bon je sais pas si ca été posté mais les reactions :
Marc Madiot (directeur sportif de la Française des Jeux) : «Est-ce qu'il faut encore réagir à toutes ces histoires ? Est-ce que ça sert encore à quelque chose ? C'est catastrophique. Il y a une chose qui est sûre : il y avait eu du ménage de fait avant le Tour. Mais on savait tous que tout le ménage n'avait pas été fait. (A propos du Tour 2006 présenté comme celui du renouveau), j'avais tendance à vouloir y croire. Est-ce que je suis surpris ? Oui et non. C'est facile de dire non aujourd'hui. (Sur le danger que cette affaire fait courir à l'avenir du Tour) On ne va pas dire que le Tour de France se porte bien. Maintenant, j'espère que c'est le dernier coup de poignard qui va permettre d'aller au fond du truc. J'y crois toujours.
Le fait que ce soit Landis (ndlr : et non un second couteau) qui ait été attrapé, c'est encore un mal pour un bien. Ca va frapper plus fort les esprits. Moi, dans mon équipe, j'ai des jeunes coureurs. Ils ne faisaient pas de vélo en 1998 (au moment de l'affaire Festina). Ils gagnent des courses. On peut gagner sans se doper. Même des grandes courses. Gagner des grandes courses, ça viendra avec le temps. La personne de Landis n'a que peu d'intérêt dans l'histoire. On sait qui sont les tricheurs. On sait qui sont les grands médecins dopeurs dans le monde. Il faut les mettre dehors. Dans le peloton, il y en a même qui se sont vantés d'être soignés par ces gens là. Il faut s'en débarrasser».
Cyril Dessel (7e du Tour de France et 1er Français, sur RMC): «Je suis choqué par cette révélation. On ne sait pas trop quoi en penser. C'est sûr qu'il ne faut pas tirer des conclusions trop hâtives. Il faut attendre la contre-expertise évidemment. On peut dire que si c'est avéré, c'est encore un très très gros coup pour le cyclisme. Après les débuts difficiles qu'on avait pu connaître sur le Tour de France avec l'affaire Puerto (du nom de l'enquête policière menée en Espagne, ndlr), si le vainqueur du Tour de France était vraiment contrôlé positif, je pense que ce serait vraiment un gros coup dur pour le Tour. Je pense que ce serait le pire des coups que pourrait recevoir le cyclisme».
Christophe Bassons (ancien coureur de Festina et de la Française des Jeux, retiré du peloton depuis 2001, considéré comme le «Mr propre» du cyclisme) : «C'est encore dommage. Il ne fallait pas se faire trop d'illusions. Il y a encore eu des titres dans les magazines spécialisés, selon lesquels c'était vraiment un tour à visage humain. Ils se sont bien trompés ! Quand je vois la moyenne lorsque Landis a gagné à Morzine (37,175 km/h), moi tout seul sur le plat, j'arrivais à peine à 35 km/h à l'entraînement, lui tout seul presque 38 en montagne, c'est relativement impressionnant. C'est facile de le dire maintenant, mais je me souviens de l'arrivée de Morzine, c'est l'une des rares que j'ai vues, et j'ai été impressionné par la nervosité qu'il y avait, son regard. Maintenant, se faire prendre à la testostérone, c'est une erreur de débutant, c'est vraiment idiot. Jouer avec la testostérone alors qu'on a la possibilité d'utiliser des hormones de croissance, des corticoïdes sans risquer d'être contrôlé positif, c'est là que je ne comprends pas, je trouve cela fort étonnant».
Koos Moerenhout (HOL/équipier de Floyd Landis chez Phonak): «Je suis très ému. Le ciel me tombe sur la tête. Je n'ai jamais rien remarqué dans l'équipe concernant une éventuelle prise de produit dopant. Et j'espère encore que l'analyse de l'échantillon B pourra nous apporter des éclaircissements et une explication».
Erik Breukink (HOL/manager de l'équipe néerlandaise Rabobank): «C'est dramatique pour le cyclisme qui vit décidément une période bien noire. Cela prouve aussi que la lutte antidopage doit encore s'améliorer. Les équipes ont beau prendre des mesures contre le dopage, il reste toujours des individus dont le comportement est difficilement contrôlable. C'est vraiment un drame. Le Tour avait déjà bien mal débuté avec les exclusions de Basso et Ullrich (notamment) et voilà que trois jours après l'arrivée, on peut déjà rayer le nom du vainqueur. (Pour expliquer le contrôle positif après la victoire de Landis dans la 17e étape) J'imagine que Landis a été désespéré après sa défaillance dans la seizième étape».
Laurent Fignon (ancien double lauréat du Tour, sur RMC): «J'ai deux sentiments. Je suis à la fois très triste, évidemment, parce que vu le contexte, j'ai un peu de mal à comprendre les motivations de certains coureurs à continuer de tricher, et je suis aussi satisfait du fait qu'on l'ait attrapé. Evidemment il n'y a pas autant d'affaires dans les autres sports mais cherchent-ils autant que nous ? C'est la question que l'on peut se poser. Nous on cherche tous les tricheurs, on fait beaucoup d'efforts dans la lutte contre le dopage et le résultat c'est que l'on arrive à les attraper. On en attrape beaucoup. Mais évidemment je suis extrêmement triste d'apprendre qu'un vainqueur du Tour ait été pris positif et que la face du Tour aurait été changée s'il n'avait pas été là».
Patrick Lefevere (BEL/président de l'association des équipes cyclistes professionnelles et manager de l'équipe Quick Step, à l'agence Belga) : «C'est une vraie catastrophe après ce que nous avons vécu au début du Tour (l'exclusion de plusieurs coureurs). Nous devons attendre le résultat de la contre-expertise, mais la plupart du temps il confirme le premier contrôle. Certains n'apprendront jamais. Ces personnes tuent le cyclisme. C'est une réelle catastrophe que le vainqueur du Tour soit positif. Ils ont refusé (l'équipe) Astana au départ. Il est temps maintenant que l'UCI se pose la question sur Phonak. Huit ou neuf cas positifs en trois ans : ce ne peut plus être du hasard».
Jean-René Bernaudeau (manager de l'équipe Bouygues Telecom, au micro d'Europe 1): «Je ressens de l'abattement au départ, ensuite du dégoût si c'est confirmé. Je me demande si des gens vont pouvoir continuer à abîmer notre sport sans recevoir de sanction dissuasive. Certains ont des problèmes de culture, avec la culture de la gagne. Nous, nous cherchons à savoir ce qu'il y a derrière le coureur. Je crois que nous allons être à la mode.»
(Avec AFP)