mylise a écrit :
Tiens au fait, à un moment, l'autre nana a fait tomber la moto. Du coup j'en ai profité pour demander comment la relever. Le prof m'a dit "tu n'y arriveras jamais toute seule ..." ![[:paydaybear:5] [:paydaybear:5]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/5/paydaybear.gif)
|
Ah bon ?
Marrant, moi je vois régulièrement des femmes relever leur moto. Ce qui implique que j'en vois tout aussi régulièrement la mettre par terre...
Pour rappel :
Relever une moto à terre
http://moto-securite.fr/relever/
De la même façon qu’il vous arrivera forcément de laisser votre moto tomber au sol au moins une fois dans votre vie de motard(e), il vous faudra nécessairement la relever.
Bonne nouvelle, vous serez rarement seul(e) pour ce faire. Dans la plupart des cas, il y aura un autre motard ou un témoin qui viendra vous aider.
Mais tout le monde n’a pas cette chance. Une fausse manoeuvre le matin quand on n’est pas réveillé avec la moto au troisième sous-sol du garage souterrain, le pied qui glisse sur une feuille morte au fin fond de la forêt… Il peut être utile de savoir relever une moto seul(e).
On est d’accord : si vous êtes un mec costaud avec une moto « légère » (disons moins de 250 kilos) à l’équerre sur un sol bien plat, ça se fait. Sans trop d’efforts, surtout avec le petit coup de fouet de l’adrénaline qui monte bien dans ces moments-là.
Après, il y a tous les autres cas : les pas costauds, les femmes, les vieux, ceux qui ont des problème de dos, les motos lourdes, les sols en pente, les sols glissants, la moto chargée à bloc…
Bref, ça fait quand même un certain nombre de conditions qui font que là aussi, globalement, c’est pas mal de savoir comment faire.
Avant de voir les différentes techniques possibles pour relever une moto, il y a quand même quelques fondamentaux communs.
Tout d’abord, se mettre en sécurité.
Couper le moteur, en tout premier lieu.
Cela peut paraître évident, mais parfois, avec le stress, l’énervement, on oublie les évidences.
Il faut couper le moteur pour deux raisons :
- éviter qu’il ne tourne en position horizontale, il n’est pas prévu pour ça, il est mal lubrifié et peut vite se détériorer, surtout si l’accélérateur est bloqué et le maintient à haut régime ;
- arrêter la roue arrière… Non seulement, il va vous falloir immobiliser les roues avant de relever la moto, mais une roue, une chaîne qui tournent, c’est dangereux, ça vous chope une jambe ou une main avant d’avoir dit ouf.
Bref, on coupe tout, à la clef ou au coupe-circuit, au plus rapide.
Se mettre en sécurité, cela vaut aussi pour soi.
Commencez par respirer un grand coup, la moto est par terre, elle ne va pas tomber plus bas, ni s’abîmer plus.
Mettez-vous à l’aise pour préparer l’effort musculaire pour la relever. Enlevez le casque, les gants aussi s’ils vous tiennent chaud ou s’ils glissent. Ouvrez le blouson pour ne pas être engoncé.
Si vous portez des gants fins qui ne vous gênent pas, il est préférable de les garder, cela peut vous éviter de vous couper ou de vous brûler en allant chercher une prise sous la moto.
Vous vous sentez super énervé, mais vos muscles sont peut-être froids. Echauffez-vous un minimum avant de vous lancer dans les grandes manoeuvres. Faites jouer vos muscles et vos articulations. Rien ne presse et c’est en voulant aller vite qu’on se fait mal.
Profitez-en pour observer les lieux, analyser la situation, réfléchir.
Parfois, en faisant un peu bouger la moto, on se facilite beaucoup la tâche pour la suite. Exemple avec un trail qui s’est posé sur son cylindre ou sur les pare-carters dans un sol meuble et surtout, en pente : il est souvent possible de le faire pivoter sur son point d’appui sans rien abîmer, afin de l’orienter dans le sens de la pente, où il sera plus facile de le relever.
Sur le même principe, il peut être parfois utile de décharger la moto, de démonter les valises… de l’alléger au maximum.
Bref, n’agissez pas à l’improviste !
Ensuite, il faut immobiliser au moins une roue.
Pour la roue arrière, mettre en prise.
En général, c’est déjà fait, on tombe la plupart du temps avec un rapport engagé. Mais au cas où vous seriez au point mort, pensez-y, mettez en première. Il suffit de débrayer d’une main et de manoeuvrer le sélecteur de l’autre. Si la moto est tombée au point mort et côté gauche, c’est plus compliqué… Dans ce cas, essayez de peser sur la pédale de frein arrière.
Pour la roue avant, c’est utile, mais moins indispensable. Essayez de freiner au levier.
Une précaution supplémentaire : si la moto est tombée vers la droite, dépliez la béquille latérale.
Cela évitera de faire basculer la moto de l’autre côté quand vous la redresserez. Un accident est si vite arrivé…
Ensuite, il faut mettre le guidon en butée, pour pouvoir utiliser son bras de levier.
Cela impose parfois de devoir bouger le guidon, ce qui peut provoquer des raclements très désagréables à l’oreille sur un sol gravillonneux. Désolé, mais c’est la seule façon de travailler efficacement. Essayez de procéder avec douceur pour braquer le guidon à fond.
Dans quel sens ? Celui où vous allez avoir la meilleure prise.
Si la moto est tombée vers la droite, braquez à fond à droite. A fond à gauche si elle a versé vers la gauche.
A partir de là, on peut commencer à travailler.
Avec deux impératifs :
- Une moto à terre se pousse pour la relever, elle ne se tire pas !
N’essayez pas de vous pencher par dessus pour la tirer vers vous, vous allez juste réussir à vous tuer le dos. Il faut travailler avec le dos droit, tout le temps, en vous mettant du côté où la moto est tombée. Elle a versé vers la droite, on se met à droite, et vice-versa.
- Les pneus doivent être en contact avec le sol.
N’essayez pas de relever d’une traite une moto dont les pneus ne touchent plus le sol. Cela équivaut à la soulever.
Vous arrivez à soulever 200 ou 300 kilos, vous ? Moi pas. Par contre, je relève n’importe quelle moto à partir du moment où les pneus touchent le sol. Parce que cela fournit non pas un, mais même deux points d’appui.
Et vous connaissez ce qu’ a dit Archimède : « donnez-moi un point d’appui, un levier, et je soulèverai le monde ! »
Si vous avez braqué le guidon à fond, vous avez un levier. Si les pneus touchent le sol, vous avez un point d’appui. A partir de là, pas de raison de ne pas y arriver !
C’est pourquoi sur tant de vidéos, on voit des hommes et des femmes arriver si facilement à relever leur bécane. Si vous regardez bien, ce sont souvent des Américains, avec de grosses bécanes : des Harley, des Goldwing super larges, des BMW à moteur bicylindre à plat… bref, leur moto ne se couche pas complètement, elle se pose sur le côté et les pneus restent en contact avec le sol.
Forcément, c’est plus facile. J’aimerais les voir avec la moto en vrac en dévers…
Procédez donc en deux temps : relevez juste un peu la moto pour mettre les pneus en contact, s’ils ne le sont pas déjà, et ensuite redressez l’ensemble.
D’accord, mais comment ?
D’abord, comme souvent à moto, il n’y a pas une et une seule technique.
Personnellement, je connais trois façons de faire pour relever une moto.
1- Première méthode
Une main devant (sur le guidon braqué à fond), une main derrière (on prend la poignée passager, le cadre, le bord de selle… n’importe quoi qui fasse une bonne prise et ne casse pas), avec toujours les deux pneus en contact au sol, toujours le dos bien droit, et on pousse avec les bras ET les jambes, en s’aidant au besoin de l’appui d’un genou contre la moto.
Cela demande un peu de force, mais ça marche.
2- Deuxième méthode
On utilise le bras de levier du guidon.
En toute logique, elle est plus efficace avec des motos au guidon large, donc les trails.
Vous braquez le guidon à fond et soulevez un peu de façon à amener les deux pneus en contact.
Ensuite, vous placez vos deux mains sous la poignée du guidon. Vous pouvez les placer en coupe ou saisir le guidon des deux côtés.
Le dos bien droit, mouvement de squat, on pousse sur les jambes et les bras pour remonter la moto.
3- Troisième méthode
Utiliser la force des jambes en se mettant dos à la moto et en la poussant avec les fesses.
Toujours les mêmes règles : le dos bien droit, les jambes pliées, une prise devant sur le guidon braqué à fond, une prise derrière sur un point solide, on pousse doucement sur les cuisses, en faisant de petits pas en arrière.
Veillez à vous assurer la meilleure prise possible des mains sur la moto, mais aussi des pieds sur le sol. Avant de commencer à pousser, dégagez tout ce qui peut glisser, rouler, se dérober sous vos pieds.
Attention, tout est important :
- la position des mains, le plus bas possible ;
- la position des pieds, certains se sentent mieux en les décalant, d’autres en les gardant côte à côte ;
- la position des fesses sur la selle.
Première étape, soulever un peu la moto pour mettre les pneus en contact avec le sol.
Pour cela, asseyez-vous sur le côté ou l’arête de la selle et gardez les bras tendus. En faisant des petits pas vers l’arrière, vous allez repousser vos fesses vers l’arrière et vos bras vont naturellement tirer sur la moto, sans fournir d’effort.
N’essayez pas de tirer sur les bras pour soulever la moto, vous ne feriez que pousser vos fesses vers le bas, c’est contre-productif. Ne poussez que sur les cuisses.
Les 45 premiers degrés à relever sont les plus difficiles.
Ne vous énervez pas si vous avez du mal à commencer à lever la moto, c’est normal quand on n’a pas le coup de main.
Seconde étape, une fois les pneus en contact, redresser la moto.
Pour cela, il faut descendre un peu, plier les genoux en gardant les pieds bien à plat sur le sol. Pour que la poussée soit efficace, il ne faut pas que les fesses soient en appui sur la selle, qu’elles appuient dessus vers le bas. Il vaut mieux avoir le haut des fesses, les reins calés dans la selle, pour exercer une poussée horizontale, et non verticale.
C’est une technique très efficace, mais qui n’est pas facile à appliquer du premier coup.
Alors n’attendez pas d’être en difficulté avec en plus le stress de la situation difficile. Entraînez-vous avant !
Vous appelez un(e) ou deux ami(e)s, motard(e)s ou non. Vous vous mettez sur de l’herbe ou vous mettez un gros bout de moquette bien épaisse ou un tapis au sol, pour ne pas que la moto touche le sol dur.
Couchez lentement la moto en la faisant pencher progressivement de votre côté, en la retenant avec votre corps, la hanche bien en appui sur le réservoir, les pieds loin sur le côté.
Une fois qu’elle est au sol (accompagnez-la bien lentement jusqu’au bout), entraînez-vous à la relever, plusieurs fois, jusqu’à avoir bien assimilé le mouvement.
Si vous avez du mal, sollicitez vos amis qui doivent tout le temps se tenir en sécurité, prêts à intervenir.
Un petit conseil pour finir : ne vous entraînez pas avec une moto dont vous venez de faire le plein d’essence…
Au contraire, faites en sorte que le réservoir soit presque vide. La moto sera plus légère et surtout, elle ne dégorgera pas par terre.
FLATFABPAVE
---------------
Retrouvez mes articles sur Passion Moto Sécurité et mes offres de stages sur Passion Moto Formation !!!