fneuf a écrit :
Petit CR d'une kiroules >> destination le Grand Colombier et ses 1534m. https://upload.wikimedia.org/wikipe [...] France.jpg Un samedi par mois, la route depuis Culoz est réservée aux cyclistes. https://profils.cols-cyclisme.com/158.svg Kiroules qui restera célèbre pour son franc succès, prévue à 4 nous partirâmes finalement 1. Par soucis de discrétion nous cacherons l'identité des vils lâches, tombés dans les dernières 24h. Bref, motivé comme jamais je suis allé affronter le Géant du Bugey fidèle à ma devise : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire >> j'ai commencé à rouler à 13h40 Parce que la fraîcheur, c'est juste bon aux cyclos. Les vrais savent, le vélo est un sport extrême ou tu te dois d'osciller en permanence entre malaise vagal et rupture d'anévrisme C'est ma cerise sur le gâteau d'une semaine de préparation parfaite pour cet évènement sportif : multiples nuits commencée après 2h du mat et soirée/apéro se finissant à 1h la veille, que les meilleurs nutriciens n'auraient pas renié Ce sera mon premier "vrai" col, après l'opération Ventoux de mai 21 avortée pour de biens sombres histoire familiales. Je n'ai donc aucune idée du type d'effort ou de la gestion idéale. Tout ce que je sais c'est qu'il vaut mieux que je reste humble. Dès les premiers mètres le palpitant monte assez vite dans les tours. J'arrive à le stabiliser autour des 165... au prix d'une allure que d'aucuns pourraient qualifier de "réduite". A mesure que je me hisse sur les premiers hectomètres, je vois le thermomètre du Garmin très linéairement grimper avec moi Pour ajouter à ma chance, je découvre avec plaisir qu'en cette belle après-midi, Eole a décidé de faire sa sieste. Au bout de 5km je commence à éprouver de l'empathie pour ce que subissent tous les jours les . Pépouze, le Garmin qui m'annonce 42°C Pas un pico-brouzouf de vent. Un fois tous les 500 m, environ 0,3% de la route ombragée. Et le bitume qui rayonne sa maman. J'ai beau être entré dans la partie bucolique du parcours, les splendides lacets de Culoz, je commence à me demander ce que je fais là https://media.moto-trip.com/upload/ [...] 0742cd.jpg Mon objectif principal était de monter au sommet, mon sous-objectif était de ne pas poser pied à terre. Arrivé à ce 5ème kilomètre, je commence à me dire que certes mon coeur est encore dans une zone relativement basse, je ressens, physiquement et assez fortement, ses pulsations. Contemplant la petite quinzaine de kilomètres au profil et à l'exposition plutôt inconnue, je décide d'éviter tout risque de figurer dans la colonne fait divers d'un journal local et me résigne à poser pied à terre pour éviter l'insolation. Merci à toi rocher pour ce repos ombragé providentiel. Je me relance oklm, un virage de plus et je découvre rapidement que j'entame alors les parties plus rectilignes de l'ascencion, bien moins exposée où il me suffit de rouler à gauche pour être majoritairement à l'ombre La température est toujours préoccupante, mais le mode #étuve est terminé. C'est toujours ça de gagné. 100m après je découvre la dépouille d'un serpent d'un fort beau gabarit, manifestement lachement lacéré par la roue d'un cycliste. Ravi par mon choix stratégique de poser pied à terre 200m avant que l'ombre ne fasse partie de cette ascension et souhaitant honorer dignement la dépouille de cette innocente victime (photo dispo sur Strava pour les plus pervers d'entre vous) de notre sport , je décide de reposer pied à terre et commencer à me sustenter. Ce sera l'occasion de me faire doubler par un cyliste qui zigague (le noob, moi j'arrive encore à rouler droit ). Tout sur son visage indique qu'il se demande ce que je fais face à feu le serpent. Suis-je le meurtrier, suis-je un nécrozoophile qui prépare sa récréation, ... toutes ces questions qui troublent son visage . 300m plus loin il pose lui aussi pied à terre , j'en profite pour réenfourcher le mien et lancer un "Ca cogne, hein" en le dépassant . L'ombre reste majoritaire, je tombe sur de revigorants replats (à 4% hein), le cycliste disparait de mon rétroviseur assez rapidement. Face à ces replats je me dit que cela pourrait être utile de regarder mon ClimbPro pour un peu savoir ce qui m'attend. Ca sent un peu l'accalmie avant la tempête. Bien m'en prend, je vois que du "raidard rouge" se rapproche. Cette nouvelle partie à peine entamée je me fais reprendre par le cyliste précédent, sorti de nulle part. S'est-il retrouvé une seconde jeunesse ou ais-je laissé le frein à main ? La question reste entière, je ne le reverrais pas . Mon dernier repas datant d'il y a désormais plus de 5 heures, je me résoud à reposer le pied à terre pour poursuivre la de dégustation de l'unique barre emportée avec moi . Un cycliste en combo Parlee/Enve me rattrape A la reprise je commence à trouver la météo fraiche. Le temps se couvre. Je rejoins le sommet juste après avoir été dépassé par 3 voitures "directeur de course" du tour de l'Ain, conduite par une belle bande de boomers. Ca tombe bien, mon deuxième bidon commençait à sonner dangeureusement creux. J'aurai posé pied à terre dans l'ascencion, certes, je l'aurai monté à un train de sénateur, certes (on en conviendra tous, c'est la faute entière et unique du poids du litron de crème solaire dont j'ai été contraint de m'enduire pour survivre), mais je n'aurai jamais zigzagé Au sommet je retrouve également le Parlee, en pause collation. J'entame la descente après une petite crêpe salée des familles. Frigorifié, je n'arrive pas à détendre mes muscles, ni trouver une position confortable. Le profil de la descente n'est pas à mon goût, gros rectiligne ponctué de trop nombreuses épingles sèches. Pas excessivement fun pour le pilotage. Et dommage pour moi, car la bonne partie de mon kif c'est quand même les descentes. Je commence à voir ma vitesse baisser sans raison apparente. Je checke mes freins, rien. Je regarde le ballon de mes pneus. Rien. Je finis par m'arrêter pour vérifier si je ne suis pas en crevaison lente, car j'ai beau appuyer je plafonne à 25 dans cette descente. Une fois à l'arrêt je me rends compte que ce n'est plus une descente, c'est en fait une petite montée. C'est officiel, après avoir passé 20km à monter oscillant entre 2 et 15% et bien 5 à descendre à environ 10%, mon cerveau ne sait plus différencier les reliefs. Plat, D+, D-, tout est devenu relatif C'est officiel je suis à la peine dans le moindre faux plat montant. Fort heureusement ils seront peu nombreux sur cette seconde et dernière partie de parcours. Je rejoindrais mon point de départ sous les hourras de la foule, déclenchant une ola générale dans le village Culoz. Je revois le Parlee, attablé au café du coin, diantre ce régime alimentaire Bref, trois fois rien, 1300m de dénivelé, matinés de nombreuses rampes qui tutoient les 14%. Une belle saloperie. La preuve >> #donttrythisathomekids<<
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