Didd a écrit :
C'est vrai ce qu'il y a la dedans ? En résumé - Les symptômes avec Omicron apparaissent env 2 jours apres infection pour une personne vaccinée, environ 7 jours apres sinon - Le système immunitaire s'active quand les symptômes apparaissent, c'est la raison pour laquelle les vaccinés font moins de formes graves - Inconvenient: aucun test n'est capable de detecter le virus avant 5 jours. Donc risque d'être négatif mais infecté plus élevé https://www.midilibre.fr/2021/12/26 [...] 013710.php
/J'ai remis le lien il avait merdé
|
C'est un vrai gloubi-boulga de sources. Donc, ça viendrait d'une étude de la Johns Hopkins School of Medecine (on dit Medicine in english, mais bref). Cool, un lien dans l'article ! Qui ne mène pas vers une étude sur https://www.hopkinsmedicine.org/ , ni vers Pubmed ou Medrxiv. Non, on se retrouve sur le site de NBC News, qui cite la très mignonne Dr. Anita Gupta.
Voila ce qu'on lis chez NBC : Selon les premières données, le temps nécessaire à une personne infectée pour développer des symptômes après une exposition peut être plus court pour l'omicron que pour les variantes précédentes - d'une semaine complète à trois jours ou moins. [...] "C'est pourquoi la propagation se fait à un rythme beaucoup plus rapide", a déclaré le Dr Anita Gupta, anesthésiste et médecin spécialiste des soins intensifs à la Johns Hopkins School of Medicine. Elle a ajouté qu'il est possible que la période d'incubation soit plus courte ou plus longue en fonction d'un certain nombre de variables, notamment l'âge, les problèmes de santé sous-jacents et le statut vaccinal. "Il n'y a pas de règle absolue ici".
Elle publie pas mal la p'tite dame, mais pas spécialement sur le covid. Son seul article s'approchant du sujet est "Reimagining Patient-Centered Care During a Pandemic in a Digital World: A Focus on Building Trust for Healing". Et les publications de la Johns Hopkins School of Medecine (sic), il n'y en a point sur le sujet...
On a ensuite un lien vers le site d'une télé catalane. Pourquoi pas... Des déclarations de médecins locaux, aucun lien vers aucune source scientifique. Next.
Et le dernier lien, le plus intéressant, vers The Atlantic. On est dans un autre niveau que Mélissa Simon du Midi Libre fraîchement débarquée de son école de journalisme... D'un autre coté, voici le pédigrée de l'auteur, Katherine J. Wu : Quatre ans dans un labo à l'Université d'Harvard à travailler sur "la régulation protéolytique des réponses au stress et le contrôle de la qualité des protéines dans le périplasme de Mycobacterium tuberculosis", est passée aussi à Stanford et Oxford. Puis journaliste scientifique au Smithsonian Magazine, NYT, et enfin The Atlantic, tout en continuant à publier dans les revues scientifiques...
Extraits : "Si Omicron a une période d'incubation plus courte, cela aura des conséquences sur la façon dont nous le testons et le traitons", m'a dit Omai Garner, un microbiologiste clinique du système de santé UCLA. Mais les tests aux États-Unis restent lents, coûteux et, pour beaucoup, hors de portée. Nous sommes mal préparés à l'arrivée d'Omicron, non seulement parce qu'il s'agit d'une nouvelle version du coronavirus, mais aussi parce qu'il s'apprête à exploiter l'une des plus grandes vulnérabilités de notre panoplie de prévention des infections. Le coronavirus devient plus rapide, ce qui signifie qu'il devient aussi plus difficile à attraper.
[...]
Les tests n'offrent qu'un instantané du passé, pas une prévision de l'avenir ; un virus à réplication rapide peut passer de non détectable à très, très détectable en quelques heures - du matin au soir, les négatifs peuvent ne pas tenir.
Ceci, en particulier, pourrait être une mauvaise nouvelle pour les tests PCR, qui ont été l'étalon-or tout au long de la pandémie et qui sont essentiels pour diagnostiquer les personnes très malades. (Heureusement, la plupart des tests PCR semblent bien détecter Omicron). Ces tests doivent être traités dans un laboratoire avant de pouvoir renvoyer des résultats - un processus qui prend généralement au moins quelques heures mais qui, lorsque les ressources sont très limitées comme c'est le cas actuellement, peut prendre plusieurs jours. Dans ce laps de temps, Omicron pourrait être passé du corps d'une personne à celui d'une autre, puis d'une autre encore. Il s'agit d'un risque particulier pour les personnes qui ne présentent pas de symptômes et qui sont encore en déplacement en attendant leurs résultats. Plus le virus devient rapidement infectieux, plus la rapidité des tests devient importante.
Donc, le "aucun test n'est capable de detecter le virus avant 5 jours" est complètement débile. Le problème c'est la durée entre le test et le résultat. Je vous recommande chaudement l'article de Katherine, c'est sourcé dans tous les sens vers des publications scientifique, et très clair comme explications. De l'excellent journalisme scientifique.
Revenons sur terre avec notre feuille de choux locale, et la fin de l'article. Qui conclue en disant tout et son contraire, grandiose : Pour rappel, aucun test n'est pour l'heure capable de repérer la présence du virus avant le cinquième jour suivant l'infection. Les tests PCR détectent ainsi la présence du virus au 5e jour après l'infection alors que les tests antigéniques le font plus tard lorsque la charge virale est la plus forte. C'est pour cela que le test PCR peut être positif avant (et même après) que le sujet ne soit contagieux.
Bref, Mélissa Simon, tu devrais te contenter d'écrire dans d'autres rubriques du Midi Libre plus à ton niveau, comme tes excellents articles sur le "Loto de Noël : vous aimeriez remporter le jackpot, quels numéros ont le plus de chance de tomber ?", "Koh Lanta : dîners clandestins, chantage, pas de gagnant... cinq minutes pour tout comprendre sur cette saison inédite", ou enfin le très original (Pulitzer envisageable) "Noël : des centaines de milliers de cadeaux déjà en ligne, voici comment les revendre à coup sûr"
Et il faudrait aussi arrêter de partager ces articles de merde de la presse régionale, qui sont catastrophiques. Ces journaux sont très bien pour la rubrique chiens écrasés, ou pour la prochaine foire à la saucisse de Saint-Maurice-sur-Aveyron. Mais dans le domaine de la science, c'est de la source de source de source foireuse, retambouillé par des journalistes débutants de 26 ans qui sont déjà incapable de nommer les cinq doigts de leur main...
---------------
Ducouïte : maladie consistant à parsemer ses posts de "du coup" et "pour le coup" | TU des moteurs de recherche !