Lolo_hfr a écrit :
a) Dans le régime général, le régime de retraite est également beaucoup moins avantageux que dans les 70s. Donc la "compensation" public/privé dont tu parles subsiste toujours, alors je ne vois pas bien où tu veux en venir ?
Pour mieux se rendre compte : dans 2 ans tu partiras à la retraite à quel âge ? Combien auras-tu de retraite ? en ayant cotisé combien de temps ? Quel salaire avant la retraite ?
b) Un TRI se calcule à partir des flux entrants et sortants. Donc il est tout à fait normal que des revenus non soumis à cotisation retraite n'y interviennent pas.
De plus, on n'a jamais dit que c'était un avantage pour les fonks (en fait, en l'espèce, c'est juste neutre).
|
A) Oui.. mais...
La question pour moi n'est pas le TRI, qui d'ailleurs qui n'a pas de sens strict pour l'Etat (en droit, l'Etat ne cotise pas comme employeur : il est en quelque sorte son propre assureur).
Au demeurant, même en mettant des cotisations fictives de l'Etat, le TRI dépend bcp de la catégorie de fonctionnaires : c'est record pour les militaires de carrière et dans une moindre mesure les policiers et quelques autres (à cause du départ en retraite tôt), et avantageux aussi pour les hauts fonctionnaires (à cause du calcul de la retraite). Ce TRI est très en dessous pour un fonctionnaire intermédiaire à carrière relativement plate (exemple, secrétaire, prof, attaché lambda) et pouvant partir à la retraite entre 62 ans et 67 ans.
La question qui me semble avoir davantage de sens est celle du salaire différé, tel que c'était prévu, et tel que cela devient (de la manière dont cela évolue).
B) Pour la fonction publique, il y a eu en fait plusieurs éléments qui font diminuer les retraites et dont certains sont parfois ignorés.
1. Les réformes des retraites depuis les années 70.
Elles sont relativement analogues entre FP et régime général, pour faire très vite, sur la durée de cotisation, sur l'âge de départ en retraite, sur le système des décotes. Les décotes ont un gros impact sur la retraite future, pour ceux qui n'ont pas travaillé 42 ans (les fameux trimestres manquants).
Mais il peut y avoir des différences importantes sur d'autres points.
Pour résumer les comparaisons :
i) dans les années 70, départ en retraite possible à 65 ans pour le RG et à 60 ans le fonctionnaire lambda. Aujourd'hui départ en retraite possible à 62 ans dans les deux cas.
ii) Pour le RG : dans les années 70, retraite calculée sur la moyenne des 10 meilleures années pour le RG (si je me souviens bien), aujourd'hui, sur les 25 meilleures années. Gros impact pour les carrières avec des hauts et des bas.
Pour les fonctionnaires : dans les années 70, retraite suivant le dernier échelon atteint dans le corps de fonctionnaires, aujourd'hui suivant le dernier indice atteint, ce qui est moins avantageux, surtout en cas de départ de la fonction publique en cours de route.
Ce système est généralement considéré comme restant très avantageux pour les fonctionnaires. Gros avantage spécialement pour ceux qui ont connu une forte progression de carrière. Mais il y a aussi un gros impact négatif de ce système pour ceux qui ont quitté la fonction publique pas mal d'années avant la retraite ou bien pour ceux qui ont connu une carrière assez plate. Je détaille ce dernier point.
2. La perte de pouvoir d'achat du point indiciaire, c'est ce qui a le plus d'impact dans un certain nombre de cas. En effet, cela touche la totalité de ce qui était ou semblait déjà acquis. Si le point indiciaire perd 2 % de pouvoir d'achat une année, le montant global de la retraite attendu baissera d'autant, et non pas en proportion de cette seule année-là (non pas 2% pour une année sur 42, mais 2% pour 42 années sur 42, et cela à chaque fois).
Il se trouve que l'Etat ne revalorise plus le point indiciaire ou presque. Auparavant, il était en tout ou partie indexé sur l'inflation.
Par exemple, pour quelqu'un ayant démissionné de la FP il y a 10 ans, si chaque année le point indiciaire perd 2%, son espérance de retraite de la FP perd de l'ordre de 18 %, indépendamment des changements sur la retraite.
Et sur 42 ans de service, il y a des effets analogues et plus importants encore : par exemple, 1% par an, cela fait à la fin 34% en moins.
Certains corps de fonctionnaires ont connu de fortes revalorisations en compensation : basses catégories (le SMIC pousse) et hauts-fonctionnaires notamment (création d'échelons supplémentaires ou bien augmentation du nombre de point d'indice à un échelon donné). Pas ou peu de telles mesures pour les catégories intermédiaires ou celles éloignées du pouvoir (par exemple : de la secrétaire au prof d'université !).
3. Dans mon cas, départ prévu à 62 ou 63 ans avec 42 années de cotisation, mais avec une carrière très très atypique, une situation exceptionnelle et plusieurs régimes de retraite de base. Dans ce cas particulier, si les règles du régime général avait été appliquées dès le départ (cotisations sur l'ensemble des revenus, y compris les primes) et avec calcul des retraites sur la moyenne des 25 meilleures années, il me semble (calculs à la louche) que le RG et les régimes complémentaires auraient été plus avantageux pour moi que la combinaison des divers régimes de retraite.
4. Mais il faudrait plutôt regarder la situation des cadres de même niveau pouvant choisir soit la FP, soit les entreprises.
En ce cas, il n'y a pas photo : les salaires directs et les salaires différés sont tous deux plus élevés pour un cadre d'entreprise (avec de fortes variations suivant les cas), sauf cas de chômage durable (toujours possibles). Quant aux salaires différés (des retraites plus avantageuses) censés compenser cet écart en faveur de la fonction publique, c'est largement du passé.
Aujourd'hui, sur la question patrimoniale, on ne peut conseiller à un jeune d'entrer dans la fonction publique quand il a le choix, sauf trois types de situations : i) peu de qualification et salaire proche du SMIC (gros avantage sur le risque de chômage). ii) hauts-fonctionnaires type ENA ou X, avec belle carrière ou pantouflage iii) risque important de chômage dans sa profession s'il va dans le privé.
Il peut y avoir d'autres avantages : j'ai connu des femmes (parfois des hommes) quittant un métier d'ingénieur pour devenir prof soit pour des raisons d'intérêt intellectuel, soit pour la conciliation avec la vie familiale. Et puis il y a des cas où il n'y a pas de métiers correspondants dans le monde de l'entreprise (imaginer que vous soyez un brillant latiniste !).
Et il y a bien sûr tout ce qui échappe à l'argent : désir de servir l'intérêt général, le pays, valorisation de tel type de métiers dans l'entourage familial, etc.