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Auteur Sujet :

[Topic écriture alternatif n°11] Nouvelle du printemps indien MAJ

n°26708208
maddoc
Origin / Uplay : Eldem_Kz
Posté le 05-06-2011 à 18:07:48  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Je cherchais des photos de footballeurs qui s'enculent et ça m'a mené sur ce topic. Ça m'a rappelé que dans le temps, j'avais participé à la nouvelle d'automne et que c'est un bon exercice d'écriture, ou du moins que quand a du temps à foutre en l'air c'est plus constructif que de se branler.  
 

Spoiler :

On signalait une dépression au-dessus de l'atlantique. Hobson détourna son regard des miches de la présentatrice météo.  
Ca lui faisait une belle jambe, cette dépression.  
 
Lui qui était un fils de pute, qui s'était fait tabassé par son mac de père, qui avait vécu à Brooklyn et avait vu tous ses potes d'enfance  
morts ou finir en taule aurait eu toutes les raisons de devenir dépressif. Il aurait pu se retrouver alcoolique et ressasser toutes ces années perdues.  
Au lieu de ça, il avait vaincu l'adversité, rien ne l'avait empêché de réussir, de tracer sa route et de bientôt faire sauter la banque.  
Il le savait bien, Hobson, que les perdants avaient des excuses et les gagnants des solutions, et que le pactole qu'il allait bientôt toucher lui assurerait une retraite anticipée.
 
Le brevet développé sur un procédé de son invention qui permettait d'extraire la silice de la bauxite venait de lui être acheté à prix d'or par une boîte Japonaise  
qui fabriquait des composants micro-informatiques.  
La boîte lui payait le voyage en classe business pour signer le contrat et il vivait l'attente du départ avec délectation.
Le 11 mars 2011 serait un jour mémorable. Il s'imaginait tout ce qu'il allait faire avec son pognon, les SUV qu'il allait se payer, ses villas, une place à côté de Spike Lee au madison square garden,  
et le début des investissements qui lui permettraient d'intégrer la liste Forbes des 20 plus grandes fortunes du pays.  
 
Il bailla, referma son journal, regarda sa montre. Il lui restait 20 minutes à tuer avant le décollage. Il se leva et alla au comptoir du bar commander une brioche et un café noisettes.  
Confortablement assis au comptoir, il observa les passagers de la salle d'embarquement, essayant de deviner leur salaire annuel selon les vêtements qu'il portait  et la marque  
de leurs attachés-case.  
Les quelques Japonais présents restaient indéchiffrables, personnifiant à merveille ce qu'Hobson appelait la nature des corps froids, cette élite du monde dont il ferait bientôt partie, concrétisant ses rêves les plus fous.  
 
Il continua à balayer la salle du regard, et alors il le vit. Il était plus juste de dire que son image s'imposa à Hobson sans qu'il y puisse rien.  
Incongru comme des bretelles à un lapin, ce gigantesque et sinistre Ottoman vêtu d'une espèce de robe de bure, portant une moustache noire et qui gardait sur la tête un turban chatoyant, se tenait à quelques mètres devant lui.  
Hobson se redressa sur son tabouret et scruta plus attentivement le gaillard qui mesurait plus de 2 mètres de haut. Il était si grand qu'il aurait pu jouer pivot dans n'importe quelle équipe NBA.
Le type trimballait un cerf volant et semblait sorti tout droit d'un asile, visiblement totalement paumé. Il titubait d'un pied sur l'autre, marchant dans une direction puis dans l'autre.  
Il s'arrêta soudain et regarda brusquement Hobson. Celui-ci détourna aussitôt la tête. Peine perdue, il repéra du coin de l'œil l'Arabe qui s'approchait dans sa direction. Il s'assit juste à côté de lui et Hobson démêla des fragrances de patchouli et d'encens bon marché qui s'échappaient de sa toge infecte.  
Le type héla le serveur et commanda un whisky sec. Hobson tournait volontairement la tête de côté pour éviter que le type lui adresse la parole.  
Ce fut en vain parce qu'il l'entendit clairement lui dire :  
 
- Ça être mauvaise signe.
 
Il avait un accent atroce, et Hobson dut prendre sur lui pour lui faire face et se comporter de façon civilisée.  
 
-Comment ?
 
-Moi dire : Ça être mauvaise signe.
 
Le type puait de la gueule de manière intolérable, effluves d'ail mêlées à une forte dose d'alcool. Hobson ne comprenait pas que la sécurité ait pu laisser passer ce terroriste en puissance.  
Il jeta un œil vers ses chaussures, se demandant si il y avait une boîte d'allumettes planquée dessous, qui lui permettraient de s'immoler ou de déclencher une bombe. Les espadrilles à demi déchirées ne lui apprirent pas grand chose.  
 
-Qu'est-ce qui est mauvais signe ?  
 
Le type pointa sa mâchoire et ouvrit la bouche sur une dentition abominable.  
 
-Mal aux dents.
 
Hobson réprima une grimace de dégoût et songea aux infections qui devaient grouiller dans ce bouillon. Seul avec cet homme sale, étranger et potentiellement dangereux, il avait peur et se sentait comme un homme à la mer.  
 
-Quand je avoir mal des dents, catastrophe arriver.
 
Hobson voyait mal quelle cataclysme pouvait être pire que la seule présence de cet escogriffe mais fit semblant de s'intéresser à ses élucubrations.
 
-Ah bon, vraiment ?
 
-Oui, oui. 11 septembre 2001, je eusse grosse mal des dents.
 
Hobson se demanda si il ne se foutait pas ouvertement de lui. Si il cherchait les ennuis, il allait trouer à qui parler ! Les guerres de gang et ses années à la fac comme devensive end dans l'équipe de foot lui avaient légué des bras musclés et une volonté de fer. Ground zero resterait à jamais un sujet sensible pour tout new yorkais, à ne pas prendre à la légère, à ne pas tourner en dérision. Hobson se rappela ses heures de thérapie et de coaching mental et s'obligea à se calmer. Il se dit qu'écluser quelques bières serait peut-être une aide précieuse dans sa recherche de self control.
 
Il tourna la tête pour apostropher le serveur et en se retournant, constata que le grand Ottoman avait disparu. Hobson regarda partout, se leva et arpenta la salle d'embarquement mais ne le trouva pas. Il ne comprenait pas où il avait pu passer. C'est alors qu'il se rendit compte que quelque chose se passait. Les gens s'agitaient, parlaient fort et poussaient des exclamations. Ils montraient du doigt la télé où la météo passait en boucle. On voyait sur els cartes un cyclone invraisemblable se dessiner au dessus de la mer du Japon.  
Et puis les haut-parleurs firent tonner leur annonce :
 
-En raison d'une alerte Tsunami, tous les vols vers le Japon sont annulés. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.  
 
Hobson resta incrédule. 11 mars 2011. Saloperie de putain de dépression!  


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"There have always been ghosts in the machine. Random segments of code that have grouped together to form unexpected protocols"  
mood
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Posté le 05-06-2011 à 18:07:48  profilanswer
 

n°26720249
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 06-06-2011 à 17:27:32  profilanswer
 

très très sympa   [:implosion du tibia]


Message édité par stipey le 06-06-2011 à 17:27:53

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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26739061
krapaud
Posté le 08-06-2011 à 07:24:39  profilanswer
 

p'tain mais comment font-ils pour tous participer (sauf Potibato, bien sur :D) ?

n°26739258
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 08-06-2011 à 08:36:00  profilanswer
 

tu veux dire "comment trouvent-ils le temps d'écriture une cinquantaine de lignes en 9 mois ?"
j'imagine que ce sont tous des improductifs :o
 
:D


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26744422
maddoc
Origin / Uplay : Eldem_Kz
Posté le 08-06-2011 à 15:46:32  profilanswer
 

krapaud a écrit :

p'tain mais comment font-ils pour tous participer (sauf Potibato, bien sur :D) ?


Suffit d'avoir un clavier et de l'huile de couille.


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"There have always been ghosts in the machine. Random segments of code that have grouped together to form unexpected protocols"  
n°26744723
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 08-06-2011 à 16:10:24  profilanswer
 

stipey a écrit :

tu veux dire "comment trouvent-ils le temps d'écriture une cinquantaine de lignes en 9 mois ?"
j'imagine que ce sont tous des improductifs :o
 
:D


Tu es cruel :o :D
 
J'ai mis à jour la première page :o
 
1) Stipey
 
2) Anna Maria
 
3) Anteus
 
4) Jeanne d'Arc
 
5) Soniaaaaaaaaaaaaaaa
 
6) Faman
 
7) Pumas
 
8) Invresion
 
9) pommedapi
 
10) hermelin
 
11) maddoc
 
      ****************************************
 
Et je signale aux retardataires : moi, Krapito, Gilou, Isadora qu'on a jusqu'au lundi de Pentecôte pratiquement férié et puis basta.
 
Après je vous bricole une nouvelle de l'été gitan  [:in ze navy ii:3]


Message édité par In Ze Navy II le 08-06-2011 à 16:11:00

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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26744753
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 08-06-2011 à 16:12:51  profilanswer
 

Par ailleurs Stipey, je pense qu'une photo de toi avec tes bottes serait une sorte de formidable patronage dans ce topic de pifettes mais pas que.
 
Ici : http://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] w=0&nojs=0


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26746539
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 08-06-2011 à 18:29:30  profilanswer
 

ah mais pour raison inhérente à la bonne volonté de Dieu le Père, je ne possède plus de jardin, et j'ai troqué mes bottes en caoutchouque contre une paire de birkenstock en promo.


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26746656
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 08-06-2011 à 18:43:51  profilanswer
 

Peut-être que ce serait chouette quand même ?  [:claire_redfield]


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26751223
krapaud
Posté le 09-06-2011 à 06:54:04  profilanswer
 

stipey a écrit :

tu veux dire "comment trouvent-ils le temps d'écriture une cinquantaine de lignes en 9 mois ?"
j'imagine que ce sont tous des improductifs :o
 
:D


voilà, je suis rassuré que tu partages ce sentiment toi-aussi :o
 
Et v'la que Potibato nous ultimatum-ise la gueule avec son lundi de pentecôte [:sisicaivrai]

mood
Publicité
Posté le 09-06-2011 à 06:54:04  profilanswer
 

n°26794320
isadora
Posté le 13-06-2011 à 21:10:03  profilanswer
 

alors, on dit quoi ?
 
il me reste la conclusion (et ce n'est ni drôle, ni court, mais quand même bâclé \o/ )

n°26794325
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 13-06-2011 à 21:10:25  profilanswer
 

On dit dépêche-toi Isa :D


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26794344
isadora
Posté le 13-06-2011 à 21:11:26  profilanswer
 

mais toi ? hein ?

n°26794524
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 13-06-2011 à 21:23:28  profilanswer
 

Oh, moi [:mullet]


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26794563
isadora
Posté le 13-06-2011 à 21:25:52  profilanswer
 

[:pingouino]

n°26796011
isadora
Posté le 13-06-2011 à 22:26:35  profilanswer
 

Donc, voila, comme je disait, c'est bâclé malgré le délai, ça hésite entre les styles, c'est probablement trop long, mais c'est fait.

Spoiler :

On signalait une dépression au-dessus de l’Atlantique. Mais ça me faisait une belle jambe, sur la côte Ionienne, en octobre comme en juillet, le soleil était de plomb et la mer restait calme comme le chaos qui peut se saisir de vous sans que personne ne s’en aperçoive. Je baillais une fois de plus en lisant une fois encore la liste que j’avais sous le nez. Toutes les lignes en étaient biffées, sauf deux. D’un geste automatique, je rajustais ma capeline en y réfléchissant… Je ne voyais pas comment trouver d’issue vraisembable.
 
J’avisais le serveur qui passait entre les transats, ahanant comme un mineur de bauxite, et lui commandais une brasilena glacée. Une longue fille brune ondulait vers la mer, dans un bikini à pois dangereusement trop petit. Elle gloussait en tentant de garder un semblant d’équilibre, secouant sa chevelure chocolat sous le regard amusé d’un grand type à moustache, qui rappelait un acteur de célèbre, dans l’eau jusqu’à la taille... Vous vous souvenez, ce type avec une Ferrari ? Bref. Il l’encourageait à le rejoindre dans l’eau. Et qui pourrait résister à un homme à la mer, avec une allure pareille ?
Mais assez d’égarement, je devais me concentrer sur une toute autre affaire. Il me fallait à tout prix trouver le moyen d’obtenir un rendez-vous avec Ciccio Rossi, et il allait me falloir trouver une solution assez intelligente pour ne pas tester moi-même les effets de la théorie de la nature des corps froids.
 
C’était la fin de la matinée, l’heure où le commun des plagistes commence à plier serviette pour rentrer déjeuner. Une mère au joli ventre en brioche tentait de rassembler sa marmaille fort occupée, qui avec son cerf-volant dont on se demandait bien ce qu’il pouvait en faire par ce temps où le moindre souffle d’air était aussi précieux qu’une adresse de bon dentiste pour une victime de mal aux dents chronique, qui à plonger et replonger avec tuba et lunettes. Ça braillait, ça piaillait et ça vociférait en dialecte. Dans une bonne humeur étonnante pour mon fonctionnement de française. La mère rassemblait son paquetage et avançait sans ciller pieds nus sur le sable brûlant pendant que son équipe sautillait comme une volée de moineaux pour atteindre la rampe qui remontait vers le front de mer.
 
La mer luisait de soleil, je faisais tourner mes glaçons à moitié fondus dans le verre avec ma paille. J’avalais une gorgée de liquide brun et frais et je me disais qu’il ne me restait pas beaucoup de temps pour trouver une idée. Autant mon imagination avait été fertile jusqu’à présent pour approcher mes cibles, autant pour le signor Rossi, il me fallait la jouer plus fine. D’autant qu’il avait peut-être entendu parler de moi. Directement ou pas.
 
J’avais faim. J’éclusais la fin de mon verre en passant en revue une fois de plus les options qui s’offraient à moi. Soit je réussissais l’opération séduction, soit je rentrais fissa à Paris. Après la phase de prise de repérage et d’approche faite, la première partie s’était déroulée sans encombre. Tonino Cimino avait été facile à rencontrer, et en bon mâle sensible à la flatterie, je n’avais eu aucun souci pour attirer son attention. J’avais hésité à jouer la cruche, la française qui comprend à peine l’italien, perdue sur ces plages du bout de l’Europe, seyante dans l’endroit le sont comme des bretelles à un lapin. De cette manière, je pouvais ignorer les coutumes du coin sans risque. Mais j’avais choisi la difficulté, la voie du retour aux sources, mais en cachant soigneusement lesquelles. Mon frère avait payé assez cher pour avoir joué le jeu lorsqu’il avait senti l’appel des racines. Pas question de me retrouver immolée à mon tour.
 
Tonino, c’est un grand type qui parle un italien très recherché, mais avec un accent à couper au couteau, curieux pour un notaire. Dès mon arrivée, j’ai sorti mon accent le plus travaillé, et j’ai pris rendez-vous dans son cabinet, pour acheter une maison de vacances. J’avais préparé un baratin sans faille pour que mon coup de cœur pour cette région où seuls les gens qui vivent à moins de cinquante kilomètres viennent en vacances soit crédible. Dans la salle d’attente de son cabinet, je prenais un air absorbé pour feuilleter une revue qui parlait des dernières frasques du cavaliere quand sa secrétaire est venue me chercher. Elle boita un peu dans un long couloir sombre et frais, puis m’ouvrit une lourde porte de chêne ouvragée et s’effaça pour me laisser entrer. Il était assis derrière un bureau bien rangé, une cigarette à la main, et me regarda traverser l’épais tapis ottoman.  
 
C’est donc toi…  

Il souriait d’un air content de lui, de l’ostentation de l’endroit. D’autant plus content de me le montrer, à moi, revenue ici. Une sorte de revanche de ceux qui sont restés contre ceux qui sont partis chercher mieux ailleurs avant de revenir dans le regard.

As-tu osé croiser son regard à lui dans les derniers moments ?

 
Puisqu’il était si heureux de lui, si sûr de ce qu’il dégageait, j’en rajoutais un peu dans le chaloupement de la démarche, et dans les battements de cil quand il m’a invitée à m’asseoir en face de lui.  
Dans les jours qui ont suivi, nous avons enchaîné les visites de maisons, celles qui donnaient sur la plage, celles de l’arrière-pays, avec piscine, avec terrain… Il tenait à me montrer lui-même la beauté de l’endroit et m’aider à faire le meilleur choix. La réputation de la région à l’étranger était en jeu, son honneur à lui aussi. Au bout de quelques jours, comment aurais-je pu résister au charme de don Tonino ? Je lui demandais de n’en parler à personne, pour ne pas attirer les jalousies, lui ai-je dit, et surtout pour préserver ma réputation.
 
En même temps, je cherchais le moyen de faire connaissance avec don Ciccio, puisqu’il dirigeait tout. Il faudrait que je gagne sa confiance, pour qu’il soit de mon côté quand je déciderais de jeter Tonino dans ses pattes. Pas si simple. J’optai pour l’approche familiale. Par chance, il avait un vague neveu qui avait été un temps basketteur professionnel et avait été pivot à Limoges un an ou deux avant d’être renvoyé dans ses pénates. Un matin où je passais prendre mon café au rad du coin, Mariangela, la serveuse, me le présenta. « Amalia, c’est Mimmo, notre star internationale ! Il parle français ! »
Un grand garçon m’adressa un petit sourire. Il avait l’air très calme, presque timide, mais pas du tout gauche pour quelqu’un de sa taille. Il me dit bonjour en français, d’une voix très douce. Ses yeux noisette, ironiques et doux, étaient mon billet de loterie gagnant. Je répondis à son salut et finis mon café. Je me levais pour sortir, et quand je passais à côté de lui, il me dit simplement qu’il partait travailler, mais qu’il venait ici tous les matins, et que si j’avais besoin d’une aide pour quoi que ce soit, je l’y trouverai. Je l’ai pris au mot, en prenant soin de ne pas risquer de tomber sur Tonino avec Mimmo. Mais Mimmo ne fréquentait que peu de monde, principalement sa famille. Qui se trouvait être celle de don Ciccio, les choses étant bien faites. Mais lui, le don, on ne le voyait pas. Il n’apparassait en public qu’aux fêtes de famille. Sinon, il faut obtenir une audience, donc aucune raison pour moi de le voir. Il me faudrait attendre ferragosto, quand la famille se réunirait pour le repas du 15 août.  
 
Je prenais donc mon mal en patience. Avec Tonino. Parce que rencontrer Mimmo n’était pas le même pensum que de devoir faire mine de m’intéresser à la vie d’apparat du notaire. Alors pour occuper nos rencontres et répondre à ses interrogations, je brodais sur ma vie en France, sur les tristes raisons de mon isolement et sur toutes ces années perdues dans mon célibat tardif jusqu’à notre rencontre. Quelle chance j’avais d’avoir croisé un notable qui s’intéresse enfin un mois.
 
Savais-tu qu’il avait une sœur ?
 
Ferragosto arriva enfin et à ma demi-surprise, don Ciccio en savait déjà long sur moi. Je restai silencieuse et les yeux baissés en sa compagnie, mais il voulait parler avec moi. J’essayais d’en dire le moins possible, je savais trop bien ce qui l’avait opposé mon grand-père et qui avait signé le départ de ma famille et je ne voulais surtout pas que cela remonte à la surface. Il avait l’air de se douter de quelque chose, mais n’en disait jamais rien. Par la suite, il fit venir Mimmo plusieurs fois pour des diners chez lui, en lui demandant toujours de m’amener. Je gardais le silence, le plus possible. C’était à lui d’avoir le sentiment de m’apprivoiser si je voulais avoir une chance de casser le lien entre son clan et celui de Tonino. Je n’aurai jamais aucune chance sinon.
 
Mois après mois, je le laissais approcher petit à petit. A vrai dire, cela me demandait peu d’efforts. Je me sentais enfin chez moi dans cette petite ville écrasée de soleil et de mer, où on parle beaucoup, mais où le plus important se dit en silence. A Noël, je faisais partie des invités de don Ciccio. C’était le grand jour.  
Lorsque Tonino est entré dans la salle de réception, je suis restée à l’écart, près de la fenêtre. Je l’ai vu, fidèle à lui-même, avancer d’un air important, avant de s’incliner avec une déférence travaillée sur la main de don Ciccio. Il ne m’a pas vue tout de suite, mais quand ça a été le cas, il a attendu de se trouver à mes côtés pour me parler. C’était le moment.
 
Maintenant souviens-toi
 
J’ai sursauté et poussé un cri étouffé, que j’avais beaucoup travaillé soir après soir en attendant ce jour. Mimmo l’avait déjà éjecté à quelques mètres de moi. Ça paraissait presque trop facile. Don Ciccio a froncé le sourcil, levé la main de quelques centimètres à peine. Ses deux gardes du corps ont immédiatement évacué Tonino hors de la pièce. Je suis sûre que certains n’ont même rien vu. Il m’a fait un autre signe de main et s’est dirigé vers la terrasse. Je l’ai suivi, en restant 3 pas derrière lui, Mimmo à mes côtés.
 
Quand il s’est tourné vers moi, don Ciccio souriait.  
« Je t’ai attendue longtemps, Amalia. Ton frère a souffert pour une histoire qui n’était pas la sienne. Il fallait que quelqu’un le venge, et personne ne pouvait le faire, ici. Il fallait que tu viennes. »
Je restais imperturbable, je ne voulais pas qu’il me voit déstabilisée. Je me demandais dans quelle crevasse de l’Aspromonte allait finir Tonino, et ce que ça changerait entre les clans. Et pourquoi don Ciccio faisait ça pour moi. Il a juste dit, en partant rejoindre ses invités : « Il faudra qu’on se voit pour la succession de ton grand-père. »


Message édité par isadora le 13-06-2011 à 22:28:28
n°26796842
isadora
Posté le 13-06-2011 à 23:13:51  profilanswer
 

maintenant, je peux lire les autres :o

n°26797071
isadora
Posté le 13-06-2011 à 23:42:00  profilanswer
 

Sonia, saleté !

n°26958615
sonia
Contre-pied.
Posté le 29-06-2011 à 15:11:41  profilanswer
 

isadora a écrit :

Sonia, saleté !


 
(les insultes, seulement pendant l'amour, aux instants propices.)  
 
Isa, ton texte m'a donné envie de me régaler d'une bonne assiette de bolognaise. Un peu comme quand je regarde Les Soprano. Et quand les choses me mettent ainsi en appétit, c'est toujours bon signe. J'ai le coeur dans l'estomac :D
 

n°26960069
isadora
Posté le 29-06-2011 à 16:23:42  profilanswer
 

sonia a écrit :


 
(les insultes, seulement pendant l'amour, aux instants propices.)  
 
Isa, ton texte m'a donné envie de me régaler d'une bonne assiette de bolognaise. Un peu comme quand je regarde Les Soprano. Et quand les choses me mettent ainsi en appétit, c'est toujours bon signe. J'ai le coeur dans l'estomac :D
 


c'était un peu de cet ordre-là [:draculax]
 
et merci  [:rougit2]

n°26962049
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 29-06-2011 à 18:19:56  profilanswer
 

ah ben tiens, j'avais pas vu qu'Isadora avait publié [:chrisbk]


---------------
Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26962322
floootheon​e
Jack's colon
Posté le 29-06-2011 à 18:47:19  profilanswer
 

Bon, est-ce que je me décide aussi à tout lire, avouant par là que je n'écrirai jamais la nouvelle du printemps indien ? :o


---------------
J'peux pas faire une légende avec un vieux qui enroule sa bite autour d'un bâton !
n°26962343
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 29-06-2011 à 18:49:53  profilanswer
 

Je me posais la même question.
Qu'est-ce qui m'a pris de vouloir raconter cette histoire de lapin mort au lieu de parler de la culotte de Mylène :/


---------------
n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26962349
floootheon​e
Jack's colon
Posté le 29-06-2011 à 18:50:32  profilanswer
 

Mylène a perdu sa culotte ? [:evo_clubic]


---------------
J'peux pas faire une légende avec un vieux qui enroule sa bite autour d'un bâton !
n°26962892
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 29-06-2011 à 19:48:02  profilanswer
 

très bon isadora. Ton Tonino, il rappelle les histoires du Benaquista.
Et ton Signor Rossi, il me rappelle ça :
 
http://www.dastextwerk.com/wp-content/uploads/rossi.jpg
 
avec cette excellente musique : http://www.djtunes.com/signor-ross [...] ka__218641


Message édité par stipey le 29-06-2011 à 19:50:50

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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26963616
isadora
Posté le 29-06-2011 à 21:04:19  profilanswer
 

stipey a écrit :

ah ben tiens, j'avais pas vu qu'Isadora avait publié [:chrisbk]


floootheone a écrit :

Bon, est-ce que je me décide aussi à tout lire, avouant par là que je n'écrirai jamais la nouvelle du printemps indien ? :o


nanmého :o

n°26963629
isadora
Posté le 29-06-2011 à 21:05:34  profilanswer
 

merci, Stipey, mais du coup, il n'est pas très flippant :D
 
je mettrai la musique quand ma fille sera couchée, on ne sait jamais :D

n°26969366
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 30-06-2011 à 12:37:22  profilanswer
 

rhoo mais non, c'est tout gentillet :o


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26972086
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 30-06-2011 à 16:07:38  profilanswer
 

je connais des musiques sur lesquelles les filles couchent

n°26972992
isadora
Posté le 30-06-2011 à 17:07:03  profilanswer
 

mais pas à 9 ans ?  :sweat:

n°26973044
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 30-06-2011 à 17:10:56  profilanswer
 

de vie commune ?
ah non, c'est déjà mort :/


---------------
Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°27031463
sonia
Contre-pied.
Posté le 06-07-2011 à 15:24:17  profilanswer
 

isadora a écrit :


c'était un peu de cet ordre-là [:draculax]
 
et merci  [:rougit2]


 
Alors merci  [:meganne]  
(c'est pas mon mot d'amour préféré "saleté" mais je le prends quand même)

n°27226583
sonia
Contre-pied.
Posté le 25-07-2011 à 13:10:38  profilanswer
 

Bon anniversaire Patronne !  [:draculax]

n°27230170
Xzero
Croaaaaaaaaa ?
Posté le 25-07-2011 à 16:54:16  profilanswer
 

J'ai tout bien lu. Vous écrivez tous très bien, c'était un vrai plaisir de feignanter au travail avec vos textes.  
:jap:


---------------
Proverbe du corbac : Vu d'en haut ça donne pas envie.
n°27232734
sonia
Contre-pied.
Posté le 25-07-2011 à 20:33:42  profilanswer
 

Merci Xzero. C'est sympa de m'avoir lue.

n°27589836
sonia
Contre-pied.
Posté le 29-08-2011 à 20:36:30  profilanswer
 

Krapaud ?  
 
Ca se passe à Ibis Béziers ou pas, wesh ?  [:master_jul]  
 

n°27592222
krapaud
Posté le 29-08-2011 à 22:47:53  profilanswer
 

dans 15 jours Béziers, là c'est RP et bouchons, idem pour l'inspiration d'ailleurs :D

n°27598119
sonia
Contre-pied.
Posté le 30-08-2011 à 15:26:53  profilanswer
 

A Béziers, ça pourrait se décanter. Pour ma part, j'ai dans cette ville le souvenir d'une soirée Féria mémorable et pittoresque  :D

n°27600008
krapaud
Posté le 30-08-2011 à 17:28:09  profilanswer
 

Je ne crois pas y avoir de souvenirs. du coup pour l'inspiration... :/ :D

n°27602567
sonia
Contre-pied.
Posté le 30-08-2011 à 20:38:45  profilanswer
 

Bah expire alors  :o

n°27602679
krapaud
Posté le 30-08-2011 à 20:48:01  profilanswer
 

t'es en ptite forme http://forum-images.hardware.fr/icones/message/icon9.gif

mood
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Posté le   profilanswer
 

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