Bonjour à toutes et à tous
Je resitue : je suis un homme célibataire depuis la fin du mois d’octobre, après une relation de 5 ans. J'ai installé Tinder il y a peu et j'ai envie de partager avec vous quelques-unes de mes expériences, les bonnes comme les mauvaises.
Je promets de dire toute la vérité, rien que la vérité !
Au menu (du petit-déj) aujourd'hui, pas un mais deux dates. Parce que les deux se sont enchaînés en quelques heures et parce qu'ils sont diamétralement opposés.
Spoiler Alert : pas de baise dans ce compte rendu. Malheureusement dans le premier cas, heureusement dans le second.
TAGCR 2. Le pôele et la jolie fille
Jeudi, 20h40.
Je retrouve la jeune et jolie Géraldine, 21 ans, à la sortie du métro. Bon, ce n’est pas le prénom le plus bandant du monde, mais son physique, lui, l'est. Jugez plutôt : 1m67, fine, métisse (papa français, maman béninoise), brune, cheveux bouclés, yeux marron, traits fins... Une beauté de très, très, très haute volée !
Autrement dit, même si elle s'était appelée Maurice ou Raymond, je m'en serai carré.
Elle a commencé une licence de commerce mais fait actuellement une année de césure pour se lancer dans la création de vêtements. Pour financer son projet, elle est hôtesse sur de grands événements et je l'imagine volontiers en tailleur, jupe et talons hauts.
Elle m'a déjà un peu parlé de son taffe et m'a raconté qu'elle a déjà, entre autres, servi du champagne à des mecs dans une limousine. Ça fait rêver, putain.
Je l'emmène dans le pub irlandais de mon premier date, qui a clairement le potentiel pour devenir mon nouveau QG. Elle boit du vin blanc, je tourne à la bière, on partage une planche de charcuterie et de fromages. On boit nos trois verres sur trois tables différentes au gré de nos déplacements au fumoir, car la belle fume. Elle me dit qu'elle adore Queen, je lui dis clairement que je déteste, mais on en rigole. Je la scotche quand elle découvre que je connais la capitale du Bénin (Porto-Novo).
On parle de tout, de cinéma, de musique, de nos voyages, de drogues... Ça s’enchaîne vite, il n'y a pas de blancs gênants, ça roule tout seul.
On parle aussi de politique. Alors qu'elle a grandi dans un environnement de droite conservatrice et que sa maman est une Filloniste convaincue, Géraldine est de gauche, elle a voté Mélenchon en 2017 et se sent proche des idées de Hamon. Elle a la tête aussi bien faite que le reste. Elle me plaît bien, la gamine.
On va dans un autre bar, dans la direction de son appartement. Je ne connais pas, mais elle y va régulièrement. Elle reprend du vin, je reprends une bière. Je retire une peluche qui a eu la chance de se perdre dans sa magnifique chevelure. Il y a un très bon feeling entre nous, on plaisante beaucoup, on se vanne... Et elle a un charme et un sourire qui rendent fou.
Il est 1h30 et elle me propose d'aller fumer un ou deux pétards chez elle, à défaut de pouvoir m'offrir quelque chose à boire. Evidemment, j'accepte.
On se rend jusqu'à son petit appartement de 20m² sous les combles (au 4è étage), sur un boulevard fréquenté.
On se pose sur le canapé, on fume un premier joint roulé par ses soins, on écoute de la musique, je glisse mes doigts sur sa nuque...
On discute de choses plus intimes, plus profondes. La musique continue de façon aléatoire, passant du bon (The Beatles, Eminem), du moins bon (Fauve, Queen bien sûr), des trucs que je ne connais pas et des trucs qui nous rappellent à moi mon lycée et à elle son collège (Fall Out Boy, putain !).
Mes doigts continuent de se balader sur sa nuque, son cou, le haut de son dos... Sa peau de jeune femme est douce comme la soie.
Nos regards s'accrochent, on se sourit (ce sourire, putain !), on se rapproche et, après le plus long silence de la soirée, arrive le moment crucial.
On s'embrasse... et c'est juste incroyable ! C'est si sensuel, si fougueux, si passionné, si intense... On s'embrasse comme des amoureux, comme des amants, comme après une baise de folie et un orgasme mutuel. C'est enivrant, c'est exaltant. J'ai une gaule d'enfer.
J'ai dû embrasser 30 ou 35 vraies meufs dans ma vie. J'ai connu toutes sortes de baisers, du plus pourri aux plus beaux, et la plupart étaient biens.
Mais cette nuit-là, avec Géraldine, j'ai connu les meilleurs baisers de toute ma putain de vie. Je ne saurai expliquer comment cette jeune femme de 21 ans peut embrasser de la sorte et me faire chavirer de cette façon-là. Mais c'était vraiment incroyable, et le mot est faible. J'en suis tout retourné rien que de l'écrire.
Mais malgré toute cette passion et tout ce désir qui émanent, paradoxalement, je sens une certaine distance de sa part.
Elle m'explique alors qu'elle est célibataire depuis peu de temps (un mois et demi, après sa première vraie histoire d'amour, qui a duré plus de deux ans), qu'il lui faut un peu de temps pour passer à autre chose et enfin qu'elle n'est même pas prête à passer la nuit avec un autre homme. Euh...
Je comprends donc que, primo, je ne vais pas la niquer tout de suite et, deuzio, je vais devoir rentrer dormir chez moi. Fucking shit !
Malgré la déception, je relativise. Déjà, j'ai passé une excellente soirée. Ensuite, j'ai très envie de la revoir. Enfin, la belle vaut le coup d'attendre un peu.
Surtout, je me dis que si là elle était dans la retenue, qu'est-ce que ça doit être quand elle se lâche et qu'elle se donne. C'est prometteur, hein ?
La soirée se poursuit et on fume un deuxième joint. On s'embrasse encore et encore, à pleine bouche. C'est toujours aussi dingue, ça en devient addictif.
Je lui dis qu'elle belle et qu'elle a des yeux magnifiques, elle me répond que je lui plais bien et qu'elle est contente de m'avoir rencontré. Elle me complimente sur mes "mains de pianiste" (et elle est bien placée pour le savoir puisqu'elle a fait du piano plus jeune) et bien sûr sur mes yeux. On promet de se revoir.
Il est temps pour moi de partir. On s'embrasse une dernière fois, mais ça dure, ça dure, ça dure... c'est tellement bon que c'est une douleur de s'arrêter.
J’entends les Beatles en fond sonore… Penny Lane, Twist & Shout, Help…
Il est 4h40 quand je la quitte, la bite sous le bras mais le sourire aux lèvres. On a passé huit heures pile ensemble, mais ça a filé à une vitesse folle.
Je rentre donc dans la nuit, à pied, soit environ 30 minutes de marche. Heureusement, il ne fait pas trop froid.
Je mange vite fait car j'ai la dalle, puis je me couche. Il est plus de 5h30 et je suis claqué, mais, encore un peu secoué, je mets du temps à m'endormir.
Demain matin, ou plutôt tout à l'heure, le réveil va sonner beaucoup trop tôt.
Vendredi, 13h30.
Après une bien trop courte nuit, je retrouve Jennifer sur la place principale, pour déjeuner dans un restaurant cossu du centre-ville. Dès que je la vois, deux choses me chiffonnent :
Premièrement, physiquement, il y a un truc qui cloche par rapport aux (pourtant nombreuses) photos. Deuxièmement, elle a une putain de façon de parler de merde, avec une intonation et un accent "bourgeois", très cul-serré. L'angoisse, putain.
Je repense à Géraldine, à son charme sidérant, à ses délicieux baisers et je me dis : "Putain, qu'est-ce que je fous là ?" Je sens que ça va être long et chiant.
A peine arrivés au restaurant, elle va aux toilettes. Je suis assis à notre table et pendant cinq secondes l'envie de me barrer m’effleure. Evidemment, je reste car elle a quand même fait 1 heure de route rien que pour me voir. Jennifer a 25 ans, a grandi en région parisienne, a fait une école d’esthétique en province, est repartie à Paris bosser pour Guerlain et est revenue vivre il y a peu chez ses parents, pour lancer sa propre marque de parfum. Elle vient d'un milieu aisé et de droite, elle fait de l'équitation, elle a des côtés princesse... Bref, elle est chiante !
Heureusement, la bouffe est bonne, mais avec elle je n'accroche pas du tout. C'est pas qu'elle est moche, non, mais elle n'a absolument aucun charme et elle ne dégage rien d'attirant. Et sa façon de parler est un putain de tue-l'amour. En plus, elle tient des propos limites, du genre "l'homme doit inviter au premier rendez-vous sinon il ne me revoit jamais". On débat là-dessus de longues minutes, mais la meuf est hyper conservatrice et réac' sur de nombreux sujets.
On quitte le restaurant et je l'invite, comme j'avais prévu de le faire à la base vu qu'elle a fait le déplacement pour mes beaux yeux.
A sa demande, on va vers le marché de Noël et vu qu'il flotte je tiens son parapluie et elle en profite pour prendre mon bras. On fait le tour du marché, j'ai hâte qu'elle se casse car elle m'avait annoncé qu'elle partirait avant que la nuit tombe et il est déjà 16h. Mais elle veut prendre un dernier verre dans un bar et j'ai envie d'aller jusqu'au bout du rendez-vous, alors on se pose dans un truc juste à côté de son parking.
Elle s'attend à ce qu'il se passe un truc, elle est de plus en plus tactile et me lance des perches : "Tu as l'air chaud". C'est n'importe quoi, putain !
Le temps passe lentement, je m'emmerde, je relance très peu la conversation. Quand je le fais, c'est pour parler de sujets abordés la veille avec Géraldine pour voir leurs différences de points de vue. Une fois de plus, aucune comparaison possible entre les deux jeunes femmes. Jennifer est bien à droite, nationaliste, à moitié fach' et elle m'avoue même qu'elle a voté Asselineau (ouais, ça existe
) à la dernière présidentielle.
Elle me dévore des yeux, me touche la main plusieurs fois, caresse ma barbe et me lâche : "Tu m'impressionnes car tu es vraiment très beau". Ouais, je sais !
Je lui fais remarquer qu'il fait nuit et elle se décide enfin à partir. Cette fois, elle m’invite.
Je l'accompagne dans le parking souterrain et au moment de la quitter, je lui offre ce qu'elle attendait tant et tant : je la prends par la taille et l'embrasse. J'avais envie de voir, quand même, histoire de... Bah j'ai vu. Pas horrible, hein, mais j'ai connu bien mieux. Forcément, je repense encore à Géraldine et à ces incroyables baisers échangés quelques heures plus tôt.
Elle s'en va en me disant qu'elle espère me revoir très vite, me proposant même de venir chez elle le dimanche suivant. Elle me ferait presque de la peine.
On a passé que quatre heures ensemble, mais j'ai eu l'impression que ça a duré une journée entière, contrastant à nouveau avec mon date de la veille.
"Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute" (Albert Einstein).
Dans cette histoire, inutile de préciser qui est le poêle et qui est la jolie fille.
En rentrant, je croise une pote. Je lui raconte vite fait mon expérience de l'après-midi et elle se marre.
Je rentre, j'ignore Jennifer toute la fin de soirée tout en échangeant quelques messages avec Géraldine, puis je vais me coucher car je suis claqué. Le lendemain matin, je prends le taureau par les cornes et je lui annonce que je préfère en rester là. Elle s'incline, sans faire de vagues.
Pour Jennifer, c'est terminé. Pour Géraldine, ça ne fait que commencer.
* Les prénoms, les âges, les professions, les lieux, etc… ont été modifiés, évidemment.
J'espère que ça vous a plu,
A très bientôt ! 