pascaldeuxzero Next one's coming faster. | epsiloneridani a écrit :
Oui c'est à peu près ça. Notre organise produit des lymphocytes B, les cellules immunitaires spécialisées dans la prodction d'anticorps. Chaque lymphocyte B va être capable de produire un type d'anticorps précis parmi un répertoire en comprenant des millions. Chaque anticorps va être capable d'identifier un élément précis, ce qui va conduire à la neutralisation de cet élément. Donc parmi tous nos lymphocytes B certains vont être capable d'agir sur le covid, d'autres sur la grippe H3N2 et ainsi de suite.
Dans le contexte normal d'une infection ou d'une vaccination, ton organisme va se rendre compte qu'il y a un élément étranger dans l'organisme. Il va ensuite y avoir une période de quelques jours pendant laquelle l'organisme va chercher parmi tous ses lymphocytes ceux qui sont capables d'identifier cet élément. Le problème c'est que les lymphocytes qui marchent contre cet agent sont présents en un très petit nombre dans l'organisme (forcément on en a des millions de types différents donc ça fait très peu de chacun de ces types). Donc une fois sélectionné, il va falloir les multiplier et seulement à ce moment l'organisme pourra riposter efficacement. La procédure dure une petite semaine (chez les personnes avec un système immunitaire en forme). Après une première exposition ça va plus vite parce que d'une part, pendant quelques mois il reste des anticorps de la première fois. Et d'autre part, l'organisme garde de côté les lymphocytes efficaces pour pouvoir raccourcir la procédure lors d'une éventuelle infection ultérieure.
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J'en profite pour revenir sur ce graphe :
pascaldeuxzero a écrit :
Citation :
A titre informatif, voici mon dosage d’anti-S avant vax, après 1 dose, 2 doses, et après le rappel :
- la diminution est linéaire de ouf (-25% par mois) (*)
- la dose de boost comme prévue les Ac (je vais mettre > 1 an à redescendre à mon niveau pré-rappel) (*)
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https://nitter.domain.glass/SaiyanB [...] 2120138761
(*) : Il est suggéré dans les commentaires que le taux d'anticorps serait plutôt sujet à une décroissance exponentielle, i.e. avec une vitesse de décroissance proportionnelle au taux.
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On observe donc que la 3e dose booste significativement (x34) le taux d'anticorps contre le SARS-CoV-2 (réaction immunitaire aiguë). Mais en y repensant, je me demandais à quel point c'était important, utile. J'en étais resté au fait qu'il est parfaitement normal que ce taux d'anticorps baisse avec le temps et que ce qui importait ensuite c'était la capacité de l'organisme à se rappeler comment les fabriquer si nécessaire (réponse mémoire). En lisant ta réponse en complément d'articles de vulgarisation que je laisse ci-dessous pour référence, je comprends que fabriquer les lymphocytes B spécialisés qui fabriqueront à leur tour les anticorps contre le virus, ça prend un peu de temps. Plus que ce que j'imaginais en fait, voire potentiellement trop, et avoir des AC déjà prêts et disponibles confère donc un avantage. C'est noté.
J'ai toutefois des questions relatives à l'aspect "mémoire" (ce sont toutes un peu les mêmes en fait : les bénéfices de la 3e dose) : - Est-ce qu'un taux d'AC plus élevé implique qu'on a stimulé la fabrication de lymphocytes B spécialisés (ou qu'ils ont plus travaillé)? En conséquence, est-ce que cela augmente le nombre de lymphocytes mémoires qui persisteront, est-ce que c'est important pour la stabilité de la mémoire à long terme? - Où en est l'état de la connaissance sur la persistence des lymphocytes mémoires après 2 doses? Est-ce que le besoin d'une 3e dose suggère que 2 doses ne suffisent pas pour induire une mémoire à long terme suffisamment stable (insuffisante pour refabriquer rapidement les anticorps qui vont bien)?
- C'est quoi le but de la 3e dose finalement? Permettre d'atteindre et de maintenir un taux d'AC suffisamment élevé qu'on pourra mobiliser en attendant de relancer les machines qui les fabriquent? Améliorer la mémoire à long terme? Les deux?
Citation :
De l’infection à la mémoire immunitaire
En cas d’infection, le système immunitaire active d’abord une première ligne de défense, l’immunité innée. Celle-ci s’appuie notamment sur des cellules immunitaires capables de détruire les agents infectieux de manière non spécifique. L’immunité adaptative se met ensuite en place. Elle permet d’obtenir une réponse spécifique contre le pathogène en présence. Elle s’appuie quant à elle sur des lymphocytes B qui produisent les anticorps spécifiques de ce pathogène, ainsi que sur des lymphocytes T capables de reconnaître et de détruire les cellules qu’il a infecté. Ces cellules disparaissent à l’issue de l’infection, mais un groupe de lymphocytes B et T « mémoires » persistent dans l’organisme. En cas de nouvelle infection, ils seront immédiatement réactivés et conduiront à une réponse spécifique, rapide et efficace. Pour en savoir plus : https://www.youtube.com/watch?v=m5SprSTxWfQ
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Comprendre la réponse immunitaire mémoire après le Covid-19 - 15/06/2020
Citation :
Petit rappel d’immunologie : la mémoire immunologique n’est pas une version durable de la réaction immunitaire immédiate à un virus particulier ; c’est plutôt un aspect distinct de la réponse immunitaire. Dans la phase de mémoire, les cellules B et T spécifiques d’un virus sont maintenues dans un état de latence, mais sont prêtes à entrer en action si elles le rencontrent à nouveau (ou le vaccin correspondant). Ces cellules mémoire B et T proviennent de cellules activées lors de la réaction immunitaire initiale, qui acquièrent des modifications dans leur ADN leur permettant de réagir rapidement en cas d’infection ultérieure.
Les lymphocytes B, après activation par leur rencontre avec l’antigène, se différencient en plasmocytes qui sécrètent des anticorps en grande quantité ou en lymphocytes B mémoire. Il y a environ 25 ans, on a découvert que les plasmocytes peuvent devenir eux-mêmes des cellules mémoire ; localisées dans la moelle osseuse, elles peuvent sécréter des anticorps pendant des décennies, voire toute une vie.
Ainsi, la présence dans la moelle osseuse de plasmocytes mémoire sécrétant des anticorps est probablement le meilleur marqueur d’une immunité de longue durée.
Jusqu’à présent, pour le SARS-CoV-2, la plupart des études ont analysé la phase aiguë de la réponse immunitaire, qui s’étend sur quelques mois après l’infection, et ont surveillé les lymphocytes T, B et les anticorps sécrétés, mais elles ne se sont pas intéressées à la production de plasmocytes mémoire. Ces cellules sont très difficiles à mettre en évidence, car elles sont extrêmement rares.
Les chercheurs de l’équipe de Turner ont réussi à identifier dans la moelle osseuse les plasmocytes mémoire produisant des anticorps contre la protéine Spike du SARS-CoV-2 chez 15 des 19 individus étudiés, environ 7 mois après l’infection. Lorsque les auteurs ont obtenu des échantillons 4 mois plus tard (11 mois après l’infection initiale), le nombre de ces plasmocytes était resté stable chez tous les individus analysés sauf un (ces cellules ne sont pas capables de proliférer). Leur nombre était comparable à celui retrouvé chez les individus après vaccination contre le tétanos ou la diphtérie, vaccinations qui confèrent une immunité à long terme contre ces maladies.
Lorsque les chercheurs ont analysé les concentrations d’anticorps contre le SARS-CoV-2 dans le sang des individus jusqu’à un an après l’infection, ils ont observé un schéma biphasique. Au moment de l’infection initiale aiguë, les concentrations d’anticorps étaient élevées, mais elles ont ensuite diminué (comme attendu, car la plupart des plasmocytes ont une durée de vie courte). Après quelques mois, les concentrations d’anticorps se sont stabilisées et sont restées plus ou moins constantes à environ 10 à 20 % de la concentration maximale. Ceci est cohérent avec l’hypothèse selon laquelle 10 à 20 % des plasmocytes dans une réaction immunitaire aiguë deviennent des plasmocytes mémoire qui ont une durée de vie longue.
Dans une autre étude par Wang et coll., les auteurs ont suivi le taux d’anticorps sanguin et les cellules B mémoire spécifiques du SARS-CoV-2 environ un an après l’infection.
Ils montrent qu’entre 6 et 12 mois après l’infection, la concentration des anticorps neutralisants reste stable. De plus, les cellules B mémoire spécifiques sont capables de reconnaître un large éventail de souches variantes. Enfin, chez les personnes infectées il y a un an, la vaccination (1 seule dose) entraîne une augmentation de plasmocytes, et un taux d’anticorps contre le SARS-CoV-2 multiplié par 50. Certains de ces plasmocytes deviendront probablement des plasmocytes mémoire, bien que cela reste à démontrer formellement, tout comme l’induction d’une mémoire stable à long terme à la suite de la vaccination.
Ces données sont très positives car elles suggèrent que l’infection par le SARS-CoV-2 induit une immunité à long terme chez la plupart des individus.
Elles ont également un impact sur la façon d’évaluer l’efficacité du vaccin : il ne faut pas s’attendre à ce que les concentrations élevées d’anticorps (caractéristiques des réactions immunitaires aiguës) soient maintenues dans la phase de mémoire. Avant de se lancer dans des campagnes de vaccination de rappel, il faudra étudier les réponses mémoires après vaccination. Nous attendons donc ces données avec impatience !
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Covid : une mémoire immunitaire à vie ? - 18 juin 2021
epsiloneridani a écrit :
L'injection directe des anticorps, ça permet de shunter toute la procédure et d'avoir directement les anticorps dans l'organisme. Par ailleurs, tous les anticorps ne se valent pas. Certains marchent très bien contre le covid, d'autres marchent moyennement et d'autres très mal. Donc on va au préalable trier parmi tous les anticorps anti-covid ceux qui sont les plus efficaces. On va donc utiliser injecter uniquement un type d'anticorps (ou un petit nombre), celui qui marche le mieux.
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Du coup, la différence fondamentale avec la vaccination c'est que ça court-circuite la partie "cellules mémoires" du système immunitaire, non? Si oui, je comprends que si l'injection d'AC est intéressante pour un individu avec un système immunitaire déficient, la vaccination reste plus avantageuse pour les autres.
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