babysnoopy | SirConstance a écrit :
Babysnoopy, je te trouve bien téméraire dans ton investissement dans SHLD; qui reste pour moi un pari sur un comportement rationnel de Lampert.
Quelques questions et commentaires sur ce dossier; je suis évidemment intéressé d'avoir ton avis sur les points ci-dessous même s'ils ne te concernent pas tous (par exemple SYW):
1) Une des raisons pour que Lampert continue à prêter est simplement de maintenir la société en vie assez longtemps (jusqu'à septembre 2017, 2 ans après le spin-off Seritage) pour éviter les accusations de fraudulent conveyence.
2) Quel intérêt ont Lampert et Berkowitz de ne pas révéler leur plan machiavélique aux gary investors, si tant est qu'il en existe un? Ils n'ont pas d'intérêt à maintenir le cours de l'action si bas, puisqu'ils n'achètent plus et la société ne rachète pas ses actions (ils doivent même vendre pour rendre la thune aux actionnaires sortant de leurs fonds). Alors qu'une action surcotée leur permettrait d'émettre éventuellement de nouvelles actions pour rembourser une partie de la dette et financer le plan de pension.
3) Pour ceux qui pensent que SYW va être un carton vu les sommes englouties par Lampert l'allocateur de capital de génie dans le programme: pourquoi les top executives de SHLD quittent la société les uns après les autres, alors qu'ils sont censés être au courant d'avoir la chance de travailler pour le prochain Amazon/Facebook?
3bis) Si Lampert n'utilise SYW que comme un écran de fumée, pourquoi voit-on fleurir tous ces articles où des ex-employés de Sears parlent de ses apparitions sur grand écran, big-brother style, en s'énervant quand ils parlent de customers plutôt que de members?
4) Si Lampert est un grand admirateur de Buffet voulait faire de SHLD son BRK, pourquoi n'a-t-il pas utilisé le cash généré par le business pour diversifier les activités de la holding (game-plan de Buffet) plutôt que de l'investir le cramer dans SYW?
5) Si Lampert compose l'argent OKLM dans Sears Re depuis maintenant 15 ans, et que Sears Re est consolidé dans les comptes SHLD, pourquoi ne voit-on aucune trace de la masse de pognon générée par Lampert?
Et enfin, question bonus, en cas de bankruptcy (sujet que je ne maitrise absolument pas): même si tout semble bien se passer pour l'actionnaire, n'y a-t-il pas un risque qu'un juge saisisse des actifs des entités bankruptcy-remote?
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1) Le maintien du retail est justifié pour :
- éviter les accusations de fraudulent conveyence,
- laisser du temps au foncier pour se redéployer (je ne rentre pas dans le détail mais cela passe par la diminution de l'empreinte au sol des magasins Sears et l'arrivée de nouveaux locataires). Cette mesure est bénéfique pour Seritage et peut-être aussi pour les 125 malls de REMIC.
Petite précision sur Seritage, les 2 années de délai permettent de mettre à l'abri de fraudulent conveyence mais cela ne signifie pas pour autant qu'il y aurait automatiquement fraudulent conveyence si Sears faisait banqueroute avant. Le fraudulent conveyence resterait encore à prouver (il faudrait notamment démontrer que le prix de cession de Seritage n'aurait pas été le fair value). Rappelons que Seritage a été lesté avec une belle dette..
Des spin-offs sont toujours possibles dès l'instant que les entités partent à une fair-value (en chargeant le spin-offé avec suffisamment de dette, allégeant d'autant Sears Holdings).
2) Lampert n'a aucun intérêt à annoncer publiquement que le retail va fermer :
- cela casserait le moral des employés,
- cela pourrait détourner quelques clients,
- ce ne serait pas bon non plus vis-à-vis des fournisseurs,
- ce ne serait pas bon vis-à-vis des futurs acquéreurs d'entités Sears (je pense par exemple à Kenmore, DieHard, Innovel, etc)
Par ailleurs, les actionnaires Sears Holdings vont gagner de l'argent sur le fruit d'ingéniosité purement financière alors que dans le même temps des milliers d'employés du retail sont (et vont être) mis au chômage, c'est le genre de comportement qui agace le peuple, les herbivores, we are the 99%, etc. Dans ces conditions, la discrétion est de mise.
Puisque l'on parle de fraudulent conveyence et de détournement d'actifs, on peut le dire : les non-guarantors ont littéralement détroussé les guarantors. Est-ce que cela a été fait exprès ? Pas évident de répondre à cette question, si l'on revient dans les années 2000, le retail (guarantor) n'était pas un business plus mauvais que KCD et le foncier qui ont été mis dans les non-guarantors. Le montage partait d'une bonne intention : créer un single purpose entity pour sécuriser l'activité d'assurance. Le temps a fait son œuvre, il se trouve que les royalties de KCD et la location des 125 malls a représenté 28B$ de receivables pour les non-guarantor. Que les choses soient claires. Les non-guarantors sont non-guarantors. Sans quoi, cela signifie que les activités d'assurance menées toutes ces années n'étaient pas vraiment sécurisés de la banqueroute de la maison mère.
3) Je ne mise pas 1$ sur SYW comme tu le sais. Le fait que Lampert ait un plan de sortie n'empêche pas ce dernier de tenter une transformation du groupe. La transformation est un flop (jusqu'à présent) mais s'il avait réussi, cela aurait envoyé la capitalisation au sommet. Par ailleurs, on peut imaginer que l'histoire se finira avec une myriade d'entités cotés indépendantes, Metascale, SYW, Innovel, Auto, Pharmacies, etc, et le non-guarantor qui sera racheté une belle somme par une entreprise tiers.
4) J'imagine que lorsqu'on est à la tête d'une des plus grandes entreprises de ventes du XXe siècles, le choix de conquérir internet paraissait évident :
- Sears dispose d'une énorme base de clients à faire migrer sur internet,
- 3 marques à mettre en avant,
- le service de dépannage maison,
- etc.
En pratique, le client Sears moyen est plutôt âgé et l'IT de SYW a été monté par des ingénieurs de classe B... La hype et l'efficacité de Amazon ont fait le reste. Pas de place pour les seconds.
5) Il n'y a pas de méga-montagne de float dans Sears Re, rien n'indique l'existence de cela, malgré ce que certains peuvent penser sur devenir-rentier. Il suffit de lire la note 20 des rapports annuels pour s'en convaincre. Ou alors, il y a une consolidation au sein des non-guarantors, mais on n'a pas l'information.
Question bonus)
Il est déjà arrivé qu'un juge décide de consolider les entités bankruptcy-remote (https://www.chadbourne.com/Subsidia [...] ectfinance).
La mise en consolidation de Sears Re ne serait pas très juste pour les 20% de unrelated business qui comptent sur ses services.
Mais sur ce sujet, il faut s'en remettre à Lampert (https://searsholdings.com/docs/inve [...] 2014v2.pdf). C'est peut-être une guiche pour driver l'opérationnel (ou simplement un réaliste sur la mort du retail dans sa forme actuelle) mais pour ce qui est de la gymnastique financière, on peut lui faire confiance.
Tout sera fait ! Rappelons que Mr. Lampert est sorti summa cum laude de Yale et qu'il a littéralement arraché plusieurs milliards de foncier à ce pauvre crédule de Fred Campo, CEO de Kmart, il y a presque 15 ans. Donc oui, les museaux gras qui raillent Lampert derrières le clavier de leur COGIP devraient rester modestes. ---------------
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