Forum |  HardWare.fr | News | Articles | PC | S'identifier | S'inscrire | Shop Recherche
3747 connectés 

 


 Mot :   Pseudo :  
  Aller à la page :
 
 Page :   1  2  3  4  5  ..  129  130  131  ..  360  361  362  363  364  365
Auteur Sujet :

/!\ Libéral, entre ici avec ton cortège de... /!\

n°24215055
Terminatux
Communiste
Posté le 10-10-2010 à 00:17:37  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

limonaire a écrit :

Les Français sont dépendants de la drogue étatique : l'Etat est pour eux Big mother, la mère nourricière et bienveillante vers qui on se tourne pour résoudre les problèmes. Et le fait est que l'Etat, par ses lois, est souvent animé des meilleures intentions. Mais les gens ne comprennent pas que l'enfer est parfois pavé des meilleures intentions. Les gens ont du mal à admettre que les problèmes peuvent venir de l'Etat. L'Etat est par essence le sauveur : et tout d'un coup ce serait le coupable ? C'est pourquoi on cherche les coupables ailleurs et que l'Etat ne cesse de grossir...sans pour autant que les problèmes se résolvent, bien au contraire !


 
Tout allait beaucoup mieux avant la Guerre de Cent Ans. :o  

mood
Publicité
Posté le 10-10-2010 à 00:17:37  profilanswer
 

n°24215149
korrigan73
Membré
Posté le 10-10-2010 à 00:33:31  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Les Français sont dépendants de la drogue étatique : l'Etat est pour eux Big mother, la mère nourricière et bienveillante vers qui on se tourne pour résoudre les problèmes. Et le fait est que l'Etat, par ses lois, est souvent animé des meilleures intentions. Mais les gens ne comprennent pas que l'enfer est parfois pavé des meilleures intentions. Les gens ont du mal à admettre que les problèmes peuvent venir de l'Etat. L'Etat est par essence le sauveur : et tout d'un coup ce serait le coupable ? C'est pourquoi on cherche les coupables ailleurs et que l'Etat ne cesse de grossir...sans pour autant que les problèmes se résolvent, bien au contraire !


En ce moment y'a la greve pour les retraites.
Tu sais pourquoi en france le systeme de retraite est par repartition?
Parce que le precedent, geré par des boites privees a coulé corps et biens.
Alors arrete de cracher sur l'etat quoi qu'il fasse....


---------------
El predicator du topic foot
n°24215826
Betcour
Building better worlds
Posté le 10-10-2010 à 02:55:20  profilanswer
 

Serpico7 a écrit :

Mais au final ce qui choque les gens c'est l'augmentation de la marge des pétroliers avec l'augmentation du prix du brut et donc l'augmentation des profits avec les crises. Ce qui vaut également pour la TVA d'ailleurs.


Ce qui les choques moins c'est que quand les cours baissent (par ex. en pleine crise économique), la marge des pétroliers en € baisse aussi. On peut pas toujours gagner sur tous les tableaux :spamafote:
 

Serpico7 a écrit :

Assez intéressant, sans parler de "taper dessus" ce qui différencie une société horizontale d'une société pyramidale c'est justement que l'une s'occupe des plus faibles en premier, puis on avance tous, alors que l'autre privilégie la pointe de la pyramide en pensant qu'elle entrainera forcément le reste.


Privilégier les faibles oui, ne s'occuper que d'eux non : les "forts" sont aussi membres de la société et ils ont aussi des droits, ni plus ni moins les mêmes que n'importe qui d'autre. On ne peut pas ignorer une éventuelle injustice envers un "fort" au motif qu'il serait fort.
 
Je dis ça maintenant mais c'est parce que régulièrement j'ai droit à cet argument du "ah oui mais ils ont du fric/célébrité/pouvoir, donc rien à cirer" qui n'en est justement pas un.


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°24216251
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 10-10-2010 à 09:26:23  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :


En ce moment y'a la greve pour les retraites.
Tu sais pourquoi en france le systeme de retraite est par repartition?
Parce que le precedent, geré par des boites privees a coulé corps et biens.
Alors arrete de cracher sur l'etat quoi qu'il fasse....


 
Alors que la répartition ne coule pas... Pourtant des tracts syndicaux me disent  qu'avec le nouveau projet ma retraite sera inférieure de 33% à ce que j'aurais touché avec le système en vigueur avant 2003. Sans compter le fait que les cotisations sociales ont entre temps encore augmenté. Ce qui fait que la baisse du rendement de la répartition est plus proche de 50% que de 33%. Non, ce n'est pas un effondrement, çà... Je ne défends pas forcément la capitalisation. Mais je trouve que les défenseurs de la répartition sont aveuglés par leur détestation de la capitalisation, jusqu'à ne pas voir que la répartition s'effondre aussi quand le nombre d'entrants dans le système est moins nombreux que le nombre de sortants.
 
Au fait, de quand date la répartition?
 

Spoiler :

1941 : merci, Maréchal !


n°24216272
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 10-10-2010 à 09:30:42  profilanswer
 

tebidoor a écrit :

C'est vrai que les Français sont addicts de l'Etat mais au moins ce dernier limite la casse.
Mieux vaut être nuancé.


 
Tu penses à l'Irlande. On pourrait effectivement en reparler.
 
Mais mon propos n'est pas de supprimer l'Etat mais de le limiter : qu'on assouplisse marchés du travail et du logement, qu'on redescende à 40% de dépenses publiques (c'est pas vraiment ultra-libéral, çà) et qu'on retire la politique monétaire aux banques centrales pour revenir à la discipline de l'étalon or. Ça m'irait très bien. On aurait une économie dynamique tirant tous les revenus et de quoi donner aux plus pauvres une vraie aide, çàd un capital (financier, éducatif, immobilier), et non pas des aumônes et de l'assistance qui enferment dans la pauvreté.

n°24216409
dante2002
HEUUU NOOOOOOOOON
Posté le 10-10-2010 à 10:18:58  profilanswer
 

Je voulais partager avec un vous un texte très interessant, et connexe à ce débat : le manque de sens de la manière de travailler dans les entreprises, manque de sens exacerbé par la crise et le libéralisme.
 
En clair, ce qu'on est beaucoup à ressentir sans pouvoir l'écrire y est ici bien décrit : on bosse n'importe comment

Citation :

a crise aura eu le mérite de révéler les travers que suivent les grandes et parfois moyennes entreprises du point de vue de la gestion du personnel. Nous verrons que c’est une bataille et qu’elle est donnée gagnante pour les entreprises.
 
L’EMPLOYÉ, VARIABLE D’AJUSTEMENT DE L’ENTREPRISE MODERNE
Quel que soient les secteurs d’activités, quel que soient les pays, quel que soient la rentabilité des entreprises, l’employé reste une variable d’ajustement facile. Et cette variable varie presque toujours dans le même sens : la réduction du personnel. Pas besoin d’être très intelligent ni compétent pour réduire le personnel. C’est, de surcroît, toujours immédiatement apprécié par les actionnaires. Ainsi, une entreprise de réparation et d’entretien de yachts à moteurs qui en pleine crise financière voit son carnet de commandes exploser, tant et si bien qu’ils sont obligés de refuser les contrats pour des yachts de moins de 30 m de long. L’entreprise, profitable de longue date, offrait jusque-là des conditions de travail très sympathiques à ses employés. Pourtant, ces derniers temps, alors que les bénéfices explosent, ils ont décidé de supprimer discrètement des emplois en proposant aux mêmes personnes de se mettre en auto entrepreneur. C’est une filouterie juteuse pour de nombreuses entreprises, qui profitent de la flexibilité des auto-entrepreneurs (qui ne coûtent rien en cas de chute d’activité), mais également de leurs tarifs avantageux (les charges et impôts faibles associés à ce statut en font des « entreprises » compétitives). Tout le risque est pris par l’auto entrepreneur. C’est à croire que le gouvernement a créé volontairement ce statut à la demande des employeurs…
 
SOUS PRESSION
Les employés sont virés, stressés, harcelés, exploités de plus en plus dans le monde entier. Le cas Kerviel est un exemple flagrant : cet homme qui appartient à une banque réputée pour mettre une pression remarquable sur ses équipes de « trading » et qui finalement n’assume pas les dérives associées. Certes Kerviel a triché, certes il a fauté, mais les banquiers avec qui j’ai évoqué la situation pensent que la hiérarchie ne pouvait pas ignorer les faits. D’ailleurs si elle n’était pas informée pourquoi a-t-elle éliminée une grande majorité de la direction de l’époque ? Pour sauver l’image de la banque et des banques françaises en général, Kerviel a été sacrifié. Ce cas est bien un cas d’école : mettre tellement de conditions et de pressions sur les employés afin qu’ils trouvent d’eux-mêmes les solutions (parfois illégales) qui permettent de satisfaire la demande de leur hiérarchie. Pratique, sans risque et efficace…
 
C’est cette même pression qui pousse les ouvriers, dans les usines, a contourner les systèmes de sécurité (casques, gants, vitres de protection…) : sans ils sont plus efficaces que leurs collègues et seront mieux vu. La crainte de la perte d’emploi est destructrice.
 
MANIPULÉS
Dans une grande entreprise du secteur automobile, durant la crise, a été appliquée une méthode Japonaise étonnante : un « Brain Storming » géant (cogitation par petits groupes) a été mis en place. Le but : trouver des solutions pour réduire tous les coûts de l’entreprise. Chacun devait préparer ses idées sur des Post-its et puis les présenter en petits comités. Une synthèse était faite et diffusée à tous dans l’entreprise. Les consignes ? Toutes les idées sont acceptables, des plus ridicules en apparence, aux plus sophistiquées. Évidemment beaucoup de propositions autour des services généraux : diminuer le nombre de passages des femmes de ménage, mettre des ampoules à économie d’énergie, éteindre les PC automatiquement le soir, etc.… Mais étaient aussi proposées des « optimisations » que les employés prenaient sur eux (ne plus prendre de chambre d’hôtel lorsqu’on finit tard en déplacement et rentrer directement) ou contre d’autres collègues (supprimer tel ou tel service, jugé inutile ou inefficace). Évidemment, certaines propositions concernaient également le management (supprimer les voitures de fonction…). La situation est donc idéale pour l’entreprise, car il ne reste plus, pour le management, qu’à sélectionner les bonnes idées qui ne leur coûtent pas cher et qui ne les touchent pas. Les idées retenues avaient l’avantage d’avoir la légitimité de leurs origines : le personnel. Pourquoi une telle « arnaque » marche-t-elle ? Simplement parce qu’avant le lancement du « Brain Storming », la crise est présentée dans ses aspects les plus sombres, y compris avec un plan social associé, lorsque le « Brain Storming » arrive, le personnel est conscient qu’il doit trouver des solutions ou sinon le plan risque de les concerner. Il s’agit donc bien d’une « arnaque », puisque les employés ont été préparés psychologiquement et que seules les idées qui arrangent la direction ne sont finalement sélectionnées.
 
À force d’être manipulé, l’employé devient conscient qu’on lui demande toujours plus pour un gain toujours plus faible (peu ou pas d’augmentations, de primes et de promotions). Il est manipulé en permanence par sa hiérarchie sans en tirer davantage. Que penser des stages de motivations en entreprise ? Ceux qui y participent ont l’impression d’être dans une équipe soudée ou tout le monde est égal et se tutoie. Évidemment, il n’en est rien, le but étant juste de presser un peu plus un citron déjà bien écrasé. Que penser des concours de vente chez les télés-conseillers ? Il s’agit simplement de faire courir tout le monde en ne payant, maigrement, qu’une seule personne (le gagnant) !
 
LES FAIBLES SONT ÉLIMINÉS
Le contenu des stages de management est très éducatif à ce titre. Pourquoi apprend-t-on aux stagiaires la « courbe du deuil ». Cette courbe montre les différentes étapes de l’acceptation d’une mauvaise nouvelle par un individu (choc, déni, colère, peur, dépression, tristesse, acceptation, reconstruction, sérénité) ? Bien sûr pour préparer les plans sociaux, les mutations, les promotions ou les augmentations que les employés n’auront pas… Le problème est que la théorie n’est pas parfaite et que certains dévient de la courbe (suicides, dépressions graves). Pour l’entreprise, ce sont de « déchets » avec la théorie sous-jacente : « s’ils n’ont pas survécu, c’est qu’ils étaient faibles ». La responsabilité de l’entreprise est souvent rejetée par elle-même : rien ne prouvera jamais complètement qu’un suicide est principalement lié au travail, car souvent les causes en sont multiples. Quant aux personnes ayant subi les effets (parfois irrémédiables) d’un épuisement au travail, l’entreprise feint de ne pas en reconnaître l’origine. Nous sommes donc dans un monde ou l’entreprise écrase les forts et broie les plus faibles sans jamais prendre ses responsabilités.
 
MOUTONS, SEULS, ACCEPTÉS
Pour réussir parfaitement dans cette voie, l’entreprise ne recrute que des éléments dociles et éventuellement féroces. Lors des entretiens d’embauche, c’est souvent ces deux caractéristiques qui priment sur la compétence ou le potentiel du candidat. Un candidat docile fera tout ce qu’on lui dit et ce qu’on lui suggère. S’il est féroce, il fera plus volontiers les actions immorales et inhumaines qu’on peut lui demander. Comme le montre le documentaire “La mise à mort du travail”, l’entreprise “Car Glass” fait jouer ses candidats à l’embauche à un jeu dans le seul but est de repérer les délateurs. Intégrés dans les équipes, ils seront de bons adjoints (gratuits) aux managers. En revanche, ceux qui ne sont pas des moutons risquent tout comme ce haut cadre, “practice manager” (responsable de consulting), d’une société américaine de service, dans l’entreprise depuis 11 ans, et qui un jour décide de monter une section syndicale. Ce jour là sa vie bascule, il est reçu par le nouveau directeur de l’entreprise qui le rencontre pour la première fois et qui lui tiens ce langage précis : “t’es assis en face de moi décontracté du fion, le seul moyen de se débarrasser de toi c’est de te tirer une balle dans la tête au parking”. Pour sauver leur emploi les autres employés sont forcés de signer une pétition indiquant que le practice manager les harcèle et ne fait pas son travail.
 
ISOLEMENT
Efficace à plus d’un titre, l’isolement de l’employé est primordial au maintient d’employés dociles. Les « Open Spaces » (bureaux paysagers) sont idéaux pour forcer les employés à se « benchmarker » (comparer) entre eux. Celui qui fait des pauses, qui arrive tard, qui part tôt, qui passe des appels personnels, qui navigue sur internet, qui se déplace « trop » dans le bâtiment, etc. est vite repéré et diffamé. L’employé devient son pire ennemi. La réduction de l’espace personnel (mètre carré par personne), des espaces collectifs (cafétéria, toilettes, espaces fumeurs…) participe activement à cette stratégie. Si nous ne pouvons plus faire de pauses et que nous sommes fortement surveillés, nous ne pouvons que travailler plus. Hélas l’homme n’est pas une machine et les pauses, les cafés entre collègues, les espaces de détentes sont comme la maintenance d’une machine : si nous la supprimons elle marche moins bien puis, s’arrête.
 
 
INEFFICACITÉ
L’entreprise moderne est donc peuplée d’une bonne partie de loups souvent incapables (ou moins capables). Mais, le recrutement n’étant pas une science exacte, de nombreuses erreurs sont commises. Les embauchés finalement peu dociles sont écartés des promotions et/ou harcelés par les loups. Dans un groupe connu de la grande distribution, un agent de sécurité est mal vu parce qu’il entretien des liens avec un syndicat. Un piège est monté contre lui : un portefeuille sans identification possible du propriétaire (pas de cartes ou de papier d’identité), mais avec un gros billet dedans lui est apporté comme ayant été trouvé dans le magasin. Après vérification, l’agent cède à la tentation et empoche discrètement le billet. Or c’est un piège, il est filmé et interpellé en fin de journée. Dans la salle d’interpellation, on ne lui dit pas tout de suite qu’il a été piégé, on fait pression sur lui, en revanche, pour qu’il écrive une déclaration de harcèlement contre un autre employé handicapé. C’est seulement lorsque le document est écrit et signé que la vidéo du vol est montrée à l’indélicat. La direction se sépare donc de deux gêneurs en même temps : l’agent peu docile et le handicapé dont la direction ne voulait plus.
 
LES EMPLOYÉS FONT D’EUX MÊME LE SALE TRAVAIL
Les managers modernes, en ne prenant aucune décision, lorsqu’elle comporte un risque, obligent de fait les employés sous leurs ordres à les prendre pour eux. Ce qui est terrible, car non seulement ces employés n’ont pas toutes les données du problème pour prendre la bonne décision, mais de plus, ils prennent cette décision à leurs seuls risques et périls. C’est ce que nous montre le cas Kerviel et tant d’autres que nous voyons tous les jours en entreprise. Il faut donc que les employés soient naïfs pour accepter de prendre tous ces risques sans aucune contrepartie et en ayant la quasi-certitude d’être les seules victimes si leur décision était malheureuse. Que faire contre cette plaie ? Acculer les managers a prendre eux-mêmes leur décision et à défaut, les informer par écrit des choix effectués par faute de décision de leurs part. Il faut, bien entendu, garder les preuves papier et/ou électroniques chez soi et le jour même de l’envoi !
 
Dans une grande entreprise du CAC40 en 2008 : l’adjointe à la DRH est chargée d’un plan social, qu’elle mène avec zèle par engagement pour sa société. Elle essaye, car elle est humaine, de satisfaire et de conseiller tout le monde. Le plan social se termine lorsqu’elle apprend qu’elle fait également partie du plan (pas nominativement bien sûr, mais sans aucun doute non plus). La direction lui a laisser faire le sale travail sachant qu’elle était compétente (plus que la DRH en fait) tout en sachant pertinemment qu’elle serait éliminée ensuite. Mais cette histoire ne s’arrête pas là, deux mois plus tard après le départ de l’adjointe, c’est finalement la DRH (qui faisait doublon) qui est débarquée ! Cette personne s’en doutait depuis longtemps et cherchait du travail activement, mais ce qu’elle n’avait pas prévu c’est qu’elle partirait aussi vite… Les loups se mangent entre eux sans hésitation, même si en général une sorte de pacte de non-agression les lie.
 
UN AVENIR SANS ISSUE
La démotivation du personnel vient également du fait que l’ascenseur social est largement en panne dans nos entreprises. La crise, les contraintes financières ont fait que les bons postes sont pourvus, non pas au mérite, mais par affinité. Évidemment, cela a toujours existé, mais le fait est qu’il ne s’agit presque plus que de cela aujourd’hui. Ce phénomène est si fort que tout le monde peut le constater alors qu’autrefois cela ne se savait pas toujours. Les « amis », les bons soldats et les opportunistes, les personnes qui sont au bon endroit au bon moment sont préférées aux compétents. Le management prend ses décisions comme si les employés n’existaient pas. Leur attitude représente bien la réalité de leur idéologie. Comme les bourgeois d’autrefois qui considéraient que les vendeurs étaient une race qui n’émergeait jamais de l’autre côté du comptoir, les managers modernes, traitent les employés comme une simple « ressource » déshumanisée.
 
 
L’ÉPUISEMENT DE LA COMPÉTENCE
 
Cet état de fait est fortement démobilisant pour tous. Cela ne sert à rien de bien travailler puisque nous n’en serons jamais récompensés (sauf par chance). L’effet pervers pour l’entreprise est que la hiérarchie ne se remplit presque exclusivement que d’incapables et souvent s’effondre sur elle-même. Ceux qui ont un profil rare et qui ne sont pas promus partent. L’efficacité tant recherchée n’est finalement pas du tout atteinte.
 
 
CEUX QUI RESTENT
Comme nous l’avons vu, en dehors des loups et des moutons, il ne reste que des naïfs, des démotivés ou, des résistants. Cette dernière catégorie est intéressante. Elle est constituée d’individus qui ont compris une bonne partie des faits énoncés ci-dessus et qui, parce qu’ils refusent de se laisser démotiver, choisissent de se battre. En apparence, ils agissent comme des moutons, mais en réalité ils effectuent une grève du zèle qui bloque bien souvent l’entreprise. Car, comme l’avait montré une expérience, il y a plus de quinze ans, à la régie Renault, l’entreprise moderne ne marche que par la bonne volonté des employés. Si tous se mettent, dans une usine, à appliquer strictement les règles écrites sans créativité, l’entreprise se bloque en quelques dizaines de minutes. Oui, ces employés que l’on déshumanise, que l’on ballotte d’une fusion en une acquisition, sont en fait la seule véritable valeur de l’entreprise. Sans eux, leur motivation, leur créativité, leur sens pragmatique, tout s’arrête.
 
MENSONGES
L’exigence internationale qu’implique la mondialisation fait que la concurrence est permanente et s’accélère même. Celui qui ne suit pas, et, autant le dire de suite, toutes les entreprises sont plus ou moins dans ce cas maintenant, est éliminé. Dans un tel contexte, comment survivre ? La réponse est à la fois simple et triste : tout le monde fait semblant d’être à la hauteur, mais tout le monde triche. Ainsi, les certifications, les initiatives zéro défaut, qualité totale peuvent virer rapidement au mensonge. L’entreprise ne peut faillir, pourtant ces engagements coûtent chers et si la concurrence ne joue pas le jeu, ceux qui ne trichent pas sont éliminés, car trop chers. Peu à peu, tous les « leaders » trichent. Dans l’épisode d’AZF, l’entreprise avait de forts engagements qualité ce qui n’a pas évité l’explosion. L’emploi massif de sous-traitants, de prestataires et d’intérimaires non formés (cela coûte cher) est également pointé du doigt. Dans ce cadre que signifie le label Qualité Totale ? Si cela ne permet pas d’éviter une explosion meurtrière, cela ne sert donc à rien. Bien entendu, si la Qualité Totale avait été réellement respectée, l’explosion n’aurait pas eu lieu.
 
Un lecteur me signale le cas d’un directeur qualité de sa (grande) entreprise qui était un tyran, il faisait peur au plus puissant de l’entreprise et lorsqu’il passait dans les usines mêmes les hommes pouvaient pleurer tant il savait magner l’humiliation en public. Ce personnage avait de grands discours et de grandes ambitions sur la qualité. Mais le résultat, hélas, fut que tous les employés cachaient les mauvais chiffres de peur de devoir l’affronter. Du plus petit chef d’équipe au plus grand directeur. Un bel exemple de mensonge institutionnalisé. Ceci nous conduit à une perte de sens dans l’entreprise.
 
La culture du chiffre, les indicateurs nombreux et complexes, les entretiens annuels et personnalisés sont, lorsque bien utilisés, de bonnes armes. Le fait est qu’ils sont rarement bien utilisés. Les indicateurs sont « bricolés » pour être bons et de toute façon sont souvent trop complexes et nombreux pour être bien utilisés, les objectifs individuels et entretiens annuels sont utilisés pour terroriser, manipuler et asservir les employés. Que signifie le fait de noter dans un entretien individuel 25 objectifs complexes et dont l’employé n’a pas toujours le contrôle ? Comment interpréter que l’entretien insiste sur les objectifs non réalisés (forcément, sur les 25), passant sous silence ceux qui sont réalisés ou dépassés ?
 
LA CULTURE D’ENTREPRISE
Appeler « culture » les pratiques d’une entreprise est déjà une grossière manipulation. Si la (vraie) culture enrichit celui qui la consomme, la culture d’entreprise n’est qu’un joint de silicone artificiellement placé entre l’individu et l’entreprise. Joint s’assurant de la fidélité des employés. Elle n’enrichit que très rarement les individus, mais peut au contraire fortement les aliéner lorsqu’elle est utilisée de manière abusive.
 
 
PERTE DES REPÈRES ET ARRIVÉE DU MARKETING RH
La stratégie des entreprises est devenue floue. De réorganisation en réorganisation, de fusion en fusion, l’employé est ballotté d’un endroit à un autre avec comme seul espoir de ne pas être licencié. Pour les employeurs cette insécurité apparente, ou réelle, est également idéale. Le salarié démotivé se remotive en pensant qu’il pourrait être encore plus mal : c'est-à-dire chez lui, à la recherche d’un emploi qu’il ne trouvera pas de si tôt.
 
Parfois cette menace, n’est plus suffisante pour assurer la motivation. Il faut donc un plan B aux entreprises. Quel est-il ? Il faut que les Ressources Humaines se transforment (avec un minimum de coût pour l’entreprise) en marketing pour les employés qui restent. C’est la nouvelle mode, décrite, entre autres, dans un livre de 2004, « Le marketing des ressources humaines : attirer, motiver, fidéliser le personnel de l'entreprise » de Philippe Liger (Directeur marketing RH du groupe Accor) chez Dunod. Sauf que depuis, nous pourrions renommer le livre « Le marketing des ressources humaines : motiver le personnel de l'entreprise » puisqu'attirer n’est plus à l’ordre du jour (on licencie plutôt) et puisque fidéliser n’est pas non plus nécessaire (la peur du chômage s’en charge).
 
Le salarié doit être considéré comme un client à séduire, accueillir et fidéliser lorsqu’il est docile ! Les entreprises veulent mettre en place un "employer appeal", autrement dit une attractivité de l'employeur, en appliquant les règles du marketing au domaine des ressources humaines. Mais ce, à moindre coût. Ne sortira de ces initiatives que du vent.
 
UN CHÔMAGE VOLONTAIREMENT HAUT
 « ENTRE NOS MAINS », QUAND LE SALARIÉ ÉCRIT SON AVENIR
 LA CRISE AUJOURD'HUI : NOUVELLES DU FRONT...
 BÊTISIER DES PRIVATISATIONS: ANGLETERRE, FRANCE, NOUVELLE ZÉLANDE, LOMBARDIE (2/2)
Depuis 1980, tous les gouvernements ont eu peur du plein emploi pour des raisons diverses. Certains pensaient, de bonnes fois, que c’était dangereux et non souhaitable. D’autres savaient que leurs intérêts étaient de créer les conditions d’un chômage massif. Chômage massif qui rend docile et qui baisse le coût du travail. Si à cette stratégie, nous y associons une forte promotion du crédit à la consommation, de la famille et des taux de crédit immobilier incompréhensiblement bas, l’équation est complète. L’individu qui a une famille, des crédits à la consommation et un crédit immobilier, est entièrement devenu mouton (à moins d’être fonctionnaire, mais cela aussi certains s’en occupent). Petit détail diabolique, en maintenant des taux de crédit immobilier bas et de nombreuses aides publiques, le nombre de propriétaires explose. Ceci crée une bulle immobilière (dont nous savons aujourd’hui combien elle est dangereuse) qui enrichit les spéculateurs et appauvrit les autres. Les prix augmentant, il faut toujours emprunter plus pour le même bien au fil des ans. D’une durée de 15 ans, les crédits immobiliers proposés sont passés à une durée de 20 ans, puis 25 ans et enfin 30 ans ! Et ce, alors que n’importe quelle entreprise ou gouvernement a une visibilité de 3 à 12 mois !
 
POUR CONCLURE…
Finalement que reste-t-il à l’employé moderne ? Bien peu de choses. Même si le piège est bien préparé, notre humanité et ses faiblesses sont bien la cible de toutes les « délicates attentions » de nos entreprises. L’homme qui a peur se corrompt facilement et si la peur est forte, la morale et l’intégrité passent après. Nous pouvons pleurer, notre tombe est celle que nous creusons nous-mêmes un peu tous les jours.
 
Bien sûr, nous pouvons échapper de nous-mêmes à bons nombres de pièges : faire le moins possible de crédits, ne pas acheter notre résidence principale, partir de l’entreprise dès que notre intégrité est menacée, faire de la résistance passive, être très prudent et impliquer nos dirigeants, éviter les manipulations (Brain Storming, stages et concours pipeaux…), devenir nous-mêmes entrepreneur (et pas faux auto-entrepreneur), jouer au parfait mouton/loup dans les entretiens (même si l’on ne l’est pas du tout), ne rien attendre de l’entreprise (nous ne serons pas déçus) et faire monter au maximum les enchères lorsque nous sommes (rarement) en position de force, accepter notre condition de fusible (accepter c’est éliminer la peur dont l’entreprise est friande), ne pas faire de zèle (cela ne sert jamais), créer un cercle fort de collègues « amis ».
 
Rêvons un peu : si une majorité d’entre nous ne cédaient pas à la lâcheté en entreprise, le contexte, pour tous, serait très différent…


 


---------------
Parce que le vote pour Emmanuel Macron n'est pas un vote de conviction mais une nécessité démocratique
n°24216559
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 10-10-2010 à 10:54:17  profilanswer
 

dante2002 a écrit :

Je voulais partager avec un vous un texte très interessant, et connexe à ce débat : le manque de sens de la manière de travailler dans les entreprises, manque de sens exacerbé par la crise et le libéralisme.
 
En clair, ce qu'on est beaucoup à ressentir sans pouvoir l'écrire y est ici bien décrit : on bosse n'importe comment

Citation :

a crise aura eu le mérite de révéler les travers que suivent les grandes et parfois moyennes entreprises du point de vue de la gestion du personnel. Nous verrons que c’est une bataille et qu’elle est donnée gagnante pour les entreprises.
 
L’EMPLOYÉ, VARIABLE D’AJUSTEMENT DE L’ENTREPRISE MODERNE
Quel que soient les secteurs d’activités, quel que soient les pays, quel que soient la rentabilité des entreprises, l’employé reste une variable d’ajustement facile. Et cette variable varie presque toujours dans le même sens : la réduction du personnel. Pas besoin d’être très intelligent ni compétent pour réduire le personnel. C’est, de surcroît, toujours immédiatement apprécié par les actionnaires. Ainsi, une entreprise de réparation et d’entretien de yachts à moteurs qui en pleine crise financière voit son carnet de commandes exploser, tant et si bien qu’ils sont obligés de refuser les contrats pour des yachts de moins de 30 m de long. L’entreprise, profitable de longue date, offrait jusque-là des conditions de travail très sympathiques à ses employés. Pourtant, ces derniers temps, alors que les bénéfices explosent, ils ont décidé de supprimer discrètement des emplois en proposant aux mêmes personnes de se mettre en auto entrepreneur. C’est une filouterie juteuse pour de nombreuses entreprises, qui profitent de la flexibilité des auto-entrepreneurs (qui ne coûtent rien en cas de chute d’activité), mais également de leurs tarifs avantageux (les charges et impôts faibles associés à ce statut en font des « entreprises » compétitives). Tout le risque est pris par l’auto entrepreneur. C’est à croire que le gouvernement a créé volontairement ce statut à la demande des employeurs…
 
SOUS PRESSION
Les employés sont virés, stressés, harcelés, exploités de plus en plus dans le monde entier. Le cas Kerviel est un exemple flagrant : cet homme qui appartient à une banque réputée pour mettre une pression remarquable sur ses équipes de « trading » et qui finalement n’assume pas les dérives associées. Certes Kerviel a triché, certes il a fauté, mais les banquiers avec qui j’ai évoqué la situation pensent que la hiérarchie ne pouvait pas ignorer les faits. D’ailleurs si elle n’était pas informée pourquoi a-t-elle éliminée une grande majorité de la direction de l’époque ? Pour sauver l’image de la banque et des banques françaises en général, Kerviel a été sacrifié. Ce cas est bien un cas d’école : mettre tellement de conditions et de pressions sur les employés afin qu’ils trouvent d’eux-mêmes les solutions (parfois illégales) qui permettent de satisfaire la demande de leur hiérarchie. Pratique, sans risque et efficace…
 
C’est cette même pression qui pousse les ouvriers, dans les usines, a contourner les systèmes de sécurité (casques, gants, vitres de protection…) : sans ils sont plus efficaces que leurs collègues et seront mieux vu. La crainte de la perte d’emploi est destructrice.
 
MANIPULÉS
Dans une grande entreprise du secteur automobile, durant la crise, a été appliquée une méthode Japonaise étonnante : un « Brain Storming » géant (cogitation par petits groupes) a été mis en place. Le but : trouver des solutions pour réduire tous les coûts de l’entreprise. Chacun devait préparer ses idées sur des Post-its et puis les présenter en petits comités. Une synthèse était faite et diffusée à tous dans l’entreprise. Les consignes ? Toutes les idées sont acceptables, des plus ridicules en apparence, aux plus sophistiquées. Évidemment beaucoup de propositions autour des services généraux : diminuer le nombre de passages des femmes de ménage, mettre des ampoules à économie d’énergie, éteindre les PC automatiquement le soir, etc.… Mais étaient aussi proposées des « optimisations » que les employés prenaient sur eux (ne plus prendre de chambre d’hôtel lorsqu’on finit tard en déplacement et rentrer directement) ou contre d’autres collègues (supprimer tel ou tel service, jugé inutile ou inefficace). Évidemment, certaines propositions concernaient également le management (supprimer les voitures de fonction…). La situation est donc idéale pour l’entreprise, car il ne reste plus, pour le management, qu’à sélectionner les bonnes idées qui ne leur coûtent pas cher et qui ne les touchent pas. Les idées retenues avaient l’avantage d’avoir la légitimité de leurs origines : le personnel. Pourquoi une telle « arnaque » marche-t-elle ? Simplement parce qu’avant le lancement du « Brain Storming », la crise est présentée dans ses aspects les plus sombres, y compris avec un plan social associé, lorsque le « Brain Storming » arrive, le personnel est conscient qu’il doit trouver des solutions ou sinon le plan risque de les concerner. Il s’agit donc bien d’une « arnaque », puisque les employés ont été préparés psychologiquement et que seules les idées qui arrangent la direction ne sont finalement sélectionnées.
 
À force d’être manipulé, l’employé devient conscient qu’on lui demande toujours plus pour un gain toujours plus faible (peu ou pas d’augmentations, de primes et de promotions). Il est manipulé en permanence par sa hiérarchie sans en tirer davantage. Que penser des stages de motivations en entreprise ? Ceux qui y participent ont l’impression d’être dans une équipe soudée ou tout le monde est égal et se tutoie. Évidemment, il n’en est rien, le but étant juste de presser un peu plus un citron déjà bien écrasé. Que penser des concours de vente chez les télés-conseillers ? Il s’agit simplement de faire courir tout le monde en ne payant, maigrement, qu’une seule personne (le gagnant) !
 
LES FAIBLES SONT ÉLIMINÉS
Le contenu des stages de management est très éducatif à ce titre. Pourquoi apprend-t-on aux stagiaires la « courbe du deuil ». Cette courbe montre les différentes étapes de l’acceptation d’une mauvaise nouvelle par un individu (choc, déni, colère, peur, dépression, tristesse, acceptation, reconstruction, sérénité) ? Bien sûr pour préparer les plans sociaux, les mutations, les promotions ou les augmentations que les employés n’auront pas… Le problème est que la théorie n’est pas parfaite et que certains dévient de la courbe (suicides, dépressions graves). Pour l’entreprise, ce sont de « déchets » avec la théorie sous-jacente : « s’ils n’ont pas survécu, c’est qu’ils étaient faibles ». La responsabilité de l’entreprise est souvent rejetée par elle-même : rien ne prouvera jamais complètement qu’un suicide est principalement lié au travail, car souvent les causes en sont multiples. Quant aux personnes ayant subi les effets (parfois irrémédiables) d’un épuisement au travail, l’entreprise feint de ne pas en reconnaître l’origine. Nous sommes donc dans un monde ou l’entreprise écrase les forts et broie les plus faibles sans jamais prendre ses responsabilités.
 
MOUTONS, SEULS, ACCEPTÉS
Pour réussir parfaitement dans cette voie, l’entreprise ne recrute que des éléments dociles et éventuellement féroces. Lors des entretiens d’embauche, c’est souvent ces deux caractéristiques qui priment sur la compétence ou le potentiel du candidat. Un candidat docile fera tout ce qu’on lui dit et ce qu’on lui suggère. S’il est féroce, il fera plus volontiers les actions immorales et inhumaines qu’on peut lui demander. Comme le montre le documentaire “La mise à mort du travail”, l’entreprise “Car Glass” fait jouer ses candidats à l’embauche à un jeu dans le seul but est de repérer les délateurs. Intégrés dans les équipes, ils seront de bons adjoints (gratuits) aux managers. En revanche, ceux qui ne sont pas des moutons risquent tout comme ce haut cadre, “practice manager” (responsable de consulting), d’une société américaine de service, dans l’entreprise depuis 11 ans, et qui un jour décide de monter une section syndicale. Ce jour là sa vie bascule, il est reçu par le nouveau directeur de l’entreprise qui le rencontre pour la première fois et qui lui tiens ce langage précis : “t’es assis en face de moi décontracté du fion, le seul moyen de se débarrasser de toi c’est de te tirer une balle dans la tête au parking”. Pour sauver leur emploi les autres employés sont forcés de signer une pétition indiquant que le practice manager les harcèle et ne fait pas son travail.
 
ISOLEMENT
Efficace à plus d’un titre, l’isolement de l’employé est primordial au maintient d’employés dociles. Les « Open Spaces » (bureaux paysagers) sont idéaux pour forcer les employés à se « benchmarker » (comparer) entre eux. Celui qui fait des pauses, qui arrive tard, qui part tôt, qui passe des appels personnels, qui navigue sur internet, qui se déplace « trop » dans le bâtiment, etc. est vite repéré et diffamé. L’employé devient son pire ennemi. La réduction de l’espace personnel (mètre carré par personne), des espaces collectifs (cafétéria, toilettes, espaces fumeurs…) participe activement à cette stratégie. Si nous ne pouvons plus faire de pauses et que nous sommes fortement surveillés, nous ne pouvons que travailler plus. Hélas l’homme n’est pas une machine et les pauses, les cafés entre collègues, les espaces de détentes sont comme la maintenance d’une machine : si nous la supprimons elle marche moins bien puis, s’arrête.
 
 
INEFFICACITÉ
L’entreprise moderne est donc peuplée d’une bonne partie de loups souvent incapables (ou moins capables). Mais, le recrutement n’étant pas une science exacte, de nombreuses erreurs sont commises. Les embauchés finalement peu dociles sont écartés des promotions et/ou harcelés par les loups. Dans un groupe connu de la grande distribution, un agent de sécurité est mal vu parce qu’il entretien des liens avec un syndicat. Un piège est monté contre lui : un portefeuille sans identification possible du propriétaire (pas de cartes ou de papier d’identité), mais avec un gros billet dedans lui est apporté comme ayant été trouvé dans le magasin. Après vérification, l’agent cède à la tentation et empoche discrètement le billet. Or c’est un piège, il est filmé et interpellé en fin de journée. Dans la salle d’interpellation, on ne lui dit pas tout de suite qu’il a été piégé, on fait pression sur lui, en revanche, pour qu’il écrive une déclaration de harcèlement contre un autre employé handicapé. C’est seulement lorsque le document est écrit et signé que la vidéo du vol est montrée à l’indélicat. La direction se sépare donc de deux gêneurs en même temps : l’agent peu docile et le handicapé dont la direction ne voulait plus.
 
LES EMPLOYÉS FONT D’EUX MÊME LE SALE TRAVAIL
Les managers modernes, en ne prenant aucune décision, lorsqu’elle comporte un risque, obligent de fait les employés sous leurs ordres à les prendre pour eux. Ce qui est terrible, car non seulement ces employés n’ont pas toutes les données du problème pour prendre la bonne décision, mais de plus, ils prennent cette décision à leurs seuls risques et périls. C’est ce que nous montre le cas Kerviel et tant d’autres que nous voyons tous les jours en entreprise. Il faut donc que les employés soient naïfs pour accepter de prendre tous ces risques sans aucune contrepartie et en ayant la quasi-certitude d’être les seules victimes si leur décision était malheureuse. Que faire contre cette plaie ? Acculer les managers a prendre eux-mêmes leur décision et à défaut, les informer par écrit des choix effectués par faute de décision de leurs part. Il faut, bien entendu, garder les preuves papier et/ou électroniques chez soi et le jour même de l’envoi !
 
Dans une grande entreprise du CAC40 en 2008 : l’adjointe à la DRH est chargée d’un plan social, qu’elle mène avec zèle par engagement pour sa société. Elle essaye, car elle est humaine, de satisfaire et de conseiller tout le monde. Le plan social se termine lorsqu’elle apprend qu’elle fait également partie du plan (pas nominativement bien sûr, mais sans aucun doute non plus). La direction lui a laisser faire le sale travail sachant qu’elle était compétente (plus que la DRH en fait) tout en sachant pertinemment qu’elle serait éliminée ensuite. Mais cette histoire ne s’arrête pas là, deux mois plus tard après le départ de l’adjointe, c’est finalement la DRH (qui faisait doublon) qui est débarquée ! Cette personne s’en doutait depuis longtemps et cherchait du travail activement, mais ce qu’elle n’avait pas prévu c’est qu’elle partirait aussi vite… Les loups se mangent entre eux sans hésitation, même si en général une sorte de pacte de non-agression les lie.
 
UN AVENIR SANS ISSUE
La démotivation du personnel vient également du fait que l’ascenseur social est largement en panne dans nos entreprises. La crise, les contraintes financières ont fait que les bons postes sont pourvus, non pas au mérite, mais par affinité. Évidemment, cela a toujours existé, mais le fait est qu’il ne s’agit presque plus que de cela aujourd’hui. Ce phénomène est si fort que tout le monde peut le constater alors qu’autrefois cela ne se savait pas toujours. Les « amis », les bons soldats et les opportunistes, les personnes qui sont au bon endroit au bon moment sont préférées aux compétents. Le management prend ses décisions comme si les employés n’existaient pas. Leur attitude représente bien la réalité de leur idéologie. Comme les bourgeois d’autrefois qui considéraient que les vendeurs étaient une race qui n’émergeait jamais de l’autre côté du comptoir, les managers modernes, traitent les employés comme une simple « ressource » déshumanisée.
 
 
L’ÉPUISEMENT DE LA COMPÉTENCE
 
Cet état de fait est fortement démobilisant pour tous. Cela ne sert à rien de bien travailler puisque nous n’en serons jamais récompensés (sauf par chance). L’effet pervers pour l’entreprise est que la hiérarchie ne se remplit presque exclusivement que d’incapables et souvent s’effondre sur elle-même. Ceux qui ont un profil rare et qui ne sont pas promus partent. L’efficacité tant recherchée n’est finalement pas du tout atteinte.
 
 
CEUX QUI RESTENT
Comme nous l’avons vu, en dehors des loups et des moutons, il ne reste que des naïfs, des démotivés ou, des résistants. Cette dernière catégorie est intéressante. Elle est constituée d’individus qui ont compris une bonne partie des faits énoncés ci-dessus et qui, parce qu’ils refusent de se laisser démotiver, choisissent de se battre. En apparence, ils agissent comme des moutons, mais en réalité ils effectuent une grève du zèle qui bloque bien souvent l’entreprise. Car, comme l’avait montré une expérience, il y a plus de quinze ans, à la régie Renault, l’entreprise moderne ne marche que par la bonne volonté des employés. Si tous se mettent, dans une usine, à appliquer strictement les règles écrites sans créativité, l’entreprise se bloque en quelques dizaines de minutes. Oui, ces employés que l’on déshumanise, que l’on ballotte d’une fusion en une acquisition, sont en fait la seule véritable valeur de l’entreprise. Sans eux, leur motivation, leur créativité, leur sens pragmatique, tout s’arrête.
 
MENSONGES
L’exigence internationale qu’implique la mondialisation fait que la concurrence est permanente et s’accélère même. Celui qui ne suit pas, et, autant le dire de suite, toutes les entreprises sont plus ou moins dans ce cas maintenant, est éliminé. Dans un tel contexte, comment survivre ? La réponse est à la fois simple et triste : tout le monde fait semblant d’être à la hauteur, mais tout le monde triche. Ainsi, les certifications, les initiatives zéro défaut, qualité totale peuvent virer rapidement au mensonge. L’entreprise ne peut faillir, pourtant ces engagements coûtent chers et si la concurrence ne joue pas le jeu, ceux qui ne trichent pas sont éliminés, car trop chers. Peu à peu, tous les « leaders » trichent. Dans l’épisode d’AZF, l’entreprise avait de forts engagements qualité ce qui n’a pas évité l’explosion. L’emploi massif de sous-traitants, de prestataires et d’intérimaires non formés (cela coûte cher) est également pointé du doigt. Dans ce cadre que signifie le label Qualité Totale ? Si cela ne permet pas d’éviter une explosion meurtrière, cela ne sert donc à rien. Bien entendu, si la Qualité Totale avait été réellement respectée, l’explosion n’aurait pas eu lieu.
 
Un lecteur me signale le cas d’un directeur qualité de sa (grande) entreprise qui était un tyran, il faisait peur au plus puissant de l’entreprise et lorsqu’il passait dans les usines mêmes les hommes pouvaient pleurer tant il savait magner l’humiliation en public. Ce personnage avait de grands discours et de grandes ambitions sur la qualité. Mais le résultat, hélas, fut que tous les employés cachaient les mauvais chiffres de peur de devoir l’affronter. Du plus petit chef d’équipe au plus grand directeur. Un bel exemple de mensonge institutionnalisé. Ceci nous conduit à une perte de sens dans l’entreprise.
 
La culture du chiffre, les indicateurs nombreux et complexes, les entretiens annuels et personnalisés sont, lorsque bien utilisés, de bonnes armes. Le fait est qu’ils sont rarement bien utilisés. Les indicateurs sont « bricolés » pour être bons et de toute façon sont souvent trop complexes et nombreux pour être bien utilisés, les objectifs individuels et entretiens annuels sont utilisés pour terroriser, manipuler et asservir les employés. Que signifie le fait de noter dans un entretien individuel 25 objectifs complexes et dont l’employé n’a pas toujours le contrôle ? Comment interpréter que l’entretien insiste sur les objectifs non réalisés (forcément, sur les 25), passant sous silence ceux qui sont réalisés ou dépassés ?
 
LA CULTURE D’ENTREPRISE
Appeler « culture » les pratiques d’une entreprise est déjà une grossière manipulation. Si la (vraie) culture enrichit celui qui la consomme, la culture d’entreprise n’est qu’un joint de silicone artificiellement placé entre l’individu et l’entreprise. Joint s’assurant de la fidélité des employés. Elle n’enrichit que très rarement les individus, mais peut au contraire fortement les aliéner lorsqu’elle est utilisée de manière abusive.
 
 
PERTE DES REPÈRES ET ARRIVÉE DU MARKETING RH
La stratégie des entreprises est devenue floue. De réorganisation en réorganisation, de fusion en fusion, l’employé est ballotté d’un endroit à un autre avec comme seul espoir de ne pas être licencié. Pour les employeurs cette insécurité apparente, ou réelle, est également idéale. Le salarié démotivé se remotive en pensant qu’il pourrait être encore plus mal : c'est-à-dire chez lui, à la recherche d’un emploi qu’il ne trouvera pas de si tôt.
 
Parfois cette menace, n’est plus suffisante pour assurer la motivation. Il faut donc un plan B aux entreprises. Quel est-il ? Il faut que les Ressources Humaines se transforment (avec un minimum de coût pour l’entreprise) en marketing pour les employés qui restent. C’est la nouvelle mode, décrite, entre autres, dans un livre de 2004, « Le marketing des ressources humaines : attirer, motiver, fidéliser le personnel de l'entreprise » de Philippe Liger (Directeur marketing RH du groupe Accor) chez Dunod. Sauf que depuis, nous pourrions renommer le livre « Le marketing des ressources humaines : motiver le personnel de l'entreprise » puisqu'attirer n’est plus à l’ordre du jour (on licencie plutôt) et puisque fidéliser n’est pas non plus nécessaire (la peur du chômage s’en charge).
 
Le salarié doit être considéré comme un client à séduire, accueillir et fidéliser lorsqu’il est docile ! Les entreprises veulent mettre en place un "employer appeal", autrement dit une attractivité de l'employeur, en appliquant les règles du marketing au domaine des ressources humaines. Mais ce, à moindre coût. Ne sortira de ces initiatives que du vent.
 
UN CHÔMAGE VOLONTAIREMENT HAUT
 « ENTRE NOS MAINS », QUAND LE SALARIÉ ÉCRIT SON AVENIR
 LA CRISE AUJOURD'HUI : NOUVELLES DU FRONT...
 BÊTISIER DES PRIVATISATIONS: ANGLETERRE, FRANCE, NOUVELLE ZÉLANDE, LOMBARDIE (2/2)
Depuis 1980, tous les gouvernements ont eu peur du plein emploi pour des raisons diverses. Certains pensaient, de bonnes fois, que c’était dangereux et non souhaitable. D’autres savaient que leurs intérêts étaient de créer les conditions d’un chômage massif. Chômage massif qui rend docile et qui baisse le coût du travail. Si à cette stratégie, nous y associons une forte promotion du crédit à la consommation, de la famille et des taux de crédit immobilier incompréhensiblement bas, l’équation est complète. L’individu qui a une famille, des crédits à la consommation et un crédit immobilier, est entièrement devenu mouton (à moins d’être fonctionnaire, mais cela aussi certains s’en occupent). Petit détail diabolique, en maintenant des taux de crédit immobilier bas et de nombreuses aides publiques, le nombre de propriétaires explose. Ceci crée une bulle immobilière (dont nous savons aujourd’hui combien elle est dangereuse) qui enrichit les spéculateurs et appauvrit les autres. Les prix augmentant, il faut toujours emprunter plus pour le même bien au fil des ans. D’une durée de 15 ans, les crédits immobiliers proposés sont passés à une durée de 20 ans, puis 25 ans et enfin 30 ans ! Et ce, alors que n’importe quelle entreprise ou gouvernement a une visibilité de 3 à 12 mois !
 
POUR CONCLURE…
Finalement que reste-t-il à l’employé moderne ? Bien peu de choses. Même si le piège est bien préparé, notre humanité et ses faiblesses sont bien la cible de toutes les « délicates attentions » de nos entreprises. L’homme qui a peur se corrompt facilement et si la peur est forte, la morale et l’intégrité passent après. Nous pouvons pleurer, notre tombe est celle que nous creusons nous-mêmes un peu tous les jours.
 
Bien sûr, nous pouvons échapper de nous-mêmes à bons nombres de pièges : faire le moins possible de crédits, ne pas acheter notre résidence principale, partir de l’entreprise dès que notre intégrité est menacée, faire de la résistance passive, être très prudent et impliquer nos dirigeants, éviter les manipulations (Brain Storming, stages et concours pipeaux…), devenir nous-mêmes entrepreneur (et pas faux auto-entrepreneur), jouer au parfait mouton/loup dans les entretiens (même si l’on ne l’est pas du tout), ne rien attendre de l’entreprise (nous ne serons pas déçus) et faire monter au maximum les enchères lorsque nous sommes (rarement) en position de force, accepter notre condition de fusible (accepter c’est éliminer la peur dont l’entreprise est friande), ne pas faire de zèle (cela ne sert jamais), créer un cercle fort de collègues « amis ».
 
Rêvons un peu : si une majorité d’entre nous ne cédaient pas à la lâcheté en entreprise, le contexte, pour tous, serait très différent…


 


 
Bon texte dans l'ensemble. Les réalités décrites sont souvent justes. Il reste à se demande pourquoi les salariés sont aujourd'hui soumis à ce traitement. Je ne suis pas sûr que la concurrence et la mondialisation en soient les vrais responsables. Les causes sont ailleurs :
 
1- Depuis 30 ans, on met en place un capitalisme sans capital. L'Etat favorise par la déductibilité des intérêts l'endettement des entreprises (d'où les LBO par exemple), si bien que les actionnaires apportent un capital minimal pour bénéficier d'un effet de levier maximal. De même, l'Etat par sa dette publique siphonne l'épargne disponible, si bien qu'il en reste peu pour financer les entreprises. Enfin, la fiscalité décourage l'épargne des ménages : il vaut mieux être cigale que fourmi. Et je ne parle même pas des politiques monétaires qui créent des liquidités, çàd qui favorisent l'endettement privé sur création monétaire. Cela crée un nouveau  système : de plus en plus de dettes, de moins en moins de capital. Dès lors, le capital dans les entreprises manque : et faute de capital suffisant, ce sont alors les salariés qui servent de variable d'ajustement en cas de retournement de la conjoncture, alors que normalement, c'est au capital, çàd aux actionnaires, de servir de variable d'ajustement (le capital absorbant les pertes). On se retrouve avec des actionnaires qui ont une "exigence de rentabilité", comme si le profit devenait un revenu fixe (ce qui n'a pas de sens, puisque le profit est par nature risqué, aléatoire et doit justement servir de variable d'ajustement) ; à l'inverse, les salariés servent de variables d'ajustement (les effectifs fluctuent en fonction de la conjoncture, les rémunérations aussi en fonction du volant d'heures sup), ce qui est absoliment contraire à l'esprit du capitalisme. Mais c'est que cet esprit du capitalisme a été perverti par le recul du capital au profit de la dette. Le capital est en effet l'éthique du capitalisme : il responsabilise l'actionnaire qui perd tout en cas de mauvaise gestion. Subsituer la dette au capital, c'est justement faire s'effondrer la morale de responsabilité. Mais il me semble que le marché est très peu responsable de cette situation. Si l'épargne était relancée, si on favorisait les fonds propres plutôt que la dette, si on limitait la création monétaire, la condition des salariés seraient meilleure : beaucoup plus de CDI, beaucoup plus de "sureffectif" (comme dans les années 60) qui donne de la souplesse pour faire face à des afflux soudains de commandes imprévues.
 
2- Le capitalisme actuel est aussi un capitalisme de la grande entreprise, où les dirigeants sont très éloignés des salariés. Cette grande entreprise s'explique bien sûr par la mondialisation des marchés. Mais là encore, la grande entreprise est aussi favorisée par l'Etat en France qui subventionne surtout les grandes entreprises, qui favorise le regroupement d'entreprises pour créer des "champions nationaux", qui crée un droit fiscal et social tellement complexe que seules les grandes entreprises ont les moyens d'embaucher des spécialistes pour en profiter. Dans le même ordre d'idée, en limitant le nombre de grandes surfaces, l'Etat favorise les concentrations des centrales d'achat (puisqu'on ne peut plus grossir en ouvrant de nouveaux points de vente, on grossit par le rachat du concurrent), ce qui crée un rapport de force très déséquilibré : d'où une pression forte en terme de marge et de délai de paiement sur leurs fournisseurs (qui sont souvent des PME), pression qui redescend sur les salariés (j'ai tout de suite à l'idée le contre-argument de Wall Mart aux EU, exemple qu'il faudrait creuser, mais bon). Bref, avec un Etat interventionniste, moins colbertiste, je me demande si on n'aurait pas plus de PME et moins de grandes entreprises (comme en Italie ou en Allemagne)
 
3- Le rapport de force en faveur de l'employeur s'explique évidemment par l'important volant de chômeurs : 3 millions officiellement auxquels s'ajoute une zone grise de 2 ou 3 autres millions. Si le chômage était réduit de la moitié ou des deux tiers, nul doute que les employeurs se comporteraient différemment. Mais ce chômage est largement lié à une mauvaise régulation du marché du travail : la taxation excessive de l'épargne, on l'a vu, décourage l'accumulation du capital et l'embauche de salariés ; et l'existence d'un salaire minimum qui a augmenté de 180 % depuis 1968 (en valeur nette et euro constants) contre 80% pour les salaires nets moyens n'est pas pour rien dans le chômage des non qualifiés, qui inverse totalement le rapport de forces qui existait lors des Trente Glorieuses.
 
Il y a sans doute d'autres causes, mais sur lesquelles il est difficile d'agir : on peut les déplorer, mais si on n'y peut rien, à quoi cela sert-il ? alors qu'en revanche, on a le pouvoir d'agir sur l'Etat en France quand il met en oeuvre de mauvaises politiques, sans doute bien intentionnées, mais dont on voit les résultats.
 
 
 
 

n°24216766
Profil sup​primé
Posté le 10-10-2010 à 11:36:12  answer
 

Encore et toujours accabler l'Etat de tous les maux de la terre n'est pas très pertinent. Nier les effets du combo délocalisation+concurrence non plus.
Car rien ne forçait beaucoup d'entreprises à délocaliser dans des dictatures, à part la cupidité (faire du profit à n'importe quel prix) Il est vrai qu'une dictature (quelle que soit son degré dictatorial) offre des "avantages" : salariés moins payés et surtout ayant peu de droits. Un syndicaliste chinois ouvre trop sa gueule ? Hop, la police politique le fait disparaitre. Oh bien sûr, l'entreprise n'a rien demandé directement. Mais quand on s'installe en Chine, en Birmanie ou en Afrique du nord, on sait à quel genre de régime politique on a affaire, n'est ce pas ? Fermer les yeux n'est pas une excuse valable.
 
Pareillement, marteler que l'entreprise n'est jamais responsable de rien est abberrant ! Où est la notion de responsabilité tant prisée par les libéraux ?  :D  
 
 
Et inutile de me sortir l'argument que c'est le choix du consommateur d'avoir de sproduits importés et peu couteux. Car quand une majorité de textiles, par exemple, vient d'Asie et innonde le marché, où est le choix ? Il y a qq décennies, les français achetaient majoritairement des produits français ou européens, tout en ayant moins d'argent.  
 
 
 

n°24216801
Terminatux
Communiste
Posté le 10-10-2010 à 11:43:14  profilanswer
 

La bonne soupe nostalgique. :sarcastic:  
Ah mais si on revenait comme dans les années 60 et patati et patata...
...tu as inventé la machine à remonter le temps limonaire? :o

n°24216819
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 10-10-2010 à 11:49:54  profilanswer
 


 
Le consommateur est tout aussi cupide que l'entreprise, puisqu'il achète lui aussi au plus bas coût. J'irais plus loin : l'entreprise est cupide car elle sait que son client l'est. L'entreprise préférerait vendre plus cher, ce qui permet d'avoir des coûts plus élevés (c'est en effet épuisant de réduire les coûts chaque année) : mais elle ne le peut pas car le client ne le veut pas. Et d'une certaine façon, c'est parce que nous sommes "cupides", çàd en fait que nous cherchons notre intérêt, qu'il y a de la croissance. Car si les chemises étaient encore fabriquées en France, elles nous coûteraient plus cher, ce qui limiterait notre consommation de téléphones portables par exemple, et donc limiterait les emplois en France chez Orange ou SFR.
 
J'ajouterais que tu as, contrairement à ce que tu dis, toujours le choix d'acheter local et plus cher. Mais qui le fait ? Chez Zara, le textile est fabriqué en Espagne : mais tout le monde va chez HetM, c'est beaucoup moins cher.  
 

mood
Publicité
Posté le 10-10-2010 à 11:49:54  profilanswer
 

n°24217031
ShoTo
... fuck ... mother fucker ...
Posté le 10-10-2010 à 12:41:25  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Privilégier les faibles oui, ne s'occuper que d'eux non : les "forts" sont aussi membres de la société et ils ont aussi des droits, ni plus ni moins les mêmes que n'importe qui d'autre. On ne peut pas ignorer une éventuelle injustice envers un "fort" au motif qu'il serait fort.
 
Je dis ça maintenant mais c'est parce que régulièrement j'ai droit à cet argument du "ah oui mais ils ont du fric/célébrité/pouvoir, donc rien à cirer" qui n'en est justement pas un.


Non mais ça va beaucoup plus loin que ça. Le problème n'est pas que d'avantager le "faible" est injuste par rapport au "fort" mais surtout que ça ne marche pas et ça se retourne contre lui (exemple les APL pour les étudiants :/)
 
Sinon je sais que je ne suis pas modo et encore moins chez moi ici, je n'ai pas d'autorité sur les autres users mais Limonaire ça serait poli que tu arrêtes les quotes gigantesques, ça nuit à la lisibilité de la discussion. Merci  [:emanu]


---------------
The king stays the king. D'Angelo Barksdale
n°24217231
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 10-10-2010 à 13:19:16  profilanswer
 

ShoTo a écrit :


Non mais ça va beaucoup plus loin que ça. Le problème n'est pas que d'avantager le "faible" est injuste par rapport au "fort" mais surtout que ça ne marche pas et ça se retourne contre lui (exemple les APL pour les étudiants :/)
 
Sinon je sais que je ne suis pas modo et encore moins chez moi ici, je n'ai pas d'autorité sur les autres users mais Limonaire ça serait poli que tu arrêtes les quotes gigantesques, ça nuit à la lisibilité de la discussion. Merci  [:emanu]


 
Le quote permet de savoir à quoi l'on répond. Et si ce à quoi l'on répond est de qualité, ça offre une deuxième chance de lecture si la première fois l'on était passé à côté du post. Maintenant, si les jeunes générations ont la flemme de faire défiler la page, on se dit qu'effectivement le financement de nos retraites est loin d'être assuré.

n°24217603
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 10-10-2010 à 14:48:36  profilanswer
 

Je viens de regarder l'interview de l'ancien dircom de la Société Générale, Hugues Le Bret, qui passait chez Ruquier présenter son livre sur l'affaire Kerviel.
 
Et il me venait à l'esprit le point suivant. Le Bret dit qu'avec la perte de 5 milliards d'euros, la SG a frôlé la catastrophe, quasiment la disparition de l'entreprise et de ses 100.000 salariés. Pour éponger ces 5 milliards, il fallait procéder à une augmentation de capital dont on n'était pas certain qu'elle réussisse.  
 
On en est donc là aujourd'hui : une banque qui a des millions de clients est à la merci de la faillite à cause d'une perte de "seulement" 5 milliards, qui ne représente que quelques % de son bilan, et à peine 1.000 euros par client (dont les dépôts en moyenne doivent être bien plus élevés). Que cette perte, pas anodine non plus, la mette en difficulté, je le comprends : mais c'était plus que de simples difficultés, puisque la faillite était envisageable, et là on ne comprend plus. On mesure la fragilité de notre système bancaire : cette histoire illustre parfaitement ce capitalisme sans capital qui est aujourd'hui devenu la norme : les banques ont un niveau de fonds propres ridicule, qui les rend vulnérables aux à-coups de la conjoncture ou à la moindre fraude. Si les banques avaient des fonds propres plus élevés, on traverserait la crise actuelle sans encombre. On voit bien que le problème N°1 aujourd'hui est le manque d'épargne et de fonds propres des entreprises. Il faut sortir de ce capitalisme de l'endettement (dette ayant pour contrepartie non une épargne préalable des ménages, mais une création monétaire pure), dont les salariés sont les premiers à faire les frais.

n°24218599
Camelot2
Posté le 10-10-2010 à 17:35:23  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Je viens de regarder l'interview de l'ancien dircom de la Société Générale, Hugues Le Bret, qui passait chez Ruquier présenter son livre sur l'affaire Kerviel.
 
Et il me venait à l'esprit le point suivant. Le Bret dit qu'avec la perte de 5 milliards d'euros, la SG a frôlé la catastrophe, quasiment la disparition de l'entreprise et de ses 100.000 salariés. Pour éponger ces 5 milliards, il fallait procéder à une augmentation de capital dont on n'était pas certain qu'elle réussisse.  
 
On en est donc là aujourd'hui : une banque qui a des millions de clients est à la merci de la faillite à cause d'une perte de "seulement" 5 milliards, qui ne représente que quelques % de son bilan, et à peine 1.000 euros par client (dont les dépôts en moyenne doivent être bien plus élevés). Que cette perte, pas anodine non plus, la mette en difficulté, je le comprends : mais c'était plus que de simples difficultés, puisque la faillite était envisageable, et là on ne comprend plus. On mesure la fragilité de notre système bancaire : cette histoire illustre parfaitement ce capitalisme sans capital qui est aujourd'hui devenu la norme : les banques ont un niveau de fonds propres ridicule, qui les rend vulnérables aux à-coups de la conjoncture ou à la moindre fraude. Si les banques avaient des fonds propres plus élevés, on traverserait la crise actuelle sans encombre. On voit bien que le problème N°1 aujourd'hui est le manque d'épargne et de fonds propres des entreprises. Il faut sortir de ce capitalisme de l'endettement (dette ayant pour contrepartie non une épargne préalable des ménages, mais une création monétaire pure), dont les salariés sont les premiers à faire les frais.


 
Tu confonds solvabilité et liquidité...

n°24218710
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 10-10-2010 à 17:46:55  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Bon texte dans l'ensemble. Les réalités décrites sont souvent justes. Il reste à se demande pourquoi les salariés sont aujourd'hui soumis à ce traitement. Je ne suis pas sûr que la concurrence et la mondialisation en soient les vrais responsables. Les causes sont ailleurs :
 
1- Depuis 30 ans, on met en place un capitalisme sans capital. L'Etat favorise par la déductibilité des intérêts l'endettement des entreprises (d'où les LBO par exemple), si bien que les actionnaires apportent un capital minimal pour bénéficier d'un effet de levier maximal. De même, l'Etat par sa dette publique siphonne l'épargne disponible, si bien qu'il en reste peu pour financer les entreprises. Enfin, la fiscalité décourage l'épargne des ménages : il vaut mieux être cigale que fourmi. Et je ne parle même pas des politiques monétaires qui créent des liquidités, çàd qui favorisent l'endettement privé sur création monétaire. Cela crée un nouveau  système : de plus en plus de dettes, de moins en moins de capital. Dès lors, le capital dans les entreprises manque : et faute de capital suffisant, ce sont alors les salariés qui servent de variable d'ajustement en cas de retournement de la conjoncture, alors que normalement, c'est au capital, çàd aux actionnaires, de servir de variable d'ajustement (le capital absorbant les pertes). On se retrouve avec des actionnaires qui ont une "exigence de rentabilité", comme si le profit devenait un revenu fixe (ce qui n'a pas de sens, puisque le profit est par nature risqué, aléatoire et doit justement servir de variable d'ajustement) ; à l'inverse, les salariés servent de variables d'ajustement (les effectifs fluctuent en fonction de la conjoncture, les rémunérations aussi en fonction du volant d'heures sup), ce qui est absoliment contraire à l'esprit du capitalisme. Mais c'est que cet esprit du capitalisme a été perverti par le recul du capital au profit de la dette. Le capital est en effet l'éthique du capitalisme : il responsabilise l'actionnaire qui perd tout en cas de mauvaise gestion. Subsituer la dette au capital, c'est justement faire s'effondrer la morale de responsabilité. Mais il me semble que le marché est très peu responsable de cette situation. Si l'épargne était relancée, si on favorisait les fonds propres plutôt que la dette, si on limitait la création monétaire, la condition des salariés seraient meilleure : beaucoup plus de CDI, beaucoup plus de "sureffectif" (comme dans les années 60) qui donne de la souplesse pour faire face à des afflux soudains de commandes imprévues.
 
2- Le capitalisme actuel est aussi un capitalisme de la grande entreprise, où les dirigeants sont très éloignés des salariés. Cette grande entreprise s'explique bien sûr par la mondialisation des marchés. Mais là encore, la grande entreprise est aussi favorisée par l'Etat en France qui subventionne surtout les grandes entreprises, qui favorise le regroupement d'entreprises pour créer des "champions nationaux", qui crée un droit fiscal et social tellement complexe que seules les grandes entreprises ont les moyens d'embaucher des spécialistes pour en profiter. Dans le même ordre d'idée, en limitant le nombre de grandes surfaces, l'Etat favorise les concentrations des centrales d'achat (puisqu'on ne peut plus grossir en ouvrant de nouveaux points de vente, on grossit par le rachat du concurrent), ce qui crée un rapport de force très déséquilibré : d'où une pression forte en terme de marge et de délai de paiement sur leurs fournisseurs (qui sont souvent des PME), pression qui redescend sur les salariés (j'ai tout de suite à l'idée le contre-argument de Wall Mart aux EU, exemple qu'il faudrait creuser, mais bon). Bref, avec un Etat interventionniste, moins colbertiste, je me demande si on n'aurait pas plus de PME et moins de grandes entreprises (comme en Italie ou en Allemagne)
 
3- Le rapport de force en faveur de l'employeur s'explique évidemment par l'important volant de chômeurs : 3 millions officiellement auxquels s'ajoute une zone grise de 2 ou 3 autres millions. Si le chômage était réduit de la moitié ou des deux tiers, nul doute que les employeurs se comporteraient différemment. Mais ce chômage est largement lié à une mauvaise régulation du marché du travail : la taxation excessive de l'épargne, on l'a vu, décourage l'accumulation du capital et l'embauche de salariés ; et l'existence d'un salaire minimum qui a augmenté de 180 % depuis 1968 (en valeur nette et euro constants) contre 80% pour les salaires nets moyens n'est pas pour rien dans le chômage des non qualifiés, qui inverse totalement le rapport de forces qui existait lors des Trente Glorieuses.
 
Il y a sans doute d'autres causes, mais sur lesquelles il est difficile d'agir : on peut les déplorer, mais si on n'y peut rien, à quoi cela sert-il ? alors qu'en revanche, on a le pouvoir d'agir sur l'Etat en France quand il met en oeuvre de mauvaises politiques, sans doute bien intentionnées, mais dont on voit les résultats.


 
2 autres facteurs :
 
1/ Le coût du travail. Pour un salaire net équivalent, un français coûte bien plus cher à son employeur qu'un Allemand ou un américain par exemple. De fait, il est soumis à une plus forte conccurence des pays en développement et doit donc être bien plus productif pour que son travail ne soit pas délocalisé.  
2/ Le rapport contractuel employeur/employé qui créé une ambiance malsaine et conflictuelle. (management à la France Télécom). Quand on ne peut licensier un employé, il faut l'écoeurer de son travail... Inversement, quand on sait qu'on peut tirer un max de thune au moindre petit raté dans la procédure de licensiement, on est pas encouragé à quitter son employeur en bon terme.
 
On imagine pas à quel point un système peut influencer le comportement des agents économiques...

Message cité 3 fois
Message édité par n0name le 10-10-2010 à 17:55:24

---------------
Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
n°24220143
Innolis_Je​vede
70
Posté le 10-10-2010 à 20:27:05  profilanswer
 

n0name a écrit :


 
2 autres facteurs :
 
1/ Le coût du travail. Pour un salaire net équivalent, un français coûte bien plus cher à son employeur qu'un Allemand ou un américain par exemple. De fait, il est soumis à une plus forte conccurence des pays en développement et doit donc être bien plus productif pour que son travail ne soit pas délocalisé.


 
Est-il si aisé de délocaliser un travail ? Si les circonstances s'y prêtent, n'est ce pas déjà mis en œuvre ? Ça me semble être une généralité sans grand fondement. :??:


---------------
7666
n°24220351
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 10-10-2010 à 20:53:23  profilanswer
 

Innolis_Jevede a écrit :


 
Est-il si aisé de délocaliser un travail ? Si les circonstances s'y prêtent, n'est ce pas déjà mis en œuvre ? Ça me semble être une généralité sans grand fondement. :??:


 
Evidemment, la problématique de délocalisation sera différente en fonction des métiers, mais elle existe toujours dans une certaine mesure.  
 
Sur nos projets on a décommencé à délocaliser les développeur puis les fonctionnels en Afrique du nord.
 
Les développeurs/fonctionnels Francais subissent une pression assez importante car un africain du nord va coûter 3 fois moins cher (et ils sont de plus en plus compétent !). Si les charges étaient moins importante, la concurrence serait mécaniquement moins fort et il suffirait par exemple d'être deux fois plus productif pour justifier que le boulot reste en France (contre x3 aujourd'hui).  
 
 
 


---------------
Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
n°24220402
LooSHA
D'abord !
Posté le 10-10-2010 à 20:58:03  profilanswer
 

dante2002 a écrit :

Je voulais partager avec un vous un texte très interessant, et connexe à ce débat : le manque de sens de la manière de travailler dans les entreprises, manque de sens exacerbé par la crise et le libéralisme.

 

En clair, ce qu'on est beaucoup à ressentir sans pouvoir l'écrire y est ici bien décrit : on bosse n'importe comment

Citation :

L’EMPLOYÉ, VARIABLE D’AJUSTEMENT DE L’ENTREPRISE MODERNE
SOUS PRESSION
MANIPULÉS
LES FAIBLES SONT ÉLIMINÉS
MOUTONS, SEULS, ACCEPTÉS
ISOLEMENT
INEFFICACITÉ
LES EMPLOYÉS FONT D’EUX MÊME LE SALE TRAVAIL
UN AVENIR SANS ISSUE
L’ÉPUISEMENT DE LA COMPÉTENCE
CEUX QUI RESTENT
MENSONGES
LA CULTURE D’ENTREPRISE
PERTE DES REPÈRES ET ARRIVÉE DU MARKETING RH
UN CHÔMAGE VOLONTAIREMENT HAUT
 « ENTRE NOS MAINS », QUAND LE SALARIÉ ÉCRIT SON AVENIR
 LA CRISE AUJOURD'HUI : NOUVELLES DU FRONT...
 BÊTISIER DES PRIVATISATIONS: ANGLETERRE, FRANCE, NOUVELLE ZÉLANDE, LOMBARDIE




C'est la faute à l'Etat !

 

A l'Etat et à l'existence d'un droit du travail trop contraignant, obligeant les employeurs à adopter des attitudes qui rejaillissent in fine sur le salarié, qui serait traité d'égal à égal sans lien de subordination dans une entreprise évoluant dans un cadre libéral.

 

Il ne faut pas oublier : si le libéralisme économique était la règle, l'entreprise serait une véritable démocratie avec un salarié = un vote. Or, actuellement, pour contrer l'influence étatique, le pouvoir est aux actionnaires !

 

Avec l'avènement du libéralisme, l'entreprise deviendra un lieu ou régnera l'égalité, peut-être la fraternité, mais la liberté avant tout : celle de s'épanouir dans son travail, celle de remplir son objectif, de plaire à sa hiérarchie, mais aussi celle de dire merde à un cadre mal placé (juste au-dessus de vous) ou à la culture d'entreprise. Cette même liberté vous autorisera par ailleurs d'affirmer haut et fort que les lingettes goût Putella que votre employeur Canibroyeur vient de lancer relèvent de l'escroquerie.

 


:o


Message édité par LooSHA le 10-10-2010 à 20:58:32

---------------
Mangeons de la viande (et nos amis pour la vie) ! Prenons l'avion ! Partons en vacances très loin ! Achetons des trucs venus du bout du monde ! Chauffons-nous à fond ! Utilisons plein d'électricité ! Changeons de malinphone le plus souvent possible !
n°24221034
Altarius
As de la digression
Posté le 10-10-2010 à 21:52:55  profilanswer
 

Ce qui est bien avec la la courtoisie, c'est qu'elle permet l'insulte en prenant le thé le doigt levé.

 

Edit : rapport à un post plus haut

Message cité 1 fois
Message édité par Altarius le 10-10-2010 à 21:54:22

---------------
Dsl pour les fautes - ne pas juger est une clé qui change le monde - Mensonge, propagande et manipulation, bienvenue chez les médias.
n°24221104
LooSHA
D'abord !
Posté le 10-10-2010 à 22:00:03  profilanswer
 

n0name a écrit :

2 autres facteurs :
 
1/ Le coût du travail. Pour un salaire net équivalent, un français coûte bien plus cher à son employeur qu'un Allemand ou un américain par exemple. De fait, il est soumis à une plus forte conccurence des pays en développement et doit donc être bien plus productif pour que son travail ne soit pas délocalisé.  
2/ Le rapport contractuel employeur/employé qui créé une ambiance malsaine et conflictuelle. (management à la France Télécom). Quand on ne peut licensier un employé, il faut l'écoeurer de son travail... Inversement, quand on sait qu'on peut tirer un max de thune au moindre petit raté dans la procédure de licensiement, on est pas encouragé à quitter son employeur en bon terme.
 
On imagine pas à quel point un système peut influencer le comportement des agents économiques...


C'est purement grotesque, tu montres juste ton ignorance abyssale envers les réalités de ce qui se passe aux Prudhommes :heink:  
 
Les Prudhommes, c'est pas le Loto hein, et ce ne sont pas les "fautes de procédure" (lol ?) qui sont le plus sanctionnées en rapportant "un max de thunes".
 
Grotesque, vraiment.


---------------
Mangeons de la viande (et nos amis pour la vie) ! Prenons l'avion ! Partons en vacances très loin ! Achetons des trucs venus du bout du monde ! Chauffons-nous à fond ! Utilisons plein d'électricité ! Changeons de malinphone le plus souvent possible !
n°24221156
FordPrefec​t
On Ilkley Moor Baht'at
Posté le 10-10-2010 à 22:03:33  profilanswer
 

Altarius a écrit :

Ce qui est bien avec la la courtoisie, c'est qu'elle permet l'insulte en prenant le thé le doigt levé.
 
Edit : rapport à un post plus haut


La courtoisie, y'a une radio pour ça :o


---------------
On signale une prise d'échappatoire au ralentisseur Playstation / Dachshunds with erections can't climb stairs./Cheap Flights
n°24221266
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 10-10-2010 à 22:12:32  profilanswer
 

LooSHA a écrit :


C'est purement grotesque, tu montres juste ton ignorance abyssale envers les réalités de ce qui se passe aux Prudhommes :heink:  
 
Les Prudhommes, c'est pas le Loto hein, et ce ne sont pas les "fautes de procédure" (lol ?) qui sont le plus sanctionnées en rapportant "un max de thunes".
 
Grotesque, vraiment.


 
Tellement grotesque que j'ai une connaissance qui a une tante avocate et qui a :
1/ abandonné son poste.
2/ a contesté son licensiement pour vice de procédure (pour non respect de je ne sais plus quel délai)
3/ a soutenu mordicus qu'il aimait son travail etc.
4/ a touché le gros lot.
 
Bref, c'est ton intervention qui est ridicule.


---------------
Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
n°24221315
LooSHA
D'abord !
Posté le 10-10-2010 à 22:16:45  profilanswer
 

n0name a écrit :


 
Tellement grotesque que j'ai une connaissance qui a une tante avocate et qui a :
1/ abandonné son poste.
2/ a contesté son licensiement pour vice de procédure (pour non respect de je ne sais plus quel délai)
3/ a soutenu mordicus qu'il aimait son travail etc.
4/ a touché le gros lot.
 
Bref, c'est ton intervention qui est ridicule.


Ben voyons. Aux Prudhommes qui sont des conseils paritaires ? :sarcastic:  
Grosse blague.


---------------
Mangeons de la viande (et nos amis pour la vie) ! Prenons l'avion ! Partons en vacances très loin ! Achetons des trucs venus du bout du monde ! Chauffons-nous à fond ! Utilisons plein d'électricité ! Changeons de malinphone le plus souvent possible !
n°24221379
Camelot2
Posté le 10-10-2010 à 22:21:21  profilanswer
 

Y a tout de même des histoires drôles aux Prudhommes...Le coup d'un patron qui reçoit une balle de révolver sur son bureau de la part d'un de ses employés. Il le vire direct. Pas de bol, il n'a pas respecté les "formes" et est prié de l'indemniser.  :D  
 
Mais bon, pour une histoire d'un employé de ce type, t'en as 10 qui se font virer pour "raisons économiques" (i.e. délocalisation en Roumanie)

n°24221424
Serpico7
Net______________________worK
Posté le 10-10-2010 à 22:24:26  profilanswer
 

n0name a écrit :

 

Tellement grotesque que j'ai l'ami du frère de l'oncle du cousin germain d'une connaissance d'un ami d'enfance qui a une tante avocate crevette et un oncle incarné et qui  :

 

1/ fait du tricot
2/ adore la gym
3/ aime donner à manger aux cygnes
4/ a touché un gros loto

 

Bref, c'est ton intervention qui est ridicule.

 

       C'était vraiment très intéressant !
            /
http://hfr-rehost.net/www.dvdcritiques.com/Backoffice/upload/2650/Capt_Image.jpg

 

Message cité 1 fois
Message édité par Serpico7 le 10-10-2010 à 22:25:03
n°24221609
Altarius
As de la digression
Posté le 10-10-2010 à 22:39:36  profilanswer
 

FordPrefect a écrit :


La courtoisie, y'a une radio pour ça :o


 
' tain c'est vrai en plus :D

limonaire a écrit :


 
Le consommateur est tout aussi cupide que l'entreprise, puisqu'il achète lui aussi au plus bas coût. J'irais plus loin : l'entreprise est cupide car elle sait que son client l'est.  
...


 
Et le consommateur achète au plus bas coût parce que son employeur le paye au plus bas salaire, bref c'est l'histoire de l'œuf et de la poule que tu sors là.
Je retourne lurker , je n'ai pas la patience de certain. C'est assez terrible Limonaire comme ce que tu reproche à autrui, tu peux sans mal te l'appliquer à toi même.
 
Mais c'est intéressant, ne serait-ce que par la forme  :jap:  
 

Message cité 2 fois
Message édité par Altarius le 10-10-2010 à 22:57:39

---------------
Dsl pour les fautes - ne pas juger est une clé qui change le monde - Mensonge, propagande et manipulation, bienvenue chez les médias.
n°24223549
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-10-2010 à 06:10:28  profilanswer
 

Maurice Allais est mort.
 

n°24223567
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-10-2010 à 06:55:20  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :


 
Tu confonds solvabilité et liquidité...


 
Je ne crois pas, mais bon. On en reparle.

n°24223571
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-10-2010 à 06:58:06  profilanswer
 

Altarius a écrit :


 
' tain c'est vrai en plus :D


 

Altarius a écrit :


 
Et le consommateur achète au plus bas coût parce que son employeur le paye au plus bas salaire, bref c'est l'histoire de l'œuf et de la poule que tu sors là.
Je retourne lurker , je n'ai pas la patience de certain. C'est assez terrible Limonaire comme ce que tu reproche à autrui, tu peux sans mal te l'appliquer à toi même.

Mais c'est intéressant, ne serait-ce que par la forme  :jap:  
 


 
Tellement terrible que je ne comprends pas.  
 
Quant à ton histoire de la poule et de l'oeuf, c'est apparemment du bon sens, et pourtant tu te trompes en l'appliquant au couple bas salaire/faible prix de vente. Je le montrerai une autre fois...

n°24223908
Quesque
Posté le 11-10-2010 à 09:25:53  profilanswer
 

LooSHA a écrit :


C'est purement grotesque, tu montres juste ton ignorance abyssale envers les réalités de ce qui se passe aux Prudhommes :heink:  
 
Les Prudhommes, c'est pas le Loto hein, et ce ne sont pas les "fautes de procédure" (lol ?) qui sont le plus sanctionnées en rapportant "un max de thunes".
 
Grotesque, vraiment.


non... c'est insultant.

n°24223951
Betcour
Building better worlds
Posté le 11-10-2010 à 09:33:44  profilanswer
 

Altarius a écrit :

Et le consommateur achète au plus bas coût parce que son employeur le paye au plus bas salaire


Non : les gens achètent le meilleur rapport qualité/prix. Les berlines allemandes qui font le plein au supermarché y vont parce que c'est un peu moins cher qu'à une pompe de marque, pas par manque de revenus...


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°24224975
ShoTo
... fuck ... mother fucker ...
Posté le 11-10-2010 à 11:32:33  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Le quote permet de savoir à quoi l'on répond. Et si ce à quoi l'on répond est de qualité, ça offre une deuxième chance de lecture si la première fois l'on était passé à côté du post. Maintenant, si les jeunes générations ont la flemme de faire défiler la page, on se dit qu'effectivement le financement de nos retraites est loin d'être assuré.


Faire un quote d'un kilomètre passe encore si le post en question a été repêché quelques pages avant, mais si c'est le post juste au dessus, l'intérêt est nul et ça casse le rythme de la discussion mais si t'as la flemme de les raccourcir un peu, effectivement l'avenir de la France est mal barré  :pfff:


---------------
The king stays the king. D'Angelo Barksdale
n°24225091
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-10-2010 à 11:43:18  profilanswer
 

ShoTo a écrit :


Faire un quote d'un kilomètre passe encore si le post en question a été repêché quelques pages avant, mais si c'est le post juste au dessus, l'intérêt est nul et ça casse le rythme de la discussion mais si t'as la flemme de les raccourcir un peu, effectivement l'avenir de la France est mal barré  :pfff:


 
En fait, il faudrait donc appliquer la dé-quote dès maintenant... :D  
 
Bon, je vais de ce pas acheter une paire de ciseaux.

n°24229324
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 11-10-2010 à 17:14:41  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
La concurrence pure et parfaite est un faux concept : c'est bullshit et je ne l'ai jamais défendu ici. Une vraie théorie de la concurrence tient compte justement du fait que les producteurs se différencient par leur produit (l'homogénéité du produit est une hypothèse débile qui nie la réalité du marché qui est toujours une concurrence entre inégaux) et que l'information a elle même un prix, comme toute marchandise, puisqu'elle est rare. Il est donc effectivement rationnel d'acheter son pain près de chez soi plus cher, même si un boulanger qu'on ne connaît pas produit un pain un peu moins cher plus loin. Le coût de collecte de l'information dépasserait en effet l'économie réalisée sur la baguette. (Cela n'invalide pas pour autant la supériorité du marché par rapport aux solutions centralisées). En revanche, vous remarquerez que si l'économie devient substantielle, le consommateur est prêt à engager des coûts d'information : par exemple pour l'achat d'une voiture ou d'un appartement. Dans ce cas, passer deux ou trois heures (ou plus) à chercher le meilleur prix est rationnel et rentable, car l'économie réalisée (plusieurs centaines ou milliers d'euros) compense largement le temps passé à chercher l'info.
 
Bref, vos cours d'économie se sont arrêtés à l'exposé de la théorie néo-classique de la concurrence pure et parfaite (et plus généralement de l'équilibre général), qui est effectivement une fausse théorie. La théorie autrichienne lui est infiniment supérieure, mais elle est hélas assez peu enseignée : la preuve, peu ici la connaissent... Qu'ils soient excusés : la loi anti-trust aux Etats-Unis, ou les institutions européennes de la concurrence, sont elles aussi fondées sur le modèle éculé et erroné de la CPP. La théorie autrichienne, elle, tient compte de l'hétérogénéité des biens, du coût de l'information ou de la possibilité d'un nombre réduit d'offreurs (remise en cause de l'hypothèse tout aussi débile d'atomicité) : et elle aboutit à la même conclusion, à savoir à la supériorité du marché sur les décisions centralisées, ou sur les organisations bureaucratiques non concurrentielles.  
 
Ce qui m'étonne quand même toujours ici, c'est qu'on me prenne toujours pour un crétin un peu allumé. Ernestor pense par exemple avoir trouvé l'argument massue (ah, ah, Limonaire croit que l'hypothèse d'information transparente, donc gratuite, est valable : quel nigaud), comme si depuis des années je n'avais pas lu et réfléchi autour de ces questions théoriques.  Mes posts sont sans doute insuffisamment étayés et construits, au regard de ceux d'Ernestor ou des autres, qui sont infiniment plus argumentés : pour ceux qui lisent mes post, je dois passer pour un newbie de l'économie, ou un illuminé sans aucun recul ou esprit critique, un peu analpabète.


Toujours et encore la même chose. En fait tu ne lis pas les critiques que je te fais. Résumons notre discussions :

  • tu nous sors, d'une manière directe, cash, que la concurrence empêche un boulanger d'augmenter le prix de sa baguette. Tu as clairement dit que ses 50 concurrents empêcheront ce boulanger d'augmenter ses prix. Tu l'as écrit noir sur blanc, tel quel et sans aucune modération de ton propos. Aucune.
  • là dessus on te fait remarquer que c'est faux, que le boulanger pourra, pour plusieurs raisons, augmenter son prix dans une certaine marge. Bref, on te prouve que ta théorie que tu balançais là de manière idéale est biaisée en pratique. Je passe mon temps à te dire ça d'ailleurs.
  • Là dessus, ce post qui est le clou du spectacle : tu dis la même chose que nous, donc tu contredis toi même ton post de départ, mais c'est nous qui sommes en tort et qui ne comprenons rien. Fallait oser là ...


Si tu ne veux pas te prendre les remarques qu'on t'envoie, il y a une seule solution : arrête de nous balancer tes théories idéales et prend immédiatement, et donc en l'écrivant noir sur blanc, le cas réel avec les biais et les problèmes d'application en pratique de tes théories dans tes posts. On évitera alors ces discussions surréaliste où tu nous reproches de penser ce que tu penses toi aussi.

n°24229362
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 11-10-2010 à 17:18:00  profilanswer
 

limonaire a écrit :

 

Ce qui est effrayant, c'est bien ton discours café du commerce. Pour la corrélation prix du pétrole-prix des carburants, j'ai en effet trouvé ça, qui dément ton vécu subjectif :

 

http://www.zagaz.com/stats.php

 

A vue de nez , les évolutions des deux prix sont très proches. Maintenant, toi qui connais mieux le monde réel que moi, tu vas me montrer que mes graphiques sont sans doute purement théoriques, baignés d'idéologie et pas du tout réels, bien que fondés sur des relevés de prix réguliers, alors que tes propos qui ne reposent que sur ton vécu et qui ne sont jamais alimentés de chiffres sont eux bien plus réels.


Ca n'est pas mon vécu subjectif. J'achète mon litre d'essence comme j'achète ma baguette de pain : je ne regarde pas le prix. Je n'ai donc fait aucune étude même minimale du problème, personnellement, je m'en fous du prix de mon litre d'essence, quand j'ai besoin de rouler, je fais le plein, c'est tout.

 

Ce que j'ai dit là, je l'ai lu dans les médias. C'est une information d'ailleurs passée sur ce forum lors de la dernière crise pétrolière. Et c'est pas des médias krypto-marxiste, mais plutôt du genre Le Monde. Maintenant, pourquoi ces informations là sont en contradiction avec ta source, je ne sais pas, faudrait creuser le sujet.

Message cité 1 fois
Message édité par Ernestor le 11-10-2010 à 17:19:25
n°24229481
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 11-10-2010 à 17:28:01  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Toujours et encore la même chose. En fait tu ne lis pas les critiques que je te fais. Résumons notre discussions :

  • tu nous sors, d'une manière directe, cash, que la concurrence empêche un boulanger d'augmenter le prix de sa baguette. Tu as clairement dit que ses 50 concurrents empêcheront ce boulanger d'augmenter ses prix. Tu l'as écrit noir sur blanc, tel quel et sans aucune modération de ton propos. Aucune.


Tu pourrais pas le citer plutôt ? Limonaire n'a jamais sous entendu cela. Il faut vraiment être borné pour l'interpréter de la sorte.
 
Je pourrais aussi te dire que tu raconte n'importe quoi car Limonaire ne l'a jamais écrit "noir sur blanc" mais noir sur gris (et encore, cela dépend du template HFR utilisé). Sisi, tu l'as écris. Sans aucune modération ni aucune nuance.
 
T'as vu, c'est facile d'interpréter tout comme un imbécile !


---------------
Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
n°24229483
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-10-2010 à 17:28:02  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Toujours et encore la même chose. En fait tu ne lis pas les critiques que je te fais. Résumons notre discussions :

  • tu nous sors, d'une manière directe, cash, que la concurrence empêche un boulanger d'augmenter le prix de sa baguette. Tu as clairement dit que ses 50 concurrents empêcheront ce boulanger d'augmenter ses prix. Tu l'as écrit noir sur blanc, tel quel et sans aucune modération de ton propos. Aucune.
  • là dessus on te fait remarquer que c'est faux, que le boulanger pourra, pour plusieurs raisons, augmenter son prix dans une certaine marge. Bref, on te prouve que ta théorie que tu balançais là de manière idéale est biaisée en pratique. Je passe mon temps à te dire ça d'ailleurs.
  • Là dessus, ce post qui est le clou du spectacle : tu dis la même chose que nous, donc tu contredis toi même ton post de départ, mais c'est nous qui sommes en tort et qui ne comprenons rien. Fallait oser là ...


Si tu ne veux pas te prendre les remarques qu'on t'envoie, il y a une seule solution : arrête de nous balancer tes théories idéales et prend immédiatement, et donc en l'écrivant noir sur blanc, le cas réel avec les biais et les problèmes d'application en pratique de tes théories dans tes posts. On évitera alors ces discussions surréaliste où tu nous reproches de penser ce que tu penses toi aussi.


 
Excuse-moi d'être brutal, mais tu n'as rien compris, Ernestor, et j'ai peu de temps. Une autre fois. Si un autre veut s'y coller pour lui montrer que mon propos expliquant la force de la contrainte du marché est tout à fait compatible avec le fait que le boulanger ne puisse augmenter le prix comme il veut et avec l'hypothèse  d'information imparfaite. Ca fait des années que je me consacre à la théorie autrichienne, notamment celle de la concurrence : ce n'est quand même pas toi qui va me donner des leçons sur ce point, et avoir la naïveté de me faire découvrir ce que je sais déjà.  Bref, pour résumer, l'information imparfaite, que tu pensais argument définitif pour montrer que la régulation par le marché n'existe pas, n'invalide absolument pas l'auto-régulation du marché. La théorie autrichienne n'est pas une théorie idéale puisqu'elle prend en compte le monde et les hommes tels qu'ils sont, y compris l'information imparfaite, l'absence d'homogénéité des biens, les différences entre individus, la rationalité des actes routiniers, etc : ton argument sur mes pseudo-théories idéales en devient ridicule. Et pourtant, cette théorie autrichienne a un pouvoir explicatif sur le réel absolument incomparable. Mais si au moins tu pouvais faire l'effort de prendre un peu de recul et de comprendre la globalité des choses, et d'admettre que peut-être, parfois, de temps en temps, j'écris en sachant un peu, un tout petit peu de quoi je parle...  
 
 
 

n°24229528
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 11-10-2010 à 17:32:17  profilanswer
 


n0name a écrit :


 
Tu pourrais pas le citer plutôt ? Limonaire n'a jamais sous entendu cela. Il faut vraiment être borné pour l'interpréter de la sorte.
 
Je pourrais aussi te dire que tu raconte n'importe quoi car Limonaire ne l'a jamais écrit "noir sur blanc" mais noir sur gris (et encore, cela dépend du template HFR utilisé). Sisi, tu l'as écris. Sans aucune modération ni aucune nuance.
 
T'as vu, c'est facile d'interpréter tout comme un imbécile !


Bien sur qu'il n'a jamais dit ça. Et ça, c'est quoi ? C'est pas de lui peut-être ? Note bien la phrase la gras et en rouge, elle résume tout : "théorie et pratique disent ici exactement la même chose". Ca ne peut pas être plus clair. Pas être plus être clair.
 

limonaire a écrit :


 
Non ! Si un boulanger veut s'entendre avec les 50 autres boulangers de la ville, il ne le pourra pas. La concurrence empêche les situations monopolistiques à long terme (à condition bien sûr que l'Etat ne mette pas de barrières à l'entrée) . Toute entreprise cherche à s'abriter de la concurrence : mais le principe de la concurrence l'en empêche. Le boulanger aimerait augmenter le prix de son pain : mais ses concurrents l'en empêchent. Et s'il y a moins de concurrents, deux seulement et qu'ils s'entendent pour faire des surprofits, de nouveaux concurrents arriveront alléchés par ces surprofits. Théorie et pratique disent ici exactement la même chose.
 
Alors que le communisme ne marche pas car tu ne peux donner à tous le même revenu ("à chacun selon ses besoins" ) alors que les efforts fournis seraient différents. Le communisme ne marche pas logiquement.  

n°24229530
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-10-2010 à 17:32:34  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Ca n'est pas mon vécu subjectif. J'achète mon litre d'essence comme j'achète ma baguette de pain : je ne regarde pas le prix. Je n'ai donc fait aucune étude même minimale du problème, personnellement, je m'en fous du prix de mon litre d'essence, quand j'ai besoin de rouler, je fais le plein, c'est tout.  
 
Ce que j'ai dit là, je l'ai lu dans les médias. C'est une information d'ailleurs passée sur ce forum lors de la dernière crise pétrolière. Et c'est pas des médias krypto-marxiste, mais plutôt du genre Le Monde. Maintenant, pourquoi ces informations là sont en contradiction avec ta source, je ne sais pas, faudrait creuser le sujet.


 
Les journalistes n'ont pas besoin d'être crypto-marxistes pour être prisonniers de préjugés ou d'un apparent bon sens. La théorie autrichienne, que tu dis idéale, çàd déconnectée du réel, est pourtant capable de décrire le réel, puisqu'elle explique pourquoi les prix du carburants ne peuvent être déconnectés de ceux du pétrole s'il n'y a pas de barrières à l'entrée. Alors que ton apparent bon sens, ou celui des journalistes, se plante. On voit que la thorie, qui a l'air simpliste dans son apparent systématisme, est en effet beaucoup plus fine et sophistiquée à appréhender et à comprendre. La preuve, c'est que tu ne la comprends pas, alors qu'elle rend compte du réel, tandis que les croyances populaires, l'apparent bons sens, le vécu subjectif, sont souvent à côté de la plaque, l'exemple du pétrole le montrant bien.

n°24229589
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 11-10-2010 à 17:38:04  profilanswer
 

limonaire a écrit :

 

Excuse-moi d'être brutal, mais tu n'as rien compris, Ernestor, et j'ai peu de temps. Une autre fois. Si un autre veut s'y coller pour lui montrer que mon propos expliquant la force de la contrainte du marché est tout à fait compatible avec le fait que le boulanger ne puisse augmenter le prix comme il veut et avec l'hypothèse  d'information imparfaite. Ca fait des années que je me consacre à la théorie autrichienne, notamment celle de la concurrence : ce n'est quand même pas toi qui va me donner des leçons sur ce point, et avoir la naïveté de me faire découvrir ce que je sais déjà.  Bref, pour résumer, l'information imparfaite, que tu pensais argument définitif pour montrer que la régulation par le marché n'existe pas, n'invalide absolument pas l'auto-régulation du marché. La théorie autrichienne n'est pas une théorie idéale puisqu'elle prend en compte le monde et les hommes tels qu'ils sont, y compris l'information imparfaite, l'absence d'homogénéité des biens, les différences entre individus, la rationalité des actes routiniers, etc : ton argument sur mes pseudo-théories idéales en devient ridicule. Et pourtant, cette théorie autrichienne a un pouvoir explicatif sur le réel absolument incomparable. Mais si au moins tu pouvais faire l'effort de prendre un peu de recul et de comprendre la globalité des choses, et d'admettre que peut-être, parfois, de temps en temps, j'écris en sachant un peu, un tout petit peu de quoi je parle...


Je compris ce que je je lis. Et ce que tu écris est limpide. Je te remet même ton post vu que tu sembles l'avoir oublié :

 
limonaire a écrit :

 

Non ! Si un boulanger veut s'entendre avec les 50 autres boulangers de la ville, il ne le pourra pas. La concurrence empêche les situations monopolistiques à long terme (à condition bien sûr que l'Etat ne mette pas de barrières à l'entrée) . Toute entreprise cherche à s'abriter de la concurrence : mais le principe de la concurrence l'en empêche. Le boulanger aimerait augmenter le prix de son pain : mais ses concurrents l'en empêchent. Et s'il y a moins de concurrents, deux seulement et qu'ils s'entendent pour faire des surprofits, de nouveaux concurrents arriveront alléchés par ces surprofits. Théorie et pratique disent ici exactement la même chose.

 

Alors que le communisme ne marche pas car tu ne peux donner à tous le même revenu ("à chacun selon ses besoins" ) alors que les efforts fournis seraient différents. Le communisme ne marche pas logiquement.

 

La phrase en rouge est le point d'orgue : la théorie et la pratique disent exactement la même chose. Ca ne peut pas être plus clair. On notera aussi clairement que nul part il n'y de bémol, de modération, comme cette histoire d'information imparfaite. Nul part. Tu as donc écris noir sur blanc, sans aucune ambiguïté que la concurrence empêchera un boulanger d'avoir un prix de vente de son pain plus cher qu'un de ses concurrents. Tu l'écris tel quel, sans aucune forme d'exception.
 
Maintenant, si ce que tu écris ne correspond pas à ce que tu penses, ça va être de notre faute peut-être ? Moi je réponds à ce que tu écris et je vais pas aller jouer le Nostradamus en essayant de deviner ce que tu voulais réellement dire à la place de ce que tu as écrit. Assume donc ce que tu as écris au lieu de nous reprocher qu'on te comprenne mal. Surtout dans le cas présent qui ne laisse place à aucune ambiguïté.

Message cité 1 fois
Message édité par Ernestor le 11-10-2010 à 17:39:14
n°24229594
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 11-10-2010 à 17:38:30  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Bien sur qu'il n'a jamais dit ça. Et ça, c'est quoi ? C'est pas de lui peut-être ? Note bien la phrase la gras et en rouge, elle résume tout : "théorie et pratique disent ici exactement la même chose". Ca ne peut pas être plus clair. Pas être plus être clair.
 


 
Franchement. LOL.
Evidemment, ça ne peut pas être plus clair : t'interprète vraiment n'importe comment.


---------------
Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
mood
Publicité
Posté le   profilanswer
 

 Page :   1  2  3  4  5  ..  129  130  131  ..  360  361  362  363  364  365

Aller à :
Ajouter une réponse
 

Sujets relatifs
Union de la Majorité Pour le Libéral-Fatalisme[ECO] Can it run Crises ?
Plaidoyer libéral? Les français & le travailAlternative libérale : Un parti libéral français
Un programme libéral pour la France 
Plus de sujets relatifs à : /!\ Libéral, entre ici avec ton cortège de... /!\


Copyright © 1997-2025 Groupe LDLC (Signaler un contenu illicite / Données personnelles)