Oui ce n'est pas la même chose. Si c'était la même chose, je me serais bien gardé de comparer une chose avec elle-même, auquel cas c'est... assez pareil. Excepté ça, il ne faut pas croire que c'est l'absence de jeans qui faisaient que les gens n'en portaient pas et que s'ils avaient eu la chance d'en avoir, ils se seraient mis à en porter. C'est faux bien sûr. D'ailleurs il y avait des shorts, et ça ne se portait pas pour autant en ville, sauf les gamins en culotte courte. Gamins qui vivaient le fait de ne plus porter de short comme un passage à l'âge adulte, parmis tant d'autres rites qui marquaient une différence entre l'enfance et l'âge de raison. Je pense que tu me diras que ça sert à rien, mais plutôt que de trop discuter là-dessus, je te renvoie aux innombrables livres de psy qui expliquent ça mieux que moi. Et si tu connais ne serait-ce qu'un seul psy qui tient la thèse inverse, je veux bien son nom, pour ma culture.
Je m'attendais à cette remarque, mais je vais t'expliquer. Au boulot, les gens porteraient d'eux-mêmes un costume si c'était naturel pour eux de le porter dans leur vie de tous les jours comme ça a pû l'être. Ce n'est pas le fait d'être au travail qui les gêne. Ils ne vont pas enfiler un costume dès la sortie du boulot. La seule analyse intéressante, ce n'est pas de savoir si le DRH autorise ou pas le jeans. C'est de savoir pourquoi on est passé d'un statut d'évidence à un statut de gêne. Je ne pense pas que tu sois trop immature pour comprendre, je pense plutôt que tu as sauté sur un argument qui t'es apparu sans prendre la peine de bien le peser.
Tu noteras que je prends la peine de m'expliquer, que je donne des arguments, des exemples, et des sources. Je ne t'ai pas traité à coup de texte argumentatif hautement intellectuel du genre "+1", "-1", ou smiley image en guise de réponse à un message de plusieurs lignes. Ça s'appelle discuter entre adultes.
Suffisant pour quoi ? Pour faire le boulot, oui. Mais ça on est tous d'accord depuis le début, pour avoir lu tout le sujet, je n'ai vu personne dire qu'on travaille mieux avec une cravatte. Même pas moi. Seulement comme le but des entreprises, en imposant le costume, n'est pas d'améliorer les performances de leurs employés, ce n'est pas la question.
Bonjour l'unité aussi. Ça empêche les gens de se communautariser en fonction de leur apparence (c'est pourquoi tu verras jamais deux potes dans la rue, l'un avec un costume-cravate et l'autre en tenue gothique, c'est super la diversité mais si c'est pour placer des barrières entre les gens, ça l'est moins). Et aussi, bonjour l'élégance. Paris du point du vue d'un japonais sur un site perso intitulé Paris, pas élégant ? Comme toujours, l'image qu'on se fait d'un pays est un peu en retard sur la réalité, et c'est pourquoi les étrangers imaginent parfois que la France, c'est toujours comme y'a 50 ans. Je dis ça en tant qu'anecdote, mais c'est de là que viens le "syndrome de Paris", voir ici, avec en particulier ce petit passage que je traduis :
Citation :
Les japonais ont pour Paris une affection de longue date, nourrie par des rêves de manières sophistiquées associées à une élégance vestimentaire, une nourriture exquise et des sacs à main Louis Vuitton à foison.
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Et quand ils arrivent sur place, ils constatent que plus rien de tout ça n'est vrai, que toutes les rues populaires sont des sortes de galeries marchandes où s'enchainent les Foot Locker, Mac Do, Sephora, H&M, Starbucks, Monoprix, etc. Certes il reste un héritage du passé qui est là pour assouvir leur envie de beauté (les monuments), mais tout ce qui est récent n'a rien à voir avec ces choses qui attirent les touristes par millions. Les constructions récentes, les magasins, souvent de grandes chaines temples de la société de consommation, et enfin les gens. Tout ça n'est plus spécialement agréable à voir. Eh bien le syndrome de Paris, c'est un symptome qui concerne une infime minorité de japonais, prédisposés psychologiquement, qui rêvent de Paris tel qu'ils l'imaginent (et tel qu'il était autrefois), et qui viennent y vivre, avant en général de se suicider sous le choc de la décompensation (au sens psy du terme). Donc voilà, ne va pas me dire que ça ne montre rien, c'était juste une anecdote qu'on peut résumer ainsi : ça fait rêver, tu y vas, tu vois, et tu te flingues :-). Enfin faut les comprendre, ils ont dû voir le Paris ancien dans les films avec Delon, et quand ils arrivent ils voient des types avec un pantalon "baggy" laissant voir la moitié du slip en train de manger un Big Mac dans un jardin public. C'est plus pareil, et vraiment je ne vois pas en quoi c'est mieux d'avoir cette soi-disant diversité, qui n'est en fait qu'un ensemble de communautés qui attirent les gens selon le mode consumériste, et d'avoir plein de couleurs différentes dans la rue (on dirait un désir d'enfant dit comme ça, et c'est peut-être pas pour rien) si c'est pour arriver là. Enfin je suppose que le MEDEF est content, car ces attitudes dans ces lieux, ça donne un max de fric pour toutes ces grandes chaines dont les enseignes remplacent peu à peu les petits commerces et les atelier d'artisans.
C'est fun, c'est comme Disneyland, plein de couleurs partout. Tu devrais essayer les flash mob, les free hugs, ou ce genre de choses, c'est fun aussi, ça te fera sans doute triper aussi. Elle a de la gueule notre société, maintenant. Tant pis pour les touristes qui seront déçu de voir qu'autour des belles choses qui ont été un sacrifice pour les gens qui les ont construit et qu'on garde pour entretenir le tourisme, on a laissé tout le reste évoluer selon les critères de fun et de consommation.
Tu parles de diversité. C'est plutôt un petit nombre de modes. Et la diversité pour la diversité, ça apporte quoi ? Rien. Ça ne soude pas les gens entre eux, au contraire. C'est pas pour rien qu'on est dans l'ère de l'individualisme (autre sujet qui semble mettre tous les spécialistes d'accord, comme plus haut pour l'infantilisation de la société, et là encore si t'en connais un qui soutient la thèse contraire, je veux bien que tu partages ta culture avec moi).
C'est pas pour rien si les millions de gens qui visitent la France chaque année sont attirés par des choses que tu juges réactionnaires, élaborées selon les critères de beauté d'autrefois. Si y'avait juste les baba cool colorés en baggy, ils viendraient pas, ils s'en foutent complètement, même si ça en fait triper certains. Et ce qui les fait venir n'est plus en accord avec notre époque, en témoigne le contraste entre elles et les gens autour et leur mode de vie. C'est-à-dire qu'inconsciemment, au delà des modes consuméristes et de la cool attitude, on recherche toujours le beau et le vrai plutôt que le voyant et le toc. On recherche aussi une identité, ce qui ne s'obtient pas en bariolant tout selon le modèle fourni par les grandes marques et leurs produits. C'est aussi la raison qui fait le succès de toutes ces histoires qui se déroulent dans le passé. C'est sûr que Le Seigneur des Anneaux à Time Square parmis les panneaux publicitaires fluo, les Mac Do, et les gens super fun et diversifiés, ça a quand même moins de charme, ça fait moins rêver.