FlatFab a écrit :
Evidemment...
D'ailleurs, certains feraient bien de le lire.
Encore une moto down ce soir sur le périph' ouest, un SVS bleu, motard jeune, visiblement pas trop abîmé. Accident absolument pas balisé, bagnole arrêtée sur la voie du milieu, la moto juste derrière, les deux usagers sur la voie, aucun avec gilet haute visibilité, pas de triangle pour protéger les lieux...
Bon allez, c'est pas tout ça...
TADAM !! FLATFABPAVE
L'article complet avec les images est sur
http://moto-securite.fr/periph/
Si vous débutez en deux-roues moteur en Ile-de-France, que vous avez choisi de passer à la moto pour ne plus vous épuiser nerveusement dans les embouteillages, que vous n’avez encore jamais roulé sur le périph’, que vous ne l’empruntez que rarement à l’occasion d’un déplacement sur Paris, ou que sais-je encore… Bref, que vous n’êtes pas un habitué, voire un expert, de cette jungle… il va certainement vous falloir un petit temps d’adaptation !
A condition d’en avoir la possibilité, donnez-vous quelques jours pour vous roder.
Observez le comportement des voitures et des deux-roues (motorisés, cela va de soi, car les vélos et même les cyclomoteurs sont interdits sur ces axes), en respectant scrupuleusement le code de la route, puis lancez-vous, mais avec précaution !
Alors imaginez que votre moto est une voiture et prend la place d’une voiture.
Au début, restez dans votre file (si possible ni la plus lente, ni la plus rapide) et au même rythme que le flux de la circulation.
N’oubliez pas que circuler entre les files de voitures (on dit, en interfile) n'est pas prévu par le code de la route, y compris pour les motos.
Que vous débutiez ou soyez le successeur du Prince Noir (détenteur du record du tour de périph’, établi en 11 minutes) ou de Ghost Rider (record officieux en moins de dix minutes), n’oubliez pas que dans tous les cas, et plus encore sur le périph’, la vue c’est la vie !
Il faut que vous soyiez en position de tout voir et d’être le mieux vu possible.
Sur le périphérique, il faut alterner le regard posé loin afin d’anticiper un bouchon (et éviter un freinage d’urgence) et le regard posé près, surveillant les véhicules les plus proches.
Une position de conduite droite, une hauteur de selle assez élevée et une bonne rétrovision facilitent la perception de l’environnement. De même, une hauteur de phare au niveau des rétroviseurs des voitures aide à être mieux perçu.
Il est inutile, voire contre-productif, d’éblouir les autres usagers en circulant en feux de route (pleins phares)… Le seul résultat sera d’énerver les autres motards qui se prendront le faisceau dans leurs rétros et de paniquer les automobilistes qui ne pourront discerner à quelle vitesse et à quelle distance vous êtes.
Pensez à votre réaction quand vous conduisez une voiture et que vous êtes ébloui: vous freinez instinctivement car vous perdez la perception de l’environnement.
Circulez systématiquement et uniquement en feu de croisement.
Toujours afin d’être bien vu, assurez-vous que vos intentions et vos manoeuvres soient également perçues. Contrôlez, contrôlez toujours visuellement, vérifiez votre angle mort, tournez la tête !
Un automobiliste comprendra encore mieux votre intention de changer de file si vous tournez la tête car il n’aura peut-être pas vu votre clignotant…
C’est aussi très important pour votre propre sécurité: il ne faut jamais exclure la possibilité qu’un petit deux-roues, surtout un scooter, soit venu se mettre dans votre angle mort sans que vous l’ayez vu. Jetez toujours un oeil avant de tourner ou de changer de file, ou même de changer de côté sur une même voie de circulation.
Mais juste un oeil ! Ne restez pas le regard fixé plus d’une seconde.
Et avant de tourner la tête, vérifiez que vous gardez une distance de sécurité avec le véhicule vous précédant, que celui-ci n’est pas en train de freiner ou de décélérer, et qu’il ne va pas le faire dans les secondes qui suivent à cause d’un ralentissement devant.
Je vous parle d’expérience, ce genre d’inattention d’une seconde m’a coûté très cher sur la bretelle de sortie de la porte Maillot vers La Défense…
Si le véhicule qui vous précède vous bouche la vue (monospace ou gros 4×4, camionnette, fourgon, bus, poids lourd), multipliez la distance de sécurité par deux et déboîtez avec précaution.
Surveillez vos arrières !
Personne n’est le plus rapide sur le périph’, il y aura toujours quelqu’un pour vous rattraper. Regardez fréquemment dans vos rétros, dès que la situation permet de le faire sans vous mettre en danger.
Sur le périph’, c’est celui qui roule le plus vite qui a priorité !
Si vous roulez plus lentement que les autres, regardez vos rétros toutes les dix secondes et rangez-vous dès que possible pour laisser passer ceux qui sont derrière. Plus vous attendrez, plus ils seront nombreux et plus vous devrez attendre en les regardant passer avant de reprendre l’interfile.
Rangez-vous dès que vous pouvez le faire sans danger pour vous. Jouer l’obstruction est une très mauvaise idée, cela n’aboutirait qu’à faire prendre des risques tant à vous qu’au motard qui veut vous dépasser.
Certains motards trouvent toujours que l’on ne roule pas assez vite et pourront vous le faire sentir à grand renfort d’appels de phare, de coups de klaxon répétés. Il pourra même se trouver un imbécile pour se montrer très agressif et vous insulter, voire faire mine de vous frapper, ce qui ne sert absolument à rien sauf à risquer la chute pour lui et pour vous.
Laissez-le passer dès que possible, sans prendre de risque. Mettez votre clignotant et rabattez-vous à gauche ou à droite lorsque vous voyez un trou suffisamment grand entre deux voitures (et pas un trou de souris qui aura toujours tendance à se rétrécir).
Laissez faire la sélection naturelle et laissez-le aller se tuer tout seul un peu plus loin… Inutile de croire lui rendre service en lui ouvrant la route, il est trop borné et imbu de lui-même pour comprendre.
Il est beaucoup plus facile d’aller vite en suivant une moto qui ouvre la route. C’est pourquoi il vous a rattrapé si facilement (on va dire ça, hein…). Il est d’ailleurs probable que vous le rattrapiez un peu plus loin. Dans ce cas, restez derrière et laissez-le ouvrir la route. Quand il en aura marre, il se calmera…
A vos débuts sur le périph’, adoptez la même vitesse que les voitures.
Au fur et à mesure, vous vous apercevrez qu’il vaut mieux rouler légèrement plus vite qu’elles, d’environ 10 à 20 km/h, en remontant progressivement les files.
Quand vous serez vraiment à l’aise, vous pourrez éventuellement vous amuser à la remontée rapide, voire au slalom (même si je le déconseille personnellement).
Pour ma part, j’essaie de ne pas dépasser un différentiel de vitesse par rapport aux autres véhicules supérieur à 40 km/h. C’est déjà beaucoup : en conditions normales de circulation sur le périphérique parisien, cela équivaut à une vitesse de conduite de 120 km/h…
En cas de bouchon, quand je remonte une file ininterrompue de voitures en mouvement, je dépasse rarement les 60-70 km/h. Si les voitures sont à l’arrêt, dépasser les 50-60 km/h équivaut à jouer à la roulette russe.
Pour autant, on risque moins à remonter une file continue que dans un trafic « en accordéon » car une voiture coincée entre deux autres ne pourra bouger que très lentement et vous aurez le temps de la voir effectuer sa manoeuvre. Le danger maximal intervient en début et fin de bouchon, quand les espaces entre deux voitures s’allongent et que les conducteurs veulent changer de file pour gagner un mètre ou deux, en profitant d’un espace qui s’ouvre soudainement. Ils veulent déboîter très vite pour en profiter et ne regardent pas dans le rétro. Quant au clignotant, c’est à croire qu’il est en option sur 80% des voitures qui circulent…
N’allez jamais au-delà de la vitesse à laquelle vous vous sentez capable de réagir à n’importe quelle éventualité.
L’idée est de toujours pouvoir freiner sur la longueur d’une voiture pour éviter de se prendre celle qui est en train de déboiter devant elle, et sans être jamais obligé de la doubler (car elle peut déboîter et vous entraîner avec elle).
Attention, quand tout est bouché et les voitures arrêtées : il y a toujours un cinglé pour se dire que tout le monde est à l’arrêt et qui va donc ouvrir une portière ou donner un coup de volant, sans regarder, pour essayer de forcer le changement de file ou essayer de voir jusqu’où dure le bouchon…
De la même manière, il arrive que la voie la plus à gauche bouchonne, mais que par contre, celle du milieu soit plus fluide… Il est fort probable qu’une voiture déboîte sans regarder et sans clignotant pour tenter de grappiller dix secondes.
Encore une fois, les endroits les plus dangereux ne sont pas les bouchons eux-mêmes, mais les débuts et les fins d’embouteillages. Une file de voitures « cul à cul » présente peu de risques de bouger, un automobiliste aura du mal à s’en extraire et s’il y parvient, ce sera lentement, ce qui vous laisse le temps de le voir. Par contre, s’il n’a pas encore vu le ralentissement ou s’il bourrine ensuite pour rattraper son retard, il sera alors bien plus dangereux pour vous.
Ne passez entre deux voitures que si au moins l’une des deux vous a vu (par exemple, celle de gauche a fait un petit écart en vous voyant arriver), ou si vous avez un trou devant les deux caisses, si vous pouvez le faire très vite avec une bonne accélération, et si vous voyez assez loin devant.
Bien évidemment, essayez au maximum de remercier les automobilistes qui s’écartent. Un petit geste de la main gauche, un signe de tête, ça va vite et ça ne coûte rien.
Il est préférable de passer entre deux voitures avec un espace d’un mètre plutôt que de slalomer en « S ».
Les automobilistes voient les autres voitures. Ils ont tellement peu la notion de distance latérale et tellement peur de faire une rayure sur leur carrosserie qu’ils se ménagent toujours une marge de sécurité. Ils laisseront donc (presque) toujours un espace suffisant entre leur bagnole et celle qui les côtoie pour vous permettre de passer.
Alors que si vous vous amusez à slalomer, vous prenez le risque qu’un caisseux ne vous voit pas arriver et se rabatte ou déboîte puisqu’il ne voit pas de voiture à côté de lui. La seconde d’après, vous êtes là… Et celle d’après, vous êtes mort !
Ne dépassez une voiture qui n’a pas d’autre véhicule à côté d’elle qu’avec un grand luxe de précautions, en étant sûr et certain qu’elle vous a vu ou que vous allez pouvoir le faire en gardant une distance latérale supérieur à 1,50m et en ne restant pas à sa hauteur plus d’une seconde.
Si vous devez slalomer dans un trafic chargé mais avec des intervalles suffisants entre les voitures, prenez large. Abordez le véhicule suivant le plus à l’extérieur possible de sa position afin de vous laisser une marge de manoeuvre au cas où il se rabat ou déboîte. Vos « S » doivent être les plus larges possible.
Ne vous faufilez entre les voitures qu’entre les deux voies le plus à gauche. C’est entre ces deux voies que les automobilistes ont le plus l’habitude de trouver des motos. Ils y font donc un peu plus attention.
Passez donc rapidement sur la voie la plus à gauche.
La voie de droite est la plus dangereuse : voitures et camions s’y engagent rapidement, souvent sans regarder (ne pas oublier qu’ils ont la priorité à l’entrée).
La deuxième voie n’est guère mieux avec ceux qui se rabattent brusquement en voyant leur sortie arriver plus vite que prévue.
Il reste donc les deux voies les plus à gauche : le plus souvent, il s’agit de la 3e et la 4e voie (le nombre de voies varie entre 3 et 5 en fonction de la partie du périphérique).
Attention ! La dernière voie est la plus rapide, et si vous vous « traînez » dessus à 80 km/h dans une circulation fluide, soyez sûr qu’une voiture vous talonnera avec klaxon et appels de phare, au risque de vous rentrer dedans.
Si l’entre-file est assez large, préférez passer un peu plus près de la voiture de gauche que de celle de droite, qui est plus susceptible de faire un écart. A l’approche d’une sortie, c’est l’inverse.
S’il y a plus de deux voies (pratiquement toujours sur le périph), faites aussi attention si vous doublez un poids-lourd, un bus ou un autocar à votre droite, avec un gros trou devant. Attendez-vous à ce que quelqu’un venant d’une file encore plus à droite ne remplisse le trou, voire coupe carrément pour aller d’une seule traite sur la file de gauche. On ne double dans ce cas qu’avec une survitesse faible, sans accélérer et avec deux doigts sur le frein.
S’il y a plus de deux files et que vous voulez passer deux files d’un coup, prenez le temps de couper et remettre votre cligno en milieu de manoeuvre. Ainsi, votre manoeuvre ne sera pas ambigüe.
De votre côté, considérez qu’un cligno peut vouloir dire « à gauche toute » quand vous doublez une voiture en train de changer de file à votre droite. Elle pourra vous couper la route sans vergogne: l’automobiliste a mis son cligno, il estime être dans son droit, donc ne prendra pas forcément la peine de vérifier son angle mort.
Roulez à un régime suffisant pour pouvoir accélérer fort en cas de problème.
Inutile de faire hurler le moteur. Adoptez une plage de régimes entre 3.000 et 4.500 tours par minute, ce qui permet d’accélérer sans taper la zone rouge et de garder un peu d’allonge avant de monter un rapport.
Dans le même esprit, roulez aussi avec deux doigts sur le frein avant.
Entre les files, il faut toujours pouvoir réagir extrêmement rapidement.
Il ne faut jamais doubler une voiture qui a mis son clignotant. Même si c’est un cligno oublié.
Dans ce cas, attendre assez longtemps pour être sûr que le cligno est bien un oubli, et pas l’attente d’un trou pour changer de file. Si quelqu’un oublie un cligno, c’est peut-être parce qu’il téléphone… Donc, prendre tout son temps pour avoir une certitude avant de doubler.
Faire encore plus attention aux provinciaux et aux étrangers : ils sont plus dangereux parce qu’ils n’ont pas l’habitude de se trouver dans un tel flux de circulation. Ils ont du mal à faire aussi attention que les autres et peuvent avoir de très mauvais réflexes.
Redoublez donc de vigilance aux périodes de départs en vacances et de retours de week-ends, parce que les automobilistes sont pressés de partir de Paris (on les comprend) et qu’en plus ils sont fatigués, donc plus susceptibles de faire des erreurs de conduite.
Si vous suivez une autre moto, faites-le à une distance raisonnable au cas où elle devrait freiner brutalement. Il y a eu un cas où un motard a chuté entre les files et a été tué par un autre motard qui le suivait de trop près…
Mais ne restez pas trop loin non plus, vous profiterez de l’effet d’ouverture de la voie. La plupart des caisseux (les vrais, pas les automobilistes responsables) font attention aux motos pendant les dix secondes qui suivent le moment où ils viennent d’en voir une les doubler. Beaucoup moins ensuite, y a Bouvard qui raconte une bonne blague aux Grosses Têtes…
Suivre un train de deux-roues limite le stress, vous fatiguerez moins nerveusement.
Une bonne « locomotive », c’est un motard qui roule bien, mais pas trop vite et qui ouvre donc la voie. Un pot non homologué et très bruyant ne sera utile qu’à faible vitesse, quand les automobilistes auront le temps de l’entendre arriver. Sinon, aucun intérêt, vous serez celui qui sera le plus gêné en roulant juste derrière lui !
Si vous commencez à fatiguer en remontant les files, arrêtez immédiatement et rangez-vous derrière une voiture (mais pas un camion ou une camionnette, ce n’est pas transparent).
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