CR Marathon de Paris 2020/21
6e marathon et 4e fois Paris.
Historique :
2015 : 3h00’50’’ - Paris
2016 : 2h47 - Paris + 2h45 - Lyon
2018 : 2h42 – Paris + 2h39’11 Valence
2019 : Rien – Ecotrail, pire course ever
2020 : Début de prépa Paris, stoppée par une contracture puis COVID
2021 : Rien – Marathon Mont Blanc
OBJECTIF : initialement 2h45 puis 2h40 puis 2h38
PREPARATION :
J’ai débuté la prépa fin juillet, 12 semaines en ayant fait seulement 600km depuis janvier. Le COVID m’a fait stopper net avec le boulot (pas de TT, activité augmentée). J’ai couru le marathon du mont blanc « pour le plaisir » en juillet.
Le début de la préparation est hard, je ne tiens même pas les allures objectifs et j’ai un cardio de dingue (je suis à 185 bpm pour du 3’50’’/km vs. 165 bpm pour du 3’46’’ en fin de prépa et du 165 à 4’35’’ en « EF » vs 140 à 4’20’’ en fin de prépa).
Je prends environ 4 semaines à revenir à un cardio convenable et à tenir les allures. Mon objectif est aussi de gérer le volume et de ne pas me « blesser » car à chaque prépa je suis obligé de lever le pied (2 contractures, douleurs au pied, tibia). Je me prépare un protocole d’hydratation « simple » : boire 1 bouteille d’Evian de 1,5L par jour (pour info, je ne bois quasiment jamais). J’ajoute pas mal de compex et récupération. Le reste de l’hygiène est vie laisse à désirer : grosses semaines de taff, sommeil raccourci, alimentation dégueulasse.
Les semaines s’enchainent et tout roule, j’ai aucunes douleurs particulières. Je passe voir le kine qui me trouve très frais ; j’en conclue que l’eau, ça marche !!
J’arrive à encaisser et la motivation et l’objectif change : de « finisher en 2h45 » je me dis que je peux tenir le sub 2h40. Les grosses séances importantes (40’ AS42 ; 50’ AS42 et 1h00 AS42) passent comme sur des roulettes. Le kiff.
Arrivé à la S10, je suis au top (et je pense avoir eu mon pic de forme à ce moment-là). J’ai borné à une moyenne de 96 km pendant 10 semaines, j’ai reporté seulement 3 séances sur les 60 programmées à ce moment-là ; ça ne m’était jamais arrivé ! Je revois l’objectif et me dit que je peux aller chercher le record. Je termine la préparation avec 1025km soit 33% de plus que mes anciennes prépa.
Les 2 semaines post marathon sont finalement difficiles ; je suis plutôt bien donc j’ai envie de courir. Habituellement je suis tellement cramé que je profite de ce repos mais là ce n’est pas le cas ; je tourne en rond, je fais monter la pression et rêvant d’un 2h38 alors que je partais « de rien ».
La dernière semaine c’est « obsession marathon », je pose des jours, je suis focus sur les jambes malgré une douleur aux ischio droit qui me force à stopper une sortie à 4 jours du marathon !
PRE-COURSE :
Rien de particulier : je connais Paris, je suis à mon 6e marathon, je ne fais rien depuis 3 jours …
La pression est là, mais d’un côté avec tout ce que je fais pour la mise en condition et la prépa qui s’est bien déroulée, je suis un peu trop « confiant ». Je me regarde le film sur Kipchoge le samedi soir pour me mettre en condition ; la météo s’annonce parfaite … On verra.
J’ai préparé mon plan de course :
3’47’’/km jusqu’au premier semi puis accélération sur le deuxième semi en 3’44’’/km : négative split pour atteindre 2h38’30’’. J’ai organisé les ravitos avec madame : boisson isotonique au km 7 puis 24 et un gel vers le 33.
COURSE :
J’en profite pour regarder la présentation et départ des élites femmes, je suis aux premières loges, c’est top. Je me place ensuite au fond du sas préférentiel. Je n’aime pas jouer des coudes pour le départ d’un marathon surtout qu’il y a de la place. Je suis bien, tous les voyants sont aux vert ; pas trop de stress. Comparé à mes premiers marathon (même si j’en ai fait que 6), je n’ai pas cette angoisse « mais qu’est-ce que je fous là »
1er semi :
Un pote de club m’accompagne du km 1 au km 20. Tout roule même si ça part extrêmement vite, comme d’habitude à Paris. Sur tout le premier semi je vais doubler du monde.
On est plutôt dans l’allure et dans le rythme ; le temps est parfait malgré le soleil en pleine tronche pendant 15km ! Je connais bien le parcours, on est au début du marathon, mon pote m’aide un peu. Rien à dire (et heureusement). On accroche des petits groupes de temps en temps mais impossible de rester car ils sont plutôt en 3’50’’/km.
Un peu trop de confiance au début, je discute avec mon pote, on est bien, je me préoccupe pas trop des allures, des ravito, je suis pas super concentré
Passage au 10e en 37’50’’ pour un objectif en … 37’50’’ !
J’arrive dans le bois de Vincennes, « la maison », le temps est toujours parfait. On court un peu solo, j’engage la montée de l’hippodrome que je connais parfaitement et qui me stress un peu. Pour l’avoir fait une centaine des fois à l’entrainement, je sais qu’elle n’est pas « simple ». Retour vers Paris, passage devant la maison … Mon pote me lâche et je me retrouve solo, et là c’est un peu le début du désert affectif !
Personne avec moi, personne devant, personne derrière, pas une grosse foule sur le parcours, les orchestres qui se mettent en place...
Passage au semi en 1h19’19’’ pour un objectif de 1h19’50’’ et un semi en 1h20’10’’ à Valence.
Je sais que je suis rapide, mais je me dis que ce n’est pas grave, je gagne quelques secondes. Je pense que j’ai merdé à ce moment-là. Trop de confiance, ou volonté de raccrocher du monde, je ne sais pas.
2e semi :
Passé le semi, rétrospectivement ça part en couille.
Je suis tout seul avec un mec en ligne de mire et 30m et à environ 100m un groupe de coureur. C’est pas l’idéal. Je suis bien (logique) et j’accélère (trop) sans vraiment m’en rendre compte. Je fais les 5km suivant en 3’40’’ … je crois que j’ai trop pris à cœur mon souhait d’accélérer … surtout que le plus difficile arrive mais je n’y pense même pas.
Au final je remonte des coureurs mais aucun groupe, donc je continue ma course en solo. Avant le tunnel des tuileries je récupère Lautho. Je suis tellement concentré et je me fais chier en solo depuis plus de 25’ que je le reconnais même pas ; je me fais la remarque en me disant « c’est qui ce débile qui gueule tout seul comme un taré »
jusqu’au moment où le « débile » en question court à côté de moi !! ça fait du bien d’avoir quelqu’un à côté, surtout avec un short de meuf ! Et je vous assure que c’est vraiment taillé comme un short de meuf !
Je commence à ralentir à partir de ce moment-là. Déjà sur les quais j’étais en 3’38’’/km puis 3’40’’/km quand j’ai récupéré Lautho et je savais que ça allait me péter à la gueule. Je ralentis donc et l’enchainement des ponts, même s’ils passent bien, me font retomber en 3’50’’/km sur cette section.
Globalement je suis « bien », mon ischio droit commence à tirer mais rien de critique. Je commence à fatiguer mais on est au 30e donc rien d’alarmant. Petit coup de baisse de motivation qui commence … c’est long, « solo » depuis le 20e km et j’entame la section que j’aime le moins : passage dans le désert du 16e, montée d’Auteuil puis Boulogne.
Passage au 30e : 1h52’54’’ pour un objectif en 1h53’ : pas mal même si j’aurai dû me dire que je commençais à grignoter mon avance du premier semi et que je suis censé accélérer… mais bon, la capacité de réflexion au 30e km d’un marathon est proche du néant.
Lautho me lâche. Je continue solo encore et toujours dans le 16e, j’arrive à relancer un poil mais il y a aucun putain de groupe !
Je double des mecs qui sont vraiment mal, je double un élite qui termine en footing en discutant (je me demande si c’était pas chadhi). Je veux d’ailleurs passer entre eux, mais au dernier moment il me ferme la porte ce bat*** x2
J’arrive devant Auteuil et là c’est l’Everest
… Cette angoisse et cette difficulté. Je suis autour de 4’10’’/km pour la montée mais j’arrive à relancer en haut et je récupère Lautho.
Passage au 35e : 2h11’57’’ pour un objectif en 2h11’43’’ … je regarde pas les secondes, donc je me dit que ça peut encore le faire.
Jusqu'au 41e je pensais pouvoir passer sous les 2h39' sans pour autant avoir la rage et la motivation de remettre une cartouche.
La fin est longue et monotone, comme à chaque fois. J’explose pas vraiment, mais je suis loin des 3’44’’/km fixés. Je tourne autour des 3’50’’/km. Je déteste cette boucle pour passer devant l’espace Vuitton (que je vais regarder cette fois-ci). La fin est longue … j’ai plus de motivation. J’entame le dernier km mais plus grand-chose ne répond donc je reste à l’allure. Je déboule devant la ligne d’arrivée et je suis en 2h39’ donc c’est dead pour le 2h38’xx puis je vois passer mon symbolique 2h39’11’’ alors qu’il reste encore environ 100m.
Je passe la ligne, pas trop d’émotion, un peu de déception sur le moment et surtout les jambes atomisées. Impossible de m’asseoir.
Chrono : 2h39’38’’
1er semi : 1h19’19’’
2e semi : 1h20’19
La minute sera perdue du 30e au 42e avec une allure moyenne de 3’50’’/km vs 3’44’’ fixé.
A valence j’avais fait le deuxième semi en 1h19’02’’
Conclusion de ce marathon :
Je pense que je me suis trop mis de pression et surtout trop de confiance : une belle prépa (mais avec un foncier inexistant avant le début de la prépa) et un conditionnement trop « méthode coué » en phase de pré-course m’ont fait oublier qu’un marathon ça ne se termine pas avant de l’avoir couru !
Paris est difficile, le deuxième semi est hard : l’enchainement des tunnels commence à te flinguer les jambes, Auteuil t’achève, et le bois de Boulogne se fout bien de ta gueule pour terminer. Sur mes 4 Paris, je n’ai jamais réussi maintenir une allure à partir du 30e. 250m de D+ à Paris vs 60m à Valence sur lequel les 10 derniers km sont en descente !
Ma gestion de course était un peu « merdique », sans trop savoir pourquoi, je me suis tapé 5 bornes bien trop rapidement avant d’entamer les difficultés … mais impossible de savoir ce que ça aurai donné si j'avais conservé l'allure : sub2h39' ou 2h40'xx ?? Je pense que j’ai voulu retrouver du monde et me trouver un groupe ou au moins un autre coureur. Manque de concentration, un début de course pris "à la légère".
A côté de ça, je me tape 22 bornes en solo sans groupe d’autres coureurs. Et franchement ça fait la différence. A Valence j’avais fait tout le premier semi dans un gros groupe d’une 20aine de coureur puis jusqu’au 30e on était 3 à prendre les relais. Je remercie quand même mes accompagnateurs qui ont super bien géré les ravitos et qui m’ont fait me sentir moins seul … sinon je pense que ça aurai été encore plus difficile !
Après je relativise à fond et je me dis que j’ai quand même fait une putain de course :
- sub2h40 après quasi 1 an ½ sans réels entrainements, avec un début de prépa assez difficile où je pensais que je ferai un 2h45 ou 2h50.
- sub2h40 à 27’’ du record qui date de 3 ans, sur un parcours beaucoup plus roulant et surtout avec une prépa certe plus intense, mais l’année de Valence j’avais enchainé 2 marathon dans l’année !
- -2’30’’ à mon précédent record à Paris.
Première compétition avec du carbone (Next%), c’est du sacré bon matos et j’ai bien aimé courir avec (même si je pense que ma prochaine paire sera des Adios pro 2.0). Mais je relativise tout ce que j’ai pu lire concernant ces pompes : c’est certainement du matos qui favorise les performances, mais je vous assure que sur la fin de la course, elles ne courent pas pour toi et ne compensent pas ta baisse de régime !
Au final je pense que Paris c’est fini, j’ai fais le tour, je le connais bien … maintenant j’ai envie de voir autre chose, aller faire des marathons en Europe : Amsterdam, Vienne, Berlin ?
Par contre, j'ai plus beaucoup de marge sur la prépa ... Reste plus qu'à faire des mois/années complètes d'entrainement pour aller gratter des secondes à chaque marathon.