re-drap.
Bon, j'ai réfléchis à la thématique du topic
. Il y a quand même un consensus sur les aspirations de chacun en terme de qualité de vie.
En premier lieu, le temps libre extra-professionnel est un point essentiel.
la vie convenable ne devrait pas souffrir d'une sensation de trop plein de travail, à l'exception des catégories suivantes :
- les jeunes qui doivent faire leur preuve (typiquement les internes en médecine),
- les "vrais" entrepreneurs/créateurs, créatifs, amenés à construire des empires ou des réussites stimulantes (Facebook, et beaucoup d'autres de la silicone vallée, etc)
- les artistes psychotiques
Par "vrai" entrepreneur/créateur, j'entends des personnes dont la motivation première n'est pas de gagner de l'argent, mais d'apporter quelque chose de nouveau au monde. Par exemple, un chercheur d'un institut public travaillant ardemment pour la mise au point d'une technologie nouvelle, où la fierté du travail accompli et la reconnaissance par ses pairs passera avant les maigres royalties qui lui seraient remis de l'exploitation d'un brevet (l'essentiel revenant à l'institut).
Pour simplifier, disons que seules les charges de travail importantes qui ne sont pas concédées en échange d'un surcroît de rémunération sont "saines".
Pour les autres, employés, ingénieurs, ouvriers, commerciaux qui arpentent les routes au volant de TDI, artisans, le manque de temps libre concédé par une augmentation des salaires/primes, n'est pas convenable.
Le deuxième élément important est l'intérêt du métier, et son sens, et là, c'est vraiment dépendant de chacun mais certaines activités sont (à mon sens) clairement moins convenables que d'autres.
Typiquement, un simple employé a qui l'on demande de classer des documents techniques dont il ne comprend pas la signification n'a pas une vie convenable.
Un commercial 'tombé dans le commerce par hasard', vendant des objets dont il se désintéresse, n'a pas une vie convenable. Genre le type qui vend des fenêtres, sans conviction.
Fini de me justifier, voici une liste en vrac des jobs borderline : canalisateur, vendeur en téléphonie/informatique/électroménager (à moins d'être un geek), employé de SSII, routier, déménageur, ouvrier monotâche (genre je coupe la cuisse gauche de dix mille volaille par jour), banquier, taxi, embaumeur (à moins d'avoir un comportement déviant), teinturier/pressing, employé et cadre de la grande distribution, auditeur dans une des big 4, manutentionnaire sans qualification, trader, gardien de prison, contrôleur à la SNCF, webmarketeur (sauf pour les geek), secrétaire médicale, vigile.
Ce qui ressort de ce classement, c'est que l'on perçoit bien que ce sont des métiers qui n'ont pas d'intérêt en soi, ou du moins, ne peuvent procurer de satisfaction en soit, autre que la promesse du salaire en fin de mois. D'ailleurs, on déléguerait volontiers ces métiers à des robots, c'est déjà le cas pour un certain nombre. Le HFT pour suppléer les trader, les portique d'entrée pour les contrôleurs des transports, les machines capables d'assurer des fonctions de plus en plus élaborées, remplaçant le geste des ouvriers dans l'industrie... etc.
L'aspect créatif du métier apparaît donc comme essentiel dans le vivre convenablement.
Par créatif, je n'entend pas seulement le travail du musicien ou du peintre, mais aussi celui du charpentier artisan, du coiffeur, dont le travail bien accompli a aussi sa part de créativité et d'humanité.
Le métier peut être directement créatif (exemple : le chercheur) ou bien accompagné le travail du créatif (exemple : ingénieur au service du chercheur, laborantin impliqué dans le travail à qui l'on explique les enjeux du projet). On peut aussi prendre l'exemple du boulanger qui met toute son énergie et son expérience pour cuire le meilleur pain. Entendons-nous, je ne parle pas du dépôt de pain, mais bien des artisans d'excellence, allant jusqu'à ajuster la cuisson de son pain en fonction des conditions météorologiques, hydrométrie, température..
D'une certaine façon, le métier devrait toujours laisser à penser un certain détachement face à l'argent. Certains métiers, dans leur essence même, révèle l'avidité des personnes (de nombreux métiers de banque, gérant de casino, prostitué, ferrailleur, dealer, etc) et ne peuvent décemment inspirer le respect.
Il est assez malheureux et déplorable de constater, impuissant, l'attrait de jeunes gens brillants vers les écoles de commerce, grisés par les grilles de rémunération en sortie d'école publiées dans les hors séries du Nouvel Obs & Co.
Enfin, et plus subtile, il y a toutes ces entreprises, moralement répressibles, dans lesquelles il n'est plus forcément convenable de travailler.
Pour n'en citer que quelqu'unes : l'agrochimie (idéologie d'appauvrissement des sols, toxicité des produits sur les abeilles, etc), la grande distribution (la grande vorace, main de fer posé sur les petits exploitants et fournisseurs), l'automobile (dont le développement accroît la pollution, problème de santé et détériore le bien vivre en ville par les nuisances sonores et menace physique), l'industrie du porno, l'import/export de vile marchandise asiatique (dumping social permis par une législation accommodante), (liste non exhaustive).
Parlons maintenant du salaire, élément incontournable pour aborder le "vivre convenablement" dans notre société marchande.
Le débat Paris/Province est indéniable.
Commençons par le cas de Paris et considérons un individu ne bénéficiant d'aucun avantage familiale.
Pour une personne seule : un logement de 30 m2 me semble le minimum, 50 m2 à deux. Donc on est déjà à 1000-1500 € de loyer, comme ce dernier ne devrait pas excéder 30% des revenus du foyer, cela nous amène à un revenu de 3600 € net avant impôt pour un couple (prenons 1200€ pour le loyer), il reste donc 2400 € loyer déduit, soit un revenu proche du revenu médian avant loyer (2600€ pour un couple sans enfant).
Faisons le postulat (que je ne partage pas) que ce revenu est convenable pour autant que l'on considère comme convenable de ne pouvoir accéder à la propriété (go topic immobilier si le débat vous intéresse
).
Ah, j'ai oublié le cas de l'individu seul. Mais, mais
est-ce vraiment convenable d'être seul ? La question est ouverte. Le couple permet de mutualiser pas mal de trucs, la préparation des repas, le ménage, lancer les lessives, c'est quand même bien pratique.
J'ajouterais 800 € par mois et par enfant à charge à ces revenus pour vivre convenablement, dont une grande part est dévolue à la location d'un appartement plus grand.
Je considère le revenu ci-dessus convenable pour un foyer fiscal sans voiture, sans dépense significative de transport quotidien, sans autre frais que ceux inaliénable, l'alimentation, l'énergie, et les impôts... le reste étant donc du "loisir/épargne".
Pour rester convenable, les 3600 € doivent être augmentés d'autant que les frais d'auto si voiture il y a, à la louche 500 € tout compris (dont amortissement de la voiture, location parking) à multiplier par le nombre de voiture bien sûr.
En province, je dirais que 3 k€ net pour un couple et 2.2 k€ pour un individu seul sont convenables si le foyer n'a pas de voiture/frais de transport significatif.
Si le couple a 2 voitures, on ajoute 2 x 0.5 k€, soit 4 k€ net/mois pour vivre convenablement.
*** Top 10 des métiers les plus convenables ***
Bon, j'ai exclu les trajectoires 'singulières' genre metteur en scène, écrivain, danseur, astronaute, etc.
10. Inspecteur de police
Enquête, protection des civils
9. Producteur dans un terroir (fromager, vignoble, etc)
Authentique, satisfaction du travail bien fait.
8. Élu politique
Au service des autres (
), participation active à la vie du pays, etc..
7. Professeur de sport/encadrant sportif
Sain pour le corps, idéal pour les gens qui aiment bouger
6. Chef cuisinier (dans un restaurant qualitatif)
Un des plaisirs de la vie.
5. Artisan ébéniste ou tapissier
Activité manuelle accessible sans grand diplôme.
4. Médecin.
Sauver des vies, what else.
3. Bibliothécaire (privilégier les vieilles bibliothèques en sciences humaines et histoire)
Oui oui, vous savez, Marie-Ange, la fille toujours calme et souriante prête à vous rendre service, le nez plongé dans son bouquin le reste du temps, et qui ne prend pas une ride.
Gardien du savoir. Métier idéal pour les gens qui ne se sentent pas "dans l'action".
2. Maraîcher en agriculture BIO
Activité physique, au contact de la nature, le marché du BIO en plein boom, "nourrir les hommes", quoi de plus respectable.
Un revenu correct si l'affaire est bien géré, en témoigne cet article : http://www.rue89.com/planete89/201 [...] ere-185780
1. Professeur d'université
Activités variées : enseignement et activité scientifique/recherche, intérêt intellectuel très important, déplacement en colloques, jours de vacances significatifs
, garanti de l'emploi.
remporté le classement http://www.careercast.com/jobs-rat [...] -jobs-2013
J'aurais aussi pu inclure journaliste, dentiste, ingénieur dans 'certains' secteurs, etc.
à oui, et ah mon sens, le métier idéal ne doit pas conduire à passer sa journée sur HFR, signe évident du peu d'attrait et de motivation pour son travail.
Bien, nous avançons. Vous avez désormais un travail moralement et humainement pertinent, une rémunération.
Comment s'organise le reste autour du travail pour une vie convenable ?
Reprenons le déroulement d'une journée "convenable" depuis le levé du soleil.
Comment, vous vous levez avant le soleil ! Premier faux pas. L'horloge biologique du corps répond à la lumière du jour (sérotonine, etc) vous assurant un bon réveil.
L'hiver étant ce qu'il est, disons qu'il reste convenable de se lever avant le soleil 2 mois dans l'année. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichi [...] -_2008.svg, ce qui correspond à un levé à 7h30, mais rien ne vous empêche de vous lever plus tôt l'été.
Après avoir fait vos petites affaires. Pris le temps de déjeuner. Vous partez au travail.
Il est plus que convenable de ne pas avoir plus de 15/20 minutes grand maximum au quotidien pour aller au travail. De préférence en vélo ou à pied. Vous ne voulez pas être la vache à lait des stations essences, non ? Le bus ? Mmmh, ça chahute, ça bouscule. Le métro ? Vous avez mieux à faire que de vous enterrez comme des rats.
Non, vraiment, la marche et le vélo sont vos 2 alliés.
Pas de commentaire sur le boulot. Si vous avez bien suivi les règles précédentes, vous ne devriez pas vous retrouvez dans une de ces boîtes à rats, point de compétition mortuaire pour la place du N+1, point d'activités en non-sens économique, point de "management de la performance"
et autre bullshit suppositoire du capitalisme.
Non, vous êtes là avant tout pour bien faire votre travail, et rentrer chez vous le coeur léger, le devoir accompli.
À midi, vous devez avoir environ 1 heure de pause. Point trop non plus, vous avez du travail, et vous ne voulez pas rentrer trop tard chez vous le soir.
Une cantine de qualité ou un bistrot de confiance sont vos meilleurs alliés.
À quelle heure devez-vous rentrez chez vous ?
Si vous êtes un "employé", pas plus tard que 17 heures. Sinon, faites comme bon vous semble.
Vous êtes enfin sorti du boulot. Ce n'est plus à moi de vous dire ce qu'il faut faire, sortir, cuisiner, baïzer, TV. Même chose pour vos (nombreuses) vacances. Certains restent plutôt à la maison de campagne, d'autres quittent Paris pour l'air pur du littoral, etc. Certains bricolent, d'autres font du vélo/sport, etc.
- proof.