CR BRM300 de Bourg-en-Bresse.
En vacances pas trop loin et n'étant pas dispo pour le 300 "local" (le plus proche de chez moi quoi
), j'avais mis celui-là dans mes objectifs de ce printemps.
Rendez-vous à 3h30 pour un départ à 4h, avec 45 minutes de route, j'ai eu envie de dormir dans la bagnole...
Au final la raison l'a emporté et j'ai opté pour un lit confortable
dans un Appart City truc à 2km du départ.
Vélo dans la chambre, je prépare toutes les sacoches et leur contenu tranquillou le soir.
Météo annoncée : couvert, vent en rafales à 55km/h de dos sur la première partie puis pluie et re-vent à 55km/h de face sur le retour.
Avec 75%du dénivelé sur les 140 derniers kilomètres évidemment...
Réveil à 2h50, étonnamment facile.
Le
passe sans souci, c'est déjà une victoire, j'appréhendais vu certains CRs ici #JeSuisPascalDeuxZéros...
Je sors de ma chambre, vélo en main (le bruit de la roue libre dans le long couloir à 3h15
) et là une porte s'ouvre juste derrière moi. En sort un grand en cuissard "on va au même endroit j'ai l'impression".
Lui va au départ en bagnole, je prends le vélo
.
Arrivé sur place, récupération de la carte, petit café et tranche de 4/4 et c'est déjà l'heure d'aller sur les vélos.
Aucune annonce, pas de consigne orale, départ donné par un type qui a l'air de s'adresser à ses 2 potes juste à côté de lui.
Pour le 200 du mois dernier, j'avais comme stratégie d'aller à ma vitesse sans me préoccuper de ceux qui me doublaient.
Oui mais là j'ai pas pris ma randonneuse, j'ai pris l'EDR kivavite alors changement de tactique : je vais rouler avec ceux de devant
Dans les rues désertes de Bourg, j'enquille donc pour me rapprocher de la tête. Bien aidé par les feux rouges qu'ils respectent scrupuleusement
.
On sort de Bourg et c'est parti, enchaînement de petites routes dans la nuit noire et obscure, mes yeux bleus ne voient pas grand chose à part des loupiotes rouges qui décollent la rétine
Ne roulant jamais en groupe, j'essaie de tenir la roue de devant sans faire trop d'écart mais j'ai souvent une longueur ou plus de vide qu'il faut que je comble.
Je dépense donc un peu trop d'énergie et essaie d'éviter ça au maximum.
A côté de moi ça papote en mode sortie Z2 là où je suis en mode gestion pour ne pas me cramer...
Arrivée au CP1, personne ne s'arrête au panneau. Il est 5h20, aucun commerce ne va être ouvert. J'ai pas envie de me retrouver seul donc je continue.
En sortant du bled, ils se posent enfin la question "ah et la photo, on fait comment ?".
A l'arrache devant le monument aux morts, on verra bien à la fin si ça passe.
Photo, je remets quelques morceaux de comté dans la food pouch (merci guez pour le tuyau) et vois déjà le groupe repartir sans que personne n'ait rien dit...
Heureusement on a un faux plat montant pendant 500 mètres, ce qui me permet d'envoyer sans que les gars roulent à 40 devant.
Je réussis à recoller juste à la fin de la bosse et me recale au chaud dans les roues, pas merci les gars...
Ça repart ensuite à fond à travers la plaine de la Bresse avec quelques coups de cul montés en danseuse.
Entre le vent de dos et l'effet de groupe, les kilomètres défilent : 100km en 3h, je suis jamais allé aussi vite
Vient ensuite le lever du soleil, pas l'temps de niaiser, ça roule toujours aussi fort.
CP2 rebelote, c'est n'importe quoi, aucune cohésion, des gars s'arrêtent d'un coup, d'autres continuent, certains s'arrêtent à une boulangerie, etc.
Je suis prêt, je me mets en bord de route à côté du panneau de sortie, mange une banane et attend de les voir débouler.
300 mètres après le village, pause technique
Évidemment, ça repart sans attendre personne et il faut encore un peu de temps pour que le groupe se reforme.
Ça roule toujours aussi vite, je commence à avoir du mal et passe en fond de groupe. Et là, un des deux costauds du début vient discuter avec moi (enfin, il me raconte plus sa vie qu'autre chose, mes réponses se résument souvent à un mot ou deux...
).
C'est cool, ce tenage de jambe fait défiler les kilomètres sans que je m'en rende compte et nous voici arrivés au CP3 et la saline d'Arc et Senans.
Km 160, avalés en 5h, rien que ça. J'avais prévu d'y être vers 11h, il est à peine 9h...
Je sais que c'est la fin de l'aventure peloton pour moi : je ne pourrai pas continuer à cette vitesse et tout le dénivelé arrive donc le groupe va exploser.
Autre réjouissance : le vent de face (bien que calme pour l'instant) s'annonce sur toute la fin du parcours.
Photo, léger ravitaillement (je mange en continu sur le vélo en fait), remplissage des bidons et je repars avec un ancien avec qui je discute un peu. Il prépare son 4e PBP et m'invite à rouler avec lui. Serein je suis.
10km plus tard, s'annonce la première difficulté du parcours : 5km à 5% avec de belles portions à 8%.
Une envie de pisser me prends mais je me dis que c'est trop près du dernier arrêt, je verrai en haut.
Erreur : je passe toute la montée avec des sortes de crampes d'estomac, douleurs aiguës qui me mettent en PLS.
Je dis rapidement au revoir à mon ancien et me retrouve seul dans ma galère.
A 200m de la fin de la montée, je trouve un coin tranquille, m'arrête et vidange. C'était bien ça, les douleurs s'estompent.
Par contre, je n'ai rien mangé depuis une heure, n'en étant pas capable.
Je me retrouve avec un début de fringale, juste au moment où deux gars me doublent doucement en me disant "tu peux rester avec nous, on va pas bien vite". Merci c'est gentil mais pas bien vite c'est déjà trop rapide...
Ce seront les derniers cyclistes que je verrai avant trois bonnes heures.
Une gourde de crème de marrons me sauve et me permet d'envisager de manger un peu plus.
Petit à petit je revis et recommence à rouler.
C'est évidemment pile le moment des grandes lignes droites avec vent de face.
En appuyant fort j'arrive à atteindre le 17km/h.
Il est bientôt midi, rien n'est ouvert dans ces bleds paumés du Jura, j'ai rien mangé d'autre que des graines, du saucisson et du comté (et de la crème de marrons) depuis onze heures que je suis levé. Et là, sortie de nulle part, comme envoyée par miracle, elle est là : une boulangerie ouverte.
Je rentre, près pour mon classique "une part de flan, un jambon beurre et un coca siouplé".
Déception : y'a plus rien. Je repars avec une quiche chaude et un coca.
Restent 100 bornes, la pluie se met à tomber par intermittence. Des averses de 5 minutes qui s'arrêtent comme elles sont venues et qui reviennent.
Le vent continue, toujours dans laggle évidemment.
Je me fais déposer par un gars qui a juste le temps de me dire "ah oui c'est vrai qu'avec le vent c'est difficile". Pas pour tout le monde on dirait.
Les 100 derniers km se font sur des routes à fort passage, sans bas côté et où trônent fièrement des panneaux 90 à toutes les intersections comme pour rappeler aux blérots que oui, ici ils peuvent rouler comme des malades, c'est open bar.
Dédicace au président du Conseil Départemental du Jura pour ses routes assassines et sa décision sûrement réfléchie d'augmenter la vitesse maximale.
Évidemment ça ne loupe pas, les types se croient sur l'autoroute et dépassent à des vitesses qui font froid dans le dos. Quant à la règle de "Je ne dépasse pas sans visibilité", doivent pas la connaître...
Étrangement, il y a aussi le comportement inverse : des gens qui ralentissent, attendent presque trop et doublent en se déportant carrément sur l'autre voie.
Toujours rien d'ouvert dans les villages traversés, bienvenue en bousie profonde.
J'arrive au CP5 après une longue descente, la première vraie descente de la journée. Les 50km/h sans pédaler durant 3km ont au moins un avantage : le compteur défile. Par contre, la pluie et les 10° font que je rejoins la boulangerie ouverte frigorifié
et demande la dernière part de flan et un thé.
Il reste 32km, deux belles côtes et l'arrivée sur Bourg, c'est gagné.
Je prends mon temps pour me réchauffer et boire mon thé tranquillement.
De nombreux cyclos arrivent, je repars juste avant 2 gars, m'arrête à la sortie du village pour une pause technique avant la grosse montée qui s'annonce (leçon retenue).
Je les vois me passer devant alors que j'ai encore les mains prises (ils m'avaient dit qu'ils m'attendraient
)...
Ça va me faire une bonne cible pour la suite : 6km à 6% de moyenne avec un court passage à 8% mais le reste est très linéaire.
Je trouve mon rythme : celui où le mal de cuisses est supportable et c'est parti, je gagne rapidement du terrain. Celui qui s'était annoncé comme le plus lent est décroché, ce sera ma première cible atteinte. Il est dans le dur, je suis dans mon effort.
Le "fort", celui qui attend en haut d'habitude n'est plus très loin, le 8% arrive, je tombe 3 dents, danseuse et je monte au mental.
Je le vois se retourner, il lutte mais sent l'inévitable arriver : ça revient à 6%, je me remets en selle et le dépose sans un mot
(impossible de prononcer quoi que ce soit pour moi...).
J'arrive en haut de la côte, ils sont loin derrière, le col de France
se dresse entre moi et l'arrivée.
C'était sans compter sur les fous du volant qui évidemment doublent en virage, sans visibilité avec la pluie qui revient.
Bref, une fin de parcours pénible, de longues lignes droites entre rond-points et zones commerciales dégueues, bien content d'arriver, validation du carton, petit en-cas et retour à la voiture pour les 2 derniers km.
302km pour 2400d+, 12h12 de selle pour 13h35 au total. Soit 2h de moins que prévu, celles de l'aller dans le peloton.
Un peu mal aux cuisses et mains, à l'aine à cause d'un frottement depuis le km180 (bizarre, jamais eu ça avant, même sur le 200).
Une douleur en haut du mollet est apparue depuis, bien pénible.
J'avais pris 2x trop de nourriture alors que j'ai quasi rien acheté sur la route, il faut vraiment que je revois cette partie.
Prochain rdv samedi au Ventoux si le mollet est d'accord et qu'il n'y a pas de vent.
Ensuite ce sera le chantier du Vercors puis l'Ardéchoise...
Le Strava : https://www.strava.com/activities/8938095238