Qingdan a écrit :
Daks, tu as ete recalé par rapport a l'epreuve dont tu as publié le brouillon ???
Si oui, c'est visible en parcourant le brouillon
Qing
IEPien diplomé, et affranchi
Y'a d'autres diplomés ici ??? (j'ai la flemme de me taper toutes les pages du topic)
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Ca sert pas a grand chose ce genre de commentaire... c'est courageux de poster son brouillon sur un site comme ça. Et puis si tu avais un
tant soit peu de sens de l'observation (vue le type de papier) ou même pris la peine de lire son post tu aurais vu que c'est son brouillon de Paris...
Pour faire un commentaire constructif sur son brouillon, effectivement je pense que c'est pas trop ce qui est attendu a sciences-po Paris, je vais essayer d'expliquer rapidement pourquoi même si je prétend pas pour autant être une référence absolue en matière de sciences-pisteries. La majorité de mes "conseils" sont tiré d'un an de prépa avec un prof qui corrige les épreuves de sciences po, et écrient beaucoup de livre de culture G. Je suis à sciences-po Bordeaux.
Tout d'abord au niveau de la forme, les correcteurs de sciences-po sont majoritairement des profs d'hypokhâgne et khâgne, Lettres ou philo, et rarement des profs de l'IEP, donc ils sont plutôt habituer a des plans en trois parties, mais ça peut passé en deux parties a la limite, c'est pas rédhibitoire. En revanche dans les IEP de province ou il y a une épreuve de CG, le plan en 2 parties est à privilégier, car c'est majoritairement des profs de l'IEP qui corrigent. Je pense aussi qu'il faut vraiment distinguer la Culture G province de la CG à Paris. La culture G de
province est plutôt une CG de type "administrative», ou l'ont peut faire référence a un peu près tout pour peu que les exemples soit complet, précis et
participe a l'argumentation. En revanche à Paris les références a l'actualités sont plutôt à proscrire, l'épreuve de CG parisienne est plus
"philosophique», et surtout, ce que beaucoup de candidats oublie "littéraire" tout simplement parce les profs qui corrigent sont comme je l'est dit plus haut des agrégés de lettres ou de philo, et parce que la majorité des candidats vont employés ce genre d'exemple (ou des exemples historiques, qui sont peu valorisé aussi).
Sur ta copie , ton accroche sur Hitler par exemple est très classique, et surtout tiré d'exemple historique du XXe siècle, c'est le genre d'accroche un peu "passe partout", qui aurait pu figurer sur un autre sujet.Puisque tu as lu Le Prince tu aurais pu utiliser Jérôme Savonarole (le
prédicateur) qui en prenant le pouvoir a Florence a tenter de confondre morale et politique, ce qui explique pour Machiavel son échec . C'est le type d'exemple "culturel", tu exprimes la même idée, mais tu lui donnes plus de relief...
De plus ton intro est très courte, a la limite de la paraphrase parfois, et tu ne questionne pas ce qui te semble évident: politique et indiscutable, alors que ce sont les deux éléments centraux du sujet, tu parle d'un paradoxe que tu n'explicite pas, tu pars sur une accroche qui aurait pu être intéressante mais comme tu ne l'explicite pas elle fait un peu "plaquée". Une intro peut très bien faire 2 pages et demi, tu ne seras pas pénalisé pour ça. Pour reprendre ton devoir, je pense que tu confonds "l'action de l'homme politique», à savoir pour toi la recherche de l'intérêt général et la politique en général, qui était le centre du sujet. Il faut vraiment éviter le dogmatisme : la politique c'est "ça", on pourrait écrire des livres entiers pour
tenter de définir la politique, il faut mieux être relativement humble, la politique peut être autant l'organisation des pouvoirs dans une société humaine,
que l'objet de ce pouvoir ou la manière dont on utilise ce pouvoir, il faut essayer de la définir sans se perdre, mais surtout pas en 3 mots... En prenant
une telle définition tu limite d'emblée la porté du sujet, en le limitant dans ton cas a la démocratie représentative moderne. De même tu prends pas la peine de vraiment définir l'indiscutable .Est ce que lindiscutable, ça ne se rapproche pas par exemple du sacré ? L'indicible, le non-dit est ce l'indiscutable ? Quels rapports de pouvoir qui se crée autour de l'indiscutable ? Le pouvoir en politique n'est ce pas justement de "dire" les choses ? Ce qui est indiscutable en politique n'est pas au fond ce qui permet justement de "discuter" ?
Concernant ton plan, tu utilise un plan trop classique, un plan soit disant "sciences-po", c'est vrai qu'une fois a sciences po on fait beaucoup de plan en 2 parties avec une opposition binaire, mais sur le concours c'est plutôt a éviter, d'autant que toute opposition trop marquée est par nature fausse... On peut très bien faire un plan en 2 parties en utilisant une opposition plus subtile qui marque une progression dans le devoir. De toute façon c'est toujours la problématique qui dicte le plan, et c'est ce qu'il y a dans le plan qui fait la valeur du devoir. (Cf. la copie dans le livre 1 du CNED... Un plan relativement classique, mais de très bonnes références et une argumentation nuancer, et surtout une très bonne plume) On voit d'ailleurs dans ce devoir qu'il ne fait a aucun moment référence a l'actualité , alors que le sujet s'y prêtait particulièrement...
Pour reprendre ton devoir, Mitterrand et Badinter sont un peu hors de propos, d'autant que la politique, ce n'est pas les hommes politiques... De plus en suivant ton argumentation , Napoléon III a eu raison de faire son coup d'état , car si l'opinion était contre le jour même , puisqu'il a largement gagné le plébiscite qui a suivi , il est dans son bon droit. De plus les citoyens sont "stupides", il ne savent pas ce qui est bon pour eux, l'intérêt général est un concept vraiment très vague (que tu n'a d'ailleurs pas définit dans ton intro) Si l'intérêt général est indiscutable, tu justifie aisément toute forme de technocratie qui aurait pour fondement l'intérêt général. A quoibon la démocratie si quelques hommes peuvent savoir mieux que quiconque l'intérêt de tous ?
Ton deuxième argument c'est en gros, puisque c'est légal, c'est normal... Je pense vraiment que le devoir tournait autour de ce qui est universellement considéré comme indiscutable en politique. Le droit est une norme. D'autre pays n'ont pas le 49-3, de même certains sujets sont tabou ou presque en France, et acceptés dans d'autre démocratie. On peut tout a fait concevoir que l'indiscutable c'est la norme qui nous unis tous dans le même régime politique et qui garantie une forme "d'éthique de discussion". En reprenant par exemple, "du contrat social" de Rousseau, mais fondé l'indiscutable uniquement sur le droit ça me parait pour le moins présomptueux.
Le C ressemble a une transition plus qu'a une partie à une sous partie, mais tu es pas très logique avec toi même, tu emplois Pie IX alors que tu parlais d'intérêt général et d'homme politique avant... L'objectif du pape ça na jamais été l'intérêt général...
Ton grand II. Reprend les mêmes défauts que ton grand I.
Le premier argument parle du pouvoir du peuple. Si tu intègre un IEP l'année prochaine et que tu fait des sciences politiques tu verra que c'est en grande partie faux et surtout c'est assez décousu par rapport a ton argumentation précédente. Essaye d'éviter d'employer le mot peuple aussi, c'est très connoter, il faut mieux utiliser le terme citoyens. Tu explique le CPE par la Boetie, en faisant un saut de V siècle, et surtout en lisant la Boetie de travers, car ce qu'il décrit, c'est avant tout le despotisme et les mécanismes de domination dans le cadre de ce despotisme, pas les dysfonctionnements d'une démocratie parlementaire. Avec qui discute les hommes politiques ? Avec le peuple réellement ? Ils discutent avec les élites, ceux qui se font les porte-voix du peuple et jamais avec le peuple lui-même, il y a toujours une médiation des rapports de force entre citoyens et élites politiques. De plus si on lit de plus prêt "de la servitude volontaire" on se rend compte qu'il considère que le peuple, le "gros populas" comme il l'appelle est incapable de briser ses chaînes, au contraire il en est "fière" de celle-ci, tel un "courtaud", au contraire des hommes "bien nées" qui sont capable de brisé la chaîne du consentement. Ce qui appuie l'argument de ton I)A). C'est a dire l'intérêt général est le fruit de l'esprit éclairé de quelques uns.
Ton B) souligne un point qui aurait pu (du ?) figurer en intro, mais dialoguer, est ce la même chose que discuter ? Raffarin : à éviter.
Ton C) cf. ce que j'ai dit plus haut, sur la discussion entre le "peuple" et les hommes politiques. De plus c'est difficilement tenable éthiquement de considérer les citoyens comme par essence inapte a toute vie politique et toujours enclins a cédé aux "sirènes" de la démagogie.
Ton devoir donne vraiment l'impression que tu tourne autour du sujet sans jamais y entré, en fonçant tête baisser sans prendre la peine de passer le temps a définir les termes du sujet de manière efficace. J'ai lu plus haut que tu avais fait seulement 4 mois de prépa sciences-po ce qui peut tout a fait justifier ces carences. Il faut vraiment consacré beaucoup de temps dans sa préparation a mon avis a lire quelques ouvrages clés mais a vraiment les maîtriser.Et avoir un bon cours généralement de culture G, type CNED. Le livre indispensable mais plutôt difficile a maîtriser c'est "la crise de la
culture" d'Hannah Arendt, pour ce sujet c'était vraiment indispensable je pense.
Désolé si la critique parait un peu dur, mais pour me dédouaner, a sciences-po on passe beaucoup de temps a critiquer au sens "noble" du terme. Notamment sur tout ce qui est exposer et lecture d'oeuvre en conf' de CG. J'espère que ça te permettra de comprendre un peu mieux ta future note, je vais pas être démago et te dire que tu aura une bonne note ca naurait aucun sens. Je vais pas essayer de traiter le sujet non plus, le rapport du jury donera sans doute des indications plus pertinentes, mais c'etait vraiment un sujet tres interessant , plus passionant que "peut-on controler la recherche scientifique ?" qui tournait a mon avis autant autour de la politique que du pouvoir du langage , de dire les choses , ce qui aurait pu mobiliser Michel Foucault , H Arendt et tant d'autre...
Une derniere reaction sur la chance pour intégré un IEP. C'est sur que la chance ca joue , mais compter que sur ca c'est se préparer a de grosses déceptions
. Dans ma prépa les résultats ont été tres "logique", tout les admissibles a Paris qui ont passé les concours de Bordeaux ou Lille les ont eu, l'inverse n'etant pas evidement pas vrai... Pour le tri-concours, seulement une minorité l'ont passé (ceux qui avait échouer aux concours de Paris/Bordeaux/Lille), et tous l'ont eu (sauf 1, qui a eu Toulouse)