Voilà c'est fait.
Les Fantômes du Denali de Simon McCartney donc, dans lequel l'auteur revient 30 ans plus tard sur les ascensions (les deux principales) de sa jeunesse, autour de 1980. C'est de la haute montagne, on est dans la neige et les rochers, on risque de mourir à chaque instant, vous voyez le tableau.
Je ne savais rien de son histoire et je pense que c'est mieux comme ça – c'est un peu pour cette raison que je n'en dis pas plus dans mon résumé. Le livre est plein de photos, en couleur et en noir et blanc et en couleurs, j'adore. Chose inédite pour moi : on ne trouve pas seulement ses récits dans ce livre, mais aussi les "journaux de bord" des alpinistes qui l'accompagnent. Je n'avais jamais vu ça, c'est une super idée, surtout vu comment les choses se passent.
Mon point de vue sur le livre et l'auteur a pas mal évolué au fil de la lecture.
Au début, j'ai pensé que ça allait être un livre très technique, avec plein de mots que je ne comprends pas (crux, rimaye, spindrifts jumar etc.) Bon, ce n'est pas vraiment le cas, mais c'est vrai que les ascensions ne sont pas forcément facile à suivre.
Ensuite j'ai pensé qu'il était fou, tout simplement. Ce qu'il fait, ce que font ces alpinistes, est insensé. Par exemple : partir pour une ascension qui n'a jamais été faite (et qui ne sera jamais refaite) en sachant avec une quasi certitude qu'on aura pas assez de nourriture pour toute l'ascension, c'est débile. Ils ne connaissent pas la météo, ils ne connaissent pas le parcours, est-ce que ce n'est pas une forme de suicide tout simplement ?
Plus tard, après pas mal de pages, je me suis dit "peut-être qu'ils savent ce qu'ils font, après tout, qu'est-ce que j'y connais, et puis en plus ils sont reconnus comme des alpinistes très forts par leurs pairs, alors ?"
Vers la fin, je suis revenu sur ce jugement : il est fou. On s'en rend compte quand il parle avec un autre alpiniste et qu'il dit "il est très différent de moi, il raisonne en pensant Et si ? Et si ? Moi non, j'y vais à l'instinct".
Accessoirement cet état d'esprit le rend particulièrement égoïste. C'est bien beau de remercier X et Y "pour tout ce qu'ils ont fait pour moi, je leur suis éternellement reconnaissant", mais le mieux serait de ne pas avoir eu à mettre leurs vies en danger parce que tu fais n'importe quoi. Tu fais des conneries, tu meurs, soit, mais si tu es également responsable de la mort d'autres personnes, c'est plutôt moche.
Anecdote perso : je me suis retrouvé complètement par hasard au téléphone avec une ancienne connaissance que je qualifierais de "mascu bien toxique" (pléonasme ?
), et ce coup de fil m'a brusquement fait envisager le livre sous un autre angle. Entre ce que l'auteur dit, ce qu'il a fait et surtout ce que les autres en ont pensé, il y a sûrement pas mal de différences (certaines abordées dans les carnets de bords des autres, justement).
Quelques bricoles pour finir : l'auteur est anglais, son pote américain, ils se parlent avec des "c'est cool, man" (sic), c'est euh... déroutant. Apparemment ce sont aussi des surfers.
La traduction est un peu déroutante aussi parfois. "J'espère que ce message te trouvera en forme", "Hey Simon, content de te rencontrer finalement", il y a plein de petits trucs qu'on dirait mal traduits, je sais pas trop.
Un livre intéressant pour les passionnés. Je l'ai lu avec intérêt, même si je n'ai pas aimé tout ce que j'ai lu.
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DU LINO DE BATARD IMITATION CARREAUX DE CIMENTS ILLEGITIMES§§§