Citation :
Mieux vaut tard que jamais ! Voici, 2 mois plus tard, le compte-rendu de ma plus belle journée de conduite avec la GT3 : 700 kms de départementales, 8 cols, 14h de conduite
Départ de Val d'Isère, arrivée à Val d'Isère.
14/07/2011, 20H : je paufine l'itinéraire avec mon atlas Michelin et mon Tomtom. L'excitation est palpable, je suis un peu nerveux. Est-ce que je n'ai pas prévu un parcours trop long ? Et s'il pleut ?
15/07/2011, 7H : réveil. Ciel bleu, avec quelques nuages d'altitude. Je me prépare en un temps record. Vite, on fait les sandwichs pour le déjeuner, et il ne faut pas oublier la bouteille d'eau car il va y avoir du sport !
15/07/2011, 8H : contact, démarrage, départ Arrivée prévue à 22H
La voiture se met vite à température dans la montée du col de l'Iseran. J'essaye de ne pas envoyer trop fort de bon matin : les pneus sont froids, je suis tout excité, la route est un peu glissante avec les restes de la rosée, et je veux profiter un peu du paysage, grandiose ! J'attaque de plus en plus, je suis seul, pas une seule voiture croisée ou doublée.
Mode sport enclenché, les accélérations en seconde et en troisième sont fabuleuses, au milieu de ces parois, dans ces lacets. Les sensations sont comme décuplées, par rapport à une vulgaire route plate.
8h25 : j'arrive au col. Le plus haut d'Europe.
Quelques brumes sont encore présentes. Il fait froid, mais on respire un air pur.
La descente vers Bonneval est également superbe, avec une vue sur les glaciers de la Vanoise.
La route est toujours déserte.
Les brumes se font de plus en plus denses, jusqu'à se transformer en brouillard épais. On ne voit pas à 50m, je suis obligé de rouler au pas. Pourvu que ça ne dure pas longtemps !
Je traverse Bonneval-sur-Arc engluée dans le brouillard et je me dirige vers Modane, puis le col du Télégraphe, qu'on voit si souvent à la télé.
D'abord, le col de la Madeleine : surprenant, car on ne fait que descendre, ou presque, pour y aller, puis on continue à descendre !
Il est 8h50, je suis toujours dans les temps.
L'arrivée sur Lanslebourg-Mont-Cenis : la couche nuageuse est maintenant bien plus haute que la route. Dommage pour la vue, mais je peux mettre les gaz !
La N6 vers Modane a peu d'intérêt : dès 9H du matin il y a du monde, une seule file, des camions, et on ne peut pas doubler. Je ronge mon frein car dans 40 kms je suis au Télégraphe !
Le fort du Sappey, à côté de Modane :
Ca se découvre :
Enfin arrive la bifurcation vers le Télégraphe et le Galibier. La plupart des voitures continuent sur la nationale ou prennent l'autoroute, mais je ne suis plus seul.
Quelques cyclistes et touristes ne vont pas me faire peur : avec la GT3 je ne devrais en faire qu'une bouchée.
Erreur ! Presque impossible de doubler durant les 12 kms de la montée. La route ne fait que tourner, sans aucune ligne droite de plus de 200m (le col de l'Iseran est très roulant à côté) et... il y a une invasion de cyclistes Partout, partout, avec même des voitures qui les suivent, au pas, et qu'il faut doubler.
Voici ma moyenne dans la montée (il est déjà 10h) :
Enfin, peu après 10h, le col Ou je constate avec joie que les cyclistes s'arrêtent pour souffler et se reposer. Du coup je ne m'arrête pas pour prendre une photo, car les voitures devant moi s'arrêtent aussi : gaz vers le Galibier !
Valloire au loin :
La montée vers le Galibier est beaucoup plus roulante que celle du Télégraphe, on peut doubler sans problème cyclistes et voitures, qui d’ailleurs sont moins nombreux. Surprise ! Il y a déjà des camping-cars sur le bas-côté en prévision du Tour de France qui sera dans plus d’une semaine. Mais leurs occupants croient à tort que la route est un parking et ne se gênent pas pour marcher en plein milieu comme si de rien n’était…
Hop, on double :
Je ne m’arrête pas au col où il n’y a pas beaucoup de place. En plus, tous ceux qui étaient devant moi (les derniers lacets sont effectués au ralenti et on ne peut pas doubler) s’arrêtent donc j’en profite pour avancer un peu et prendre une photo de l’autre côté du col : le paysage est impressionnant !
La descente du col est courte mais géniale. Tout y est : peu de monde, vue grandiose, soleil, route sèche
A 10h50, je suis au Lautaret :
Puis direction Briançon pour se diriger vers le col d'Izoard. La N91 n'a pas d'intérêt question roulage mais le paysage est très beau. Arrivée à Serre-Chevalier vallée :
Puis c'est la montée de l'Izoard, seul, sur une route déserte et sinueuse à souhait. La visibilité est excellente et je prends un pied inimaginable.
Ca tourne, et ça tourne :
Le col : (il est midi, et j'en suis à mon 6ème )
Derrière le col, je reste sans voix devant ça :
Au moment de remonter dans la voiture, deux vieilles BMW passent dans un rythme qui a l'air soutenu. Qu'à cela ne tienne, je devrais les rattraper facilement. Eh bien pas si facilement que ça : les conducteurs, très habiles, sont en travers dans la moitié des virages et je dois cravacher pour les rejoindre. C'est chose faite :
Pendant quelques kms je reste en retrait en m'amusant comme un fou. A la moindre ligne droite j'ai l'avantage, mais en virage ils passent très très vite et je me bats avec le volant
Dans une épingle, ils finissent par me laisser passer : on se fait un signe de la main, manifestement ils étaient ravis Ensuite, je les distancerai assez vite, la route devenant plus roulante.
La combe du Queyras est d'une beauté sans nom ! Le bruit des accélérations se répercute sur les falaises et me donne des frissons.
Puis c'est la montée vers Vars, et son col. Le paysage change peu à peu : on quitte les très hauts sommets encore enneigés pour des sommets juste rocailleux, et les températures augmentent vite.
Effectivement, on change de département :
La descente du col est superbe. Il y a tout de même plus de monde, au fur et à mesure que je me rapproche de Barcelonnette, puis je bifurque vers le col de la Cayolle que je redoute un peu. On m'avait prévenu que la route était très étroite et j'ai peur de devoir rouler au pas pendant toute la montée.
Au départ, la route est large et déserte :
Puis elle se rétrécit mais reste déserte : pas une voiture, pas un vélo, et un paysage de carte postale
Grâce aux falaises, la réverbération du bruit des échappements est monstrueuse. Je roule les deux fenêtres ouvertes (juste à ce moment-là, je rêvais d'une GT3 cab' !), le bruit est si intense que j'ai peu qu'on m'entende très loin. Bon, pas grave, c'est un joli bruit
Whaaaaaaa : (en revoyant les photos, je n'ai qu'une envie : y retourner !)
Si le col de l'Iseran est le plus roulant, le col de la Cayolle est le plus jouissif, il marque le conducteur pour toujours. 30 kms de montée, 1 voiture croisée, des pouces levés des habitants et des touristes, 40 minutes de pure folie P
C'est LE col à faire, en été, un jour de semaine (car quelle horeur s'il y a du monde : très difficile de doubler), en Porsche. Je suis resté en seconde pendant toute la montée, sans me lasser de la bande-son
Le col est tout proche :
Je prends le temps de m'arrêter, de toute façon il n'y a pas un chat ! Il est 14H30.
Derrière le col, je prends une photo et j'avale la suite de mon déjeuner, assis sur une pierre, sous 25° :
Puis j'entame la descente, et rapidement je rattrape un convoi de 3 motos qui se baladent :
Jusqu'à présent, tous les conducteurs rattrapés ont eu un comportement exemplaire : soit j'arrivais vite à les doubler, soit ils allaient jusqu'à s'arrêter pour me laisser passer ! Même les motos en mode balade ! Je tire mon chapeau à tous les touristes et les habitués de la région que j'ai doublé. Si tout le monde se comportait de la même façon, la conduite serait moins stressante.
Ici, que dalle. Les motos, qui m'ont vu, ne s'écartent pas. Or la route est très étroite, très tournante, et il serait très dangeureux de tenter un dépassement. Au bout de 15 kms, j'y vais, et je les double en 2 fois. C'était un peu risqué, mais je n'en pouvais plus, et je leur montre très ostenciblement mon mécontentement. Ca ne leur aurait rien coûté de me laisser passer Ce fut le seul soucis de ce côté de la journée, ouf.
Jusque là, Notre Dame de la Route a bien veillé sur moi :
J'arrive dans les gorges du Daluis, qu'il faut faire au moins une fois dans sa vie ! Une succession de x tunnels, très encaissés, qui résonnent à souhait, le tout dans un maysage magnifique.
La photo ne rend pas très bien malheureusement :
A 15H30, je ne suis plus qu'à 75 kms de Nice Maintenant, j'attaque le retour
Même si l'aller a été dantesque, j'avais prévu un itinéraire retour différent. Direction : le col d'Allos.
La route vers Méailles est déserte, une fois de plus. Il fait plus de 30°, je roule toujours fenêtres ouvertes, et je profite de chaque virage, chaque accélération, chaque freinage.
La route du col de la Colle St Michel est très étroite, à pic, impressionnante, mais déserte Mamma mia, que c'est beau !
Les rares inconvénients sont les difficultés pour doubler ceux qui se baladent et qui, malgré leur bonne volonté, ne peuvent rien faire pour me faciliter la tâche vu l'étroitesse de la départementale. Là aussi, je me dis qu'il faut l'avoir fait une fois au moins : D 908
La montée vers le col d'Allos est toujours très étroite, heureusement toujours aussi peu fréquentée. Quelle vue !
http://img820.imageshack.us/img820/3372/img7611a.jpg http://img846.imageshack.us/img846/6546/img7612e.jpg Ca tourne tellement que je ne dépasse pas les 60 entre chaque épingle. La visibilité est bonne, et j'attaque. Le train arrière est scotché au sol, le freinage sans faille. Quelle voiture !
J'y suis arrivé : http://img29.imageshack.us/img29/1349/img7613ye.jpg Je descends vers Barcelonnette mais cette fois-ci je passe par la vallée de l'Ubaye.
http://img850.imageshack.us/img850/1122/img7619q.jpg La route est agréable, bordée de pins. Les montagnes sont boisées à cette altitude et on entend les criquets chanter.
Et là, c'est le choc : de l'eau turquoise
http://img233.imageshack.us/img233/5859/img7620e.jpg Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Serais-je en Nouvelle Calédonie soudainement ? La veille, en planifiant mon parcours, je n'avais même pas remarqué que je passais à côté d'un grand lac, le lac de Serre-Ponçon. Ma foi, un lac de plus...
Eh bien non, ce lac est sublime ! Des gens nageaient, d'autres faisaient du ski-nautique. Ca m'a tout l'air d'un petit coin de paradis ça.
http://img834.imageshack.us/img834/7742/img7622o.jpg http://img15.imageshack.us/img15/9650/img7623z.jpg http://img718.imageshack.us/img718/9877/img7624k.jpg Belle vue sur le pont de Savines :
http://img847.imageshack.us/img847/8580/img7629n.jpg La D 954, entre le Lauzet-Ubaye et Savines-le-Lac, est très sympa. On longe le lac, ça monte, ça descend, ça tourne, et il y a peu de monde.
Ensuite, on récupère la N94 et là... c'est le drame. Une voie, 98% du temps, des camions, une route qui monte et qui descend. Résultat : http://img855.imageshack.us/img855/3718/img7630u.jpg Le but est de bifurquer à Briançon vers l'Italie pour passer par le Mont Cenis. La nationale parait interminable, à 40 de moyenne. Quand soudain, on annonce un passage de 2 kms à deux voies. Youppi, je vais pouvoir doubler le train de camions devant moi. Je m'exécute.
Ca revient à une voie, rond-point, gyrophares... Et zutttttt Evidemment c'était pour moi. Un gendarme m'arrête et me dit que j'ai été contrôlé à 149 pour 90. Avant même qu'il ne le dise, je sais ce que ça veut dire : retrait de permis immédiat. Je suis dépité, abattu. Je me garde bien de lui dire à quel point c'est dégueulasse de prendre les gens juste quand on peut doubler, après 30 kms derrière des camions qui roulaient à 60. Je fais profil bas. Je lui dis que ça m'ennuie énormément, que je suis loin de mon point d'arrivée et je l'implore de faire quelque chose pour que je garde mon permis.
Discussion avec LA gendarme en civile qui m'a pris au radar. Ils acceptent de me faire un +39 en vitesse retenue : donc 136 enregistrée, pour 129 retenue à la place de 90. Je garde mon permis, ouf ! Et je remercie de nombreuses fois le gendarme, qui commence à me poser des questions sur mon métier, sur la voiture. Pas trop envie de discuter avec lui mais bon, je m'aplatis et je m'exécute.
Petit laïus sur le fait que je ne suis pas au-dessus des lois et je repars, un peu sonné, très énervé à la fois contre moi-même (il n'y avait que 3 éclaireurs devant moi et je sais que les nationales sont dangeureuses) et contre eux (quels x%µ$£... de se mettre à cet endroit !).
Je passe le col de Montgenèvre, sans prendre de photos, plus la tête à ça. L'Italie est proche, et la route tortueuse à souhait. Je retrouve des couleurs, je me refais plaisir.
Voici l'Italie :
http://img851.imageshack.us/img851/7784/img7635u.jpg Mais très vite je rattrape un convoi avec un camion, et la bande blanche est continue : http://img189.imageshack.us/img189/4774/img7637nk.jpg Incroyable ! En France, les départementales de montagne n'ont pas de ligne blanche. La ligne est discontinue partout et on double ou on peut. Là, en Italie, c'est continu partout, tout le temps. Si bien que des italiens me doublent et finissent par doubler le camion sous ligne blanche. Je finis par faire de même...
Puis vient la montée du Mont Cenis. Ahhhh, magnifique, impressionnant. La route serpente au milieu de la forêt, puis émerge sur le lac.
http://img194.imageshack.us/img194/6038/img7641kk.jpg http://img171.imageshack.us/img171/7195/img7642j.jpg Il est 21H, il fait encore jour, mais je suis vraiment fatigué nerveusement. Néanmoins, je continue de profiter des accélérations et des freinages fulgurants de la GT3.
Descente vers Lanslebourg puis remontée vers l'Iseran. Route déserte, tout le monde dine. Je commence à avoir très faim aussi.
Encore quelques photos. Avant l'Iseran : http://img35.imageshack.us/img35/3769/img7643a.jpg Et après l'Iseran, avec Val d'Isère en contrebas, lumières allumées :
http://img62.imageshack.us/img62/8308/img7645j.jpg Je me gare, je n'en peux plus. Quelle journée ! Mais 700 kms de cols dans les Alpes c'est un peu long. 400/500 kms serait idéal, pour pouvoir bien en profiter.
J'ai fait du 18l/100 en moyenne, j'ai peu usé les pneus, peu usé les plaquettes (en comparaison d'une journée circuit), et j'ai pris mon pied comme jamais
Vraiment, c'est à refaire !
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