Je repense à l'Usage du Monde que j'ai enfin lu il y a quelques semaines.
Au début, je l'ai trouvé un peu agaçant, avec un côté Guide du Routard avant l'heure, annonçant ces backpackers arpentant les territoires jugés encore un peu sauvages, et préservés de l'occidentalisation et de la modernité. Des jeunes Français qui portent sur l'Autre un regard certes bienveillant, mais de supériorité, véhiculant au fond une vision coloniale et raciste.
Spoiler :
c'est tellement simple de pondre de la petite bouillasse postcoloniale, les mots viennent tout seul |
Plus sérieusement, les premières pages m'ont semblé un peu niaises, avec ces gamins en recherche de pittoresque, et puis à mesure que j'avançais j'ai fini par lui trouver un côté crépusculaire et très attachant. Déjà parce qu'ils prenaient vraiment des risques en voyageant et qu'ils sautaient quand même sans parachute, devant travailler pour vivre, s'exposant à toutes sortes de danger et de difficultés.
Et puis parce que les descriptions qu'on y trouve, de l'Europe de l'Est, de l'Asie Centrale, sont bien celle d'un monde sur le point de disparaître, qui n'a pas encore connu les grandes transformations des "nouvelles technologies de la communication" et qui bientôt sera branché sur la TV et sur Internet.
L'écriture m'a parfois un peu bloqué, j'arriverai pas à dire ce que je lui reproche mais elle a peut-être un côté parfois inutilement maniéré, qu'elle manquait de fluidité (mais quelle science pour un gamin qui avait quoi, 24 ans).
Une bonne lecture, mais que j'aurais du mal à ranger dans les chefs-d’œuvre.
---------------
On est tous en cellule mon petit pote, toi, moi, tout le monde. La vie est une prison. Et la plus terrible de toutes parce que pour s'en évader faut passer l'arme à gauche. Plaisante jamais avec ces choses là. Je vais t'enculer.