Profil supprimé | markesz a écrit :
Perso, j'ai beaucoup de tristesse quand je pense aux Palestiniens, leur situation est franchement désespérée, malgré tout je ne peux pas condamner uniquement la politique générale d'Israël, car la faute revient en grande partie aux leaders palestiniens, qui, même après les accord d'Oslo -en suspens avec la mort de Rabin- ont toujours tenus des discours de vengeance et de haine. Pourquoi se sont-ils entêtés à donner une éducation guerrière à leurs enfants ? Avec un peu de lucidité ils auraient pu comprendre que le rapport de force était impossible à renverser, et continuer à souhaiter la destruction de l'état d'Israël au lieu de discuter une paix véritable en échange de l'arrêt des colonisations, mais non. Un état palestinien viable était pourtant encore réaliste à cette époque.
Ils ont préféré l'affrontement permanent, avec les résultats désastreux qui nous emmènent à la situation actuelle.
C'est triste.
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Cairement ni Israël ni l'AP n'ont jamais montré que des intentions de principe. Israël parce que malgré les pressions américaines de l'époque, a toujours gardé un rapport de force largement en sa faveur, et les palestiniens parce qu'ils n'ont jamais su anticiper les changements politiques et diplomatiques. Arafat a cru qu'il pouvait changer ce rapport de force par deux canaux parallèles : un canal diplomatique régional, un genre de "front arabe uni" et un canal diplomatique "international". Le tout, légitimé auprès des palestiniens, par une lutte armée, sur le même modèle que la guérilla que le Hezbollah a utilisé au sud-Liban. L'évacuation des positions israéliennes au Liban par Barak a donné à Arafat l'illusion qu'il pourrait reproduire ce schéma, et utiliser les images pour consolider son appui international. Le calcul fut désastreux, à tous les points de vue. - D'abord, il n'a pas compris que depuis 1996, Israël est passé brutalement et sans transition d'un modèle communiste d'inspiration soviétique à un modèle économique calqué sur le modèle américain, avec tout ce qui en découle en termes d'investissements massifs dans la recherche et les nouvelles technologies. En s'imposant rapidement dans ces secteurs, Israël a fait en sorte de tisser petit à petit des liens commerciaux dans des secteurs clés, comme la défense. Chirac, que les palestiniens adulaient, avait beau crier très fort sur la police israélienne à Jérusalem, est à l'origine du réchauffement général des relations franco-israéliennes, par exemple, notamment dans le secteur militaire. Pour arriver aujourd'hui à une situation où l'écrasante majorité des exportations israéliennes, c'est du high-tech, qu'il soit militaire donc insensible aux boycotts, ou civil, et donc tellement largement utilisé que là aussi, insensible au boycott.
- Sur l'évolution de la population israélienne, l'AP n'a rien vu, rien anticipé. Pour eux, la population israélienne était resté la même que celle de la fin des années 80, avec ses 2% de sionistes-religieux dans l'armée, et ses H'aredim qui ne servent pas sous les drapeaux. Incapables de voir que la physionomie de la population a changé, que 40% des nouvelles recrues et officiers des unités combattantes sont issus de ce mouvement ou de ses sympathisants. Incapable de comprendre que les règles de la démographie avaient changé, que les trends étaient très différents ce qu'ils étaient jusque dans les années 90.
- Sur la lutte armée, le calcul fut désastreux parce qu'il n'a pas su identifier ce qui avait marché dans l'évacuation du Liban. Il n'a pas compris pourquoi la population israélienne l'a soutenu, croyant que c'était une simple réaction de ras-le-bol face aux pertes de soldats dans des embuscades du Hezbollah. Ça a évidemment joué, puisque c'est ça qui est l'origine par exemple du "mouvement des 4 mères". Mais la population a soutenu le principe avant tout parce qu'elle voyait le Liban comme un truc lointain, inutile, où il n'y avait aucune population civile israélienne à protéger, et qu'elle croyait encore qu'Oslo était sur les rails. Il y avait encore une base de la confiance dont je parlais hier soir, même si c'était fragile. La gauche israélienne pouvait encore se faire entendre, elle pouvait encore parler d'évacuations et d'accords. Arafat était resté sur un schéma "première intifada", dans lequel, pensait-il suffirait de diffuser massivement des photos et images de soldats israéliens contre des lanceurs de pierre pour forcer définitivement la mais d'Israël. Mais en voulant à la fois reproduire ce schéma et y mêler le schéma "libération par les armes" du Hezbollah, il s'est piégé tout seul : militariser la lutte, et porter cette le feu jusque dans les bus et les restaurants israéliens (quelques semaines après le 11 Septembre ) a eu un effet d'électrochoc sur les israéliens. Les images du lynchage des deux réservistes à Ramallah le 12 octobre 2000, qui ont tourné sur toutes les chaînes israéliennes, ont pulvérisé définitivement la dynamique de la gauche. Barak s'est fait sécher aux élections, Sharon a pris le pouvoir, et le peuple israélien a massivement plébiscité l'opération Rempart. Les attentats sanglants à Tel Aviv, Jérusalem ou Netanya ont durablement marqué le curseur politique israélien à droite, et ont consolidé ce discours de certains comme Lapid du "y'a pas de partenaire pour discuter d'un accord de paix". Et puis il y a eu 2005. Pas la faute de l'AP, sur ce coup, mais ça n'a fait qu'enfoncer le clou, et renforcer cette image dans la population israélienne que "évacuer, c'est s'exposer aux attentats, aux missiles, aux roquettes, aux tunnels, etc".
- Sur le "front arabe uni", là encore, Arafat a été incapable de comprendre la carte géopolitique. Il aurait pourtant du apprendre de sa tragique bévue en 1991, lorsqu'il fut le seul à soutenir Saddham pendant la première guerre du Golfe. Il n'a pas su comprendre la montée en puissance des prétentions régionales iraniennes, ni identifier subséquemment l'opposition sunnite qui allait apparaître. Je me souviens très clairement d'une image en juillet 2006 : Israël et le Hezbollah étaient en guerre, les saoudiens ont officiellement condamné le Hezbollah (et officieusement soutenu Israël). Et je me souviens que le leadership palestinien à l'époque s'est retrouvé comme un lièvre dans les phares du voiture arrivant à toute vitesse, incapable de comprendre que le monde avait changé depuis la fin des années 80. Et après ça a été l'avalanche : l'Egypte a suivi (le Hamas l'a découvert à ses dépens en 2009 pendant Plomb Durci), la Jordanie (même sil elle marche sur la corde raide), les émirats, des pays d'Afrique subsaharienne traditionnellement hostiles à Israël, etc. Pour arriver aujourd'hui à une situation où les palestiniens n'ont plus aucun soutien diplomatique d'aucune sorte nulle part, ou presque. Les rares victoires diplomatiques qu'ils engrangent à l'UNESCO ou à l'ONU sont symboliques, et n'ont aucune portée sur le terrain. Jusqu'à refuser en 2008 une proposition inespérée d'Olmert, qui bataillait en secret, avec l'appui de certains organes de presse. Pendant qu'en Judée-Samarie, le taux de croissance démographique des colons flirtait avec les 6.5%. Avec certains diplomates américains qui s'arrachaient les cheveux en voyant ça. Et avec une population israélienne, encore une fois, confortée dans le "regardez ils veulent pas vraiment un accord".
Et puis Netanyahou est arrivé. |