Pour ceux qui s'intéressent à OL Groupe, mon résumé de la situation (j'ai essayé de faire court, et le plus factuel possible
) :
Quelques mots sur les évolutions du management d’OL Groupe, dans un business où cela compte bien plus que sur d’autres…
L’entraîneur de l’OL au règne le plus long depuis des décennies quitte (enfin) le club de l’OL, en fin de contrat.
3 ans et demi en poste, dont 3 ans de trop amha. Cette phrase étant subjective, concentrons-nous sur les faits…
Revenons au mois de mars. Jean-Michel Aulas, le président d’OL Groupe, et premier actionnaire (juste devant Seydoux et un partenaire chinois), souhaite prolonger le contrat de l’entraîneur en poste, Genesio. Jean-Michel Aulas est tellement sûr que l’OL va se qualifier en finale de coupe de France (face au PSG, grosse finale en vue !) face à Rennes, qu’il annonce 2 ou 3 semaines avant, que la décision sur la prolongation va être annoncée après le match. Les supporters, qui ont demandé élégamment et poliment le départ de l’entraîneur par une simple banderole en mai 2018, se sont alors mis à grogner un peu. Puis plus fort. Jean-Michel Aulas rencontre les grands groupes de supporters (pas n’importe lesquels, il y a le plus grand de France parmi eux). Un membre de la Comédie Française écrit même une lettre blanche à Jean-Michel Aulas. Jean-Michel Aulas étant à l’écoute malgré ses idées arrêtées, l’invite le jeune comédien autour d’un verre !
Patatras, L’OL se fait éliminer de la coupe de France début avril face à Rennes, qui a la réputation d’avoir les jambes tremblantes dans les matchs à enjeu. La conférence de presse qui suit, où devait être annoncée la prolongation de Genesio malgré la grogne "populaire" (sous condition d’une place sur le podium pour faire passer la pilule), est dantesque. Je n’ai jamais vu ça de ma vie. Jean-Michel Aulas ne savait pas quoi dire. Les poules avaient des dents ! Il n’y a pas plus gros baragouineur que Jean-Michel Aulas. Il s’est pris la réalité du football dans la figure. La plus grosse équipe ne gagne pas toujours. La prolongation bat de l’aile et est repoussée à la fin de la saison. Genesio annoncera 2 défaites plus tard qu’il ne prolongera pas…
Situation alors très particulière. 1 mois et demi avant la fin de la saison, Jean-Michel Aulas sait qu’il doit trouver un nouvel entraîneur, et pourquoi pas changer la gouvernance sportive du club. Il sait qu’il est trop impliqué, et doit truster la presse à chaque mauvaise performance de l’OL (Dieu sait qu’il y en a eu !), pour protéger Genesio. Jean-Michel Aulas vieillit, à tout juste 70 ans, il n’a plus l’énergie pour cela. Il prépare d’autres projets pour l’OL, bien plus constructifs pour le club (salle de spectacle, franchise aux US, rapprochement avec l’ASVEL de Tony Parker, construction du centre de loisirs à Décines…).
Jean-Michel Aulas sait qu’avoir des bonnes relations avec ses supporters est crucial. Et pour prendre du recul, il doit nommer un directeur sportif qui fera l’intermédiaire entre lui, le Président, et le futur entraîneur (les grands clubs ont quasiment tous un directeur sportif, comme l’OM ou le PSG en France). Quel meilleur choix aurait-il pu faire pour enterrer la hache de guerre que nommer comme directeur sportif le plus grand joueur de l’histoire du club ? Certes il débute, mais Juninho a toutes les qualités humaines pour réussir.
Là où Aulas m’a surpris, c’est qu’il a laissé carte blanche à Juninho pour choisir le futur entraîneur. Il n’aurait agi comme ça avec personne d’autre, j’en suis certain.
Pour le choix de l’entraîneur, oubliés les critères d’un autre âge tels que :
- avoir joué au club en tant que joueur
- être Français (on est passé récemment à être francophone, puis parler anglais !)
- être moins que pas gourmand sur le salaire (Genesio, dans le 2ème club le plus riche de France, n’était que le 9ème entraîneur le plus payé !)
Juninho a choisi un compatriote, ancien bon joueur Brésilien, Sylvinho. Que vaut-il en tant qu’entraîneur ? Personne ne le sait, il n’a jamais entraîné d’équipe. Il est adjoint depuis plusieurs années, pour apprendre le métier. Il a joué sous les ordres de Wenger, Guardiola ou encore Mancini (qui sont dans le top 10 ou top 20 des meilleurs entraîneurs depuis 20 ans), il a gagné des ligues des champions, et une quinzaine de trophées au total. Malgré son inexpérience, il devrait donc être crédible à ce poste aux yeux des joueurs.
Un entraîneur débutant, ce n’est pas nouveau à l’OL, 3 des 4 derniers n’avaient jamais entraîné de club pro.
Juninho et Sylvinho sont connus pour être exigeants et travailleurs, pas pour changer d’objectifs en cours de saison au gré des mauvais résultats (suivez mon regard). Il n’y a aucune garantie sportive sur le futur de l’OL, mais les clés semblent être entre de bonnes mains. Et Jean-Michel Aulas gardera son énergie pour là où il est le meilleur, entreprendre.
Comme je l’avais annoncé il y a 3 ans environ, qu’à la fin du contrat de Genesio, je reviendrais sur le titre, et que le choix de son successeur me semble plutôt prometteur sans être tape à l’œil, je vais réinvestir sur OLG.
La participation à la prochaine ligue des champions (+ 60 M€ environ de recettes) est encore incertaine (85% de probabilité à mes yeux). L’OL y sera si :
- Chelsea gagne la ligue Europa face à Arsenal (50% de chance)
sinon :
- si l’OL franchit les barrages de ligue des champions (75% de chance face à des équipes théoriquement plus faibles).
J’attends donc de profiter d’une baisse de cours si l’OL ne se qualifie pas, quitte à sacrifier une légère hausse dans le cas contraire.