme, tu le soulignes, c'est plutôt normal en fait.
 


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“The modern conservative is engaged in one of man’s oldest exercises in moral philosophy; that is, the search for a superior moral justification for selfishness.”
n°60371486
Herbert de​ Vaucanson
Grignoteur de SQFP depuis 2002
Posté le 31-07-2020 à 11:16:58  profilanswer
 

Kiveu a écrit :

 

les liens d’intérêt  [:moundir]
S'il y a conflit, alors il faut balancer l'étude en question.

 

Pour moi, des convictions idéologiques fortes chez le chercheur (au point que c'est même sans doute la raison qui fait qu'il bosse dans ce domaine là), quand il travaille sur un papier dont le résultat va justement aller soit dans le sens de ses convictions idéologiques, soit aller contre, ça s'apparente beaucoup plus à la notion de conflit d'intérêt qu'à un simple lien d'intérêt : ça oriente énormément, au moins de façon inconsciente, la recherche en question, non ?

Message cité 3 fois
Message édité par Herbert de Vaucanson le 31-07-2020 à 11:18:04

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Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur.
n°60371643
Floom
Posté le 31-07-2020 à 11:30:40  profilanswer
 

Ben oui mais c'est comme tout le reste. A partir du moment où il y a des données, tu as de quoi critiquer les conclusions. Et le poids des convictions individuelles dans l'interprétation des données se corrige avec le temps et le nombre d'études sur le même sujet.  
 
La question du militantisme est intrinsèquement collée aux études de genre depuis leur naissance. Nombre d'étudiants s'orientent vers des sujets par conviction, avec l'envie de démontrer quelque chose. Puis vient le temps du travail de recherche. Tous sont confrontés à leurs biais et la plupart finit par trouver plus utile et efficace d'aller dans le sens des données que d'essayer de les faire rentrer au forceps dans leur présupposé. Puis ils ont des encadrants, dont le travail est précisément de veiller au cadre. Globalement ça fonctionne bien, même si tu pourras toujours trouver des contre exemples. Sokal et Sokal² sont plus représentatifs des biais dans le processus de publication que dans la méthodologie d'acquisition et de traitement des données.

n°60371663
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 31-07-2020 à 11:32:52  profilanswer
 

Herbert de Vaucanson a écrit :


 
Pour moi, des convictions idéologiques fortes chez le chercheur (au point que c'est même sans doute la raison qui fait qu'il bosse dans ce domaine là), quand il travaille sur un papier dont le résultat va justement aller soit dans le sens de ses convictions idéologiques, soit aller contre, ça s'apparente beaucoup plus à la notion de conflit d'intérêt qu'à un simple lien d'intérêt : ça oriente énormément, au moins de façon inconsciente, la recherche en question, non ?


https://fr.wikipedia.org/wiki/Confl [...] 9r%C3%AAts
 
Oui, ça semble être plutôt une meilleure définition.


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n°60371700
Kiveu
Carlos Irwin Estevez
Posté le 31-07-2020 à 11:36:34  profilanswer
 

Herbert de Vaucanson a écrit :


 
Pour moi, des convictions idéologiques fortes chez le chercheur (au point que c'est même sans doute la raison qui fait qu'il bosse dans ce domaine là), quand il travaille sur un papier dont le résultat va justement aller soit dans le sens de ses convictions idéologiques, soit aller contre, ça s'apparente beaucoup plus à la notion de conflit d'intérêt qu'à un simple lien d'intérêt : ça oriente énormément, au moins de façon inconsciente, la recherche en question, non ?


 
C'est certain mais alors est ce que ça signifie que tu voudrais que le chercheur en question "déclare" ses convictions idéologiques dans une publi ?  
Pour rappel, c'est bien sur ce propos que je rebondissais à la base => "Normalement, on doit déclarer les conflits d'intérêt, dans une publi"
 
Perso je pense que simplement dire
"Je suis le prof Tartampion, je suis employé par Monsanto depuis tant de temps. Mon travail est de faire la plupart des analyses toxico des produits mis sur le marché. L'entreprise Monsanto détient mes enfants en otages" c'est suffisant pour que chacun puisse se faire une opinion à priori (même si c'est mieux à posteriori)
 
Et une fois qu'on sait ça, à chacun de juger le travail sur le fond, et de se demander éventuellement si le prof Tartampion a pu influencer d'une façon ou d'une autre les conclusions, à cause de ses liens avec l'entreprise. ça n'a pas toujours du sens de se poser la question. Bien souvent c'est parce que c'est lié soit à des sujets de santé publique (on l'a bien vu avec l'HCQ et les accusations de collusions avec big pharma émanant des deux camps), soit à des histoires de gros sous, de marchés juteux, soit à carrément des controverses idéologiques et politiques (le nucléaire, les OGM, les produits phyto)
 
Mais la plupart du temps, c'est une affaire qui se règle entre experts. Les scandales aux études bidonnées sciemment sont dans le fond pas si fréquents, rapportés à la masse d'études mise sur le marché chaque année. (c'est peut etre aussi parce qu'il y en a plein qu'on ne voit pas  :sweat: )
Et même si on ramène ça au cas Monsanto par exemple, l'affaire des Monsanto Papers n'a su prouver que du ghostwriting, pas du conflit d’intérêt et du truandage de données.


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“The modern conservative is engaged in one of man’s oldest exercises in moral philosophy; that is, the search for a superior moral justification for selfishness.”
n°60371707
Theomede
De gauche radicale
Posté le 31-07-2020 à 11:37:34  profilanswer
 

TZDZ a écrit :


J'y repensais, franchement du point de vue de la pensée critique, c'est une position intéressante. On parlait par exemple des médecins :
On constate que selon les pays, les taux varient de façon significative, et j'émets l'hypothèse que la différence entre pays est essentiellement culturelle et sociétale.
Il s'en suit qu'il y a donc des déterminismes sociaux qui expliquent des différences de répartition selon les sexes ailleurs. La France de 2020 serait donc arrivée à l'équilibre naturel, contrairement à tous les autres pays qui diffèrent significativement. Il ne devrait pas en bouger significativement, sinon c'est qu'une cause sociétale aura modifié la perception qu'ont les femmes de ce métier et les a poussé à s'y engager davantage ou moins. En outre, j'en déduis que tu tiens cette position depuis un temps très court, puisque, hier encore, la répartition était différente. On peut poursuivre sur tous les autres postes à forte disparité et "nobles", par exemple les députés ou les dirigeants.


Pour répondre à ça, je vais commencer par remettre un post d'Herbert, que j'ai trouvé très bon, et qui servira de support pour la suite :  
 

Herbert de Vaucanson a écrit :


C'est surtout qu'il ne faut pas voir "les explications sociales" d'un côté et "les explications génétiques" de l'autre mais plus un mix des deux.  
 
Par exemple, pour reprendre ton exemple des voitures.  
 
Je ne sais pas si c'est le cas dans notre espèce, mais imaginons une expérience de pensée : imaginons que génétiquement, instinctivement, les enfants mâles soient attirés par ce qui donne du rang social, du prestige, bref, les trucs qui leur permettent de se démarquer des autres mâles (chose qui existe chez beaucoup de bestioles chez les mâles et pas chez les femelles, que ce soit par les couleurs, les comportements, etc). Ca, ce serait un comportement instinctif "génétique", disons.  
 
Maintenant la voiture. Bah la voiture, c'est un marqueur justement de richesse, de prestige : ça, pour le coup, c'est social. C'est dans notre société, que la voiture est un tel marqueur de richesse/façon de se démarquer des autres.  
 
Donc oui, c'est social que la voiture soit vue comme un truc qui permet de se démarquer, mais c'est pour répondre à cette recherche instinctive de se démarquer socialement que les enfants mâles seraient plus attirés par les petites voitures.  
 
Dans le cas fictif présenté ci-dessus (je répète que c'est une expérience de pensée, je ne dis pas que c'est comme ça dans notre espèce), tu qualifierais comment l'attirance préférentielle des enfants mâles pour les voitures ? Sociale ou génétique ?
 
Sinon je sais qu'il y a des études qui auraient montré que quand on présente des jouets à des chimpanzés, les chimpanzés mâles sont plus attirés par les petites voitures et les chimpanzés femelles, par les poupées, mais je n'ai pas pris le temps de regarder ça en détail et je ne sais pas trop quelle valeur ça a :o


 
 
Donc pour te répondre : non, à aucun moment je ne dis ni n'insinue que la France est arrivé à un équilibre définitif, et pas les autres pays. De la même façon, à aucun moment je n'ai dis que la société n'influerait pas sur le choix du métier, ce qui serait absurde.
 
- Tout d'abord, l'attractivité d'un métier est dépendante du pays, ainsi, être enseignant, être médecin, être chercheur, être ingénieur, sera perçu très différemment selon le pays dans lequel on se situe. Ca peut être pour des raisons facilement quantifiables (le salaire, les avantages tangibles, comme les vacances), ou plus difficilement quantifiable (le prestige par exemple).
- Cette attractivité n'est pas stable dans le temps, mais dépendante de l'époque. Ainsi, le prestige de l'enseignant en 1960 n'a rien à voir avec le prestige de ce même enseignant en 2020 -> la société a évolué.
 
Il est ainsi possible d'expliquer des différences de répartition entre les différents pays sans faire intervenir une pression sociétale dépendante du sexe.
 
 
Pour donner un exemple : j'ai souvent eu l'occasion de discuter avec des ingénieures issues d'Afrique du Nord, qui me disaient, pour répondre à la question "pourquoi ces études", qu'il s'agissait d'un très bon moyen d'émancipation. Avec un diplôme d'ingé, l'émigration vers l'Europe était facile, et leur permettait de vivre librement, ce qui n'aurait pas, ou plus difficilement été possible dans leur pays d'origine.
Cette possibilité d'émancipation serait donc un facteur explicatif de la plus grande attractivité chez les femmes des études scientifiques dans ces pays.
 


---------------
Je suis quelqu'un de modéré, mais c'est rarement volontaire.
n°60371741
Floom
Posté le 31-07-2020 à 11:41:10  profilanswer
 

Il n'empêche que la déclaration des conflits/liens d'intérêt reste secondaire par rapport à l'analyse des données. Si les données sont là, leur interprétation reste une interprétation qui peut être contredite. Je vois pas ce qui vous tracasse à ce point.. comme si chaque papier devait être parfait et définitif. Comme si la science devait se résumer à quelques grands papiers et quelques grands noms et que ce n'était pas une lente correction collective.

Message cité 1 fois
Message édité par Floom le 31-07-2020 à 11:42:22
mood
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Posté le 31-07-2020 à 11:41:10  profilanswer
 

n°60371754
CyrilleTel​mer
magical négro
Posté le 31-07-2020 à 11:42:10  profilanswer
 

Kromsson a écrit :


 
Disons que c'est une remarque qui ressort souvent de la part des anti-féministes : pourquoi s'intéresse-t-on à augmenter la proportion de femmes en politique, en science, dans la justice, mais nettement moins dans les métiers manuels?
 
La réponse semble plutôt évidente : on s'intéresse d'abord aux carrières qu'on imagine importantes et dont il serait dommage d'être détourné. Il y a autant de métiers peu qualifiés masculins que féminins, je suppose.
 
Après, si on regarde les propositions féministes, elles englobent généralement le problème : en faisant gaffe aux représentations, à l'éducation, à réfléchissant à nos attitudes par rapport au genre, on risque bien de diminuer les freins à la féminisation du métier de bûcheron ou à la masculinisation des salons de beauté. Je pense par ailleurs qu'on trouvera assez rarement des militants qui voudraient avoir exactement 50-50 dans tous les corps de métiers.



Certes, mais qu'on trouve assez souvent, et qui est assez gênant pour moi, ce sont les militants qui considèrent que la sous-représentation dans un corps de métier est une mesure de la pression sociale empêchant la catégorie sous-représentée d'accéder au corps de métier.
Et donc qui ont le raisonnement consistant à dire que tant qu'on est pas arrivé à une répartition satisfaisante (et le chiffre de cette répartition satisfaisante, n'est jamais bien clair), il y a une action à mener.
 


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Test scientifique de prédiction de miss france 2023 @HFR
n°60371758
Theomede
De gauche radicale
Posté le 31-07-2020 à 11:42:37  profilanswer
 

Floom a écrit :

Ben oui mais c'est comme tout le reste. A partir du moment où il y a des données, tu as de quoi critiquer les conclusions. Et le poids des convictions individuelles dans l'interprétation des données se corrige avec le temps et le nombre d'études sur le même sujet.  
 
La question du militantisme est intrinsèquement collée aux études de genre depuis leur naissance. Nombre d'étudiants s'orientent vers des sujets par conviction, avec l'envie de démontrer quelque chose. Puis vient le temps du travail de recherche. Tous sont confrontés à leurs biais et la plupart finit par trouver plus utile et efficace d'aller dans le sens des données que d'essayer de les faire rentrer au forceps dans leur présupposé. Puis ils ont des encadrants, dont le travail est précisément de veiller au cadre. Globalement ça fonctionne bien, même si tu pourras toujours trouver des contre exemples. Sokal et Sokal² sont plus représentatifs des biais dans le processus de publication que dans la méthodologie d'acquisition et de traitement des données.


La méthode d'acquisition des données est déjà très critiquable, surtout sur des sujets polémiques.
 
Si on utilise des méthodes en double aveugle en médecine, c'est justement pour ça : le patient a des biais lorsqu'il répond, et le médecin lui-même a des biais lorsqu'il pose les questions. D'où l'importance de cette méthodologie, qui empêche (ou du moins réduit) la possibilité aux uns et aux autres de laisser leurs biais influer sur les réponses.
 
Donc croire qu'en envoyant des sondeurs spécialisés en études de genre (par exemple), qui sont donc biaisés, interroger des gens eux-même politisés, et en tirer des chiffres analysables, ça me parait ambitieux.


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Je suis quelqu'un de modéré, mais c'est rarement volontaire.
n°60371759
Kiveu
Carlos Irwin Estevez
Posté le 31-07-2020 à 11:42:49  profilanswer
 

The NBoc a écrit :


https://fr.wikipedia.org/wiki/Confl [...] 9r%C3%AAts
 
Oui, ça semble être plutôt une meilleure définition.


 
Je m'en tiens à la définition de la HAS, par exemple,  
https://webzine.has-sante.fr/upload [...] de_dpi.pdf
 
Page 4

Citation :

Les principes essentiels
1. Les liens d’intérêt peuvent susciter des conflits d’intérêts. Ce sont deux notions liées mais
distinctes.
2. Pour éviter que les liens d’intérêts de personnes participant à certaines activités de la HAS ne conduisent
à des conflits d’intérêts pour ces activités, dont les conséquences peuvent être graves pour la sécurité
sanitaire et la santé publique


 
Pour eux, le lien d’intérêt précède le conflit, conflit qui doit être évité.
Déclarer un conflit d’intérêt dans une publi n'a donc pas de sens. S'il y a conflit c'est déjà trop tard pour la pertinence de la publi.


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“The modern conservative is engaged in one of man’s oldest exercises in moral philosophy; that is, the search for a superior moral justification for selfishness.”
n°60371780
Herbert de​ Vaucanson
Grignoteur de SQFP depuis 2002
Posté le 31-07-2020 à 11:45:10  profilanswer
 

Kiveu a écrit :


 
C'est certain mais alors est ce que ça signifie que tu voudrais que le chercheur en question "déclare" ses convictions idéologiques dans une publi ?  
Pour rappel, c'est bien sur ce propos que je rebondissais à la base => "Normalement, on doit déclarer les conflits d'intérêt, dans une publi"


 
Non, à la base, je répondais juste à la vision un peu idéaliste (à mon goût) de TZDZ, qui disait que : "Le travail d'un chercheur c'est de faire avec les biais de ses mesures. C'est vrai pour tous, mais surtout en sciences moles ( ;) ) où le jeu est de réussir à s'extraire des subjectivités." pour y mettre un bémol.


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Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur.
n°60371868
Kiveu
Carlos Irwin Estevez
Posté le 31-07-2020 à 11:51:42  profilanswer
 

Floom a écrit :

Il n'empêche que la déclaration des conflits/liens d'intérêt reste secondaire par rapport à l'analyse des données. Si les données sont là, leur interprétation reste une interprétation qui peut être contredite. Je vois pas ce qui vous tracasse à ce point.. comme si chaque papier devait être parfait et définitif. Comme si la science devait se résumer à quelques grands papiers et quelques grands noms et que ce n'était pas une lente correction collective.


 
Les données ne sont bien souvent pas disponibles, vérifiables.
Exemple récent avec le Lancet gate.
 
Mais perso, je suis d'accord pour dire que c'est pas un si gros problème dans le fond.  
On sait que la médecine souffre quasiment tout autant de la crise de la reproductibilité que les sciences sociales et ça n'empêche apparemment pas les progrès en médecine quand même.
 
Par contre, ça complique quand même singulièrement le travail des communicants (média, politique, porte parole d'entreprise) quand il s'agit d'expliquer un sujet au grand public  parce que voir les liens d’intérêt dans chaque publi, ça permet à beaucoup d'idéologue d'user et abuser de procès d'intention pour invalider le résultat d'études et partir tout schuss sans bonnet sur l'air du "on nous cache tout"
 
Et comme on est tous à 6 degré de séparation de n'importe qui d'autre, c'est assez simple de faire des associations par déshonneur à n'importe qui pour invalider n'importe quoi.
"Le professeur Tartampion a bossé sur cette étude, mais il a aussi bossé sur une autre étude avec le professeur truc, or le professeur truc est le beau-frère de Mimi Marchand, qui est une proche de Macron, KOMPARAZAR, donc je n'ai aucune confiance en le professeur Tartampion"


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“The modern conservative is engaged in one of man’s oldest exercises in moral philosophy; that is, the search for a superior moral justification for selfishness.”
n°60372162
Floom
Posté le 31-07-2020 à 12:15:45  profilanswer
 

Herbert de Vaucanson a écrit :

 

Pour moi, des convictions idéologiques fortes chez le chercheur (au point que c'est même sans doute la raison qui fait qu'il bosse dans ce domaine là), quand il travaille sur un papier dont le résultat va justement aller soit dans le sens de ses convictions idéologiques, soit aller contre, ça s'apparente beaucoup plus à la notion de conflit d'intérêt qu'à un simple lien d'intérêt : ça oriente énormément, au moins de façon inconsciente, la recherche en question, non ?

 
Theomede a écrit :


Donc croire qu'en envoyant des sondeurs spécialisés en études de genre (par exemple), qui sont donc biaisés, interroger des gens eux-même politisés, et en tirer des chiffres analysables, ça me parait ambitieux.

 

C'est évident. Mais croire que les sciences humaines se résument à ça, c'est au mieux faire preuve d'une grande méconnaissance.

 

Mais je vais prendre un exemple qui va dans ton sens.

 

Il y a quelques années, j'avais des heures doctorales à faire et je devais les employer dans un cadre transdisciplinaire. Ca signifiait simplement que je devais assister à quelques séminaires d'autres filières de sciences humaines. Je suis allé écouter un jeune thésard présenter son travail sur l'homoparentalité devant un parterre d'étudiants de licence en socio. Le mec explique longuement pourquoi l'homoparentalité n'a aucune incidence sur le bon développement des enfants, à tous points de vue, tout en reconnaissant son militantisme sur le sujet. A l'époque, l'homoparentalité était interdite en France, ce qui posait plein de problèmes pour l'acquisition des données dans un cadre officiel.

 

Fin de l'intervention, je lui demande: mais du coup, comment as-tu trouvé ton panel? De combien de couples se compose-t-il?
Le mec me répond que comme il n'y a pas moyen de trouver des couples homoparentaux simplement, il a démarché dans des boîtes gay et qu'in fine il s'appuie sur le témoignage de 14 couples. Je lui demande si ce nombre lui paraît suffisant pour tirer les conclusions qu'il présente et s'il n'y a pas un gros biais dans la composition de son panel. Il me répond, un peu dépité et agacé, que c'est le maximum qu'il a pu trouver et que c'est déjà un début dans le contexte politique, ce qui est vrai, et que oui, forcément, tous les couples qu'il a rencontrés se revendiquaient dans l'homoparentalité et étaient engagés de manière militante en faveur de la légalisation de l'homoparentalité.

 

Je lui ai finalement demandé si, du point de vue de son militantisme, il n'avait pas peur de provoquer l'inverse du résultat escompté en publiant ces résultats, en risquant de donner du grain à moudre aux opposants. Bon là, j'ai découvert ce que ça faisait d'être seul au milieu d'une centaine de jeunes hippies énervés avec le mot "homophobie" écrit dans les yeux. J'ai donc pas trop traîné, mais j'ai été alpagué par les deux organisateurs du séminaire à la sortie qui m'ont dit que c'était un véritable problème la question du militantisme et de la représentativité dans les études de genre et qu'ils passaient leur temps à lutter contre ces biais et à essayer d'améliorer leur méthodologie (c'était y a plus de 10 ans).

 

Je crois qu'on est en plein dans ce que tu dénonces. Pour autant, est-ce qu'une conclusion de défiance globale vis-à-vis des études de genre doit s'imposer? Considérer que la portée des résultats de ce travail est limitée n'apparaît pas si compliqué. Tous les éléments sont disponibles pour en comprendre les limites. Le type n'avait pas trop insisté sur les biais à l'oral, mais tout était bien décrit dans la version écrite. C'est comme partout, la méthode d'acquisition des données peut être critiquée y compris par celui qui les produit (c'est même souhaitable et c'est d'ailleurs fait dans la quasi totalité des études), et tout travail publié n'a pas la même portée.

Message cité 1 fois
Message édité par Floom le 31-07-2020 à 12:28:12
n°60372212
Floom
Posté le 31-07-2020 à 12:21:07  profilanswer
 

Kiveu a écrit :


 
Par contre, ça complique quand même singulièrement le travail des communicants (média, politique, porte parole d'entreprise) quand il s'agit d'expliquer un sujet au grand public


 
Ben oui voila. C'est pas une question de science, c'est une question de médiation. Et elle est tout aussi merdique en sciences humaines (surtout sociales) qu'en sciences dures. La seule grosse différence selon moi, ça reste être que dans le deuxième cas, on a tendance à aimer les réponse en "vrai" ou "faux", parce que c'est la finalité, et donc on trouve plus facilement les moyens de vulgariser. Quand tu fais du "vrai" ou "faux" en vulgarisation de sciences humaines, t'es mal parti.
 

Kiveu a écrit :


 
Les données ne sont bien souvent pas disponibles, vérifiables.
Exemple récent avec le Lancet gate.


 
Ben ça c'est de la merde du coup. La base, quel que soit le travail de recherche, c'est de fournir les données (que ce soit dans la publi quand c'est possible, ou via un autre support).


Message édité par Floom le 31-07-2020 à 12:25:24
n°60372273
Theomede
De gauche radicale
Posté le 31-07-2020 à 12:27:43  profilanswer
 

Floom a écrit :


C'est évident. Mais croire que les sciences humaines se résument à ça, c'est au mieux faire preuve d'une grande méconnaissance.
 
Mais je vais prendre un exemple qui va dans ton sens.
 
Il y a quelques années, j'avais des heures doctorales à faire et je devais les employer dans un cadre transdisciplinaire. Ca signifiait simplement que je devais assister à quelques séminaires d'autres filières de sciences humaines. Je suis allé écouter un jeune thésard présenter son travail sur l'homoparentalité devant un parterre d'étudiants de licence en socio. Le mec explique longuement pourquoi l'homoparentalité n'a aucune incidence sur le bon développement des enfants, à tous points de vue, tout en reconnaissant son militantisme sur le sujet. A l'époque, l'homoparentalité était interdite en France, ce qui posait plein de problèmes pour l'acquisition des données dans un cadre officiel.
 
Fin de l'intervention, je lui demande: mais du coup, comment as-tu trouvé ton panel? De combien de couples se compose-t-il?
Le mec me répond que comme il n'y a pas moyen de trouver des couples homoparentaux simplement, il a démarché dans des boîtes gay et qu'in fine il s'appuie sur le témoignage de 14 couples. Je lui demande si ce nombre lui paraît suffisant pour tirer les conclusions qu'il présente et s'il n'y a pas un gros biais dans la composition de son panel. Il me répond, un peu dépité et agacé, que c'est le maximum qu'il a pu trouver et que c'est déjà un début dans le contexte politique, ce qui est vrai, et que oui, forcément, tous les couples qu'il a rencontrés se revendiquaient dans l'homoparentalité et étaient engagés de manière militante en faveur de la légalisation de l'homoparentalité.
 
Je lui ai finalement demandé si, du point de vue de son militantisme, il n'avait pas peur de provoquer l'inverse du résultat escompté en publiant ces résultats, en risquant de donner du grain à moudre aux opposants. Bon là, j'ai découvert ce que ça faisait d'être seul au milieu d'une centaine de jeunes hippies énervés avec le mot "homophobie" écrit dans les yeux. J'ai donc pas trop traîné, mais j'ai été alpagué par les deux organisateurs du séminaire à la sortie qui m'ont dit que c'était un véritable problème la question du militantisme et de la représentativité dans les études de genre et qu'ils passaient leur temps à lutter contre ces biais et à essayer d'améliorer leur méthodologie (c'était y a plus de 10 ans).
 
Je crois qu'on est en plein dans ce que tu dénonces. Pour autant, est-ce qu'une conclusion de défiance globale vis-à-vis des études de genre doit s'imposer? Considérer que la portée des résultats de ce travail est limitée n'apparaît pas si compliqué. Tous les éléments sont disponibles pour en comprendre les limites. Le type n'avait pas trop insisté sur les biais à l'oral, mais tout était bien décrit dans la version écrite. C'est comme partout, la méthode d'acquisition des données peut être critiquée y compris par celui qui les produit (c'est même souhaitable et c'est d'ailleurs fait dans la quai totalité des études), et tout travail publié n'a pas la même portée.


Très intéressant.  
Je ne cherche absolument pas à dire qu'il est impossible de faire des études rigoureuses en shs. Ma compagne m'a déjà fait de lire de la très bonne socio, je sais qu'il est possible de faire de bons articles, de bonnes thèses, dans ce domaine.
 
Je tenais ici simplement à montrer qu'il est aussi possible, et même à mon avis nécessaire, d'appliquer le scepticisme aux affirmations posées par les sciences sociales, et qu'il est donc nécessaire de prouver l'existence du patriarcat/de la pression sociale sexuée/whatever, et non de prouver qu'elle n'existe pas.
 
Et de la même façon qu'en demandant "avez-vous déjà été guéri grâce à l'homéopathie", on ne peut pas conclure à son efficacité, en demandant "avez-vous choisi vos études par pression sociale", on ne peut pas conclure à l'existence de cette pression.


---------------
Je suis quelqu'un de modéré, mais c'est rarement volontaire.
n°60372288
MacEugene
This is the Way.
Posté le 31-07-2020 à 12:29:06  profilanswer
 

Theomede a écrit :


Très intéressant.  
Je ne cherche absolument pas à dire qu'il est impossible de faire des études rigoureuses en shs. Ma compagne m'a déjà fait de lire de la très bonne socio, je sais qu'il est possible de faire de bons articles, de bonnes thèses, dans ce domaine.
 
Je tenais ici simplement à montrer qu'il est aussi possible, et même à mon avis nécessaire, d'appliquer le scepticisme aux affirmations posées par les sciences sociales, et qu'il est donc nécessaire de prouver l'existence du patriarcat/de la pression sociale sexuée/whatever, et non de prouver qu'elle n'existe pas.
 
Et de la même façon qu'en demandant "avez-vous déjà été guéri grâce à l'homéopathie", on ne peut pas conclure à son efficacité, en demandant "avez-vous choisi vos études par pression sociale", on ne peut pas conclure à l'existence de cette pression.


 
Un scepticisme que tu ne sembles pas vouloir appliquer quand il s'agit d'études avec laquelle tu es en accord.

n°60372293
Theomede
De gauche radicale
Posté le 31-07-2020 à 12:29:44  profilanswer
 

MacEugene a écrit :


Un scepticisme que tu ne sembles pas vouloir appliquer quand il s'agit d'études avec laquelle tu es en accord.


Comme la quelle ?


---------------
Je suis quelqu'un de modéré, mais c'est rarement volontaire.
n°60372325
MacEugene
This is the Way.
Posté le 31-07-2020 à 12:32:42  profilanswer
 

Theomede a écrit :


Comme la quelle ?


 
Comme celle dont tu parlais hier.

n°60372337
Theomede
De gauche radicale
Posté le 31-07-2020 à 12:34:44  profilanswer
 

MacEugene a écrit :

 

Comme celle dont tu parlais hier.


Ce n'était pas spécialement une étude, mais des chiffres bruts.

 

Mais n'hésite pas à critiquer, c'est toujours bon à prendre :jap:

Message cité 1 fois
Message édité par Theomede le 31-07-2020 à 12:35:18

---------------
Je suis quelqu'un de modéré, mais c'est rarement volontaire.
n°60372357
MacEugene
This is the Way.
Posté le 31-07-2020 à 12:36:59  profilanswer
 

Theomede a écrit :


Ce n'était pas spécialement une étude, mais des chiffres bruts.

 

Mais n'hésite pas à critiquer, c'est toujours bon à prendre :jap:

 

Tu citais très spécifiquement une étude si, de Geary et Stoet.

 

Et quand je l'ai fait tu as balayé les arguments sans lire le papier.


Message édité par MacEugene le 31-07-2020 à 12:37:47
n°60372521
Floom
Posté le 31-07-2020 à 12:57:12  profilanswer
 


Theomede a écrit :


 
Si on utilise des méthodes en double aveugle en médecine, c'est justement pour ça : le patient a des biais lorsqu'il répond, et le médecin lui-même a des biais lorsqu'il pose les questions. D'où l'importance de cette méthodologie, qui empêche (ou du moins réduit) la possibilité aux uns et aux autres de laisser leurs biais influer sur les réponses.


 
J'avais oublié de rebondir sur ça également. Le double aveugle c'est très bien en médecine. Mais c'est pas non plus l'alpha et l'omega de la science. La question, c'est quel paradigme? Quelle méthode? Pour quelle finalité? C'est très difficile de transposer un double aveugle de médecine dans tout un tas d'autres sciences. Il existe bien des méthodes pour atteindre la même finalité, celle de limiter les biais, selon la science pratiquée. La plus évidente, c'est le nombre. La conférence sur les rêves postée par Gilga t'en donne d'autres, comme le fait de cacher le sujet de l'expérimentation par exemple.
 
Ce qu'il y a de bien avec le double aveugle en médecine, c'est qu'il permet à la fois de vérifier l'efficacité d'un traitement, principalement médicamenteux (du "vrai" ou "faux" ), tout en permettant également d'observer les effets contextuels et donc de renseigner sur l'effet des biais. C'est génial parce que c'est un peu du tout en un. Alors évidemment on a envie que ça se passe toujours de cette manière. Mais la plupart des sciences humaines n'ont pas un tel outil. En conséquence, les résultats qu'on va y obtenir ne s'inscrivent pas dans la même temporalité. On va éprouver la qualité des données, de leur acquisition et de leur interprétation à travers plusieurs expérimentations. Mais in fine, on arrive à isoler des biais et à en tenir compte dans les méthodologies employées.  
 
 

n°60372562
doutrisor
Posté le 31-07-2020 à 13:03:05  profilanswer
 

Kiveu a écrit :


 
Les données ne sont bien souvent pas disponibles, vérifiables.
Exemple récent avec le Lancet gate.
 
Mais perso, je suis d'accord pour dire que c'est pas un si gros problème dans le fond.  
On sait que la médecine souffre quasiment tout autant de la crise de la reproductibilité que les sciences sociales et ça n'empêche apparemment pas les progrès en médecine quand même.
 
Par contre, ça complique quand même singulièrement le travail des communicants (média, politique, porte parole d'entreprise) quand il s'agit d'expliquer un sujet au grand public  parce que voir les liens d’intérêt dans chaque publi, ça permet à beaucoup d'idéologue d'user et abuser de procès d'intention pour invalider le résultat d'études et partir tout schuss sans bonnet sur l'air du "on nous cache tout"
 
Et comme on est tous à 6 degré de séparation de n'importe qui d'autre, c'est assez simple de faire des associations par déshonneur à n'importe qui pour invalider n'importe quoi.
"Le professeur Tartampion a bossé sur cette étude, mais il a aussi bossé sur une autre étude avec le professeur truc, or le professeur truc est le beau-frère de Mimi Marchand, qui est une proche de Macron, KOMPARAZAR, donc je n'ai aucune confiance en le professeur Tartampion"


 
 
Procédé utilisé par certains fanatiques pour accabler qq un de racisme par association : https://www.lefigaro.fr/culture/acc [...] l-20200723
 
Ou de pédophilie : https://www.lemonde.fr/politique/ar [...] 23448.html
 
 
Il suffit donc que qq un hurle très fort et balance des accusations sans preuves, et hop ! Pendu en place publique !  D'ailleurs, la bonne réaction de Parr et de Girard aurait dû être :   [:nasyounz]   Je me doute bien qu'ils ont dû subir des pressions cela dit...
 
 


---------------
"A toute chose sa saison, et à toute affaire sous les cieux, son temps"
n°60372853
Kromsson
Low Frequency Version
Posté le 31-07-2020 à 13:38:36  profilanswer
 

Herbert de Vaucanson a écrit :


Et il me semble que pour beaucoup de gens, accepter de laisser quelqu'un qu'on ne connaît pas, seul, chez soi, et avec les clés quand on n'est pas là, c'est très différent suivant le sexe de la personne.

 

C'est là où je veux en venir. Il y a un obstacle assez fort indépendant des compétences des personnes à faire des ménages quand on est un homme. Cet obstacle est social.

n°60372876
Floom
Posté le 31-07-2020 à 13:40:15  profilanswer
 

doutrisor a écrit :

 


Procédé utilisé par certains fanatiques pour accabler qq un de racisme par association : https://www.lefigaro.fr/culture/acc [...] l-20200723

 

Il suffit donc que qq un hurle très fort et balance des accusations sans preuves, et hop ! Pendu en place publique !  D'ailleurs, la bonne réaction de Parr et de Girard aurait dû être :   [:nasyounz]   Je me doute bien qu'ils ont dû subir des pressions cela dit...

 



 


Mais ouais, c'est fou ça. A la limite, qu'une demande d'exemplarité prenne ce genre de forme pour des politiques, ça pourrait se défendre. Mais commencer à chasser le moindre écart doctrinaire chez tout le monde ça n'a aucun sens. Surtout quand la doctrine est à ce point mauvaise ou du moins qu'elle est si mal maîtrisée par la plupart des gens qui s'en revendiquent.
C'est encore une fois l'expression de la cancel culture. Il faudrait à la fois supprimer toute photographie d'époque à caractère raciste et supprimer les droits de ceux qui s'y intéressent sous un autre angle que le racisme.

 

Je suis bien d'accord, il faudrait réussir à juste envoyer tout ça se faire foutre plutôt que d'accepter de subir ces pressions sous prétexte des enjeux économiques.


Message édité par Floom le 31-07-2020 à 13:41:21
n°60372881
Kromsson
Low Frequency Version
Posté le 31-07-2020 à 13:40:45  profilanswer
 

talbazar a écrit :


L'employeur étant plutôt ta femme dans cette catégorie d'emploi, je pense qu'elle émettra peut-être un avis légèrement divergent.

 

Lol pourquoi ce serait à la femme de choisir le personnel de ménage?

n°60372897
Herbert de​ Vaucanson
Grignoteur de SQFP depuis 2002
Posté le 31-07-2020 à 13:42:55  profilanswer
 

Moi j'aurais surtout dit "Pourquoi une femme aurait un avis différent là dessus ?", mais j'avais pas tilté que c'était lui  [:redmax]


---------------
Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur.
n°60372985
_tchip_
Posté le 31-07-2020 à 13:49:43  profilanswer
 

Kromsson a écrit :

Lol pourquoi ce serait à la femme de choisir le personnel de ménage?

Parce que si on a tendance à recruter des femmes, il faut que la recrue ne soit pas une rivale trop menaçante  
 [:oh shi-]


Message édité par _tchip_ le 31-07-2020 à 13:53:59
n°60373003
Herbert de​ Vaucanson
Grignoteur de SQFP depuis 2002
Posté le 31-07-2020 à 13:51:11  profilanswer
 

Kromsson a écrit :


 
C'est là où je veux en venir. Il y a un obstacle assez fort indépendant des compétences des personnes à faire des ménages quand on est un homme. Cet obstacle est social.


 
Comme pour esthéticien épilateur  [:elessar53]


---------------
Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur.
n°60373031
_tchip_
Posté le 31-07-2020 à 13:55:02  profilanswer
 

top model masculin au salon de l'auto

n°60373061
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 31-07-2020 à 13:58:46  profilanswer
 

Kromsson a écrit :

 

Lol pourquoi ce serait à la femme de choisir le personnel de ménage?

 

Pour la même raison qu'elle sera nettement plus vigilante sur un choix de baby-sitter. Mais si on fait le bilan des bonnes engrossées depuis le 19è, et tant qu'à argumenter à partir de fantasmes discutables, mon second degré suggérait qu'elle pourrait donner un point de plus à un beau mec bien roulé, en l'absence du patron. Bravo à Tchip.


Message édité par talbazar le 31-07-2020 à 13:59:23
n°60373090
intersigne
/!\ SJW /!\
Posté le 31-07-2020 à 14:02:32  profilanswer
 

Si on cracotte Talbazar Psychoreve revient ?


---------------
Roll out !
n°60373109
Herbert de​ Vaucanson
Grignoteur de SQFP depuis 2002
Posté le 31-07-2020 à 14:05:11  profilanswer
 

Je sais pas si c'est son multi, mais il a à peu près le même humour de vieux papy en fin de repas de famille :o


---------------
Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur.
n°60373181
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 31-07-2020 à 14:13:42  profilanswer
 

Si tu veux.

n°60373208
Bordel
Bordel !!!
Posté le 31-07-2020 à 14:16:07  profilanswer
 

talbazar a écrit :

D'ailleurs, un infirmier pour combien d'infirmières ?


École de mon gamin, 8 ou 9 mecs sur 95 cette année.


---------------
Photo
n°60373222
Floom
Posté le 31-07-2020 à 14:17:17  profilanswer
 

Kromsson a écrit :

 

C'est là où je veux en venir. Il y a un obstacle assez fort indépendant des compétences des personnes à faire des ménages quand on est un homme. Cet obstacle est social.

 

Au fait, merci pour ton explication hier soir. Je pensais que c'était une idée que tu défendais, du coup je ne comprenais plus la logique.

 

Sinon globalement pour appuyer ce que tu dis, je vois qu'on remet pas mal en cause la force d'une pression sociale sur l'accession à des métiers selon le genre. J'entends bien ce que dit Theomede, et je n'ai absolument rien contre le fait de poser les questions qu'il pose. Mais je vois que le questionnement ne porte que sur les pressions induites sur les choix. Comme si le choix était libre sous prétexte que cette liberté est défendue par la loi. Mais les pressions sociales ne s'exercent pas seulement dans la projection de ce qu'une femme souhaiterait faire dans l'absolu. On les observe également dans les freins de réussite et c'est certainement à ce niveau que la question du patriarcat peut être principalement évoquée.

 

Il y a 10 ans, les chiffres disponibles pour l'université du Mirail, à Toulouse, montraient très bien l'effet de plafond chez les femmes. Elles étaient majoritaires dans tous les postes d'entrée et intermédiaires, puis tout à coup les chiffres s'effondraient dans les postes à haut niveau de responsabilité. Et c'était clairement pas l'expression d'un choix des femmes, et pas non plus une question de compétences. Logiquement, on cible alors l'origine de cette disparité dans les choix de ceux qui permettent l'accessibilité aux postes à haute responsabilité. Et assez logiquement encore, observer que ce sont très majoritairement des hommes qui décident est de nature à induire une discrimination de genre. Chose qui se confirme dès que les décisions sont prises par un corps plus paritaire et que les chiffres ne témoignent plus d'écart flagrant entre les genres.
En revanche, les chiffres ethniques (oui, non, bon, par pays d'origine) montraient au contraire des fortes disparités clairement imputables à des choix initiaux. Ainsi, pour le dire simplement, on voyait clairement que les filières historiques étaient très, mais alors très peu, demandées par les étudiants étrangers d'origine africaine. Alors que les filières de socio et d'éco étaient nettement préférées. Je pense qu'il est inutile d'expliquer pourquoi, ça paraît assez évident. Mais c'est intéressant pour des enseignants d'histoire qui sont amenés à s'interroger sur leur contenu pédagogique et la réception qu'en ont les étudiants.

 

Pour la petite histoire, je précise quand même que les étudiants étrangers d'origine africaine inscrits dans les filières de sciences économiques, notamment, avaient à une écrasante majorité l'intention de "rentrer au pays" à l'issue de leur études, pour lui faire profiter du savoir acquis (et les chiffres montraient que c'était le cas). Je précise juste pour ceux qui aiment bien utiliser les chiffres d'étudiants pour retomber sur des histoires de grand remplacement.

 

De la même manière, des pressions sociales très fortes s'exercent sur les femmes dans les métiers du BTP. S'il est devenu plus commun aujourd'hui qu'il y a 15 ans de voir des femmes sur les chantiers, on est encore très loin non pas de la parité (qui n'est qu'un indicateur et pas une fin en soi), mais  d'une saine insertion dans le corps de métier. Le niveau de misogynie auquel il m'arrive d'assister est véritablement inquiétant. Quand j'explique à un conducteur de pelle qu'il va devoir suivre les consignes d'une femme, je me confronte encore très régulièrement à des problèmes (qui généralement s'expriment dès que j'ai le dos tourné, bien entendu, mais que mes collègues féminines se ramassent de plein fouet).
Or, s'il est vrai que cette misogynie joue certainement un rôle fort dans le choix initial des femmes à entrer dans le BTP, il faut également observer les freins à la progression. La juste place des femmes en BTP, on sent bien que c'est encore et toujours au secrétariat. Parce que considérer une femme dans une fonction de chef d'équipe, c'est courir au drame à cause de cette misogynie. Donc on préfère na pas faire de vagues et il est plus simple de préférer un homme chef d'équipe que risquer de se mettre à dos une équipe de bras cassés.

 

Alors patriarcat ou pas? Faudrait bien entendu le définir, mais si on considère qu'il s'agit de décisions qui reposent sur le choix des hommes potentiellement aux dépends des femmes, il semble que ces exemples en soient quand même une bonne expression.

 

Dire que tout ça change vite, et même très vite dans une perspective sociale et historique, oui, je le pense aussi. Pour autant on est pas encore au bout!

  

Message cité 2 fois
Message édité par Floom le 31-07-2020 à 14:19:16
n°60373241
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 31-07-2020 à 14:18:32  profilanswer
 

Bordel a écrit :


École de mon gamin, 8 ou 9 mecs sur 95 cette année.


 
Merci, impressionnant.

n°60373496
_tchip_
Posté le 31-07-2020 à 14:40:24  profilanswer
 

il en a pécho combien ?

n°60373514
Kromsson
Low Frequency Version
Posté le 31-07-2020 à 14:42:22  profilanswer
 

Herbert de Vaucanson a écrit :


Comme pour esthéticien épilateur  [:elessar53]


 
On change légèrement de problématique avec des questions d'intimité. Mais bon, pour les gynécologues tout à coup le problème est vachement moins visible. Pourquoi?
 
Et la perception du boulot de coiffeur (on dit barbier pour pas faire rétrécir les couilles) aussi a fortement changé. Pourquoi? C'est pas glorieux, y'a pas de statut, c'est du social/bien-être!
 

_tchip_ a écrit :

top model masculin au salon de l'auto


 
Pourtant, des mecs, ils s'en sortiraient génétiquement mieux pour expliquer pourquoi la voiture est très bien. Peut-être qu'il faudrait des femmes trans, avec les prédispositions génétiques pour expliquer comment elle est bien la caisse tout en attirant le regard lubrique des hommes hétéros!
 

Floom a écrit :


Au fait, merci pour ton explication hier soir. Je pensais que c'était une idée que tu défendais, du coup je ne comprenais plus la logique.
 
[...]
 
Dire que tout ça change vite, et même très vite dans une perspective sociale et historique, oui, je le pense aussi. Pour autant on est pas encore au bout!


 
Joli post :jap:
 
La question est touffue et ce que j'ai envie d'ajouter en conclusion, c'est qu'on peut pas balayer les critiques féministes en expliquant que les carrières se choisissent et se font librement. On ne peut pas non plus mesurer facilement certains aspects - notamment pour les pressions ressenties (surtout avec l'argument magique de l'hystérie pour disqualifier les sentiments qui nous embête!) Enfin, c'est un domaine où il y a des grosses différences entre ce qu'on peut vouloir obtenir à grande échelle et ce qu'on peut souhaiter à l'échelle individuelle. Peut-être qu'il est naturel :o qu'il y ait des métiers masculins et féminins à cause de l'organisation sociale des anthropopithèques, mais c'est quand-même pas très souhaitable que des gens veuillent entrer dans un métier et ne s'y sentent pas à leur place à cause des perceptions des rôles de genre.

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