Citation :
La déléguée interministérielle à la Sécurité Routière, Michèle Merli, était l’invitée de RTL, lundi 20 juin. Et oui, en réponse à la mobilisation massive des conducteurs le 18 juin, la première radio de France donne libre parole à une représentante du gouvernement, sans contradicteur. C’est ainsi que les médias officiels fonctionnent en France… Que l’on se rassure, ladite représentante du gouvernement n’a rien trouvé à répondre de sérieux aux 80.000 manifestants qui ont battu le pavé, le 18 juin à l’appel de la FFMC et de l’UUR.
On joue sur les mots.
A la question d’un auditeur, Alain, professionnel de la moto à Amiens, Michèle Merli rétorquait qu’il « n’a jamais été question d’obliger les motards à porter un gilet jaune. »Ben tiens… Rétablissons donc la vérité en relatant le déroulement des faits. Le 11 mai, quand nous avons appris l’énoncé de la mesure suivante prise par le CISR concernant les motards :
Mesure 11 : Améliorer la visibilité des motards. Le comité interministériel de la sécurité routière décide de rendre obligatoire : le port d’un équipement rétro-réfléchissant : gilet de haute visibilité ou blouson portant des bandes rétro-réfléchissantes pour tous les usagers de motocyclette et de tricycles de 125 cm3 et plus. Le non-respect de ces obligations sera sanctionné d’une contravention de 3ème classe et de la perte de 2 points.
Nous avons cherché à en savoir plus, en demandant des détails auprès des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Routière. Une source, qui souhaite rester anonyme mais que l’on considère comme sûre, nous a précisé l’élément suivant : « La bande réfléchissante devra être de la même largeur que celle du gilet jaune homologué, obligatoire dans les voitures. » Or, dans le commerce, il n’existe à notre connaissance aucun blouson de moto équipé d’une telle bande réfléchissante, et qui ne soit pas jaune. On en déduit donc, logiquement, que le gilet jaune devient obligatoire.
Sanction déjà définie
La mesure n°11 du CISR, prévue pour septembre 2011, si elle est floue sur la forme de l’équipement, s’avère très précise quant à la sanction en cas de non port de cet équipement : « Le non-respect de ces obligations sera sanctionné d’une contravention de 3e classe et de la perte de 2 points. » Là au moins, c’est clair !
Brassard jaune…
Dans son interview à RTL, le 20 juin, Michèle Merli minimise l’affaire du gilet jaune. Elle sous-entend que le dispositif obligatoire pourrait n’être qu’un simple « brassard jaune à 3 euros ». Et explique que ce petit brassard permettrait au motard d’être vu en cas de chute, et donc d’éviter le « sur-accident » ! C’est surréaliste : pour régler le problème de la sécurité des motards, le gouvernement n’apporte, comme solution, qu’un brassard jaune à 3 euros ! Quid du mobilier urbain dangereux qui cause des lésions irréversibles sur les motards quand ils le heurtent après une glissade ?
La faute au motard
Par ailleurs, Madame Merli explique, sur la première radio de France, que souvent, quand il y a un accident auto contre moto, le conducteur de la voiture, même responsable, avoue ne pas avoir vu la moto. Et dans ce cas que faut-il faire ? Améliorer la formation des automobilistes ? Non, il faut que les motards se fassent mieux voir, avec leur petit brassard jaune… Car, l’accident de moto, c’est toujours de la faute du motard !
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