gloubiboulga a écrit :
(BM time)
Chose promise, chose dûr : EL CR D'EL M3 §§ Procédons par phase, c'est une voiture salement dure à trouver : Une voiture salement dure à trouver : Depuis quelques semaines déjà, je regardais de près la M3 E36. Déjà propriétaire d'une 325IS E30, qui m'avait permis de découvrir la propulsion, je voulais plus costaud. Plus costaud au niveau au niveau de l'auto (accusant ses 240 000 kms et 22 ans, à chaque WE un peu sportif je changeais des trucs et des machins), plus costaud au niveau du moteur, avec un chassis plus récent, un peu plus de sécurité passive, bref, un truc plus récent. Pour un budget raisonnable à l'achat, avec des perfs très élevées, se trouvaient quelques props sympa : M3 E36, donc, 330CI E46, S2000... Mon choix s'est porté sur la M3, pour sa puissance, son nom, et son côté "passage obligé" pour l'amateur de la marque à hélice que je suis. Malheureusement, j'ai rapidement déchanté : dans mon budget, les voitures étaient très bornées (190 000+), avaient régulièrement une historique plus ou moins flou, des changement de moteurs plus ou moins sous garantie, du tuning, des propriétaires avec des forfaits téléphoniques bloqués qui ne pouvaient pas me rappeler quand je leur laissais des messages, laissant augurer le meilleur pour l'entretien très onéreux de la M (la vidange chez BM coûte 250€)... Je me suis donc rabattu sur la 330Ci. J'en répère une belle, un seul proprio depuis le début, un peu chère, moins de 70 000 kms, et c'est parti pour un essai de la belle, en vallée de Chevreuse. Déception totale. Ca pousse, indéniablement. C'est beau. C'est bien fini. C'est silencieux. Tout tombe sous la main. Mais... Y'a pas de sensation. Je me suis même retrouvé à faire décrocher l'arrière (malgré l'ASC), et le rattrapper d'un coup de volant quasi sans sensation de l'avoir fait. Bref, grosse démotivation à la sortie de l'essai. Je rentre chez moi, et viens passer ma haine sur le forum. Discutant avec Magicien96 à ce sujet (que grâce te soit rendue sur 5 générations), je fais une recherche rapide sur leboncoin pour trouver quelques exemples de saletés à commenter. Et la, je tombe sur celle qui deviendra mienne. 1996, 127 000 kms, bleue Estoril, berline, 10 000€. L'annonce venait d'être publiée, j'appelle de suite. Répondeur ! Je laisse un message, ça ne coûte rien. Il rappelle \o/ Et en plus il n'a pas l'air débile \o/ Rendez-vous est convenu pour le lendemain.
Le jour du rendez-vous : Me méfiant de mon côté impulsif, j'ai pris mon portugais de poche (Jorge, que grâce soit rendue à toi et ta famille sur six générations) et sa mx-5, direction Douai. Deux cents kilomètres d'autoroute plus loin à jouer les kékos début octobre top down en écoutant du Pantera (pour se motiver avant l'essai, on arrive à Douai, au lieu de rendez-vous. En bon gros looser, j'ai oublié de charger mon portable, j'appelle avec les dernières minutes d'autonomie, ça passe. Dans le centre de Douai, j'attends impatiemment d'entendre la M. Arrive un Zafira. Gris. Diesel. La dernière M3 bleu Estoril que j'avais vue ne ressemblait pas tellement à ça. Explication : le propriétaire veut que je voie où elle est garée, et que je l'entende démarrer à froid. Vendu. Arrivée chez monsieur, allée en gravier, petite partie bitumée devant son garage double. Le bitume était plus propre que mon parquet... Ouverture du garage, elle est la. Enfin, la, sous sa bâche. Soulevage de la bâche. Le délire commence, il la lève par coins, tout doucement, en ne la faisant pas glisser sur l'auto. La M se dévoile, on se croirait à la réception d'un véhicule neuf. Les 4 disques de freins Zimmerman neufs participent à cet effet... Un drôle de truc sur le siège de conducteur. Quoi, qu'est-ce ? Une serviette pour ne pas user le cuir, bien entendu. Mon Tos de poche ne parle plus, il a les yeux écarquillés, fait le tour de la voiture, manifestement éberlué. On la sort, j'ai le privilège de la démarrer. Elle a fait 300 kms sur les 10 derniers mois... Elle sort du CT, vierge. Celui qui deviendra l'ancien propriétaire m'avoue qu'il ne la sort que quand il fait beau, ce qui est assez restrictif dans ce coin. A la lumière, aucun défaut de carrosserie. Pas la moindre trace de touchette, où que ce soit. C'est parti pour un essai routier. Le vendeur souhaite la chauffer lui même. Quelques ronds points plus tard, ça se voit clairement, rien que dans sa manière de passer les vitesses et de tenir le volant : on n'a pas à faire à un furieux. Allez, chacun son tour pour faire du manège ! Je profite d'être au volant pour bien vérifier les grognements du double Vanos, son ralenti parfait, tout va bien. On part. Je cale. Résolument, spa ma 325 ! On repart. Je cale pas. Les marques sont rapidement reprises, d'une génération à l'autre.. Premier rond point, elle guide incroyablement bien, le petit volant me change de la grande jante de l'E30, et demande un petit temps d'adaptation. J'arrive de plus en plus vite sur les ronds points, avec des freins légers (en fin de rôdage). Sortie d'un rond point, je déboite deux voitures en troisième à 70, monte vite à 100, puis écrase d'un coup pour tester le problème de support de pont qui se décrochent parfois sur l'E36. Elle se met à glisser (heureusement en ligne droite), et propulse à 140. Houps, rond point, houps, pas de frein, houps une haie haute qui va jusqu'au RP, impossible de voir si quelqu'un est engagé, ça va se jouer aux épaules. Personne, heureusement, on y sera rentré à 90... Sans le moindre crissement de pneus. Retour plus cool, petit test de la direction avec un freinage appuyé sans tenir le volant, elle file droit, tout va bien. Juste un petit bruit sur la vitre arrière droite signalé par mon lusitanien préféré, ça roule. Rendage de clés, pas d'engagement de suite, retour la tête dans les étoiles. Recherche rapide d'une friterie qui se terminera, loose ultime, au macdo. Le post sur VDM est à deux doigts...
On en discute avec l'amateur de morue, elle est vraiment bien, rien à redire. Je n'ai d'ailleurs pas tenté une once de négociation du prix, ça n'aurait pas eu de sens, voir de morale. Carnet tamponné d'un bout à l'autre, factures (d'ailleurs, lorsque j'ai ouvert le classeur plastifié dans lequel le vendeur les rangeait, dans des transparents, et tenté de le poser sur la malle, il m'a arrêté net et a posé la serviette à fesses sur le capot arrière pour que je pose le classeur dessus !!).
Le pas intéressant : J'appelle le lendemain ma banque pour une part de crédit, obtient un accord de principe, puis appelle le vendeur pour caler le jour de la vente, les conditions de la réservation, etc. Ce sera le jeudi de la semaine d'après. 11 jours, dur dur. Le jour de l'achat :
Je suis responsable de mon équipe, en l'occurence les admins systèmes. Je dois partir à 15h pour choper le train de 16h30 qui me déposera chez le vendeur de la belle. Jusque midi, tout va bien. Puis la loi de Lenz-Faraday étant ce qu'elle est, ça a commencé à péter vers 13h30. Une appli compta qui se colle en rideau, le webmail qui nous fait des blagues, la Hotline qui remonte des problèmes réseaux. Du quotidien totalement quelconque, sauf lorsqu'on souhaite partir tôt. Je boucle tout très vite, demande à être joint sur mon portable si ça repète, et à 15h01, je m'arrache de l'enfer. Bizarrement, aucun appel, tout a refonctionné sans souci !
Pour continuer la loi des séries, le billet électronique de la SNCF déconne, je dois passer au guichet, puis le train sera arrêté 35 mns pleine voie à cause d'un colis suspect. Mais tout ça n'est pas grave, elle m'attend ! Quelques formalités administratives plus loin, le traditionnel coup (au Schweppes agrumes ) pour se donner du courage, elle est mienne. Le temps de la présenter à Angx et un pote, et la descente vers Paris commence. Pas trop vite, calé à un petit 130, il faut se méfier de l'auto qui, très bien insonorisée, a tendance à filer à 160 très très vite. Ne voyant pas le bouton de désactivation de l'ASC, à un péage, je tente la grosse accélération. Résolument, il n'y en a pas, bon à savoir. Petite pause dans une station service, en en ressortant au pas, j'accélère fortement pour passer devant une suite de camion qui arrivait. J'ai passé la barre des 160 avant d'être sur l'autoroute à proprement parler... Puis vient la vie à deux, la routine... :
Après les folies du démarrage, vient la routine. Les rampes de parking qu'on frotte avec le bas de caisse, le chemin au bout duquel j'habite qu'il faut savoir prendre de la bonne manière pour ne pas jouer à la tondeuse à gazon avec la lame avant, la parano obligatoire quand on rentre à la maison, les contrôles de flics aléatoires systématiques dès qu'ils voient une hélice, les rétros désespérément petits, la clim auto au fonctionnement mystérieux même pour le geek que je suis, le cuir "gris souris" (doivent pas en avoir beaucoup des souris grises, les mecs du marketing BM) qui se salit quand même rapidement, cette saleté de porte arrière droite qu'il va falloir démonter parce que le bruit de vitre est carrément agaçant. Mais tout ça s'efface devant le son du moteur, l'accélération de l'engin même sans monter dans les tours, l'étonnante vivacité en virage malgré le poids de l'engin, le côté Malabar bi-goût berline de luxe calme/gros truc de bourrin qui roule dans les chronos d'une Porsche, son équilibre génial que j'ai pu tester en Creuse, même sur la flotte et la terre, elle garde un comportement ultra sain, très prévenant, du bonheur. (désolé pour le pavé)
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