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Le héron noir : la trahison
Je vous parlais lors de la précédente manche (voir ci dessus) d'une 5e place qui était en fait une 4e place. Un imposteur avait été intégré au classement à la 3e place, un VTTae.
Une fois digéré la honte d'avoir été classé derrière un assisté pareil, il faut se rendre à l'évidence mon premier objectif est finalement atteint, place à l'objectif suivant : le podium (le vrai, dans les 3 quoi )
Je vous laisse apprécier la photo officielle et jouer au jeu des 7 différences avec le post précédent, grâce à ce beau photoshop officiel :
La 6e manche approchant, mais avec un bon délai, je commence tout de même à jeter un oeuil sur la future monture, pour l'année prochaine quoi
Quelques calcul pour voir comment je m'en sortirai en revendant le cadre de mon TS au placard (YT Jeffsy pro race mk2 29" ), je tente une annonce un peu optimiste pour le kit cadre... qui s'avère intéresser un grand nombre d'afficionados de western union... ainsi que d'un breton (si, si) prêt à faire le déplacement le weekend suivant Me voilà donc avec un pécule, et un panier plein chez pipedream.com ; la fameux moxie.
Bref, 10 jours plus tard le cadre est à la maison, dans son magnifique coloris rouge original :
Quelques coups de clés plus tard, voilà toutes les pièces du Jeffsy transférées sur le moxie, prêt pour "test ride" direct sur la 6e manche à Saint Lary : l'enduro d'aure.
52km et 3500 de dénivelé négatif De toute façon je n'ai jamais réussi à le régler parfaitement ce Jeffsy, toujours un peu trop sur l'arrière, même avec un amorto préparé spécifiquement et gonflé à fond.
- 1ere spéciale : 800 de D- pour 12min. Ca tabasse sévère, au bout de 5min c'est déjà de la survie. J'ai les bras en feu et je ne trouve pas le grip à l'avant.
Probablement le pneu, un DHF en DH casing issu de RCZ, dont Petoulachi s'est lâchement débarrassé en se servant de mon besoin pressant.
L'arrière par contre, le Big Betty super gravity en 2,6 (1,4kg la bête, sans compter l'insert) grip comme un pneu à clous.
Bon, le classement est pas terrible, mais pas non plus catastrophique si on rapporte ça à la longueur de la spéciale.
- 2nd spéciale : c'est un peu mieux, ça se passe même très bien sur les première 3 ou 4 minutes, il est vraiment très stable et ne demande qu'à prendre de la vitesse !
Je pense que ma position sur un tel vélo doit être revue (510mm de reach tout de même), mais je ne comprends pas trop la fatigue dans les bras extreme que je ressent.
- 3e spéciale : c'est un tour en enfer pour moi. Me disant que je partais peut être trop vite, je commence doucement pour tenir sur la longueur. Mais rien n'y fait : après seulement 1minutes, mes bras sont congestionnés et le "arm pump" arrive. C'est un agréable mélange de douleur et de perte de force et sensibilité.
Pour résumer, je m'accroche pendant 8minutes pour simplement effectuer la spéciale sans faire de pause Je passe tout au ralenti, du coup tout me parait extrêmement technique et difficile.
Niveau fun vous comprendrez qu'on peut faire mieux
Je regarde mon temps, il n'est pas si mal si on se compare seulement aux endurigides, je me dis que peut être tout le monde est dans la même galère.
Mais lors de la transition vers la spéciale suivante, ou se trouve le seul ravito, j'ai l'occasion de discuter avec pas mal de monde : "tu as vu la spéciale précédente, quel régal ! Disneyland !" ou encore "quel fun, tout s'enchaine tellement bien, juste ce qu'il faut comme technicité !"
Bon... allons discuter avec le second au classement endurigide (l'un des 2 intouchables), qui ne me met finalement pas tant d'écart vu la longueur de la spéciale. "ah mais moi j'ai eu un souci, ma selle a cassé et je suis tombé, ce qui a explosé mon frein arrière, j'ai du finir la selle dans la main et sur le frein avant, j'arrête là" S'empare de moi une demi déprime, et remise en question, je dois vraiment avoir un problème au niveau de mon physique, mis en avant par les spéciales longues de cet enduro.
- 4e spéciale : on prend les télécabines et on monte à plus de 2000m d'altitude tout en haut de la station. On finira même à pied, pour gagner encore 2 ou 300m de D+ afin de commencer sur une partie qui surplombe toute la vallée mais qui tabasse un peu.
Quitte à me trainer, autant tenter quelque chose : je passe de 1.8 à 1bar dans les pneus, et j'envoi même un petit dégazage dans la fourche, au pif. Il faut que je trouve une solution pour épargner mes bras qui me lâchent systématiquement après quelques minutes de spéciale.
La première partie, sauvage qui surplombe le bike park, tabasse mais je suis frai, elle passe plutôt bien. Nous étions en haut à la file indienne car les cellules de chronométrage étaient encore en transit depuis la spéciale précédente. Du coup, les collègues me voient partir et me diront que je paraissais plutôt efficace et fluide.
Mais ça ne dure pas, même sur la partie bike park, je n'arrive pas lâcher les freins, je me fais secouer et je suis obligé de passer plus lentement que ce que je voudrai pour ne pas lâcher le guidon. - 5e spéciale : il pleut des cordes, on attends encore 20min le temps que les cellules de chronometrage arrivent. Ceux qui connaissent me décrivent la spéciale comme étant la plus technique de toutes, et remplie de racines (mouillées donc ) à flanc de ravin au dessus de la rivière.
Je vire encore de l'air du pneu avant, il a l'air mou mais je n'ai pas de grip, probablement une vieille gomme stockée trop longtemps me dis-je.
Cette fois ci je tente quelque chose, c'est bien connu pour ne pas se faire brasser il faut lâcher les freins. Donc je tente, même si mon feeling me dis le contraire.
Je perd l'avant à toutes les épingles qui remplissent le début de parcours, mais j'insiste ! Ca fini par lâcher vraiment, je me retrouve en OTB mais j'anticipe et je déclipse juste avant, ce qui me permet de rester debout et de m'empaler sur un arbre auquel je m'accroche pour pas dégringoler, le vélo tape assez fort au niveau du cintre et stop net.
On peut repartir direct, je me rend compte que le cintre et tordu, mais de quelques cm seulement.
Les épingles laissent place aux racines dans tous les sens, il n'y a absolument aucun feeling avec l'avant, avec la pente je n'arrive tout simplement pas à gérer. Deux solutions, soit je fini à pied, soit j'essaye de passer par dessus, mais rien n'y fait : l'avant glisse est m'envoie en OTB à nouveau aux racines suivantes, roulé boulé sur 5m. Demi tour et je vais chercher le vélo en contrebas et je repars, je fini en sortant les pieds ou en courant à côté du vélo, le cul à moitié par terre.
J'ai l'impression de ne plus savoir faire de vélo, la spéciale m'a simplement dominé de A à Z, comme si je roulais sur la jante.
Bilan au classement, 4e endurigide à 2sec du troisième.
Le feeling est horrible mais le classement pas si horrible, je ne comprend pas trop ce qui m'arrive.
Le vélo me donne envie d'attaquer et ne cesse de m'expliquer qu'il peut aller 3x plus fort, mais je n'y arrive pas et passé 2min de spéciale je suis tellement secoué des bras que bordel je ne parviens pas à le faire, je subis ! De retour à la maison, mon plan d'action, reprendre les grips du héron : ça vient peut être de là, ils sont très épais (mega fat paw de chez Wolftooth comp, 40mm de diamètre) Raccourcir la potence pour une 30mm, et un peu de rise dans le cintre pour remplacer le tordu. J'ai lu que ça pouvait aider sur les vélo à long reach.
Je prend RDV pour un prépa suspension, et en profiter pour la passerde 150 à 160mm, ça reste largement dans les normes de ce que peut accepter le cadre (conçu pour du 170mm au maxi).
Pour finir, je vérifie la pression dans la fox36 vu que j'en avait enlevé avant la 4e spéciale... il me reste 135psi Je vérifie la préco pour mon poids : 85psi Je vérifie le SAG (c'est vrai que je ne me rappelle pas l'avoir faire sur le jeffsy non plus, quand même... ) : 9% Donc voilà, 3500 de D- dans la caillasse en full rigide, je sais ce que ça fait maintenant
J'ai réglé hier un SAG à 25-27% et je suis allé faire un tour autour de chez moi, le pneu avant RCZ à gomme rincée grip bien finalement
La prépa amorto sur le Jeffsy était peut être pas indispensable à l'époque en fait... me semblait pourtant avoir bien vérifié le SAG, mais en y repensant je ne me revois pas le faire.
EDIT :
Pour ceux qui avaient suivi mes soucis sur le Leon Effectus et ses platines à conception débile, qui n'arrêtaient pas de bouger / se desserrer / casser, je repars donc sur un vélo avec exactement le même système Une connaissance ayant le même vélo m'ayant assuré n'avoir aucun souci.
Sauf qu'en fait non, ici les concepteurs ont réfléchi (ou fais des tests en roulant peut être ) et les platines sont sur rail dans toute leur longueur : le support et bien meilleur, même sans serrer ça ne bouge déjà pas.

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