Mon compte rendu Paris-Brest-Paris
Me voila reparti pour un deuxième et dernier Paris-Brest-Paris.
Mon objectif: arriver en meilleur état qu pour ma première participation en 2011, pendant laquelle les tendinites m'ont fait souffrir et ralentir, notamment une tendinite au genou droit qui s'est déclarée dès le départ de Brest pour le retour. J'avais terminé grâce à une gestion de l'effort poussée par une motivation énorme.
Le préparation de cette édition 2015 s'est passée sans accros particuliers, et bien que peu motivé, je suis allé de brevet en brevet poussé une envie que je ne savais maîtriser. Et depuis le printemps j'ai des soucis de sommeil et je manque de puissance sur le vélo.
Dimanche 16 août:
Arrivé sur le site à 11h00 pour poser mon sac de retour à la consigne puis rendez vous au club (j'étais jusqu'à présent licencié à Montigny) pour la photo des partants. La pression monte en voyant les copains prêts pour le départ. Retour au centre ville pour manger un plat de pâtes végétariennes puis pose sur le site du départ.
15h15 je rentre sur le pré-sas de départ, nous sommes 4 du club à partir à 16h00. Pas mal de monde nous acclame mais l'ambiance est moins chaleureuse qu'au rond point des droits de l'homme.
15h45 nous sommes face à la ligne de départ, le programme est suivi à la lettre.
16h01 départ donné, je suis surpris par le rythme élévé dès les premiers mètres. Je laisse filer, je ne sens pas suffisamment mon vélo, pourtant peu chargé, pour suivre la cadence dans les rues de Montigny, mais je ne suis pas le seul, je ne me retrouverai pas isolé. Dany, avec qui j'ai fait les brevets 2011 et 2015 tempère également, nous nous retrouvons ensemble.
Les groupes se créent, j'en trouve un à mon rythme (je suis dans le jaune/orange, je ne veux pas toucher la zone rouge) , on roule à 35km/h.
Au bout d'une heure le groupe B parti une heure après nous rattrape déjà, Dany me quitte pour accrocher ce groupe !
Le rythme n'est malheureusement pas constant, à chaque groupe des départs suivants qui nous rattrape, on ressent une accélération brutale.
On atteint rapidement le Nord de l'Eure et Loir, Le terrain est alors assez plat jusqu'au perche et propice aux moyennes élevées mais il reste plus de 1100km !
A hauteur de Senonche la troisième vague (groupe C) nous atteind, à chaque fois le rythme est changé et le groupe grossi.
Dans la descente vers Longny au Perche le peloton ainsi formé dépasse les 400 cyclistes. Les gars remontent sur la file de gauche ouverte à la circulation dans la descente sinueuse, le risque est maximum. Je n'en mène pas large et l'ambiance tendue dans le peloton. Une voiture venant en face s'est rangée de justesse à la sortie du virage, on a évité le massacre !
A la sortie de Longny, une longue cote va enfin faire du ménage et éclater le peloton en petits groupes. Je gère tranquillement la succession de belles bosses jusque Mortagne.
Ravito rapide à Mortagne (km 140 20h20), 8 minutes, avec un Raynutil et une barre et le temps de donner des nouvelles à ma femme (pas de contrôle à Mortagne à l'aller) Le compteur indique une moyenne de 32km/h pour les 140 premiers kilomètres. J'ai une heure et demi d'avance sur le temps prévu.
On repart pour Villaines, malheureusement le groupe régulier avec qui je roulais depuis le départ s'est éparpillé à Mortagne. Je repars seul. Mon pédalier claque sur le petit plateau.
L'étape vers Villaines sera plus tranquille avec la nuit. Je roule dans des petits groupes mais ça avance bien.
Arrêt rapide à Villaines (km 221 23h45) j'enfile un sandwich et pointe puis repars rapidement. Mon pédalier claque de plus en plus dans les bosses, ça ajoute de la fatigue.
L'étape vers Fougères sera bien plus difficile. Je suis installé à l’arrière d'un beau peloton d'une cinquante mais des allumés à l'avant s'amusent à casser le rythme avec des accélération très marquées. Je me fais lâcher deux fois et dois fournir un effort incompatible avec l'endurance du PBP pour revenir, je vais y laisser des plumes.
Je stoppe une demi heure à Fougères récupérer, la fatigue se fait sentir. Je prends un Raynutril et une barre.
Départ de Fougères vers 03:30 je me trouve un petit groupe tranquille pour sortir de la ville.
Trois gars nous rejoignent et accélèrent. Les autres accrochent, moi pas. Du coup je me retrouve isolé dans la campagne. Les groupes sont maintenant espacés et je ne vois personne pendant 10 km.
Soudain un groupe me rejoint et l'allemand à sa tête m'invite à rouler avec eux. Je m'accroche.
Au bout de 20 km L'allemand me reproche de ne pas prendre de relais, mais je n'en ai pas la force. Je reste avec eux jusque Tinténiac.
Tinténiac (km 364 5h25)
Je décide de voir avec le vélociste (avec qui j'avais l'occasion de rouler) ce qu'il peut faire pour mon soucis de claquement pour le pédalier. Il ressert les pédales ! , change la chaîne et c'est ok !
Je repars à 6h00 après avoir avalé un petit sandwich. Isabelle doit me retrouver à Quédillac pour la première assistance.
Il fait enfin jour.
Je tire un petit groupe dans les bosses de Bécherel et on file vers Quédillac.
Isabelle m'y attend avec un thé chaud et un bol de céréales. Arrêt 20 minutes.
La route vers Loudéac n'est pas roulante et les derniers kilomètres très accidentés. Dur dur.
Loudéac (km 449 09:20)
45 minutes de pose dont 20 minutes allongé dans la voiture, plat de quinoa mélangé avec des lentilles.
Les 30 km après Loudéac sont très accidentés, de longues bosses , et /ou des pentes assez raides avec notamment la bosse de Merléac (2,7 km à 4,3 %).
Nous finissons à trois l'étape sur le plat avant Carhaix.
Carhaix (km 525 13:35)
Isabelle m'attend pour manger à la cantine un plat de spaghetti bolognaise avec un et un riz au lait (pause 50 min)
Je file vers Brest avec l’envie de m'y arrêter le moins de temps possible.
A la sortie de Carhaix je croise le premier qui grimpe à toute vitesse entre deux motos.
Carhaix>Brest est une des étapes les plus difficiles. de très longues rampes 4-5%, on passe au pied du Roch Treveze. La route est empruntée par des poids lourds.
L'arrivée à Brest n'est pas agréable sauf la traversée du pont pour passer la rade. Sur ce pont une femme me propose une crêpe (délicieuse), je serai son premier "client".
Le contrôle est tout en haut de Brest, la circulation automobile dans Brest fatiguante.
Brest (km 618 17:44)
La ville et le site de contrôle ne donne pas envie d'y rester. Un raynutril (mon dernier) et je file vers Carhaix.
La sortie de Brest se révélera elle aussi très difficile, on passe par de longues bosses et longues descentes avant d’attaquer la longue rampe vers Sizun.
Je suis content d'avoir passé ces routes avant la nuit !
Le retour vers Carhaix se passe bien, je gère tranquillement les bosses et le vent me pousse sur la fin. Un plaisir là où j'avais souffert en 2011.
Carhaix (km 703 21:42)
Je prends une douche, erreur qui me fait perdre beaucoup de temps (1 heure), un rinçage aurait été plus efficace voir même plus agréable mais difficile car nous sommes en centre ville, pudeur exigée) et je m'allonge dans le lit qu'Isabelle a aménagé dans la voiture. Malheureusement, l'endroit où est garée la voiture est très fréquenté et le démarrage des camping cars et autres diesel ne m'ont pas permis de bien dormir sur les 3 heures que je m'étais réservées.
Je me lève à 2h00 . Un groupe de 5 garé à coté est sur le point de partir je les attends afin de ne pas rouler tout seul dans la nuit noire.
Un des leurs souffre du genou, on ira tranquillement vers Loudéac, ça me va bien.
Nous croisons les phares de la plus grosse partie des randonneurs, ceux partis pour le 90h.
Loudéac (782 le 18/08 06:14)
Je pointe et pour laisser Isabelle dormir passe manger un infâme plat de pâtes avec une mauvaise omelette à la cantine.
J'essaie de dormir dans la voiture mais je n'y arrive pas. Je repars à 7h15.
La route vers Tinténiac me paraîtra plus facile qu'à l'aller. Cependant je ressens une douleur à l'ouverture de la main, mon poignet semble enflé.
Nous sommes désormais bien isolé sur la route on peut rouler des kilomètres sans rencontrer une autre personne. Je reviens sur un gars de Laval à Illifaut avec qui je terminerai l'étape.
Tinténiac (km 867 18/08 11:14)
La famille m'attend au contrôle et Isabelle est maintenant rodée mais ça sera son dernier contrôle. Je me gave de quinoa et de lentilles avec bananes. Le poignet est douloureux (pause 1h).
Cette fois-ci l'étape vers Fougères me semble plus difficile qu'à l'aller, le bitume est en mauvais état, c'est pas roulant et il fait chaud. Je m’arrête pisser deux fois, je perds les groupes :-(
Fougères (km 921 18/08 14:34)
Le temps est orageux, je demande la météo, remplis les bidons et je repars. Je mange une barre.
J'aimerais dormir un peu dans l'après midi car je souhaite ne dormir que dans la nuit à Mortagne (170 km plus loin).
Je gardais un très bon souvenir de cette étape Fougères>Villaines car l'accueil y est très sympa.
Le Loroux proposait un couchage mais je décide de continuer. Je m’arrête à la Tanniere où en 2011 j'avais mangé un excellent riz au lait. Là, on me propose de dormir dans la maison. La monsieur (un ancien randonneur) me demande dans combien de temps je souhaite dormir. Je dors d'un sommeil léger 45 minutes et me vois offrir un café et une crêpe. Je leur parle de leur riz au lait d'il y a 4 ans et la dame me dit " j'en ai préparé je vais le chercher !" !
Un peu plus loin une dame se met en travers de la route pour me proposer quiche et banane. Je n'ose pas passer sans m’arrêter. Un petit bout de quiche au fromage de chèvre et courgette et je repars.
Encore plus loin des jeunes filles avaient préparé des biscuits et gateaux maison.
Enfin après Hardanges, une famille proposé café coca, calva ou pastis. Je me suis contenté d'un café.
Bref étape sans rythme mais qui permet un échange avec des gens sympas. Vive les mayennais. Et l'accueil à l'arrivée de la ville étape de Villaines était très chaleureux !
Villaines (km 1009 18/08 19:51)
Je retrouve Dany avant d'aller pointer, on se propose de repartir ensemble pour la nuit.
Je passe voir le médecin pour mon poignet et mon problème de cul sur lequel il m'est de plus en plus difficile de rester posé.
Le médecin qui avait 3 PBP à son actif m'a diagnostiqué une belle tendinite au poignet et une irritation de l'anus sans gravité.
On passe à la cantine avec Dany pour un plat de pâtes indigne. Le temps file.
On repart vers 21h00. Le départ se passe bien, on roule correctement à travers les Alpes Mancelles. Mais la nuit aura raison de notre vitesse et on se traînera péniblement vers Mortagne où on avait décidé tous les deux de faire une pause sommeil.
Le fléchage sur cette étape sera insuffisant. A la sortie de Mamers, perdus, nous sommes rejoints par Dominique avec qui j'ai patienté le jour de l'enregistrement et que j'ai croisé à plusieurs reprises sur le parcours. Nous resterons tous les trois jusqu'à l'arrivée à Paris.
Mortagne (km 1090 19/08 01:05)
Comme prévu nous nous arrêtons deux heures à Mortagne. Dany choisit de faire l'économie d'un couchage nous essayons de dormir dans la cantine. J'ai dormi 20 minutes et ne trouvant pas ma position j'ai tourné pendant une heure avant de renoncer et me prendre un sandwich et une soupe chaude.
On repart à 3h10. Je redoute la traversée du Perche mais je ne sentirai pas trop les bosses. Dany avec son chargement a du mal à descendre, je file donc dans les descente et lui me rattrape facilement dans les cotes.
Le passage pars Senonche me réconforte mais la route vers Dreux sera encore longue car la nuit est très fraîche 8°C.
J'ai de plus en plus mal à la main droite et le passage de vitesse est délicat.
Dreux (km 1165 19/08 06:50) On arrive à Dreux au lever du jour. Les tètes sont minables. La fatigue est la. Deux café et un pain aux raisin et on repart.
La sortie de Dreux se passe bien et on atteint enfin la pleine qui nous emmènera jusqu’à l'entrée des Yvelines.
Pas de soucis pour monter Gambaiseul et Bazoche.
Des personnes du clubs sont la pour nous accueillir en nous arrivons à la base de loisir de SQY que nous traversons pour atteindre la ligne d'arrivée au vélodrome.
FINISH km 1230 19/08 10:24 en 66:23
Enfin arrivé en 66h23, 9 heures de mieux qu'en 2011
Un plat de pâtes nous attend à l'arrivé. Je reste à faire le bilan avec Dany.
Remerciement :
- Isabelle qui m'a suivi pendant 350 km,
- Dany qui m'a attendu pour les 200 derniers km
- Dominique très sympa avec qui on a échangé pendant les 180 derniers kilomètres
- L'ensemble des gars avec qui j'ai échangé pendant le parcours (les gars du 80 sont moins sympas que ceux du 90h)
- Au public mayennais très sympas
- Aux organisateurs et aux bénévoles très accueillants.