T'es lourd. Et t'as la mémoire courte, mais on va la rafraichir.
Au déconfinement du printemps 2020, le gouvernement a décidé de recommander le port du masque dans les lieux clos, et c'est devenu peu à peu une obligation durant l'été (transport en commun, puis commerce) :
11/05/2020 : La position du gouvernement, sur [le port du masque], est très claire. Le 28 avril devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Edouard Philippe, a rappelé que le port du masque serait, à compter de ce lundi 11 mai, obligatoire dans tous les transports en commun, dans les taxis et dans les VTC. Il sera également imposé aux professionnels de la petite enfance. En revanche, aucune règle formelle n'a été édictée concernant le port du masque dans la rue.
Le 11 mai 2020 avait été publié le décret relatif aux "mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de Covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire". La règle est simple : "les masques doivent être portés systématiquement par tous dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent être garanties".
Mais le Français n'en fait qu'à sa tête... Donc des municipalités comme Nice ou Sceaux décident de publier des arrêtés pour imposer le port du masque dans la rue. Qui se font retoquer par le Conseil d'État.
Les maires font alors un intense lobbying pour le masque en extérieur après la parution du décret :
12/05/2020 : Anne Hidalgo l'a répété ce matin. "Je renouvelle ma demande d'ouvrir à la promenade les parcs et les jardins avec port du masque obligatoire, ce qui devrait aussi être le cas dans toutes les rues de notre ville", a écrit la maire de Paris sur Twitter [...] Et Anne Hidalgo n'est pas la seule à être sur cette ligne. Les maires de Lyon, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux plaident aussi pour cette généralisation du port du masque.
Alors le masque sera-t-il bientôt obligatoire pour sortir de chez soi? Ce n'est - pour l'heure - pas le souhait du gouvernement. "Ce n'est pas le choix que nous avons fait. Nous avons considéré qu'il y a des endroits où il est nécessaire de porter un masque, qui n'est jamais qu'un complément aux gestes barrières et à la distanciation physique, mais qu'il n'a pas d'intérêt immédiat quand vous vous promenez tout seul dans la rue ou dans la campagne", expliquait le Premier ministre, Edouard Philippe, le 7 mai lors de la présentation de son plan de déconfinement. "Il n'est pas prévu de rendre obligatoire le masque dans l'ensemble de l'espace public", indiquait fin avril le ministre de la Santé, Olivier Véran.
Vient la phase II du déconfinement, sous la pression des collectivités locale le gouvernement lâche du lest, le décret du 11 mai 2020 se voit ajouter la possibilité pour le préfet d'obliger le port du masque en extérieur « de sa propre initiative ou sur proposition du maire [...], en fonction des circonstances locales » :
29/05/2020 : Déjà exigé dans les transports en commun, le port du masque pourra devenir obligatoire dans d’autres espaces publics. Lors de sa conférence de presse jeudi 28 mai sur la deuxième phase du déconfinement, le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé la possibilité pour les préfets d’exiger le port de cet équipement de protection contre le Covid-19.
« Dès ce week-end, les parcs et jardins seront ouverts sur tout le territoire », a indiqué le chef du gouvernement. Le port du masque pourra être imposé dans de nombreux espaces. À la demande des maires, les préfets pourront, par mesure de précaution supplémentaire, imposer le port du masque dans les espaces publics. »
Les mairies se jettent dessus à la fin du printemps et surtout l'été, et rendent obligatoire le masque dans les rues très fréquentées. Mais le Français, tellement respectueux des règles, oubliait le masque en passant d'une zone non obligatoire à une zone obligatoire. Faut dire que c'était un sacré bordel, ta solution d'éviter à tout prix qu'un Français porte le masque dans une rue déserte :
10/08/2020 : [...] Difficile de s'y retrouver dans les rues au masque obligatoire et les autres. Le quartier du Marais et ses trottoirs étroits très fréquentés ne sont pas concernés, mis à part la rue des Francs-Bourgeois. Là, aucun panneau n'indique clairement que le port du masque y est requis, et quasiment personne ne le porte. Pascale, qui fait du shopping à visage découvert avec ses deux filles, tombe des nues quand on le lui apprend : « Je ne le savais pas ! Mais comment pourrait-on le deviner ? »
Dans son prolongement, la rue des Francs-Bourgeois devient la rue Rambuteau, aux trottoirs grignotés par les terrasses des cafés et très fréquentés, mais le masque n'y est plus obligatoire. Du moins pour quelques dizaines de mètres : à l'approche des Halles, il l'est de nouveau. C'est toutefois la seule rue bordant le centre commercial aux 50 millions de visiteurs par an qui est concernée par la mesure : de l'autre côté, au sud, pas besoin de porter un masque dans la rue Berger, pourtant tout aussi fréquentée et de la même largeur.
De quoi s'y perdre, comme ces deux passants qui s'interrogent en cherchant désespérément du regard la réponse autour d'eux : « Alors là, je crois qu'il faut mettre le masque; mais je ne suis pas sûr… » Là encore, par ignorance ou simplement par « flemme de le mettre pour traverser la rue sur 100 mètres », peu de personnes portent leur protection.
Ensuite, le Conseil d'État, qui avait été saisi par les anti-masques dans le Bas-Rhin et le Rhône, a approuvé le choix des communes / départements d'imposer plus largement le port du masque pour éviter ce que tu viens de lire (et donc, par effet de bord, on pouvait être obligé de le porter dans une rue déserte) :
06/09/2020 : Le juge des référés souligne également que la simplicité et la lisibilité d’une obligation, comme celle de porter le masque, sont nécessaires à sa bonne connaissance et à sa correcte application par les habitants. Il est donc justifié que le port du masque soit imposé dans des périmètres suffisamment larges pour englober de façon cohérente les zones à risque, afin que les personnes qui s’y rendent connaissent facilement la règle applicable et ne soient pas incitées à enlever puis remettre leur masque à plusieurs reprises au cours d’une même sortie. Pour la même raison, les horaires de l’obligation peuvent être définis de façon uniforme pour toute une commune voire pour l’ensemble d’un département.
Voilà, la justification est là, l'état n'a jamais obligé le port du masque dans les rues déserte, contrairement à tes affirmations. Ce sont majoritairement les collectivités locales qui ont milité pour, et les Français qui n'ont pas pigé le décret du déconfinement demandant le port du masque "systématiquement par tous dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent être garanties". C'était pourtant une mesure de bon sens, mais le gaulois réfractaire ne voulait pas s'y plier, il s'est donc parfois retrouvé dans une rue déserte avec un masque obligatoire, par sa propre connerie 
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