Sympa le CR Narm, et chapeau pour la perf, j'en suis loin
Comme promis, suite à mes questions de dernières minutes il y a une dizaine de jours, à mon tour de vous proposer un CR des 20 km de Tours ! (désolé Narm, je copie un peu ta trames du coup
)
Petit rappel / mise en contexte
Coureur amateur, c'est mon 2ème 20km. Bien que j'arrive à m'y remettre depuis le début de cette année, je ne suis pas un gros coureur, 2 à 4 sorties par semaine. Ce n'est pas forcément que je voudrai sortir plus, mais petit à petit, je compte y mettre un peu plus de distance pour augmenter mon volume global, chose qui me fait défaut aujourd'hui pour des SL / 20k / semi.
Premier 20km il y a 3 ans, mal préparé, j'ai fait face à un mur au 16ème km, jambes coupées. Je partais donc sur ce 2nd 20km avec cette appréhension, d'où mes questions il y a quelques jours de ça.
Préparation
Cette fois-ci, j'essaye de mettre plus de chances de mon côté. Initialement, je pensais faire les 10km, mais le beau-frère veut faire les 20km, alors banco, on s'inscrit ensemble. Pour lui aussi c'est un challenge de tenir la distance après une période creuse suite à blessure. C'est son 6 ou 7ème 20km, et il a déjà participé à des semi et 2 fois au marathon de la Rochelle.
Bref, je commence la prépa d'une manière assez simple au début de mes vacances fin août (1 mois avant donc seulement). En gros, j'essaye d'assurer 3 sorties par semaine, 1 SL (je n'en ferai véritablement qu'une seule 15j avant la course), 1 EF, et 1 fractionné.
En dehors des périodes de canicules, les séances se passent toutes très bien (enfin, la 3ème séances fractionné, je n'étais clairement pas de dedans, des sessions de 1:30, je n'arrivais pas à décoller. Mais les autres, nickel).
Malheureusement, je manque de temps pour faire des SL. Du moins, je n'arrive pas à prendre ce temps, trop de projets en cours, je culpabilise de perdre du temps dans mes projets, mais c'est mon choix, on verra si je le regretterai ou pas.
Je fais un 14km un midi en semaine à 26°c et ça passe crème en tenant l'allure que je prévois le jour J. Les jambes sont là, le cardio un peu moins à cause de la chaleur, mais ça le fait bien et j'aurai pu enquiller quelques km en plus.
Objectif
Je vise <1h50. Mon dernier 10km était en 50 minutes et je sais que je peux viser 47, voire 46 aujourd'hui. Je tiens une allure à 5:20 sans véritable soucis sur 12km et plus, donc si je peux le faire sur 20km, logiquement, ça passe sans soucis.
Et puis, je préfère viser pas trop haut et avoir une bonne surprise, sait-on jamais.
L'avant course
Après une bonne plâtrée de pâtes samedi soir, le beau-frère file vite au lit, mais moi je ne me couche pas super tôt, j'appréhende un peu, je prépare mon sac, j'y reviens 50 fois alors qu'il n'y a pas besoin d'y revenir ! Finalement, je dors très bien et me réveille à 6h55 frais comme un gardon. Douche, petit déj, passage aux toilettes, c'est parti. Le beau-frère aussi est en pleine forme, on déconne bien dans la voiture, et on se gare à 1km de la ligne de départ, de quoi échauffer les jambes.
On est mit dans l'ambiance en croisant le meneur d'allure 3h30 du marathon et son groupe de fans qui reste collé à ses baskets
Les jours de courses, je suis pire qu'une nana, j'irai uriner 3 fois entre le moment ou on s'est garé et le départ !!!
Je courais en team entreprise donc on retrouve quelques collègues et mon chef qui font les 20km également. On cours souvent ensemble avec mon chef, alors on plaisante sur le fait qu'on va faire le même chrono, j'y reviendrai.
9h00, on essaye de repérer notre sas de 1h45, sauf qu'il n'y a aucune entrée directe vers les sas et déjà beaucoup beaucoup beaucoup de monde ! On avance, on se faufile, et finalement, commençant à voir des dossards en sas 1h45 20m avant le sas des 2h, on décide de se poser là. Pour mon beau-frère qui compte la jouer calme après sa blessure, ça lui va bien. Pour ma part, je me dis que ça va me permettre de ne pas me cramer bêtement au début et plutôt la jouer échauffement.
La course
9h15, c'est le départ. On avance de quelques pas ... et ça s'arrête. On ne comprends pas trop ce qui se passe (merci Narm pour l'explication du coup), on patiente, puis 2 minutes plus tard, ça y est, on libère les fauves.
On passe la ligne de départ à 6:40 ... ah oui, je ne vais clairement pas me cramer
300m plus loin, on est à 6:20, ça piétine, ça faisait longtemps que je n'étais pas parti d'aussi loin en fait. Le beau-frère me dit "vas-y, je vais me caler à ce rythme pour le moment, on se voit à l'arrivée".
Ok, je le lâche, je me faufile en jouant des épaules comme je peux, et 200m plus tard, je suis à 5:25.
Je passe le 1er km à 5:55 !!! Pas bien grave, j'espère bien qu'il me restera des watts pour faire le dernier sous les 5:00, mais je me dis qu'il va falloir que je maintienne vraiment mes 5:25 tout du long sans fléchir.
Mais je décide de ne pas me prendre la tête. Je trouve un petit groupe de 3 gars qui tiennent le 5:20/5:25, alors je me colle à eux. On double pas mal de monde jusqu'au 4ème kilomètre, puis je trouve qu'on avance pas : merde, ils sont à 5:40, ok, salut les gars, j'ai une course à faire moi !
Les 5 et 6 se font sur des portions moins larges, entre route, pavés et chemin. C'est plus compliqué pour doubler, mais j'arrive à maintenir le 5:20/5:25 sans aucune difficulté.
Ca se complique un peu avec les premiers du marathon et marathon handisport qui nous doublent un coup par la gauche, un coup par la droite, suivis par les motos. C'est un peu pénible pour le coup, mais je garde mon allure.
J'arrive au fameux pont dont parlait Narm. Je le connais, déjà pratiqué avec les 10km les années précédentes, je sais qu'il va me couper les pattes ... sauf que non, ça roule tout seul, je maintiens le 5:20, je me sens juste trop bien, je double, c'est presque jouissif même si pour le topic on parle d'une allure de tortue qui double des escargots
7ème km, sur le pont, je vois plusieurs gros groupes de coureurs devant moi et je me dis qu'il faut que je les double maintenant qu'il y a un léger D- pour pas me les coltiner ensuite.
Je passe à 4:50 et je dois bien passer devant 150/200 personnes une fois arrivé au bout du pont.
Je reviendrai sur les sensations, mais au 8ème km j'ai la sensation que ça y est, je commence enfin ma course !
8 et 9 se font sur les bords de Loire. Ce n'est pas la partie la plus sympa du parcours, mais je garde le cap.
10, je fais mon ravito personnel avec un gel et 3 gorgées d'eau. Je me maintiens à 5:35 sur un km et je me dis que passé le 11ème km, je tente de finir la course autour de 5:15.
Je me retrouve avec un type qui maintiens une allure à 5:10/5:15, et au bout d'un km, on se rend compte l'un et l'autre qu'on se maintiens tous les deux ainsi. Je le double, il me double, je le redouble, il me redouble, ... bref, on reste sur ce rythme jusqu'à 16 km, et il me lâchera à la seconde montée du fameux pont ou je fais un poil moins le malin que la première fois, mais sans peiner pour autant.
(Je verrai sur mes chronos que j'ai perdu un peu de temps entre 15 et 17 toujours à cause du passage plus étroit où il n'est pas toujours simple de se glisser entre 2 coureurs)
Les 3 derniers km, je me sens bien, je décide de passer sous les 5:00. Je file, je double encore du monde, je suis à 4:44, le cardio monte mais ça va. Au 19, le cardio s'emballe un peu, je ralenti un poil me disant que ce serait bête de ne pas pouvoir sprinter sur la dernière ligne droite. Petite erreur, je passe le km 19 à 5:08 !!! J'ai un peu trop profité de la foule en masse dans le centre ville et j'ai laissé le cardio retomber, mauvais point !!!
Finalement, je passe la ligne à 4:37 et termine en 1:47:12.
A l'arrivée, je suis juste essoufflé 20/30s de mon sprint final, et c'est tout. Le cardio redescend très vite, je file au ravito et retrouver les collègues peut-être déjà arrivés, puis attendre le beau-frère.
Pour l'anecdote, je mets 13s de plus que mon chef. On était pas loin du compte à plaisanter qu'on ferait le même chrono a force de courir ensemble
Le beau-frère par contre va en chier avec sa blessure. 16 et 17 lui paraitront interminables avec une moyenne à 7:30 ! Il termine en 2h07 avec un bon cardio mais les jambes hs. Il visait <2h00, il est super déçu et remet complétement en question son entrainement et ses séances de fractio qui ne semblent pas lui correspondre.
En partant, je croise mon voisin avec qui je fais mes séances de fractio. Il a fait le marathon duo, la première partie de 22km en 1h32, respect.
Bilan
Pour une tortue, je suis super content de mon chrono. Je fais 3 minutes de mieux que mon objectif, c'est cool, c'est super motivant.
J'ai suivi vos conseils pour l'alimentation/hydratation. J'avais 2 flasques de 250ml et 2 gels. Je n'ai utilisé qu'un gel et bu a peine une flasque. Mais j'ai aussi écouté HFR qui m'a très simplement expliqué que je n'était juste pas assez habitué à borner.
Je parlais des sensations, et ce que j'en retiens, c'est que j'ai été bien durant toute la course. J'ai couru presque 60% du temps au seuil, et je n'ai vraiment fait de l'effort que sur les 3 derniers km + le 7ème quand j'ai remonté les groupes sur le pont (17% de temps dans la zone max).
Je ne me suis jamais senti en difficultés. J'ai plutôt la sensation d'avoir pris beaucoup de précautions pour être certain de finir, de tenir mon allure <5:30.
J'ai commencé à sentir le poids de la course dans les jambes au 15ème km, mais rien d'insurmontable, et surtout bien loin du mur des 16km de mon premier 20km. Aussi bien sur l'après course que ce matin, pas de douleurs, pas de crampes. Je dis pas qu'il n'y a pas de légères courbatures, mais rien qui va m'empêcher d'attaquer la séance de récup demain midi.
Au final, je pense que je peux sans prétention viser <1h45 au prochain 20km en poursuivant le fractionné comme je le fais depuis quelques mois, en augmentant un peu mon volume global, et en me prévoyant une période d'entrainement un peu plus longue la prochaine fois.
Le revers, c'est que j'ai tellement pris plaisir durant cette course à profiter de la course, mais aussi à tout ce qui se passe à côté, que je vais peut-être encore hésiter à taper dedans la prochaine fois. J'ai kiffé discuter avec 2 ou 3 coureurs durant la course, mais clairement, ça voulait aussi dire que j'étais loin de mon potentiel si je racontais ma vie
En tout cas, merci à vous, je pense que vous avez su éradiquer les dernières appréhensions que j'avais en moi avant le départ. Ca m'a permis d'être vraiment bien, de vivre une superbe course, et d'avoir juste envie de remettre ça vite.