Oui, pour moi il s'agit de GOOGL.
Mes positions GAFAM (que j'étoffe petit à petit, notamment pendant les corrections) :
150 MSFT +6,7%
10 AMZN +10%
12 GOOGL -6,5%
18 AAPL +19%
18 FB +9%
-Patrick- a écrit :
Tu ne trouves pas qu’ils sont devenus trop gros ? Ils vont peut être poser problèmes aux États
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glandoll a écrit :
Quelques explications ?
Pareil pour scipion.
Ca considère uniquement le potentiel de progression du titre ? Amazon en dernier c'est osé quand même
Après oui Apple n'est pas non plus celui avec le plus de potentiel clairement.
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Je raisonne toujours en risk/reward, donc oui, il s'agit de potentiel de total return à long-terme, en tenant compte des risques (tels que je les perçois) :
- Pour moi Amazon est l'entreprise de ce début du 21e siècle, incontournable dans un portefeuille. Leur histoire serait déjà hallucinante s'ils s'étaient contentés de disrupter le secteur de la distribution, mais avec le cloud ils sont pionniers sur un secteur clef. J'aime beaucoup leur approche de disruption systématique d'activités traditionnelles, et ils n'en sont peut-être qu'au début : très attractif pour un investisseur orienté croissance comme moi. Bien sûr ils commencent à être très puissants et ça suscite un risque politique (demandes de décartellisation etc). A mon avis, l'élection de Biden serait un feu vert pour Amazon et les autres GAFAM pour 4 ans, tout comme ils avaient prospéré sous Obama. Je suis rentré dessus en force fin 2019, car je trouvais qu'il y avait une déconnexion entre les belles performances d'un côté, et la stagnation du cours depuis 1 an et demi de l'autre, dans un contexte pourtant très porteur pour les technos. Bien sûr c'est cher optiquement (PER 2020e 72, 2021e 51) mais c'est un mastodonte dont le CA avance à +15-20% / an (soit 2,5-3 fois plus vite que l'indice !) et à mon avis il y a un beau potentiel pour améliorer la rentabilité : vraiment une entreprise extraordinaire, incontournable pour un investisseur orienté croissance.
- J'aime aussi beaucoup Google : bien sûr j'apprécie leur captation d'une part croissante du marché de la pub et la domination de leur moteur de recherche, même si ça m'attire moins que le côté disrupteur d'Amazon. Ce que j'apprécie surtout chez Google c'est leur côté innovateur et leur capacité à s'exposer à de multiples risques positifs via le développement de projets innovants in-house ou via du capital risque. Bien sûr il y aura beaucoup de déchet dans tous ces projets, mais c'est le prix de l'innovation, et en termes d'expertise et de puissance de feu, Google me semble sans équivalent. A côté de la vache à lait (le moteur de recherche/la pub), je vois mes actions Google (en partie) un peu comme du capital risque (dans le genre, je regarde aussi SoftBank) : ça a toute sa place dans mon patrimoine, car pour l'instant je n'ai pas la surface financière (ni les connaissances) pour m'exposer au private equity - ce qui dans le cadre de mon approche orientée croissance m'intéresserait. Actuellement Alphabet n'est vraiment pas chère (PER 2020e 25, 2021e 21 !), pour une entreprise dont le CA augmente un peu moins vite que celui d'Amazon (+10 à +18%/an), mais nettement plus que l'indice. Je vais sans doute renforcer ma position GOOGL en fin de semaine prochaine dans le cadre de mon investissement régulier.
- Microsoft est une entreprise que, comme beaucoup, j'ai longtemps sous-estimée. Sa capacité d'adaptation à un environnement technologique changeant constamment est incroyable et son leadership excellent. Pour moi, c'est devenu LA blue chip américaine, insubmersible. Le CA augmente avec la régularité d'un métronome, à +12% / an : moins rapide qu'Amazon et Google, mais nettement mieux que l'indice. La rentabilité est extraordinaire - sans pourtant donner l'impression qu'ils exagèrent niveau pricing (comme Apple). Je vois Microsoft comme l'un des gagnants de la pandémie, avec le développement probable du télétravail : même dans mon environnement très dégradé en Afrique (ils ne connaissaient pas le télétravail), j'ai recommandé Teams dans ma recommandation de business continuity. ça se paie un peu plus cher que Google mais sans excès (PER 2020e 29, 2021e 27), ça croît moins vite qu'Amazon et Google mais c'est plus régulier et sans doute avec un risque politique inférieur. Incontournable !
- Facebook est une très belle entreprise : la croissance du CA (parfois > 20% / an) reste très forte, malgré un risque de ringardisation sur leur activité principale chez la nouvelle génération. D'accord avec LooKooM sur le potentiel de Whatsapp et Instagram. Je les vois un peu comme un Google bis, captant une part croissante du marché mondial de la pub, mais sans le côté innovant et smart de Google (en tout cas pas à ce point). Par ailleurs le risque politique me semble plus élevé. Pour moi c'est une action qu'on peut acheter régulièrement, dès qu'une polémique (leur rôle pendant les campagnes électorales, le harcèlement en ligne, l'accumulation de données privées etc.) revient sur la table - je pense que ça continuera, même si l'élection de Biden aiderait. Mais la qualité est là, et c'est vraiment pas cher du tout compte tenu du rythme de croissance : PER 2020e 22, PER 2021e 17. Possible que je renforce aussi la semaine prochaine.
- Apple est une entreprise dont je ne comprends pas totalement le succès : comme consommateur, je n'achèterai probablement jamais leurs produits, que je trouve bien trop chers. Pour ma téléphonie, je suis un client fidèle de Samsung ; il faudrait que mon patrimoine passe au moins à 8 chiffres avant que j'envisage éventuellement de passer chez Apple. Mais je leur reconnais un talent marketing incroyable, surtout dans le renouvellement permanent de l'arnaque de l'attraction des clients, et bien sûr aussi un talent d'innovation et de compréhension des besoins des clients. Ils me semblent néanmoins bcp plus disruptables que les 4 autres GAFAM. Cela dit, aux niveaux actuels de valo, ça s'achète (PER 2020e 21, PER 2021e 18), même si la croissance est un peu faiblarde à mon goût.
Je vois un peu les GAFAM comme l'équivalent des Coca-Cola, Philip Morris, Exxon, General Electric etc. des années 1980 : de pures blue chips avec encore un beau potentiel (avec des risques positifs importants pour Amazon et Google). On devrait tous en avoir dans nos portefeuilles. ça me tue que le débat sur les forums soit "Unibail ou Renault ?" alors qu'on peut tous profiter du succès d'entreprises magnifiques.
Dans le cadre de mon portefeuille orienté croissance, je ne surpondère néanmoins pas les GAFAM : je préfère surpondérer les possibles "GAFAM du futur", par exemple dans le secteur du cloud, même s'il est évidemment compliqué d'identifier les futurs disrupteurs.