Chou Andy a écrit :
Coucou.
Petit (ou gros, je sais pas) CR de la Mountagnole ce matin. Environ 100km pour 2500m de D+ (et 2200 de D-, c'est l'arnaque !). Ma première cyclo !
Déjà c'est ma troisième sortie de l'année, après une sortie de reconnaissance en avril avortée au col des Marrous pour cause de neige (45 km) et un triathlon sprint (20 km de course, mais aussi 60 km AR pour me rendre sur place). Bref j'y vais en touriste, sans grande ambition. Je regarde quand même les classements de l'année précédente, et je me dis que je dois pouvoir tenir 20 km/h, soit un temps de 5h, et que ça me placerait au milieu du tableau. Au final, j'ai été loin du compte Lever 5h, petit dej aux tranches de pain de mie complet et à la confiture (conseillé par un forumeur ), je prends le train 2 minutes avant qu'il ne parte, nickel. Première difficulté, rejoindre le départ : le train arrive à 7h33 à Foix, alors que le départ est à 8h30 à Tarascon. J'ai donc 57 minutes pour remonter l'Ariège sur 16 km, retirer mon dossard, me préparer et franchir la ligne. En chemin je croise l'Ariégeoise qui est partie à 8h, le peloton est assez impressionnant même s'ils n'ont pas l'air plus excités que ça (en même temps c'est la grosse départementale, 3 km après le départ). Le timing est juste mais ça passe, je retire mon dossard à 8h20, je me prépare vite fait, je fourre tout dans mon camelback et j'arrive dans le sas un poil après 8h30, mais c'est large car il aura bien fallu 10 minutes pour écouler les 2600 coureurs annoncés (ça fait beaucoup ). Je passe la ligne en dernier ou presque.
Première portion, Tarascon-Foix, ce que je viens de me taper mais en sens inverse. Je découvre le cyclisme en pelotons, et je trouve ça très drôle. Rouler à 40 à l'heure sans tourner les jambes, c'est marrant. Repérer les gars un peu pressés et prendre leur roue pour sauter au groupe suivant, c'est fun. J'ai même tiré quelqu'un pour la première fois de ma vie (il m'avait lui-même tiré un peu avant). Je suis assez "énergique" et je rattrape plusieurs groupes successivement. Bien.
Ensuite, c'est la longue montée au col du Portel. Environ 30 km de pourcentages très faibles (rarement plus de 6%). Je me dis chouette, mon terrain de prédilection, je vais pouvoir briller. Ça commence doucement, presque à plat, je me fais un peu dépasser de toute part, mais j'arrive à accrocher un groupe qui me convient (avec deux filles ). Et quand les pentes s'élèvent... c'est horrible. Je suis collé à la route (qui rend très mal), et je me fais doubler par absolument tout le monde. Des gros, des vieux, des filles, des tandems... je n'aurais pas été surpris de me faire reprendre par un unijambiste. Ça m'étonne même qu'il y eût autant de gens derrière moi, alors que je suis parti en dernier. Et du coup je me dis que je ne dois vraiment pas être loin de la queue de course, misère. J'ai mal aux jambes, le souffle n'est pas top, j'ai une sorte de point de contraction en bas du ventre, je ne sais pas si c'est une grosse envie biologique ou un mal de fesse dû à la selle. J'ai qu'une envie c'est de m'arrêter pour récupérer, je retarde l'échéance jusqu'au col des Marrous (990 m). Je repars, c'est toujours pas top, on est en plein brouillard, je m'arrêterai encore au col de Péguère (1300 m). La fin de la montée est censée être très facile, environ 3%, avec même des portions descendantes. Et en plus il fait beau, on est passé au-dessus des nuages. Mais c'est pire que tout, je dépasse pas les 12 à l'heure, on me double encore et encore, la camionnette fin de course me dépasse (avec la remorque pour les abandons), et les rares gars que je double sont des vieux à l'agonie (l'un deux me dit "Je vais pas tarder à mettre le clignotant, pas assez d'entraînement). J'en ai marre, j'en peux plus. C'est la dédé, c'est la détresse. Au col du Portel, fin de l'ascension, je remplis mon bidon. Il n'y a presque plus personne derrière moi. On n'est même pas à mi-course et je suis épuisé. J'hésite à faire demi-tour, parce que sinon je m'engage dans une autre vallée et là si j'ai une défaillance fatale ce sera la galère pour rentrer chez moi. Mais c'est la descente devant, donc du répit, et puis j'ai dit à tous mes copains et collègues que je faisais la course, je peux quand même pas renoncer. Et puis aussi le paysage est vraiment magnifique de l'autre côté, les vertes vallées ariégeoises c'est quand même quelque chose ! Pause photo.
Descente du col de la Crouzette. Oh que c'est raide
Il paraît que la Mountagnole a monté par là il y a 2 ou 3 ans et que la plupart des gens étaient à pied. Heureusement la descente est extrêmement bien indiquée, tous les virages, les passages étroits, et tout. Un vrai soulagement pour moi qui ne sais pas descendre. Je la fais tranquille, debout sur les freins. On enchaîne direct avec le col de Saraillé, petit col forestier chaud et casse-pattes. Je le redoutais, le connaissant par un autre versant. C'est un enchaînement de coups de cul, avec les plus gros % de la course (10% à plusieurs reprises je pense), et de courts replats. Ben bizarrement je le passe pas trop mal, d'un coup, sur mon 30*25, et je double même un certain nombre de gens (dont plusieurs à pied). Sauf qu'au sommet je suis complètement à plat, je n'ai aucune envie de tourner les jambes pour relancer dans la descente (qui est à pente modérée). Je me demande comment je vais pouvoir me farcir la dernière ascension qui est la plus dure, le Port de Lhers. Je compte beaucoup sur le ravitaillement de Massat qui arrive.
Grosse ambiance au ravito, avec la fanfare, et les cyclistes qui sont tranquillement posés et qui bavardent. Je suis surpris de voir qu'il y a pas mal de coureurs qui arrivent derrière moi, et qu'ils sont fringants, en fait ils passent à toute vitesse et ne s'arrêtent pas . Erf c'est des furieux de l'Arégeoise qui nous rejoignent, encore impressionnants après 130 km sans répit. D'ailleurs c'était peut-être même la tête de la course qui est passée à ce moment-là, ou en tout cas des coureurs qui jouaient de belles places (top 20 ou top 30 - sachant qu'au final je suis arrivé en même temps que le 240ème). Je dévalise le ravito, comme si c'était le buffet de fin de course. Bananes, oranges, pain d'épice, et même deux belles tranches de saucisson (c'est pour les sels minéraux ). Je commence à m'inquiéter de mon temps, j'en suis à 4h30 donc je suis complètement à l'ouest pour mon objectif de 5h (qui me permet de prendre le train de 14h40 ), et du coup si je veux prendre le train de 15h50 ce serait bien de ne pas mettre plus de 6h. Le train suivant est à 18 ou 20h...
Je repars, je sympathise avec un Toulousain sur les premières pentes très gentilles du Port de Lhers, puis les choses sérieuses commencent, avec 3 bons km dans les 8%. Et ben en fait je me sens très bien
Je mouline comme un fou mon 30x25, dans tous les pourcentages. A ma droite, une file de coureurs de la Mountagnole qui sont dans le dur. A ma gauche, une file de costauds de l'Ariégeoise qui me dépassent en trombe. Bref à mon grand étonnement je reprends énormément de monde, d'autant que je déchausse dès que mes jambes chauffent un peu (tous les 2-3 km) pour me ravitailler tout en soulageant les cuisses et les fesses. Du coup je double plusieurs fois les mêmes , le moral et les sensations sont au beau fixe ! Ainsi de suite jusqu'au sommet, sans grande difficulté, je me permets même d'accélérer dans le final. Au Port, c'est l'énorme soulagement : je suis finisher !
Il reste 15 km de descente. Je la connais, elle est trop raide pour moi, et je galère un peu (très mal aux mains, une sortie de route graviers-herbe où je ne suis pas loin de tomber dans le lacet du dessous). Ça finit par 2 km relativement plat pour rejoindre Auzat où l'arrivée est jugée, je fais un petit sprint final pour larguer un gus (et me faire larguer par un autre). 6h10 de course, une place juste au-dessus de 2000 a priori. Je repars assez vite sur Tarascon, je prends la roue d'un gros groupe et en faisant bien l'effort de ne jamais me faire lâcher (il y avait pas mal de vent). J'arrive 15 minutes avant, parfait, je peux rentrer chez moi dans un timing raisonnable.
Au final :
- Je suis super content d'avoir fini celle-là C'était vraiment pas gagné. - J'ai vraiment besoin d'entraînement pour ce sport Mais avec l'hiver qu'on a eu, c'était délicat... Étonné par mes mauvaises sensations au départ, et mes bonnes sensations à la fin. D'habitude c'est l'inverse, le premier col passe tranquille puis je m'écroule au bout de 2h30 ou 3h (en même temps mon "habitude" est fondée sur seulement 3 sorties l'été dernier).
- Organisation parfaite, à la hauteur de sa réputation (et au passage le dispositif est très impressionnant, j'ai pu voir tous les véhicules à l'avant de l'Ariégeoise, tous ceux à l'arrière de la Mountagnole , et je ne sais combien de centaines de bénévoles pour signaler avec le sourire les difficultés et les croisements... absolument remarquable). Très bonne ambiance générale.
- C'est beau les cyclos comme ça, les pelotons, les groupes qui montent ensemble, les files de cyclistes dans les lacets sauvages des Pyrénées...
Vive le vélo
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