cguignol a écrit :
Essai de la KTM 690 Duke III par cguignol, alias "Charly Tendinite" Une introduction bien chiante, histoire que tout le monde arrête de lire En 2008, KTM décide de remplacer la 690 duke II par le troisième modèle de cette génération : la Duke III (z'avez vu, je sais compter). L'état d'esprit est le suivant : un roadster spartiate de confort, avec une gueule d'enfer et une partie-cycle au top. http://motoplanete.com/ktm/640Duke2.jpg Bref, la duke II me fait penser à ma grand-mère, elle avait vraiment une sale gueule avant qu'on l'enterre. http://www.toutsurlamoto.com/photo [...] e-2008.jpg Quoi qu'il en soit, la Duke III arrive, renvoyant son ancêtre au rebut et attirant la clientèle un peu jeune et dynamique, et comme je suis dans son coeur de cible, quoi de plus logique que je procède à son essai. C'est bien légitime. Un essai périlleux Deux jours avant, je passe un coup de fil au KTM du coin : keutshi, pas une bécane à essayer, tout est parti, il n'en reste plus qu'une neuve. Et meeerde La mort dans l'âme, je parcours les annonces sur leboncoin et repère un modèle en essai chez le concessionnaire Kawa du coin : après un coup de fil, j'ai la confirmation que la moto est dispo pour un essai, j'en pose mon vendredi aprèm du coup Arrive le jour même, je suis excité comme un morpion découvrant le délicat arôme de sa première bourse : j'arrive vers 15h chez le concessionnaire, pour m'apercevoir que la Duke n'est pas dans le bouclard. Bizarre, ça sentirai presque la merde  Je m'adresse à un vendeur, qui me balance que la moto a été vendue : je pousse un beuglement sorti de nulle part => "putaiiiin, s'pas vraiiiiii!" Devant la subtilité de mon désarroi, le vendeur remue ciel et terre pour savoir ce qu'il est advenu de la moto. Finalement, je lui donnerai moi-même la réponse : elle est dehors, y'a un gars qui va l'essayer. Plus qu'à attendre 1/2 heure, et je grimperai sur le fougeux étalon En selle Le poireau revient de son essai (dixit l'employé, ça fait deux jours qu'il vient essayer des motos, et que ça lui fissure un peu la rondelle ce genre de pratique ), bref, la Duke est chaude comme une baraque à frites, et elle est bien disposée à envoyer la purée. C'est bien légitime Je grimpe sur la selle haut perché du canard noir : effectivement, c'est haut à enfourcher, mais j'ai les patins qui touchent à terre, donc ça devrait pas poser de problème en cas d'arrêt à un stop. Allez hop, première, on s'élance, les bras bien écartés comme sur un trail, et les jambes confortablement dépliées, mais pas en position harley. Je m'avance sur la selle, de manière à avoir l'impression que la colonne de direction va me caresser le pinceau. L'embrayage est doux (hydraulique), le sélecteur précis et le point mort facile à trouver. Je m'arrête au premier stop, le frein arrière a l'air bien costaud, je vais m'en méfier Je pars pour un petit tour de chauffe, premier rond-point en deux, ok, j'ai compris que sous 3000 tours/min, c'est pas la peine, la moto cogne (enfin, j'ai compris j'ai compris, c'est vite dit, vous verrez par la suite ). Je suis un peu dérouté par la prise du guidon (vraiment très large, ptet que j'étais un peu trop avancé ), mais les commandes tombent bien sous la main, c'est très agréable. La brêle est un vrai vélo avec un moteur, incroyable d'avoir un truc si étroit et léger entre les jambes, j'ai pas l'habitude Un gros mono qui proute Je remets du gaz tranquillement en sortie de rond-point, ne dépasse pas les 4000, passe la vitesse qui suit, tout roule. Prenons nos marques, le reste n'en sera que plus agréable. Je tâte le frein avant, y'a un bon gros mordant, je sens que la prudence va être de mise, pas envie de faire une cguignolade en ligne droite. Sortie de rond-point, je gaze, un peu plus fort, le moteur tracte sympathiquement, sans à-coups et supporte bien le filet de gaz. Je freine (purée, comment ça freine ce machin, vraiment, y'a du gros mordant ), je rentre les rapports, coup de gaz au rétrogradage... ouap, faut pas se louper : un peu trop de gaz par rapport au régime, et la moto fait un violent bond en avant, merci la poignée bien réactive. Je réaccélère sur l'angle en deux, bien progressif, et l'arrière part légèrement en dérive en sortie de rond-point : pinaise, j'y suis allé doucement, sans doute les pneus qui sont pas encore chauds J'ai du mal à rentrer les rapports, cette saleté de sélecteur est hyper mal réglé (trop haut), du coup je suis obligé de lever le pied tout entier pour percuter le levier. La route se dégage, je commence à gazer un peu plus : 65 cv, et ça prend super vite ses tours Le moteur diffuse un bruit relativement discret, mais les vibrations sont très présentes, notamment dans les écopes (j'ai donc décidé, à partir de ce moment, de ne plus serrer les écopes avec les genoux ). A 125 en stabilisé, pas de soucis de vibrations, sauf quand on lance du gros gaz pour accélérer. Par moments, les vibrations étaient telles que j'avais l'impression d'être assis sur une machine à laver en plein essorage, énorme Si je devais résumer ce moteur en une phrase, c'est bien : en-dessous de 3000 tours tu risques de caler violemment (ça a failli m'arriver en testant la souplesse du moteur ), tu prends des coups de pied au cul à chaque rotation de la poignée et la coupure t'arrêtes comme si tu prenais un mur  mais ce moteur, putain, ce moteur!!!! Ca pousse rugueux, c'est brutal et dosable à la fois, ça tracte, ça vit, c'est génial quoi Le vélo La région aux alentours du concessionnaire étant relativement modeste en termes de virage, je n'ai malheureusement pas pu tester les qualités dynamiques du bouzin comme je l'aurais voulu. Cela étant, quelques passages sur des routes peu empruntée et bien défoncées m'ont permis d'identifier quelques caractéristiques de celles-ci. Au niveau des freins, le gros mordant incite à la prudence, encore plus sur route grasse. Le frein arrière bloque très vite, amis du travers de porc, bonjour L'avant a une tendance à ralentir parfaitement, et ce dès le début de la course du levier. Moi qui trouvait que Raoul sortait les griffes dès le début, je trouve son freinage plus dosable La moto est agile, permet de taper des demis-tours presque sur place, sous réserve d'être capable de braquer en se grattant les fesses en même temps. La légèreté rend tout ratage rattrapable, un excellent point. Sur route bosselée et crade, la moto reste stable, les suspensions gommant les imperfections de la route (j'ai été impressionné, et pourtant, la route était vraiment dégueulasse). La position, de prime abord, incite tout naturellement à adopter le style SM. Cependant, mon style habituel qui consiste à emmener la moto avec le corps (les jambes quoi ) est également un mode d'utilisation compatible avec ce brêlon. L'ensemble est très sain, pas d'amorce de guidonnage et autre coups de raquette sur une remise des gaz un peu violente en sortie de courbe. L'anti-dribble fait son boulot, de manière discrète et efficace, c'est bluffant, j'avais toujours testé des motos sans ça, et bin c'est vraiment super. Gardez en tête que je suis un poireau et les conditions de mon tests. Cependant je peux affirmer que c'est un vrai jouet ce truc. Daily... motion muhahahaha Passons aux aspects pratiques : ça vibre, putain que ça vibre quand on met du gros gaz. J'ai même rendu la main par moment tellement j'avais la rondelle qui vibrait Les rétroviseurs, qui n'avaient pas été bien serrés, n'ont pas apprécié le traitement, et pendaient lamentablement le long de leur tige. De part leur taille et leur emplacement, j'avais l'impression qu'ils me montraient un truc le temps de tomber  Le compteur est clair et lisible, y'a plein de trucs comme la jauge à essence, la température moteur, le compte-tour analogique et la vitesse en numérique. http://www.moto-addict.com/site/im [...] keR/05.jpg la moto est bien finie, tout est correctement agencé. Bien évidemment, pas de place sous la selle ni pour une sacoche de réservoir magnétique, ça vibre parfois énormément, niveau confort je m'attendais à pire de la part de la selle. 3 modes de cartographie sont disponibles : poireau, tarlouze et pilote. En mode poireau, la puissance est limité, idéal pour les temps abominables (ça la fout en 34 je crois). En mode tarlouze (je pense que c'était le mode que j'avais), ça arrache la chatte à ta grand-mère la race la pute fils de pute En mode pilote, parait-il que c'est bien brutal de ce que j'ai lu ça et là, mais pas forcément justifié. Et alors, tu l'achètes? Bon, y'a plein de trucs qui font qu'il vaut mieux que je réfléchisse. C'est la première moto qui me fait vraiment triquer, me filer la banane sous le casque en sortant de l'essai sans avoir à rouler comme un con ou à me chier au froc. Certes, c'est une brêle radicale, à ne surtout pas mettre dans les mains d'un débutant. Le moteur est joueur, très joueur, ça lève facilement en plus, et si on ne fait pas attention, c'est brutal. Les freins ont du mordant, du vrai : pareil, c'est brutal. Je roule "beaucoup" : on va dire en moyenne 13 000 km par an, autant vous dire que si je fais comme avec Raoul, en 3 ans j'atteins les 50 000 bornes et jamais je la revend à ce kilométrage-là  Niveau polyvalence, je me demande si c'est supportable pour les étapes liaisons ou si t'en chie ta mère à rouler sur des longues distances. Le prix Je me vois pas mettre 8000 € dans une brêle, je ne me vois pas non plus l'acheter neuve, donc c'est occasion direct. Tous les 10 000, jeu aux soupapes (apparemment, c'est pas systématique à corriger ), mais chez KTM ou consors, je vais douiller, faut que je vois avec mon bouclard habituel Bref, ouin  C'est con d'être raisonnable, parce que putain, elle me donne salement envie
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