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Auteur Sujet :

[Topic écriture alternatif n°11] Nouvelle du printemps indien MAJ

n°26329293
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 03-05-2011 à 12:31:19  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
 
mais enfin, je...  [:stipey]  
 
 
 
 
t'as rien senti !!  [:sisicaivrai]


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
mood
Publicité
Posté le 03-05-2011 à 12:31:19  profilanswer
 

n°26329294
Profil sup​primé
Posté le 03-05-2011 à 12:31:26  answer
 

Ouaiiih un texte Barbituriques-et-Bourbon ! :love:

n°26329371
Profil sup​primé
Posté le 03-05-2011 à 12:40:27  answer
 

Invresion, bravo pour ton premier texte ici. Je te souhaite la bienvenue, pas comme les autres qui se comportent comme des fumiers.
 
Ici, tout le monde est persuadé d'être le meilleur, fait semblant d'être convaincu du contraire et lit en diagonale la prose indigne des autres. Ne sors pas du cadre ou il t'en cuira.
 
Au rayon des critiques, j'ai noté certaines incohérences, notamment concernant les enculés du LOSC qui ont gagné 5-0 contre ces enculés d'Arles-Avignon et non pas perdu comme tu le mentionnes. Ou alors Olivier a mal compris le score auquel cas il mérite de clamser, donc bien joué.

n°26329589
invresion
Posté le 03-05-2011 à 13:08:24  profilanswer
 

sonia a écrit :

on reste amis mais à l'occasion je coucherais bien avec toi quand même, c'est d'accord ?


 

stipey a écrit :

bon maintenant on peut s'enculer ?


 
On peut faire un truc à trois. [:mbd44]
 
 
 
bon, un truc à quatre alors. Quelqu'un d'autre ?
 

n°26329655
invresion
Posté le 03-05-2011 à 13:17:01  profilanswer
 


Corrigé.
 
 
 :jap:  
 
 
M'en fous c'est moi le meilleur

Spoiler :

(rapport qualité/temps passé)  [:cytrouille]  


 
 
De toute façon, j'aime pas les chomeurs. Et j'aime pas le LOSC non plus.  [:cerveau manust]
 

n°26329964
sonia
Contre-pied.
Posté le 03-05-2011 à 13:46:25  profilanswer
 


 
Cet esprit revanchard parce que je refuse tes avances :/

n°26330538
Profil sup​primé
Posté le 03-05-2011 à 14:24:34  answer
 

On me fait sortir de mon ermitage pour être ainsi calomnié ?
 
[:polysoldat]  
 
 
[:drapal]
 
PSG ENCULÉ §§§
 
[:polysoldat]
 
[:drapal]
 
Je te souhaite un point de coté et une crampe au mollet au 2ème kilomètre et de te chier dessus au 3ème, en soufflant comme un tracteur bulgare rouge pivoine.
 
[:polysoldat]

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 03-05-2011 à 14:29:05
n°26331615
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 03-05-2011 à 15:17:24  profilanswer
 


Y s'passe quoi, là, avec le LOSC  [:winpoks:4]


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26332230
Profil sup​primé
Posté le 03-05-2011 à 15:58:06  answer
 


 
Pas de quoi en faire un drame :o
 
 
(cross-topik images :o )

n°26332246
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 03-05-2011 à 15:58:57  profilanswer
 
mood
Publicité
Posté le 03-05-2011 à 15:58:57  profilanswer
 

n°26352194
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 05-05-2011 à 10:33:06  profilanswer
 

en regardant les 1eres pages, en fait y'a plein de gens qui avaient planté leur drapeau.
y'a même un Jeanne d'Arc qui avait posté sa nouvelle, mais il semblerait qu'elle ait très-bûcher depuis...
 
tout cela me rend maussade.


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26508170
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 18-05-2011 à 19:08:23  profilanswer
 

il aurait pas flingué un peu le topic, l'autre poète avec ses images de diarrhées ?
 
ou alors c'est moi... [:klemton]


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26509527
gilou
Modérateur
Modzilla
Posté le 18-05-2011 à 20:57:20  profilanswer
 

In Ze Navy II a écrit :

Y s'passe quoi, là, avec le LOSC  [:winpoks:4]

Suffit d'un nul sur l'un des deux dernier matchs pour que le titre soit dans la poche après la victoire de ce soir.
A+,


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There's more than what can be linked! --    Iyashikei Anime Forever!    --    In umbra igitur pugnabimus. --
n°26509578
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 18-05-2011 à 21:02:10  profilanswer
 

Mais je sais bien, tu penses [:volta]
 
 
Après le bouclage de ce soir je pense revenir à une vie normale :o


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26548096
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 21-05-2011 à 22:54:33  profilanswer
 

Sonia, pour me faire pardonner cette ECLATANTE VICTOIRE du LOSC, je te promets :D


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26591142
Profil sup​primé
Posté le 25-05-2011 à 16:50:01  answer
 

J'ai oublié ce topic [:tinostar]
 
Je vais faire ça maintenant, tiens. Je vous garantis pas la qualité. [:petrus75]

n°26591362
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 25-05-2011 à 17:07:17  profilanswer
 

Oh oui fais ça maintenant, tiens !
 
Et je suis sûre que ce sera très bien.
 
Et en tout cas beaucoup mieux que de ne rien écrire, comme certaines  [:skullix:1]


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26591761
Profil sup​primé
Posté le 25-05-2011 à 17:34:38  answer
 

Spoiler :

« On signalait une dépression au-dessus de l’Atlantique … » Mais regarde donc cette cruche à la télévision en train d’annoncer les quelques gouttes de pluie qui inondent continuellement la Bretagne comme l’événement exceptionnel de l’année. Si seulement y’avait une tempête avec des hommes à la mer, ça aurait donné un avant-gout de chaos, au moins une bonne raison pour faire monter sa voix dans les aigues et de se dandiner honteusement dans son tailleur trop chic pour une présentatrice météo de bas étage.  
 
« La dépression rejoindra la région parisienne dès lundi prochain… » Ah, ça, ma vielle, je peux te dire que ça fait bien longtemps que la dépression a gagné la région parisienne. Pas plus tard qu’hier, un type s’est immolé devant son entreprise. Licencié la veille, il a choisit de brailler son accident de parcours mais son cri a pris la forme des flammes. Une vraie torche humaine, réduite à un amas de chaire brulée, morcelée en des lambeaux de peau éparpillés à même le sol. Il était méconnaissable, si ce n’est grâce aux quelques poils brulés de sa moustache qu’il portait de son vivant, fier et triomphant, comme un empereur Ottoman. Et c’est pas les relents du printemps arabe qui viendront masquer sa sale odeur du graillon, ah ça, non. Tu vois, y’a que dans les films que le mec laisse tout exploser derrière lui sans se retourner, en marchant peinard, la clope au bec pendant que les flammes de l’enfer jaillissent en arrière plan.  
 
Ah, dépression, dépression, les gens n’ont plus que ce mot là à la bouche. Alors qu’on est si bien toi et moi, depuis qu’on s’est rencontré dans cette salle d’attente, ce matin de mois de mai. On venait de m’annoncer qu’il était partie. Je repensai alors à toutes ces années perdues auprès de lui, toutes ces soirées à l’attendre baillant de mon ennui vain et habituel, pendant qu’il éclusait des bières avec ses gars au bar du coin.  Tous les soirs c’était le même rituel, il grignotait quelques miettes de brioche à la noisette, puis enfilait son manteau comme des bretelles à un lapin.  
 
J’ai bien tenté de le retenir tu sais, de me faire plus jolie, d’être plus coquette, de remettre mes robes qui virevoltaient à la moindre brise lorsqu’on allait faire avec du cerf-volant avec les enfants.  J’ai même essayé de devenir plus intelligente : je regardais "Bouillon de Culture" avec ce bon vieux Bernard Pivot et je m’amusais à chercher la signification de mots compliqués dans le dictionnaire comme Bauxite ou Coloquinte. Mais rien n’y fait…  Tous mes efforts se heurtaient joyeusement contre l’indifférence de l’être un jour aimé. Ca faisait déjà belle lurette que mon corps n’épousait plus que le dos de mon fauteuil. Il allait même jusqu’à prétexter un mal de dents pour échapper au devoir conjugal, comme si les dents avaient un quelconque rapport avec la performance de son organe génital. Mais tu me diras, c’était toujours ça, d’avoir quelqu’un qui tient le lit chaud.  
 
Alors ce matin du mois de mai, dans cette salle d’attente, lorsqu’on m’a annoncé qu’il était parti et que j’imaginais déjà la nature de mon corps froid dans le lit, et que je t’ai vu arrivé, j’ai bien compris que j’allais être enfin heureuse avec toi. Oh je sais, depuis que tu es là, j’ai bien une liste de médicament à prendre, mais au moins tu es là avec moi. Tu me suis partout ; au réveil tu me chuchotes que je peux me recoucher car le monde n’a pas besoin que je mette un pied dehors, et au coucher, tu m’attends avec une bouteille de whisky et quelques cigares fumants. La nuit tu m’entoures toute entière, tellement que tu m’empêches dormir. Et surtout c’est toi qui m’as emmené dans cet endroit où on est si chaleureusement traité. D’ailleurs, on m’appelle pour que j’aille prendre mes médicaments, je te laisse…  
 
                 
                                                   *************
 
« Et dis donc, elle débloque totalement la patiente du psychiatre Trichon, tu sais, celle qui est internée ici depuis la mort de son mari. Maintenant, elle se met à dialoguer avec sa Dépression. »  


 
Voilàààààà, c'est plat et ça se passera de commentaire. [:ocube]
Sorry d'avance pour les fautes, j'ai pas trop relu :o

n°26592439
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 25-05-2011 à 18:25:04  profilanswer
 

Je n'ai lu que la dernière phrase, et je trouve que ça finit bien :o
 
Bon.
Merci !!!
 
J'espère pouvoir lire Sonia, j'ai promis.
Et toutes les autres :o


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26592648
Profil sup​primé
Posté le 25-05-2011 à 18:41:51  answer
 

Moi j'aime bien et je dis pas ça parce que je veux me faire pommedapi, mais aussi parce que c'est bien.
 
Mention spéciale pour  
"Licencié la veille, il a choisit de brailler son accident de parcours mais son cri a pris la forme des flammes." [:bien]
 
Avec cette chaleur...il devait avoir...la gorge en feu  [:horatio caine]

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 25-05-2011 à 18:52:01
n°26597722
Profil sup​primé
Posté le 26-05-2011 à 10:11:32  answer
 

In Ze Navy II a écrit :

Je n'ai lu que la dernière phrase, et je trouve que ça finit bien :o
 
Bon.
Merci !!!


 
 [:pommedapi:4]  
 
 
 
Merci ! Soyez indulgent, je l'ai écrit en 45 minutes montre en main  :sol:  
 
Finalement, je pensais que les situations et mots imposés allaient me bloquer, genre "moi je suis une aaaartiste t'vois, quand on m'impose des trucs, ça nuit à ma créativitéééé" et en fait non, c'est le contraire. :D  

n°26598284
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 26-05-2011 à 10:58:25  profilanswer
 

C'est ça qui est rigolo.
 
Bon évidemment, sauf pour les andouilles de mon espèce qui font toujours celles qui sont trop débordées pour écrire un chef-d-'oeuvre, au lieu de faire un truc simple et de bon goût mais tout de même avec du poil :o


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26598425
Profil sup​primé
Posté le 26-05-2011 à 11:08:49  answer
 

La dernière fois que j'avais fait un exercice du genre, j'avais 10 ans, ça date :D (et remporté un concours pour Bayard Jeunesse  [:julm3] ).
 
Bon du coup, je peux enfin lire les votres: je commence par invresion j'aime bien beaucoup (le reste ça veut pas dire que j'aime pas, ça veut dire que j'ai pas encore lu, là maintenant tout de suite :o ). :jap:

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 26-05-2011 à 11:13:04
n°26598462
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 26-05-2011 à 11:12:08  profilanswer
 

moi c'est la dernière fois que j'ai eu 10 ans, qui date...
:(


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26598473
Profil sup​primé
Posté le 26-05-2011 à 11:12:49  answer
 

[:pommedapi:4]

n°26598513
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 26-05-2011 à 11:16:33  profilanswer
 

curieusement, je trouve que pour la première fois les textes ont une "cohérence" entre eux. La dépression n'y est pas qu'au dessus de l'Atlantique.


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26598545
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 26-05-2011 à 11:19:02  profilanswer
 

Tu veux dire qu'il faudrait que j'écrive un truc moyennement gai ?


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26598547
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 26-05-2011 à 11:19:13  profilanswer
 

Je veux dire, pas une histoire de pédés, quoi.


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26598582
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 26-05-2011 à 11:22:09  profilanswer
 
n°26598625
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 26-05-2011 à 11:24:51  profilanswer
 

(je veux dire : oui, si t'as moyen d'y mettre de l'amour consenti, des oiseaux qui rient et des abeilles qui chantent et des écureuils qui dansent et du décalécatan décalécatan ohé ohé, alors oui, mets-y.
et du Auxerre qui se maintient en L1, aussi)


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Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26598645
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 26-05-2011 à 11:26:22  profilanswer
 

Mais on peut s'enculer avec amour, je l'ai toujours su. Dit. Enfin écrit. Je crois.
 
Sinon pour l'AJA, je sais pas trop ce que je peux faire.  
J'étais partie pour situer l'affaire en Bretagne, moi.


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26598711
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 26-05-2011 à 11:32:00  profilanswer
 
n°26598720
Profil sup​primé
Posté le 26-05-2011 à 11:32:41  answer
 

Faman, c'est beau  [:pommedapi:1] (oui j'ai des remarques 'achement constructives).
 
Stipey, j'avais déjà lu, tu me complexes, t'es qu'un connard.  [:pommedapi:4]

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 27-05-2011 à 10:00:20
n°26598773
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 26-05-2011 à 11:37:11  profilanswer
 

stipey a écrit :

ils se déplacent à Lorient, oui.


Ça va me faire trop loin.


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26599324
gilou
Modérateur
Modzilla
Posté le 26-05-2011 à 12:15:16  profilanswer
 

In Ze Navy II a écrit :

Mais on peut s'enculer avec amour, je l'ai toujours su. Dit. Enfin écrit. Je crois.

Un lapsus calami profond... :whistle:  
A+,
 


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There's more than what can be linked! --    Iyashikei Anime Forever!    --    In umbra igitur pugnabimus. --
n°26599446
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 26-05-2011 à 12:25:05  profilanswer
 

Ce n'est pas un sujet facile.
Comme les hommes.


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n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°26609981
Profil sup​primé
Posté le 27-05-2011 à 09:50:10  answer
 

stipey a écrit :

moi les pédés, j'les encule.


 
Moi je peux pas, j'aurais trop peur d'aimer ça.
 
 
 
C'est parce que j'utilise du vernis satiné. (8€ le pot chez Casto)
 
 
 
Je plussoie. :jap:
 


Message édité par Profil supprimé le 27-05-2011 à 09:50:32
n°26623137
hermelin
Posté le 28-05-2011 à 14:01:23  profilanswer
 

Bonjour :) Je lis ici depuis quelque temps. J'ai lu la page 1 et comme ça me plaît, j'ai pondu ça et les contraintes m'ont aidées à écrire.  
Même si j'ai bouffé un peu de stylo bic, parfois :D
 
 

Spoiler :

On signalait une dépression au dessus de l'atlantique. Cela ne m'atteignait pas.
Attendre, c'était comme courir un marathon dans un tunnel. De l'air, bordel ! Et le bout du tunnel !
C'est ce que je veux. J'attends et je me bouffe les ongles. La chaleur est pesante dans cette salle d'attente. Chacun ses problèmes, ses espoirs.  
Et moi ?  
Toutes ces années perdues.  
Quatre ou cinq ans, ou quatre et demi. Je ne suis plus à une ou deux près.  
J'attends devant cette ligne jaune pour le respect de la confidentialité. On dirait une ligne de départ ou d'arrivée. J'ai chaud, je réfléchi. « Madame...Madame ! »  
C'est à moi. Je bâille discrètement. Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.  
 
Elle enregistre tout, consciencieusement et si rapidement. J'aime le clic-cloc rapide du clavier. J'attends qu'elle termine. Elle lève les yeux vers moi et me pose la question rituelle « Vous avez amené, les radios précédentes » Je trouve sa voix si douce. Elle me rassure.  
 
Je n'ai plus qu'à attendre. Un litre de flotte dans le bide. Et je me tortille déjà.  
Je farfouille dans mon sac, sors mon agenda, vérifie que c'était bien à 14h30. Là, il n'est que 14h45 et je dois attendre. L'impatience n'est pas un vilain défaut. Juste un trait de caractère qui énerve le cerveau. Ça le rend à fleur de...neurones et moi à fleur de peau, bien entendu.
J'en profite pour faire ma liste de course. J'ai oublié mon bouquin et j'ai envie d'une brioche. Non. Pas d'une brioche. La brioche faite par mon boulanger avec un carré de chocolat noir aux noisettes caramélisées. En attendant mon tour, je regarde les gens, et parfois les lumières vertes puis rouges au dessus des portes blanches aseptisées. Les gens vont et viennent, parfois agacés. Je le suis aussi dans le fond de mes pensées, à la fois agaçantes et pleines d'espoirs. Il y a cette dame qui sanglote, en attendant son compte rendu. Je me sens mal. Oppressée.  
 
J'ai peur. Cinq ans ! Je préfère avoir mal aux dents. Les caries se cachent rarement, le tartre non plus.  
Elle, elle se cache, sournoise. Disparaît, pour réapparaître mieux. Ça ronge.  
C'est la nature des corps froids qui viendra annoncer un nom barbare, et qui me le collera sur le ventre. Et le gagnant est...
J'ai tellement insisté, toujours. J'ai écouté toutes leurs blouses blanches. Consciencieusement.  
Suis-je la parano de la douleur ? Merde ! Ils m'auraient presque remis la palme d'or de la douleur.  
Jusqu'à ce jour où enfin, cet homme attentif a écouté, m'a écoutée. Et me voilà ici. Donnez moi, des toilettes ! Si je lève ce ne sera pas pour écluser !  
Le brancardier arrive puis repart. Ça fait 10 allers-retours, j'ai compté. On dirait le gars qui annonçait la météo. Il a des moustaches d'un autre temps, celui de Pagnol. Il a l'air de plaisanter parfois avec les patients, histoire de détendre l'atmosphère. Je le regarde, l'écoute, et il me fait sourire, parce qu'il fait sourire.  
Soudain on m'appelle. Evidemment, je suis dans mes pensées, comme toujours. Et mon cœur devient sportif angoissé d'un coup.  
Papoum ! Papoum ! Papoum ! (je fais très mal le cœur, ndlr)
 
Une dame me guide vers la grande salle blanche. « Vous vous mettez en culotte et enlevez le haut »
J'ai froid. J'ai la bouche sèche. Je crois que si je buvais...(non ça ce n'est pas une bonne idée) si je mangeais, ça me resterait coincé dans le gosier. Je sens mon cœur au fond de mes oreilles et je déteste ça.
Elle m'allonge. Me fait pivoter. « Respirez...ne respirez plus » Deux fois comme ça. Rien. Rien à l'horizon. Je n'ai rien. Je crois. Juste un petit calcul. C'est tout à fait bénin, a dit la belle dame. Moi je vois juste que j'ai un mini-ballon de rugby à XV dans le rein. J'aurais été vexée si le truc avait été rond, parce que je préfère l'ovalie, à vrai dire.  
« Vous allez vous rasseoir, on vous appelle pour l'écho »  
 
J'ai très envie de...vider ma vessie. Je sers les cuisses avant de devoir les écarter. Et je fais un brainstorming spécial dans ma tête.  
Bordel ! Merde ! Bande de cons ! Chiottes !
Il faut que je lise. Je chope le seul bouquin sur l'un des rares sièges de libre. Je feuillette. J'aime pas. Il date de quand ce mag ? Cette tenue, lui va comme des bretelles à un lapin. Elle est pourtant jolie cette fille. Puis, page vacances...une piscine à débordement, c'est beau.  
Enfin, on m'appelle. J'ai failli déborder, moi aussi !
 
La salle d'examen est plus petite, je n'irais pas jusqu'à dire chaleureuse. Le matériel semble presque juste sorti de son carton. Cette déco médicale épurée high tech, ça me fout les boules, en réalité.  
J'attends sur la table, en sous-tif et en culotte.  
 
Le médecin arrive. Il veut que je raconte. Je raconte ma douleur, comme immolée de l'intérieur. Cinq ans en une minute. Bordel. Mais il comprend.  
 
Le gel est froid sur mon bas ventre. Il fait danser le capteur parfois doucement mais plus souvent insiste durement à gauche.  
Il dit calmement d'une voix posée, qu'il est désolé d'appuyer autant. Il fait tourner le capteur sur lui même de droite à gauche en appuyant toujours. Il maintient comme ça fortement. Il rapproche son visage de l'écran de contrôle et mesure des trucs. Il clique ici et là, semble voir quelque chose. Non, il voit quelque chose, mais il le voit mal. Il me le dit très doucement mais sûrement. Il voit mal et veut passer par en bas.  
J'ai chaud, j'ai mal au cœur. Je lui dis que j'ai les larmes aux yeux. Il attend. Il me parle en disant que j'ai fait ce qu'il fallait. Et qu'on va me prendre en main.  
 
C'est le moment. C'est le début ou la fin d'un marathon. Je me sens comme un homme à la mer,  qui attendrait sa bouée de sauvetage.  
 
Il insiste à gauche, j'ai un peu mal. Il fait doucement. Il stoppe, clique de sa main gauche, ne bouge plus sa main droite. Les miennes sont moites, presque trempées. Il touche ma douleur. Il la nomme. J'aurais préféré une seconde qu'il parle Ottoman. Il me conseille un spécialiste de la « chose ». C'est évolutif et je refuse que ça évolue. Je veux m'enfuir sur la plage regarder virevolter les cerf-volants dans le soleil couchant, en sirotant du Rinquinquin à la pêche parce que ça requinque pour de vrai.
Il m'essuie. Je me rhabille. Il conseille. Il rassure. Il dit qu'il est désolé pour les bleus que j'aurais probablement, là, en bas, à gauche. Comme pour ne pas oublier qu'on l'a trouvée et qu'elle est là. Là dedans où c'est dur comme du bauxite.  
Je suis en colère mais presque soulagée.
 
Il est 17h00. Je quitte la salle avec son nom, cette s.....  
Ce qui ronge, ne gagne pas, jamais ! C'est le début du marathon et je ne perds pas de vue la ligne d'arrivée.  
Top départ. Je respire.  
 
J'ai toujours envie de brioche, de chocolat et...de Rinquinquin, tiens !  
 
Allons boire un coup !
 

n°26637847
invresion
Posté le 30-05-2011 à 00:02:44  profilanswer
 


 [:-cas-:3]  Très bon ! Et tout ça en moins d'1 heure, et avec un humour comme j'aime  [:-tac-:4]  
 
 
[:selya]  
 
 

hermelin a écrit :

Bonjour :)

Spoiler :

On signalait une dépression au dessus de l'atlantique.  


 
[:-cas-:3]²  Bravo ! Un texte avec du désespoir et de l'espoir en même temps !
 

n°26639146
stipey
you can't buy me on e-bay...
Posté le 30-05-2011 à 10:05:13  profilanswer
 

hermelin a écrit :

Bonjour :) Je lis ici depuis quelque temps. J'ai lu la page 1 et comme ça me plaît, j'ai pondu ça et les contraintes m'ont aidées à écrire.  
Même si j'ai bouffé un peu de stylo bic, parfois :D


ce qui explique donc cette douleur abdominale...  [:klemton]  
 
bonne première participation  :jap:


Message édité par stipey le 30-05-2011 à 10:14:53

---------------
Le scrabble ça existerait pas, je m'en serais même pas rendu compte
n°26708208
maddoc
Origin / Uplay : Eldem_Kz
Posté le 05-06-2011 à 18:07:48  profilanswer
 

Je cherchais des photos de footballeurs qui s'enculent et ça m'a mené sur ce topic. Ça m'a rappelé que dans le temps, j'avais participé à la nouvelle d'automne et que c'est un bon exercice d'écriture, ou du moins que quand a du temps à foutre en l'air c'est plus constructif que de se branler.  
 

Spoiler :

On signalait une dépression au-dessus de l'atlantique. Hobson détourna son regard des miches de la présentatrice météo.  
Ca lui faisait une belle jambe, cette dépression.  
 
Lui qui était un fils de pute, qui s'était fait tabassé par son mac de père, qui avait vécu à Brooklyn et avait vu tous ses potes d'enfance  
morts ou finir en taule aurait eu toutes les raisons de devenir dépressif. Il aurait pu se retrouver alcoolique et ressasser toutes ces années perdues.  
Au lieu de ça, il avait vaincu l'adversité, rien ne l'avait empêché de réussir, de tracer sa route et de bientôt faire sauter la banque.  
Il le savait bien, Hobson, que les perdants avaient des excuses et les gagnants des solutions, et que le pactole qu'il allait bientôt toucher lui assurerait une retraite anticipée.
 
Le brevet développé sur un procédé de son invention qui permettait d'extraire la silice de la bauxite venait de lui être acheté à prix d'or par une boîte Japonaise  
qui fabriquait des composants micro-informatiques.  
La boîte lui payait le voyage en classe business pour signer le contrat et il vivait l'attente du départ avec délectation.
Le 11 mars 2011 serait un jour mémorable. Il s'imaginait tout ce qu'il allait faire avec son pognon, les SUV qu'il allait se payer, ses villas, une place à côté de Spike Lee au madison square garden,  
et le début des investissements qui lui permettraient d'intégrer la liste Forbes des 20 plus grandes fortunes du pays.  
 
Il bailla, referma son journal, regarda sa montre. Il lui restait 20 minutes à tuer avant le décollage. Il se leva et alla au comptoir du bar commander une brioche et un café noisettes.  
Confortablement assis au comptoir, il observa les passagers de la salle d'embarquement, essayant de deviner leur salaire annuel selon les vêtements qu'il portait  et la marque  
de leurs attachés-case.  
Les quelques Japonais présents restaient indéchiffrables, personnifiant à merveille ce qu'Hobson appelait la nature des corps froids, cette élite du monde dont il ferait bientôt partie, concrétisant ses rêves les plus fous.  
 
Il continua à balayer la salle du regard, et alors il le vit. Il était plus juste de dire que son image s'imposa à Hobson sans qu'il y puisse rien.  
Incongru comme des bretelles à un lapin, ce gigantesque et sinistre Ottoman vêtu d'une espèce de robe de bure, portant une moustache noire et qui gardait sur la tête un turban chatoyant, se tenait à quelques mètres devant lui.  
Hobson se redressa sur son tabouret et scruta plus attentivement le gaillard qui mesurait plus de 2 mètres de haut. Il était si grand qu'il aurait pu jouer pivot dans n'importe quelle équipe NBA.
Le type trimballait un cerf volant et semblait sorti tout droit d'un asile, visiblement totalement paumé. Il titubait d'un pied sur l'autre, marchant dans une direction puis dans l'autre.  
Il s'arrêta soudain et regarda brusquement Hobson. Celui-ci détourna aussitôt la tête. Peine perdue, il repéra du coin de l'œil l'Arabe qui s'approchait dans sa direction. Il s'assit juste à côté de lui et Hobson démêla des fragrances de patchouli et d'encens bon marché qui s'échappaient de sa toge infecte.  
Le type héla le serveur et commanda un whisky sec. Hobson tournait volontairement la tête de côté pour éviter que le type lui adresse la parole.  
Ce fut en vain parce qu'il l'entendit clairement lui dire :  
 
- Ça être mauvaise signe.
 
Il avait un accent atroce, et Hobson dut prendre sur lui pour lui faire face et se comporter de façon civilisée.  
 
-Comment ?
 
-Moi dire : Ça être mauvaise signe.
 
Le type puait de la gueule de manière intolérable, effluves d'ail mêlées à une forte dose d'alcool. Hobson ne comprenait pas que la sécurité ait pu laisser passer ce terroriste en puissance.  
Il jeta un œil vers ses chaussures, se demandant si il y avait une boîte d'allumettes planquée dessous, qui lui permettraient de s'immoler ou de déclencher une bombe. Les espadrilles à demi déchirées ne lui apprirent pas grand chose.  
 
-Qu'est-ce qui est mauvais signe ?  
 
Le type pointa sa mâchoire et ouvrit la bouche sur une dentition abominable.  
 
-Mal aux dents.
 
Hobson réprima une grimace de dégoût et songea aux infections qui devaient grouiller dans ce bouillon. Seul avec cet homme sale, étranger et potentiellement dangereux, il avait peur et se sentait comme un homme à la mer.  
 
-Quand je avoir mal des dents, catastrophe arriver.
 
Hobson voyait mal quelle cataclysme pouvait être pire que la seule présence de cet escogriffe mais fit semblant de s'intéresser à ses élucubrations.
 
-Ah bon, vraiment ?
 
-Oui, oui. 11 septembre 2001, je eusse grosse mal des dents.
 
Hobson se demanda si il ne se foutait pas ouvertement de lui. Si il cherchait les ennuis, il allait trouer à qui parler ! Les guerres de gang et ses années à la fac comme devensive end dans l'équipe de foot lui avaient légué des bras musclés et une volonté de fer. Ground zero resterait à jamais un sujet sensible pour tout new yorkais, à ne pas prendre à la légère, à ne pas tourner en dérision. Hobson se rappela ses heures de thérapie et de coaching mental et s'obligea à se calmer. Il se dit qu'écluser quelques bières serait peut-être une aide précieuse dans sa recherche de self control.
 
Il tourna la tête pour apostropher le serveur et en se retournant, constata que le grand Ottoman avait disparu. Hobson regarda partout, se leva et arpenta la salle d'embarquement mais ne le trouva pas. Il ne comprenait pas où il avait pu passer. C'est alors qu'il se rendit compte que quelque chose se passait. Les gens s'agitaient, parlaient fort et poussaient des exclamations. Ils montraient du doigt la télé où la météo passait en boucle. On voyait sur els cartes un cyclone invraisemblable se dessiner au dessus de la mer du Japon.  
Et puis les haut-parleurs firent tonner leur annonce :
 
-En raison d'une alerte Tsunami, tous les vols vers le Japon sont annulés. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.  
 
Hobson resta incrédule. 11 mars 2011. Saloperie de putain de dépression!  


---------------
"There have always been ghosts in the machine. Random segments of code that have grouped together to form unexpected protocols"  
mood
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