Le CR de la journée (comme ça traine le blog) :
Jour 4 : Bordeaux – Pau
Avec les jours, on apprend de nos erreurs… ou pas. Cette journée à l’instar de précédentes commence par un petit sprint pour rejoindre la voiture et partir à l’heure. A croire que la première spéciale de la journée est en fait le trajet lit -> salle de bain -> petit dej -> chambre -> navette -> parc. On a beau calculer avec de la marge, les navettes et les aléas font qu’on arrive à la bourre (c’est vraiment pénible de mettre plus d’une heure dans des navettes chaque jour). Donc on arrive 5-10 min avant notre heure de départ à la voiture. On prend le road book, on met les bagages dans le coffre et on démarre à 2 min de la limite une fois de plus, normal quoi. En fait on se vante d’avoir une voiture impec qu’on ne touche pas entre le soir et le matin tellement elle est fiable, mais la vérité c’est que le matin on a pas le temps !
Bref, on avait bénéficié de l’assistance de la garde républicaine à l’arrivée dans Bordeaux, ce qui nous avait sauvé des bouchons terribles de cette ville (pire qu’à Paris, si si c’est possible), mais le matin, ils n’étaient pas là ! Du coup dur de sortir de la ville et liaison inintéressante au possible. Pire, quasi impossible de raisonnablement arriver à l’heure au pointage, on pousse bien mais sans prise de risque sur les routes pour finir avec 3 minutes de retard (qui finalement ne semblent pas comptabilisées au résultat de fin de journée, surement un geste compréhensif de l’organisation envers les concurrents).
Une spéciale très sympa nous attend alors, avec une petite route sinueuse qui descend dans une vallée parcouru par un petit ruisseau pour remonter ensuite de manière étroite. Une spéciale qu’Yves gère avec talent, arrivant à taquiner les limites de l’A112 sans pour autant partir à la faute. Très bon temps au final, comparable à bien d’autres concurrents.
La suite sera une liaison vers une seconde spéciale une nouvelle fois accomplie par Yves. Bien qu’il fasse une bonne spéciale sans erreur, il commence à gérer un peu plus pour ne pas faire la faute qui tue et surtout, la spéciale est très rapide avec des lignes droites sur plusieurs centaines de mètres. Impossible de rivaliser dans ces conditions avec les monstres qui nous accompagnent. Dommage je trouve pour une spéciale d’avoir des parcours comme ça. Le principal est qu’on a géré et que le résultat est tout à fait honorable une fois encore !
Nous nous rendons ensuite à Nogaro pour une épreuve circuit. Je suis assez content de découvrir ce circuit que je n’ai jamais fait et qui a une belle histoire. Nous arrivons avec 20 minutes d’avance au pointage, satisfaits. En avance ? Visiblement l’organisation cafouille comme une –remplacez par l’italienne pas fiable que vous préférez- car on nous annonce que nous sommes en retard, que la pré-grille part en essai ! Je m’installe dans la voiture, on me dit alors que je n’aurai pas droit aux essais (déjà que j’ai pas eu le temps de regarder le plan du circuit, super) et que je partirai avec le tour de lancement en queue de peloton. Finalement comme tout ça n’est pas assez handicapant au goût des commissaires étant donné l’exceptionnel potentiel de Monica sur un circuit avec 2 grandes lignes droites, ce sera en fait en queue de peloton après le tour de lancement donc direct au premier tour de la course en venant des stands en départ arrêté. Je m’imagine déjà remonter tout le monde et leur montrer que rien n’ébranlera notre volonté à Monica et moi-même ! Ca c’est l’état d’esprit avant de passer la seconde en sortie des stands tandis que tout le monde est déjà bien loin. Bon, cette redescente sur terre faite, plus raisonnablement, il s’agit de pas être dernier et de faire au moins la nique à un concurrent. Dès le premier tour je remonte ma victime, c’est encourageant ! (il a quand même l’air d’avoir un souci en fait, vu sa lenteur). Puis la seconde proie se profile, une Austin Healey noire qui elle ne semble pas anémique du tout. Je réussis à la rejoindre en 3-4 tours et entame la négociation d’un dépassement avec le monsieur. Retardé par quelques pertes d’adhérences inattendues (qui a mis une plaque de glace en bout de ligne droite ? C’est le RMCH là ?), je finis par prendre une opportunité à l’intérieur de l’escargot. Le gentleman au volant me signale qu’il m’a vu et qu’il me laisse la droite pour passer. A ce moment là, une nouvelle perte d’adhérence complique l’opération, Monica commence à balader du popotin (la sal*** !) et l’Austin fait un écart par sécurité avant de repasser devant. Je la reprends ensuite 2 virage plus loin, juste avant…. La ligne droite…. Longue… très longue… très très longue… Bien sûr à mi-chemin l’Austin me fait coucou et bye bye. Je la suivrai jusqu’au bout sans pouvoir la repasser, à cause de la chaleur qui rend les Michelin Energy catastrophiques et de moi-même qui essaye de forcer les choses en sur-conduisant pour tenter l’impossible.
Je ressortirai de cette épreuve moyennement joyeux, très frustré par tout ça et pas très content de moi-même. La liaison suivante dans un magnifique paysage jusqu’à Pau me calmera bien vite et me redonnera un large sourire !
Nous arrivons à Pau le soir tranquillement, toujours avec la garde républicaine qui contrairement à Bordeaux n’a d’utilité que de montrer l’aisance des gestes de ces messieurs motards (on dirait de la danse classique cette gestuelle gracieuse dans la circulation). Nous emprunterons la route du circuit historique et mythique de Pau jusqu’au parc, ce qui provoque une certaine émotion dans ces conditions.
Le parc est très verdoyant et agréable, ça sent bon la fin de journée ensoleillée, on dirait le sud… Oui, en fait c’est bien ça.
A la fin de la journée, il semble que le classement reste stable nous concernant. Demain dernière étape, on va assurer sans prendre trop de risques, je gère la spéciale et Yves le circuit (Pau Arnos, un circuit rapide, je compatis). Objectif : Biarritz ! On a pris le maillot après tout ! Si possible si on pouvait gratter cette satanée 3eme place au scratch, ce serait génial, et bien sûr rester premiers à la correction d’indice de perfs.
Non mais quand même, des Stratos qui tiennent 4 jours sans tomber en panne, c’est pas normal ! (comment se faire des amis, enfin vous je ne sais pas, mais moi je n’en ai pas en Stratos alors je me défoule !)
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Fan et séquestrateur de Deprem De Prel Photographie, célèbre photographe de tuning automobile :o