Voici donc le CR de mon trail de samedi.
Attention
Il ne sera pas trop esprit trail
C’était donc un 50k avec 1600m de D+
La préparation :
Elle fut chaotique.
J’ai eu des douleurs aux pieds après une petite course de 10k sur route/chemin/neige.
D’ailleurs, petite remarque en passant, mes deux dernières blessures (tfl et aponévrose plantaire ?) sont survenues après avoir porté des Sense 2 … Du coup elles sont à la poubelle maintenant.
Je décide donc de faire une petite pause histoire de reposer tout ça. Et je passe un peu au vélo.
Ce n’était pas grand-chose et ça s’est vite guéri tout seul. Mais au moment où j’aurais pu reprendre la course à pied, je me plante comme une merde en vélo et me fait mal aux côtes et surtout au genou.
Et ça m’a bien handicapé facile 15 jours, avec la jambe qui coinçait surtout en descente.
Après ça tout se passe plutôt bien.
Avec le recul je n’ai clairement pas fait assez de sorties nature (uniquement 2) Mais je manquais un peu de temps.
Et fait trop de travail de vitesse qui dans les circonstances ne servait à rien …
Mais vu le profil je pensais que c'était roulant et que je pourrais courir tout du long...
... je me suis bien planté.
J’arrive néanmoins en bonne forme. Avec tous les indicateurs au vert.
L’avant course :
Bon j’ai déjà pu en parler, la cloche à ours dans la liste du matos à avoir m’a interpellé.
Il y a eu aussi des inondations historiques dans la région … Et une alerte aux tornades … Si si !
Je devais camper sur place, mais vu qu’ils annonçaient encore de fortes pluies pendant la nuit, j’ai préféré opter pour une nuit courte et pas mal de voiture, plutôt qu’une nuit de galère sous l’eau …
Donc levé à 3h45, café et petit dèj …
Caca timide … Ça m’inquiète un peu vu qu’habituellement je démoule fièrement des trucs monstrueux.
Et hop départ à 5h ! Il faut savoir que j’ai à peu près le même profil conducteur que chou andy. C’est-à-dire que je ne conduits quasiment jamais et du coup je ne suis pas le mec le plus détendu quand il s’agit de faire de la route.
Ça se passe quand même bien, vu le monde sur la route à cette heure-là.
J’arrive sur place vers 7h30. C’est très chouette, c’est au bord d’un étang.
Il fait super beau et avec la pluie de la nuit l’air est chargé d’humidité, avec de belles nappes de brume au-dessus de l’eau et le soleil qui perce à travers. Ça tue un peu la bite !
Je récupère mon dossard, pas de puces, pas de ligne de départ ! C’est roots et familial !
Je n’ai pas fait beaucoup de trail ici (au Quebec), mais je reconnais quand même pas mal de personnes parmi les coureurs et les bénévoles.
En fait ils se connaissent tous, c’est finalement une petite communauté de passionnés que l’on retrouve de course en course et l’ambiance est vraiment cool !
J’hésite quant aux chaussures à prendre. Entre les terra Kiger et Les pur Grit 3.
Finalement je prendrais les kiger. De toute façon vu les conditions il m’aurait fallu vraiment des chaussures spécialisée boue, et vu que je n’en ai pas, autant prendre celles avec lesquels je me suis entrainé.
Le départ est à 8h.
On se dirige tous vers la ligne de départ imaginaire. Et c’est parti !
La course :
0-3k
Ça démarre vite juste ce qui faut. On commence par une boucle autour de l’étang et une petite montée.
Ça place dès le départ les conditions que l’on va avoir toute la course … Et encore ce sera la partie la plus roulante …
C’est donc uniquement du single track. Avec des roches humides recouvertes de mousse qui surnagent du bourbier. Poser les pieds sur les roches est hors de question vu que je n’ai aucun grip, du coup je passerais mon temps à viser entre pour pas me faire une cheville en suivant le crédo « Si tu hésites entre un pas ou deux, fais en trois ! »
Je suis un mec, et au 3ieme on a un gros doute sur le chemin … Du coup discutions, demi-tour pour voir si on n’a pas loupé une intersection et au final on continue et on retrouve le tracé…
Ce sera la première des nombreuses fois ou je me serais perdu.
3-8k
On bifurque dans le bois. C’est dense.
On est censé suivre les marques rouge et blanc sur les arbres… Il n’y a pas de véritable trace/chemin au sol… Tout est inondé avec pas mal d’arbres ou de branches a terre à éviter. Ce qui fait que c’est assez dur de trouver son chemin…
Heureusement on est deux à ce moment-là, ça limite les erreurs d’orientation.
Il y a aussi des torrents à traverser. Avec des semblants de ponts faits de planches. Sauf que tout est défoncé et le taux d’humidité est tellement élevé (>80%) que tout suinte. Surtout les planches, qui se trouvent extrêmement glissantes … Du coup on passera tous les similis ponts à côté dans les bourbiers et les torrents !
Par contre c’est très beau ! On longe des rapides sur notre gauche qui déboulent dans des gorges et nous on survole tout ça dans un terrain en dévers bien casse gueule.
Et là on hallucine sur notre pace … On n’avance pas !
Et je n’ai pas le sentiment de pouvoir aller beaucoup plus vite. On se demande bien en combien on va la finir cette course…
8-12k
On attaque une partie un peu plus roulante. C’est une ancienne piste de quad. Enfin c’est plus une rivière avec 10cm d’eau ou de boue … Mais on peut courir.
Ce n’est pas le passage le plus intéressant mais ça fait du bien de courir et de ne pas chercher son chemin !
Je décrocherais là mon acolyte.
12-16k
Arrive ensuite le pays des castors. Comme si il n'y avait pas eu assez d’eau !
Là c’est de la tourbière, avec le pied qui s’enfonce jusqu’à la cheville/mollet et la succion qui menace de t’avaler la chaussure.
Il commence à faire chaud.
L’endroit est très chouette et je cherche à voir si je ne peux pas apercevoir un quelconque bestiaux.
En tout cas au sol les traces ne manquent pas … Mais pas de pates d’ours !
Et là se dresse devant moi un pont défoncé avec les marquages signifiant que l’on fait fausse route (croix rouge bien rappelée lors du meeting d'avant course).
Ben merde alors … Je n’ai pas vu d’embranchement … Et vu que je ne veux pas prendre le risque de continuer sur le mauvais chemin, je fais demi-tour pour voir si je n’ai pas loupé un truc…
Je retrouve ainsi mon ex-acolyte, qui n’a pas vu non plus d’autre chemins … On décide donc de franchir le pont.
Et effectivement c’était le bon chemin. La croix rouge était juste là pour signifier un passage dangereux...
C’est à ce moment-là que je commence à avoir des crampes au mollets … Je ne sais pas si c’est la chaleur ou l’humidité, ou le fait de retenir continuellement mes chaussure d’une disparition dans la boue … Mais c’est arrivé vite !
16-19k
On quitte ensuite le sentier pour faire un aller et retour pour atteindre le premier ravitaillement. C’est une bonne montée bien raide pour atteindre un lac où on est obligé de se tracter avec les mains en tirant sur les branches parce que les pieds n’ont aucune accroche.
On atteint le premier ravitaillement à 17.5k après plus de 2h de course !
Là je bouffe un peu de tout … Les bénévoles sont sympas et ils veulent que je goute a tout … Surtout leur végé-paté fait maison.
Donc après avoir rempli mes flasks et m’être bien gavé c’est retour par le même chemin, mais en descente … A la même vitesse que la montée, tellement c’est casse gueule.
Là on croise les concurrents derrières qui remontent vers le ravito. On s’encourage et se tape dans la main … Une véritable honte à l’esprit trail !
19-22k
On remonte, et on se retrouve dans la pinède, c’est chouette ça change et on escalade la colline a flanc de rocher en s’aidant de cordes fixées à la paroi. C’est vraiment varié, il y a un peu de tout.
Je me fais distancer par mon acolyte. A chaque transition marche/course je crampe, il faut que je m’arrête l’étire et finalement en trottinant dessus ça fini par passer. Mais bon ça revient à chaque fois que je dois marcher un peu longtemps (ce qui arrive souvent).
Et c’est le deuxième ravitaillement après 22k. Ce Qui est finalement bien proche du premier … Du coup je mange un peu de fruits et du végé-paté et je repars sachant qu’il y en aura un au 25k !
22k-25k
On escalade encore une paroi rocheuse. Et je tombe dans la descente assez lourdement (ce sera ma seule grosse chute).
Je me fais mal à la fesse gauche, qui est violette aujourd’hui, mais surtout je tombe le dos sur une roche … Et je finirais avec un bon gros mal de dos tout le reste de la course (et le lendemain !
).
C’est très beau ce passage, vu qu’on a plein de points de vue sur un grand lac perdu dans la verdure !
Et j’arrive aux 25k lieu du ravitaillement et du demi-tour.
Je fais le plein en liquide, prend un coca et mon végé-paté.
Là un concurrent me rejoint et me dépasse.
J’effectue le demi-tour après 3h26 de course.
Le retour :
Je ne détaillerais pas le retour kilomètre par kilomètre vu que l’on repasse par les mêmes endroits.
Les crampes sont toujours là et c’est du 100% lors des transitons marche/course … Mais je me fais une raison et fait avec.
Je rattraperais assez vite le premier gars avec qui j’ai couru et qui m’avait lâché a l’arrivé du premier ravito. (Vers le 30ieme km)
Il est au plus mal et n’arrive plus à avaler quoi que ce soit.
C’est terrible à dire, mais ça me rassure quant à mon état … En fait je me rends compte que je vais relativement bien. Si on fait exception des crampes aux mollets, j’ai aucun problème de digestion et je sais que je pourrais finir sans soucis (lentement, mais sans problèmes
)
Et j’ai pris mon rythme dans la boue … On s'habitue a tout
J’ai des renvois de végé-paté tout de même.
Au 33ieme km retour au premier ravito au bord du lac. Je refais le plein parce que la route est encore longue et dans la descente pour retourner au sentier je me bouffe une salope de branche en plein dans l’œil (je fais une evylette, quoi
)
Résultat
Ensuite au 40ieme un mec en quad a pu rejoindre le sentier pour dépanner avec de l’eau et là je rejoins le gars qui m’avait dépassé a mis parcours.
Et on décidera de finir ensemble et de se taper un sprint sur la fin dans le plus pur esprit trail !
...Bon en fait non
Il finira juste devant moi, donc 5ieme et 6ieme en 6h53.
Conclusion :
Je fais quasiment 1h30 de plus qu’à mon premier 50k alors qu’il y avait moins de D+
C’était bien dur mais j’ai quand même apprécié, même si j’ai passé beaucoup de temps à marcher.
Le seul gros point négatif ce sont ces crampes survenues trop tôt.
Il y a plein de point positif à retirer.
Déjà c’est la première fois que je fais quasiment 7h d’effort.
Aucuns soucis aux pieds malgré tout ce temps passé dans l’eau.
Et aucuns problèmes d’alimentation (faut dire que je n’étais pas en surrégime aussi … )
Bref à refaire !
---------------
Mon photoBlog quilaibien -- Galerie HFR