Alors pour vous donner toutes les données il va falloir que je retrace les évènements dans l'ordre chronologique. C'est une histoire qui se déroule sur quatre ans (oui c'est long).
Nous sommes trois intervenants :
-moi
-mon meilleur ami qu'on appellera D. C'est un breton en exil chez nous (grand est) pour ses études.
-une fille qui est officiellement ma meilleure amie qu'on appellera C (avec qui c'est officieusement...compliqué).
Il y a quatre ans :
Je fais la rencontre dans un petit club d'art martiaux de deux personnes : D et C, avec qui je vais rapidement bien m'entendre. D et C se connaissent depuis deux ans déjà (et sont , officiellement, simplement amis). Nos devons vite un trio de bon copains.
C est une personne pleine de joie de vivre, physiquement intéressante, avec une bonne personnalité, de bonne compagnie, bref je craque sur elle. Quelques semaines passent, je tente de me rapprocher. Un soir je la raccompagne jusqu'à son immeuble d'étudiante parce que la ville n'est pas super sûre. Le long du chemin je la tiens par l'épaule, je propose un plan resto qu'elle accepte, on échange bien, ca m'a l'air bien parti. Là je vais décider de faire un truc vraiment con : l'embrasser. La raison pour laquelle je fais ce saut de la mort est parce qu'une précèdente relation amoureuse avec une fille avait échoué à cause de mon manque d'initiative. Ne voulant pas refaire la même erreur j'en fais donc une autre et sans surprise, je me prends un râteau. Elle m'explique qu'elle ne veut pas parce qu'en ce moment deux autres mecs se battent pour elle (j'apprendrai plus tard que c'est se battre dans tous les sens du terme) et qu'un troisième gars (moi ) dans l'histoire ça viendrait tout foutre en l'air. Bon je suis un peu évidemment vexé, le râteau c'est jamais cool, mais en plus elle m'avait pas semblée distante durant mon approche de plus en plus serré. Cela dit l'argument de la situatio compliqué se tient, donc je prends sur moi et je fais mon deuil.
Pendant les 4 ans :
Le temps passe et finalement je ne garde pas de rancune vis à vis de C. Elle non plus. Notre trio va se renforcer : on s'invite les uns chez les autres, on dort les uns chez les autres, on va développer une relation assez fusionnelle tous les trois et le courant marche vraiment bien. Officiellement nous sommes tous les trois célibataires, on a chacun parfois des flirts avec d'autres personnes mais qui n'aboutissent à rien , on finit par se retrouver à chaque fois tous les 3. Un quatrième ami viendra rejoindre la bande mais pour des raisons de distance professionnelle, finira par quitter peu à peu le groupe.
Durant ces 4 ans ma relation avec C va néanmoins s'avérer ambigu. J'ai parfois le sentiment de redevenir amoureux d'elle, parfois ça passe. Je vois bien aussi qu'il lui arrive de me regarder autrement que comme un simple ami. Elle est aussi très tactile avec nous, ce qui n'arrange rien.
Un soir en particulier, j'étais invité chez ses parents (qui m'aiment bien et me connaissent parce qu'ils font régulièrement des soirées où tout le monde finit bourré, bref ils m'ont déjà dans un état de grosse loque, on en rigole, tout ça.) D n'est pas présent à ce moment là (parti pour les vacances dans sa région natale) Durant le repas C part en cuisine et ses parents tentent alors de profiter que je suis bourré pour me cuisiner sur ma relation avec C. Ils me demande carrément si je la drague. Même bourré je sens la question piège. Je réponds non et qu'on est juste...je ne finis pas ma phrase. Eux la finissent pour moi "juste amis" mais la vérité c'est que je n'en sais rien moi même. Plus tard arrive le moment de dormir (je suis trop bourré pour rentré chez moi, 45 min de bagnole). D'habitude je dors dans la chambre d'ami mais là pour le coup je me retrouve à dormir avec C. On s'était un peu vanné mutuellement sur le couchage et un moment elle me balance "ce serait si terrible que ça de dormir ensemble ?" Bref, on se couche ensemble, je tente pas mal d'allusion plus ou moins explicite mais même bourré je la sens pas tout à fait receptive...mais que si j'insistais un peu beaucoup il y aurait peut être moyen. Seulement voilà, "forcer" c'est pas mon caractère , c'est être un gros opportuniste qui cherche à profiter de la situation (on est bourré, on dort ensemble, on a une relation qui dépasse l'amitié mais qui n'est pas charnelle non plus). Du coup je me décide (vous me jugerez bien ou mal) à ne rien faire, je lui tourne le dos, lui dit bonne nuit et m'endort. On ne reparlera jamais de ça.
Il y a quelques semaines :
D et C viennent passer quelques jours chez moi, on boit beaucoup, C dort tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, "pour ne pas faire de jaloux", comme à chaque fois qu'on passe plusieurs jours ensemble (en général je dors dans mon pieu et D prend le canapé dépliant). A un moment donné durant la matinée, D va prendre sa douche. Je reste sur le canapé avec C. Je suis assis droit, elle est allongée sur le coté avec ses fesses collées pratiquement contre mon entrejambe. On regarde un clip musical, elle se met à bouger au rythme de la musique, chantonne et me dit "tiens et en plus ça fait massage". Forcement je me tape une érection, je me dis que là pour le coup on ne peut pas se considérer comme de simples amis. Néanmoins je ne dis rien, parce que je suis surpris et puis parce que je veux un peu faire durer le moment, aillant peur qu'elle s'arrête si je lui fais une remarque à ce sujet. Néanmoins les choses n'iront pas plus loin.
Le jour 'après on change d'endroit et on se retrouve chez D qui loge dans une très grande maison (il est locataire chez un médecin). Ses proprios ne sont pas là , on a toute la baraque pour nous trois et donc plusieurs chambres de disponible. La soirée avance, on boit, à un moment donné je suis trop crevé (plusieurs jours de fête) je pars mon coucher, je les laisse discuter comme c'est déjà arrivé. Le lendemain matin je me lève et je les cherche : la porte de la chambre de D s'ouvre et ils sortent tous les deux. Là je tilte direct : pourquoi avoir dormi dans la même chambre quand on avait largement la place pour avoir chacune la sienne ? C me répond que c'est parce que D possède un futon et qu'un futon c''est trop bien (connaissant C l'argument est valide). Mais bon.
La soirée fatidique (hier soir) :
C'est l'anniversaire de C. Elle n'a pas célébré l'occasion depuis longtemps donc elle loue une grande salle des fêtes, elle invite toute sa famille, quelques amis de sa promo et puis D et moi. Le truc se passe à 1h30 e bagnole de chez moi.
On se retrouve tous, on boit, il y a une bonne ambiance. Le DJ passe de la musique, D qui n'aime pas danser sort dehors pour s'isoler un peu. Comme moi j'ai dansé un peu avec C, je rejoins D pour lui tenir compagnie. On discute de tout et de rien et là il me révéler un truc : depuis des années il a menti à tout le monde, il n'est pas célibataire, il a un plan cul régulier avec une bretonne. C'est une fille avec laquelle il veut carrément se marier mais il n'ose pas franchir le pas. Apparemment la fille est pas contre. Moi je réponds que C et moi on s'en doutait un peu (on avait compris quelques allusions il y a longtemps) et que pas de souci, même si c'est pas une "belle" relation c'est un truc qui se fait de nos jours, faut pas qu'il crise à cause de ça (il a menti parce qu'il craignait qu'afficher publiquement qu'il avait un plan cul régulier, ça soit mal vu).
Du coup comme je sens qu'on est dans les confidences, je me lance et avoue à D ce qui c'était passé entre C et moi il y a quatre ans (le fameux râteau). Je lui avoue aussi l'ambiguité de mes sentiments et le fait que du coté de C c'est visiblement pareil. Je lui dit que je lui avoue tout ça parce qu'il est un membre de notre trio et qu'il me paraît plus sain qu'on n'est pas de secrets entre nous, parce qu'on tous les trois une relation solide et que je ne veux pas que des zones d'ombres puissent surgir sans qu'il comprenne d'où ça vient.
Et là il me fait une nouvelle confidence .
Lui et C ont couché plusieurs fois ensemble durant ces quelques années. Mais comme des plans culs "occasionnels".
La fatigue + l'alcool+ la violence de la révélation me laisse sous le choc : je ne sais pas comment réagir. Je n'arrive pas à être en colère (compte tenu du fait qu'ils sont pour moi deux personnes importantes) et d'un autre côté voilà que j'apprends qu'ils ont fait ça "dans mon dos" (disons que j'aurais préféré largement qu'il officialise le truc, au moins ça aurait été clair pour moi vis à vis de C et j'aurais même été sincèrement content pour eux, parce que ma conception de l'amitié c'est de vouloir le bonheur de ses amis). En plus de ça c'est mon meilleur ami qui couche avec ma meilleure amie mais qui est aussi la fille avec qui j'entretiens une relation particulière. Oui , je suis lamentable.
Du coup je suis dans l'émotion et dans l'alcool : je décide qu'il faut que je parle à C et de le faire tout de suite, pour crever l'abces. Ca me fait chier horriblement de le faire parce que c'est son anniversaire, que pour une fois elle le fête, et que je ne veux pas gâcher ce que je sais pour être pour elle un moment important. Mais pas le choix : il faut que je lui parle. D m'apprend aussi que C n'est pas au courant finalement qu'il a un plan cul sérieux avec une bretonne et me dit que lorsque C sera au courant, ça changera leur relation (entre elle et D). Il ajoute que suite à ça, C ne voudra sans doute plus coucher avec lui, et ça lui va. Il préfère rester sur plan avec la bretonne.
C arrive, D part pour nous laisser discuter. Je balance tout. Je suis au courant pour eux deux. Je lui dit aussi ma vision de notre relation : plus qu'une amitié mais moins qu'un couple. Elle me dit que pour elle c'est pareil, que c'est ambigu, qu'on est elle et moi dans une relation mélangée d'amour et d'amitié. Elle m'avoue aussi avoir déjà eu envie de coucher avec moi (même si elle n'a rien fait).
Et là on arrive sur la partie la plus vicieuse, celle qui fait pour moi la plus mal :
elle me dit qu'elle a une relation amitié amour aussi avec D, que c'est fusionnel entre elle lui comme pour elle et moi, mais qu'avec D c'est plus physique et qu'avec moi c'est plus mental. Je lui fait remarquer que coucher ensemble ça implique un autre niveau de proximité que le mental, mais elle retorque qu'elle m'a déjà confié des choses intimes qu'elle n'a jamais dit à D (honnêtement je ne me rappelle de rien) et que pour elle ces confidences ça place l'engagement vis à vis de moi au même niveau que D. Sauf qu'elle ne couche pas avec moi.
Et là je vous laisse le soin de juger cette phrase qu'elle me sortira : "entre toi et moi et il ne passera rien parce que si je couche avec toi, j'aurais l'impression d'être ta petite amie".
Je ne vous raconte pas le niveau de violence. Je souffre. Je lui demande en toute sincérité en quoi ce serait mal qu'elle devienne ma petite amie. Elle me répond qu'elle gère très mal ses relations avec les mecs et qu'elle ne voudrait pas perdre ce qui existe entre elle et moi .Ceci est , ironiquement, la raison pour laquelle je me suis toujours forcé de ne rien faire jusqu'au bout avec elle. En restant dans ma zone de confort je préservais cet équilibre solide qui existait entre nous trois. Je ne savais pas que le jeu était faussé.
Je lui demande si elle compte continuer avec D, elle me dit que non, et que s'il faut "on" instaurera des règles. Non mais attendez...c'est moi ou ils veulent arranger leur relation pour que ça me convienne ? (et pas parce qu'ils ont merdé, enfin de mon point de vue).
Je la laisse, je pars rejoindre la fête, parce que c'est au tour de D de mettre les choses au point avec elle.
La mère de C qui est là, voit bien que je suis en bad, elle me dit plusieurs fois qu'elle m'aime bien et essaye de toute evidence de deviner le problème. Je ne peux rien lui dire, compte tenu du fait de la situation (ils connaissent bien aussi D). Honnêtement je pense que ça ferait plaisir au père et à la mère de C de me voir en couple avec leur fille (il y a plusieurs indices qui me le laisse supposer) mais ils sont les dernières personnes à qui je peux tout dire.
La fin
C me rejoint avec D. C se plante devant moi et me dit "D et moi on est d'accord, c'est toi qui a un problème avec le fait qu'on est couché ensemble". Pour moi le problème c'est pas "juste" qu'ils aient couché ensemble, c'est ça + le fait de me l'avoir caché alors qu'on était tous les 3 fusionnels + la relation ambiguë que C et moi avons entretenu. J'aurais pris vraiment moins mal le truc si on avait pu, elle et moi, se ranger définitivement dans des cases (amis ou amants).
Ils me disent ensuite que s'est terminé les coucheries entre eux. Alors là ils sont sans doute les plus sincères du monde (j'ai vraiment envie de les croire) mais...il y aura toujours le doute. Pour moi je ne pourrais plus jamais les regarder tous les deux de la même façon. Comment ne pas penser que si on refait des soirées ensemble, il va pas de nouveau se passer un truc entre eux ? Encore une fois, c'est surtout l'aspect "on fait ça dans ton dos" qui me dérange, une union officielle me paraîtrait vachement plus sain. Chacun saurait où se situe sa place.
Alors je sais.
Je sais qu'ils n'ont pas de compte à me rendre. Pourtant c'est ce qu'ils font. Ce que je comprends de leur décision c'est "on a pas le sentiment d'avoir merdé donc on arrête de coucher ensemble pour ça te convienne et on avance de nouveau tous ensemble". Alors que pour moi, ils n'ont pas été honnête avec moi (l'un et l'autre) et ce non repenti de leur part traduit une relation malsaine à venir.
Du coup je ne sais plus où j'en suis.
Est ce que je réagis comme un vieux con égoïste qui voulait garder la fille "pour moi tout seul" et qui ait aigri parce que c'est mon meilleur ami qui couche avec et pas moi ?
Est ce qu'au contraire j'ai été banané par deux personnes qui avait toute ma confiance et que du coup je ne réagis pas assez mal ? Devrais-je couper les ponts définitivement et rompre avec 4 ans d'amitiés avec des gens qui étaient presque aussi important que ma propre famille ?
J'ai dis à C que j'avais besoin de temps et qu'il fallait que je réfléchisse. J'ai dit que du coup je ne restais pas dormir sur place (il y avait des tentes) et que j'allais rentrer chez moi. Ca n'a pas plus à C parce que la route est longue, que je suis crevé et que même si je ne suis plus sous l'effet de l'alcool, je dois pas être vraiment négatif à l'alcool test. Du coup elle se fâche parce que je sais qu'elle a peur sincèrement pour moi sur la route. Mais je tiens bon et décide que si, que je dois partir , que je dois réfléchir et que le prochain message que je pourrais leur envoyer pourrait être le dernier. C me balance un "va te faire voir" et se tire. D est outré par la phrase de C mais comprend mon choix et respecte ma décision de partir.
Je pars, je fais péniblement la route. En chemin je reçois un message de C : "dis moi si tu es bien rentré stp
" oui, avec le smiley. Je réponds "bien rentré" (peut être un peu sec) et reçoit un simple "ok" en retour.
J'ai dormis deux heures, j'ai essayé de pas cogiter mais voilà...
Je poste ça ici parce qu'écrire ça soulage. Et aussi pour avoir de l'aide sur les décisions à venir.
Merci d'avoir lu. Désolé pour le pavé.