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12:01 04Feb2004 RTRS-2E LEAD France Télécom accroît sa rentabilité, le fixe inquiète
par William Emmanuel
PARIS, 3 février (Reuters) -France Télécom <FTE.PA> a amélioré sa rentabilité en 2003, grâce à la poursuite de ses réductions de coûts, mais le déclin continu de la téléphonie fixe en France inquiète les investisseurs qui ne voient pas de reprise dans ce segment qui est la vache à lait du groupe.
Les résultats annuels préliminaires, publiés mercredi matin, ont été mal accueillis en Bourse. Le titre a perdu jusqu'à 5,0%. Vers 11h45, il reculait de 4,64% à 22,65 euros dans 9,5 millions de pièces alors que le DJ Stoxx Télécoms cédait 0,9%.
L'opérateur semi-public a réalisé un résultat d'exploitation avant amortissements (REAA ou Ebitda) de 17.303 millions d'euros contre 14.917 millions alors que les analystes financiers interrogés par Reuters attendaient en moyenne 17.359 millions.
Le chiffre d'affaires a atteint 46.121 millions contre 46.630 millions (-1,1%), le marché anticipant 46.474 millions. En données pro forma, la progression est de 3,4%, soit dans le bas de la fourchette 3%-5% fournie par le groupe.
Le profit opérationnel s'est élevé à 9.554 millions contre 6.808 millions, soit une marge de 20,7% contre 14,6%.
Grâce à la réduction des charges opérationnelles (-1,5 milliard en données pro forma) et des investissements (5,085 milliards contre 7,442 milliards), France Télécom a dégagé un cash-flow opérationnel (REAA - Capex) de 12,217 milliards d'euros sur l'ensemble de l'exercice. Le groupe n'a pas voulu fournir le montant de ses frais financiers avant la publication des résultats 2003 définitifs le 12 février prochain.
La dette financière nette est estimée à "moins de 45 milliards d'euros" au 31 décembre 2003 contre 68 milliards un an plus tôt, le ratio dette nette sur REAA ressortant à 2,6.
"BASES DE LA CROISSANCE"
France Télécom n'a pas donné d'indication sur ses objectifs en termes de réduction de dette, indiquant qu'il table en 2004 sur un REAA "supérieur à 18 milliards d'euros" et sur des investissements représentant "environ 11%" des revenus.
Dans un communiqué, il souligne qu'en 2003 il a "posé les bases de la croissance et de la rentabilité pour 2004 et 2005". Cette année, il vise une hausse du chiffre d'affaires pro forma comprise entre 3% et 5% - "avec un objectif dans le haut de fourchette", selon Michel Combes, directeur financier.
"La priorité de France Télécom était en 2003 de restaurer les grands équilibres du groupe. La priorité aujourd'hui est de répondre aux questions de nature stratégique en ce qui concerne notamment le haut débit", a-t-il dit lors d'une conférence téléphonique.
Plus que les performances financières, ce sont les indications sur l'activité qui étaient attendues.
Comme attendu, la croissance des revenus a été tirée par Orange, dont le chiffre d'affaires a atteint 17.941 millions d'euros contre 17.085 millions (+5% mais +9% en pro forma). C'est inférieur au consensus, qui était de 18.155 millions. Michel Combes a fait d'un retraitement comptable des commissions versées aux revendeurs, qui a un impact négatif de 187 millions.
Orange a réussi à faire progresser le revenu moyen par abonné (Arpu) sur ses deux principaux marchés : 379 euros contre 377 en France et 271 livres contre 259 en Grande-Bretagne.
Wanadoo <NAD.PA> a affiché une croissance de 26% à 2.617 millions, grâce au développement du haut débit en Europe. Equant <EQUT.PA> a subi un recul de 17,2% à 2.612 millions, du fait de la baisse du dollar contre l'euro. TPSA <TPSA.WA> (+1,5% en pro forma à 4.164 millions) a bénéficié du développement du mobile.
En revanche, les services fixes en France continuent de souffrir de la concurrence. Le chiffre d'affaires est en baisse de 5,6% à 21.761 millions d'euros. Même en tenant compte de la déconsolidation de TDF, vendue au mois de décembre 2002, le repli est encore de 2,4%. France Télécom voit ses parts de marché reculer de 5,1 points à 75,8% sur le trafic local et de 2,5 points à 61,8% sur les communications longue distance.
EROSION DU NOMBRE DE LIGNES
"Le rythme de la baisse du fixe en France est inquiétant", souligne un analyste d'un grand courtier parisien.
Pour François Travaillé, de Dexia Securities, "même si le chiffre d'affaires du fixe en France est conforme aux attentes, il y a tout de même un recul du trafic voix qui se poursuit".
Les experts d'UBS s'étonnent eux aussi de la baisse de 6,7% du trafic, le volume en minutes chutant de 8,5% au 4e trimestre après 5,5% au trimestre précédent et 6,2% au deuxième trimestre.
Une spécialiste du secteur travaillant pour un courtier parisien note que les revenus d'abonnements ont baissé de 1,4% au quatrième trimestre, subissant l'érosion du nombre de lignes (-0,6% sur l'ensemble de l'année). Elle fait aussi de pressions tarifaires sur l'ADSL, les revenus s'élevant à 744 millions alors que l'objectif initial était de 800 millions.
Michel Combes s'est voulu rassurant et a réaffirmé que le groupe pensait atteindre "un point d'inflexion en 2004" sur le fixe en France. Cette assertion est mise en doute par la plupart des spécialistes du secteur qui jugent la question d'autant plus cruciale que ce segment génère plus de 40% du REAA du groupe.
Pour les experts, le seul moyen de relancer le fixe consiste à proposer des offres groupées téléphone-internet-télévision, comme le propose Free, contrôlé par le groupe Iliad <ILD.PA>. Mais cela suppose de reprendre le contrôle total de Wanadoo, actuellement détenu à 70,1%. France Télécom a démenti la semaine dernière toute opération "imminente" sur sa filiale.
Jean-Yves Gouiffès, responsable des réseaux chez France Télécom, a assuré que le groupe pouvait proposer des "offres additionnées" mais qu'il n'avait "pas l'intention" de commercialiser des offres combinant internet et télévision.Il a ajouté qu'après un accord avec TPS (groupe TF1 <TFFP.PA> ) pour diffuser la télévision sur l'internet, il avait prévu de "faire la même chose" avec Canal Plus (Vivendi Universal <EAUG.PA> ).
Il a par ailleurs confirmé que le groupe souhaitait obtenir l'autorisation d'augmenter son abonnement tout en soulignant que la décision était de la responsabilité de la tutelle. /WEM
((Reportage économique, Tel 01 49 49 55 19, paris.equities@reuters.com ; william.emmanuel.reuters.com@reuters.net))
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