voilà une réalité historique, qui est exemplaire en ce sens que la secte chrétienne est de toute manière en perte de vitesse :
29 mars 2005 / 11 h 16
Les chrétiens d'Irak en grand danger
Ils vivent sous menace de mort, sont pillés, persécutés, empêchés d'étudier et de travailler. Les femmes sont obligées de porter le voile et les conversions de force se multiplient
Par Memri memri@erols.com
Des racines anciennes à la violence actuelle
Le quotidien irakien « Al-Mada » a dernièrement publié un reportage sur une église considérée comme étant la plus vieille église chrétienne d'Orient. Cette dernière a été découverte en 1976 dans le désert situé à l'ouest de la ville sainte chiite de Karbala par un groupe d'archéologues. Connue sous le nom d'église Al-Qusair, sa construction remonte au 5ème siècle, soit à 120 ans avant l'apparition de l'islam et à presque deux siècles avant sa propagation dans ce qui est aujourd'hui l'Irak.
L'édifice (16 mètres sur 4) était composé de quinze portes voûtées. À l'intérieur, les archéologues ont trouvé les débris d'un autel et de croix gammées. Il y avait deux petits cimetières, l'un situé dans l'enceinte de l'église et destiné aux prêtres, le second situé à l'extérieur pour les autres membres de l'église.
Sous Saddam Hussein, l'aile orientale de l'église fut transformée en camp d'entraînement pour une unité d'artillerie de l'armée irakienne. Plusieurs obus n'ayant pas encore explosé ont été retrouvés dans le périmètre de l'église. Après la destitution de Saddam, les tombes ont été profanées par des pillards espérant y trouver de l'or enterré avec les morts. Le Département irakien des antiquités reconnaît l'importance historique de l'église et envisage de la restaurer et de la préserver.
Les chrétiens d'Irak : 3% de la population du pays
Les chrétiens représentent en Irak trois pour cent de la population totale du pays - estimée à 26 millions d'habitants. L'immense majorité des chrétiens d'Irak appartient à l'Église catholique chaldéenne la branche irakienne du catholicisme romain. Les catholiques chaldéens sont aussi appelés « Assyriens ». Le patriarche de l'Eglise catholique chaldéenne a toutefois précisé que le terme « Assyrien » désignait une origine ethnique et le terme « Chaldéen » une obédience religieuse. Il existe d'autres églises en Irak - catholiques, protestantes, baptistes, nestoriennes et arméniennes... La distinction entre ces différentes dénominations n'est cependant pas claire pour la plupart des Irakiens musulmans qui considèrent tous les chrétiens comme faisant partie du « Peuple du Livre », ainsi que les désigne le Coran.
Une violence contre les personnes
L'obligation des chrétiens de porter le voile
Le niveau très élevé de violence en Irak a affecté toutes les franges de la population irakienne et les chrétiens ne sont pas épargnés. Ils sont toutefois la proie spécifique des islamistes qui les accusent de collaborer avec « l'invasion de l'armée des croisés » ou qui les qualifient d'infidèles. L'intensification des pressions islamistes en Irak à la suite de l'occupation du pays s'est traduite par la destruction de commerces chrétiens, le harcèlement d'étudiants et par l'obligation des chrétiennes de porter le voile.
Suspectés de collaboration
La plupart des enfants chrétiens sont inscrits dans des écoles chrétiennes où l'enseignement d'une langue étrangère, en général l'anglais, est une priorité du programme. Il est donc compréhensible que les forces multinationales aient confié à la communauté chrétienne des tâches administratives et un travail de traduction. Cependant, les chrétiens redoutent une occupation prolongée par les forces de la coalition dirigées par les États-Unis. Une telle situation ne ferait, selon eux, que renforcer les accusations de collaboration avec une occupation « provenant d'un pays chrétien ».
Récemment, un groupe non identifié, appelé « Les Brigades d'Élimination des Agents et Espions chrétiens », a menacé d'éliminer ceux qui oeuvrent avec les forces de la coalition et de « les poursuivre jusque dans leurs maisons et églises ». Les Brigades ont placé dans les zones chrétiennes des affiches sur lesquelles on peut lire :
Les chrétiens accusés de répandre la pornographie dans les rues
« La minorité chrétienne jouit de la paix et de la sécurité sur la terre des musulmans et dans notre pays en particulier. Ses membres ont occupé des positions élevées au sein de l'État. Mais leur malveillance à l'encontre des musulmans est devenue patente lorsque l'occupant est entré dans notre pays. Il a trouvé une grande assistance sous la forme de traducteurs et d'agents qui ont servi d'informateurs contre les musulmans. Leurs églises accueillent des groupes évangélistes. Ils répandent la corruption morale et la pornographie dans nos rues. Des musulmans ont été arrêtés, des femmes ont été violées et des maisons ont été détruites car les chrétiens sont les agents des occupants. »
La violence contre les églises
En août 2004, cinq églises, une à Bagdad et quatre à Mossoul, ont été la cible, le même jour, d'une attaque conjointe qui a fait douze victimes. En octobre, cinq églises étaient assaillies le premier jour du mois du Ramadan. En novembre, huit personnes ont été tuées dans deux attentats visant des églises. À l'attaque du mois d'août a succédé une offensive menée au moyen d'obus de mortiers contre la ville assyrienne de Bakhdeda (également appelée Qarqosh) située dans la province de Ninive, au Nord de l'Irak.
La destruction des commerces
Sous le label « Pétrole contre nourriture », des sommes considérables ont été dépensées par le régime de Saddam Hussein pour l'importation des marques les plus coûteuses de boissons alcoolisées
Le secteur public et l'armée leur étant quasiment fermés, les chrétiens se sont focalisés sur les services et la vente. En raison de l'interdiction de consommation d'alcool imposée par l'islam, les gouvernements irakiens ont réservé le commerce de l'alcool aux chrétiens qui, en retour, ont naturellement eu à satisfaire une importante demande de produits alcoolisés de la part de la population musulmane irakienne. Des sommes considérables, sous le programme « Pétrole contre nourriture » ont été dépensées par le régime de Saddam Hussein pour l'importation des marques les plus coûteuses de boissons alcoolisées, à l'attention de Saddam Hussein, de ses enfants et de la haute hiérarchie du parti Baas, parti laïc alors au pouvoir. L'Autorité provisoire de la coalition a envisagé d'organiser une mise aux enchères publiques de vins et de champagnes de grands millésimes trouvés dans les caves des palais de Saddam, de ses enfants et amis.
Peu après la chute de Saddam, des groupes islamistes contrôlant les rues de nombreuses villes irakiennes ont commencé à prendre pour cibles les propriétaires chrétiens de commerces de produits alcoolisés. Ils ont, en premier lieu, ordonné aux propriétaires de fermer leurs commerces ; s'ils ne se soumettaient pas, les islamistes mettaient à sac les boutiques et tuaient fréquemment leurs propriétaires. Le marchand de spiritueux Bashir Toma Alias fut tué d'une balle dans la tête au centre d'un bazar, à Basra, alors qu'il rentrait chez lui pour fêter Noël.
L'Agence de presse chaldéenne réagissait le 7 octobre 2004 aux « attaques déplorables contre les chrétiens chaldéens en Irak » dans les termes suivants :
« Ces crimes odieux ne se sont pas seulement soldés par la perte de vies innocentes mais, pire encore, ils ont placé ces familles chaldéennes, dont le gagnepain a été pris pour cible, dans une situation extrêmement difficile. En l'absence d'emplois alternatifs, nombre d'entre eux vivent actuellement de dons des églises chaldéennes locales. »
Quatre cents magasins chrétiens fermés
Le bulletin d'information assure qu'à moins que ces « terroristes islamistes » ne soient traduits en justice, « les Chaldéens irakiens continueront d'être une cible facile pour de tels criminels, résolus à imposer par la force leur version dévoyée de l'islam ». Il a été rapporté que dans la ville de Basra au Sud de l'Irak, la deuxième ville d'Irak, des groupes chiites armés portant des noms tels que « La Revanche d'Allah », « Hezbollah » et « L'Organisation des doctrines islamiques » parcourent les rues en infligeant des « sentences islamiques » aux vendeurs et consommateurs d'alcool, ainsi qu'aux prostituées. Quatre cents magasins chrétiens ont été fermés. Selon Faysal Abdullah, chef de l'Organisation des Doctrines islamiques, l'islam « récompense ceux qui sont en quête de martyre et qui ont été désignés par Allah pour extirper le vice ».
La police reste fréquemment passive devant ces crimes commis en sa présence, soit par crainte des islamistes, soit par sympathie pour leurs objectifs.
Les chrétiens se plaignent que des musulmans ont repris leurs commerces fermés par les islamistes, et continuent de vendre de l'alcool en public.
Les islamistes s'en sont également pris à des coiffeurs chrétiens en raison de l'interdiction islamiste de se couper les cheveux et de se raser et la barbe.
Harcèlement des étudiants
Les étudiants chrétiens des universités irakiennes sont aussi victimes de harcèlement et de violence. À l'université de Mossoul, deuxième plus grande université irakienne, 1.500 étudiants ont récemment décidé de suspendre leurs études en raison des menaces de mort d'islamistes ayant pris le contrôle de l'université. De nombreux étudiants résidant en dehors de la ville et se rendant en bus au campus craignaient que ces derniers ne soient la cible d'attentats s'ils persistaient à poursuivre leurs études.
Une enquête réalisée par le quotidien irakien « Al-Mada » révèle un sentiment similaire chez les étudiants chrétiens poursuivant des études dans d'autres instituts supérieurs. Ces derniers ne comprennent pas la raison de ces attaques. Anna Mirfit Boutrus, une étudiante de 22 ans de l'université technologique de Bagdad, exprime ainsi son désarroi :
"Pourquoi les terroristes veulent-ils nous empêcher d'observer nos rites religieux ? Pourquoi dynamitent-ils nos églises ? Pourquoi veulent-ils notre mort ? Que leur avons-nous fait ? Nous sommes citoyens de ce pays. C'est notre pays. Nous n'y renoncerons pas et aucun autre pays ne viendra le remplacer."
Les chrétiennes subissent des pressions constantes visant à leur faire porter le voile, avec menaces de mort à l'appui.
Fête de Noël
Les chrétiens ont fêté Noël chez eux, par crainte des attentats. La plupart des églises ont renoncé à la Messe de minuit et fait en sorte d'éviter les grands rassemblements de fidèles. Les églises ont appelé les paroissiens à ne pas se rendre à l'église le jour de Noël pour plus de sûreté. Invité à commenter la situation le soir du Réveillon, le patriarche Emmanuel III, patriarche de Babylone, a déclaré : - "En tant que responsables des communautés chrétiennes en Irak, nous sommes désolés de ce qui arrive à notre pays. Nos gens, nos ressources, nos immeubles et églises sont la cible d'opérations de destruction. Nous pleurons la mort tragique de plusieurs de nos enfants, les blessures et chocs psychologiques subis par d'autres. Plusieurs de nos citoyens ont été victimes d'expulsions, d'enlèvements et de vols humiliants."
Sur Warda, du Couvent des Filles de Marie, a estimé que la suppression des fêtes de Noël devait être placée dans son contexte : "Nous ne pouvons pas faire la fête, en autarcie de ce que nos proches et nos frères subissent dans notre pays blessé."
Conversion à l'islam
Les Chaldéens se plaignent aussi de pressions pour les forcer à se convertir à l'islam. Quand un parent se convertit à l'islam, tous les mineurs de la famille sont convertis de force, quelle que soit l'opinion de l'autre parent ".
Quitter le pays
Le fléau subi par les chrétiens irakiens participe d'une situation qui se dégrade rapidement et qui oblige les chrétiens de part et d'autre du Moyen-Orient à trouver refuge en Occident. Un récent article de Majid Aziza, publié dans le quotidien irakien « Al-Zaman », de tendance libérale, met en avant le calvaire des chrétiens dans le monde arabo-musulman :
"Les chrétiens des pays arabes fuient leurs pays d'origine. Les statistiques montrent qu'un grand nombre d'entre eux ont émigré dans des pays qui leur assurent, ainsi qu'à leurs enfants, une plus grande sécurité, tels que les États-Unis, le Canada, l'Australie et certains pays d'Europe. La cause de ce phénomène est le harcèlement qu'ils subissent dans des pays où ils se trouvent depuis des milliers d'années. Ce harcèlement est tantôt le fait du régime, tantôt celui de groupes extrémistes. "
POI
Message édité par reith le 31-03-2005 à 16:09:46