CR Half Marathon des Sables HMDS Jordanie 2022
(dédicace à Flying
)
Bon ça commence à faire qq temps mais tout s'est enchaîné vite à mon retour et après ce genre d'évènement c'est mieux de faire ça à froid
0. PRESENTATION DE LA COURSE
Le HMDS pour ceux qui connaissent pas, c'est la version raccourcie du Marathon des Sables (MDS) (et donc du coup bah bcp plus populaire...
).
Au programme :
- 3j de courses dans le désert répartis comme ça : ~30km, ~60km, repos, ~30km soit ~120km au total (possibilité de raccourcir le 2eme jour à 40 voir à 20km..., no comment)
- "Semi" autonomie : tu dois porter chaque jour ta bouffe pour toute l'aventure, ton duvet, sac de couchage, affaires pour la nuit etc.
Les seuls trucs qu'ils te fournissent c'est la tente pour la nuit qui reste sur place et l'eau où tu es rechargé à chaque ravito (checkpoint, CP)
1. L'AVANT ET LA PREPARATION
A la base je voulais partir en vacances cette année en Jordanie, j'avais commencé à regarder quoi faire là base, combien de jour, comment bouger etc.
J'avais une pote qui avait fait le HMDS à Fuerteventura il y a qq années et autant je trouvais le concept sympa, autant la destination ne me disais rien du tout.
J'avais aussi qq appréhensions sur l'orga de ce genre d'évènements qui se révèleront en partie vrai mais j'y reviendrais.
Lorsque j'ai vu (via leur compte insta) qu'ils organiserait ça en Jordanie, dans le désert du Wadi rum cette année, en version limitée à 300 personnes, j'ai réfléchi un peu au projet mais au fond de moi je savais que je voulais y être.
Ca me dérange pas de partir en solo
, j'ai l'habitude de voyager tout seul et comme m'a pote m'avait dit, de toute façon pendant l'évènement, tu te fais des potes t'es pas très seul longtemps
Le jour où ils ont ouvert les inscriptions (vers Avril si je dis pas de bétises), à l'heure pile
, compte déjà créé en avance, c'est parti je m'inscrivais
. J'ai bien fait c'est parti en quelques minutes ! Carton plein pour l'édition !
Du coup here we go, on va participer à la course et enchaîner sur 5j de tourisme après (en croisant les doigts d'être suffisamment en forme après, more on this later
)
Bon c'est pas tout de s'inscrire, ce genre de course faut qd même pas mal de matos, et j'ai pas grand chose ou ce que j'ai est pas vraiment optimisé ultra light.
Je vous raconte pas le temps que ça prends (et l'argent
) pour choisir/comparer tout le matos.
Aller chercher les grammes partout, chercher la bouffe lyophilisée qui a le meilleur rapport kcal/kg mais qui reste qd même pas trop dégueu, plus de la bouffe un peu plaisir.
La course étant sponsorisée par WAA, on se fait matraquer de mails nous invitant à acheter leur matériel et par MX3 pour la bouffe, autant vous dire que bah chez moi ça a l'effet inverse, ce sera tout sauf chez eux (Raidlight, Buff, Leki etc.).
Vu qu'on court dans du sable, pour éviter que le sable rentre dans les chaussures, il est conseiller d'avoir des guêtres sur ses chaussures. J'ai fais installé sur mes Peregrine chez le cordonier le velcro pour les attacher (collées+cousue), top travail! Seul pb c'est que ça respire plus et les pieds transpirent encore plus.
Vu que je suis assez procrastinateur bah je me suis fait peur plusieurs fois
et ai du changer certains plans pour être sûr d'avoir le matos à temps.
Au final on arrive quand même à un sac pas mal rempli mais pas si lourd (6.5kg sans les 1.5L d'eau). Voici le détail en photo:
En terme de préparation physique, j'ai pas trop fait de spécifique avant. J'ai jamais couru plus qu'un marathon, jamais vraiment fait de trail en compétition, jamais couru dans du sable sauf une fois en vacances mais sur sable dur.
J'ai profité de l'été et des hautes températures pour quand même habituer mon corps à courir quand il fait chaud
, voir comment il se comporte, gérer mon hydratation.
Début septembre j'ai commencé augmenter le volume mais pas non plus trop (50 à 60km/semaine) avec au moins un semi le weekend, jusqu'à 27km qq semaines avant. Pas de weekends "chocs", des fois j'enchainais cette sortie longue avec un footing pépère avec une copine le lendemain.
J'ai fais qq sorties longues plus sur octobre/début novembre en augmentant progressivement le poids d'un sac, 3kg, 4kg, et 2x à 6kg eau comprise.
Les premières fois c'était dur, mais une fois mon vrai sac de course reçu pour les 2 séances à 6kg en fait ça passait pas trop mal mais bon, j'avais toujours pas trop couru sur le sable....
J'ai fais 2 sorties au Bois de Boulogne où j'ai emprunté les chemins pour chevaux qui sont sablonneux, c'est pas ouf ouf mais bon c'est déjà ça, ça donne un aperçu...
Préparation nutritionnelle:
Ca faisait 3j que j'avais augmenté mon hydratation à 3L/j, pris de la malto etc. essayé de bien manger, ne pas boire d'alcool etc.
2. L'ARRIVEE JUSQU'AU DEPART
Samedi 12/11, départ pour la Jordanie. Déjà le vol, Transavia, était blindé de participants
. On se reconnait tous vu que pour éviter tout problème de bagages en soute on voyage tous avec nos sacs équipés. J'ai juste laissé les batons, les allumettes et le couteau en soute au cas où.
Même si tu connais pas les gens, tu fais déjà connaissance. Beaucoup de personnes viennent qd même en couple/groupe d'amis, qq uns seuls comme moi. Pas mal de groupes de femmes (de tout âge mais plutôt >40
qd même). Un peu relou tu as aussi des "influenceurs" qui sont là à se filmer partout et à se prendre pour des stars....
Une fois là bas, direction la mert morte où on a notre hotel où on loge avant et après la course. 1h de bus, on arrive il est déjà 20h, il faut faire le checkin, diner et aller faire son check technique/médical. La soirée va être courte...
Au check technique, tu dois jurer que tu as bien tout le matos obligatoire, assez de repas et de kcal pour tout l'aventure, on te file ton dossard et le roadbook avec le détail des étapes, du programme etc., on te met la balise GPS qu'on accroche à ton sac à dos ce qui nous permet d'être suivi en live pendant la course et prévenir les secours en cas de problèmes.
Au check médical, petit questionnaire et qq questions de médecins si tu as des traitements, si tu prends des médocs and co.
Il est déjà 23h, il faut fignoler son sac, et aller se pieuter parce que réveil à 3h pour prendre le bus pour 4/5h de route pour le Wadi Rum...
Autant vous dire que j'ai pas fermé l'oeil, entre l'excitation d'être là, le décalage horaire (2h en plus), la peur d'oublier le réveil etc. ça annonce la couleur pour la suite...
3h30 direction le bus, on essaie tant bien que mal de dormir dedans mais pareil, le sommeil ne sera pas d'une super qualité
Vers 9h30 on arrive enfin sur place, les bus débarquent les gens, petites photos sous l'arche du départ, le briefing de précourse, il y a 27km à faire aujourd'hui, et c'est parti à 10h !
3. LES 2 PREMIERES EPREUVES
Je vais pas vous faire un détail par jour de course parce que bon ça serait très répétitif
.
Du coup je vous met les points structurants:
Comme on peut se l'imaginer, quand tu as jamais couru dans le sable bah c'est dur
. Je suis parti comme un con au début
, en plus j'étais assez devant dans le SAS, j'ai du courir même pas 2km avant de me mettre à marcher dès que le sable était un peu épais. Le but était de trouver les endroits où le sable était déjà tassé mais c'est tout une technique que j'avais pas au début.
Le roadbook indiquait le % de sable, de sentier et de zones rocailleuses mais au final la plupart des zones "sentiers" étaient plutôt "sentiers ensablés" par conséquent impossible de prendre en compte les informations.
Tous les ~10km il y a un CP où on te refill en eau, on t'arrose pour te refroidir, un médecin est là et te regarde, pose 2/3 questions voir si tu vas bien et est lucide.
J'ai pas trop trop souffert de la chaleur contrairement à d'autres, pour moi c'était un bon temps même au milieu de la journée.
Les paysages sont magnifiques (voir qq photos plus bas), on alterne entre du sable jaune, du sable rouge, différents types de monts, on se sent seul au monde. C'est dur mais tellement inspirant. On croise des dromadaires, c'est rigolo. A certains moment il y a des 4x4 de bédouins qui ont des camps avec des touristes pour la nuit dans le coin qui passent. Les touristes sont hallucinés de voir des gens courir comme des cons dans le désert avec leur gros sac. On est pas mal aussi accompagné par des militaires. J'imagine qu'ils veulent s'assurer que la course se déroule sans accrocs.
On va pas se mentir, je pensais beaucoup plus courir
.
Le 2eme jour c'est l'épreuve longue.
Au briefing on nous répète bien que rien ne oblige à faire les 60km, l'important est de prendre du plaisir.
Peu importe, j'ai payé pour les 60km, je fais les 60km
. J'ai dit à tout le monde que je faisais les 60km donc fuck je fais ça. Et peu importe l'état dans lequel je suis.
7h du mat, départ de l'épreuve, les premiers km sont roulants, on s'enfonce pas trop donc bon on va courir et quand ça deviendra trop sablonneux, on marchera et on alternera comme ça régulièrement.
Je fais la première partie de la course avec ma voisine de tente, elle elle est partie sur le 40km donc au bout de 26km on va se séparer. Courir/Marcher ensemble nous a permis de s'automotiver
, d'aller plus loin sur les parties courses, c'était pas mal.
J'ai essayé de la faire changer d'avis pour qu'elle continue sur le 60km mais elle voulait vraiment pas et elle a essayé aussi l'inverse pour moi mais no way.
Peu avant la bifurcation, une fille nous rattrape, elle marche à bonne allure, je lui demande ce qu'elle fait, pareil elle part aussi sur le 60km, je lui dis que je vais prendre son pas.
Elle est grande, elle fait des grands pas ! J'arrive pas à tenir en faisant que marcher, je suis donc régulièrement obligé de devoir faire qq pas en courant pour la rattraper/dépasser un peu etc.
On fait connaissance, c'est rigolo comme ambiance, on se connaissait pas il y a 10min que maintenant se parle comme des potes. Elle m'annonce la couleur, elle a pas prévu de faire de pause dej. Ok bah on verra pour moi
.
On va continuer comme ça, on enchaîne et on s'attend mutuellement sur les CP qu'on ait remplis nos gourdes. Je me rend compte que le temps passe beaucoup plus rapidement si on se met des petits objectifs (le prochaine CP) que si on compte combien il nous reste en tout.
Les moments où je suis un peu dans le mal elle me remotive et inversement. On se rappelle l'un l'autre qu'il faut manger, boire régulièrement.
Moi j'avais pris pas mal de gels, de boissons d'efforts, peu de "solide" pendant l'épreuve. J'avais juste des mini saucissons/chorizos de mon boucher histoire d'avoir un petit truc plaisir pendant l'épreuvre qui soit assez salé vu tout ce qu'on perd (mon sac, mes vêtements sont blancs de sels)
A chaque CP je refill d'eau, une gourde d'eau pure, une gourde soit de boisson d'effort (Maurteen Drink Gel 320 et celle avec caféine pour la dernière partie) soit d'électrolytes. Je pense que sur la journée j'ai du boire 8L voir plus mais toujours pas assez pour le staff médical qui t'engueulait "- tu as pissé ? - non - c'est que tu as pas assez bu !"
Dans le matos obligatoire il y a des Kubes Knorr, au cas où on ait perdu trop de sel, on doit prendre ça en bouillon. J'ai testé un soir mais pas eu besoin pendant l'épreuve.
L'objectif de faire en moins de 10h (objectif optimiste que j'avais
) s'échappe mais arrivé au dernier CP alors qu'on pensait qu'il restait encore 11km on nous annonce que c'est plutôt 8.5km. Donc le moins de 11h est encore possible et avec un peu de chance, on arrivera avant le coucher du soleil !
Et en effet, on arrive sur le camps au coucher du soleil. Un joli dégradé de rose/violet s'abat sur le camp avec les collines au fond c'est magnifique, on se prend dans les bras avec ma partenaire de course qui m'aura supporté jusqu'au bout finalement!
3. LA VIE SUR LE CAMPS ET LE JOUR DE REPOS
A la fin de la 1ere journée à l'arrivée on nous dirige vers notre tente et on nous file un bidon de 5L d'eau pour la soirée, le ptit dej jusqu'au 1er CP le lendemain. Les tentes sont organisées par groupes de 6 "en cercle". On profitera de l'espace central de notre cercle pour faire du feu le soir en allant chercher du bois aux alentours.
Il y a des toilettes sèches à l'écart du camps
. Je peux pas vous les décrire je les ai jamais utilisés
. Je faisais pipi autour du camps la nuit et caca on en reparlera plus tard
En arrivant il y avait déjà une personne de notre groupe qui était arrivé mais il était pas dans sa tente. Je me suis posé dans la mienne, bu ma boisson de récup, reposé un peu puis go l'infirmerie parce que bon j'ai qd même qq ampoules...
L'infirmerie bah c'est sommaire
. Ils m'apprennent à traiter mes ampoules après avoir nettoyé mes pieds à la bétadine. Ils étaient pas encore méga opérationel.
De retour la plupart de mes nouveaux voisins de tentes étaient là, on a fait connaissance. Ils sont tous venus seul, on a à peu près le même âge, le courant passe tout de suite. 3 mecs/3 filles, c'est cool.
Le soir on se fait à bouffer tous ensemble au coin du feu, on accueille même des gens des tentes aux alentours qui ont vu la lumière et la chaleur...
Au programme, plats lyophilisés (chicken curry, pulled pork, et poulet tikka massala en plats), j'avais pris du boeuf séché en apéritif, et j'avais du crumble aux pomme lyophilisé pour la journée de repos pour le dessert.
Au petit dej c'était muesly choco lyophilisé.
Le soir il fait assez frais (~8/10°C) qd même et on traine pas trop...
La nuit bah il faut réussir à dormir, c'est pas facile, et mon matelas pneumatique est troué... du coup bah en plein milieu de la nuit je dors sur le sol. Je regonfle, ça fera le job pour le reste de la nuit mais bon. J'ai jamais réussi à trouver où était la fuite.... jusqu'à que je rentre en france et fasse une analyse poussée.
Après la 2eme épreuve idem, je me pose, go infirmerie traiter les encore plus grosses ampoules sauf que cette fois j'ai une grosse douleur qui est apparue à froid derrière le genou/haut du mollet, ils pensent à une crampe donc me disent de boire mais ça passera pas.
Le lendemain, un de mes voisins de tente étant kiné regarde et me masse le truc, je souffre ma race, je pense c'est normal d'avoir mal qd un kiné te masse vu que j'en ai jamais fait
. Il s'avèrera qu'il a surement empiré le truc... Je me retrouve avec un hématome sur le mollet dans l'après midi.
Je marche comme un handicapé donc pendant toute la journée de repos et me demande comment je vais enchaîner la dernière journée puis mes vacances...
Pendant la journée de repos, on glande sous une espèce de grande tente ouverte qu'ils ont installé avec des tapis arabes, on mange là tous ensemble, on se repose, discute, il y a une sance de yoga/étirements d'organisé et dans l'après midi des chameaux arrivent pour nous livrer une canette de coca salvateur. J'avoue il fait du bien mais j'aurai préféré après l'épreuve que lors de la journée de repos.
Ca passe assez vite cette journée et il est déjà l'heure de se coucher pour la dernière journée...
4. LE DERNIER JOUR ET L'ARRIVEE
Pour le dernier jour, on a droit à 2 départs : 4h30 ou 6h30 en fonction de son classement. L'idée est que les gens arrivent de manière plus rapprochée parce qu'après l'épreuve on part à Petra pour visiter. Je fais partie du groupe de 6h30 mais je décide partir dans le groupe des lents à 4h30 pour plusieurs raisons :
1. dans tous les cas on sera réveillé par les premiers qui partent et peu de chance que je me rendorme
2. je suis blessé, j'irai moins vite que ce que j'ai fais précédemment
3. j'ai envie d'être plus longtemps à Petra donc je préfère arriver plus tôt.
4. Il y a une grande dune à escalader, je me dis qu'on peut arriver pile au lever du soleil à la dune ça peut être joli
L'inconvénient étant qu'on part de nuit à la frontale donc on loupe qd même du paysage et qu'on va qd même moins vite que de jour.
Je convaincs mes voisins de tente de me suite. Ca loupe pas, on part devant et on se retrouvera en tête pas mal de temps.
Au bout de 4km je sens que j'ai la taupe qui pousse au trou, je demande à un pote un mouchoir, il pensait que je devais me moucher. Je m'écarte de la route, me fou accroupi et je démoule mon bronze en mode express
, j'ai poussé trop fort ca m'a fait des sueurs froides, il y avait qd même 4j accumulées même si c'était du lyophilisé. Belle bête admirée à la frontale, un perfect, le mouchoir est propre. Je me rends compte qu'en fait je me suis pas vraiment écarte de bcp de la route, je vois les poursuivants qui passent devant moi au final assez proches (10m à tt casser) heureusement de nuit ça se voit pas trop.
Je reprends mon chemin et rattrape mes acolytes avant que ma douleur à la jambe m'oblige à rester derrière. S'en suit une période très difficile où je ne fais que me faire doubler, je me dis que je vais finir au forceps, pépère c'est pas grave.
Arrivé avant la grande dune, on voit encore les gens à la frontale monter, ces 3j dans le sable m'ont enseigné la technique pour maitriser ce genre d'environnement : il faut prendre les pas des personnes montées avant toi. C'est ce que je m'efforce à faire et en effet le sable étant déjà un peu tassé on s'enfonce moins et on monte plus facilement.
Arrivée en haut, la claque, c'est superbe, dommage qu'il fasse un peu nuageux même si ça donne un petit style. Qui dit montée, dit descente, et la descente dans ce sable mou quel délire, on se croirait au ski, je descends en faisant du gauche droite, les photographes sont en haut et en bas pour immortaliser ce moment, c'est un pur bonheur.
Ca m'a remis d'équerre, j'ai complètement oublié mon mollet, ou peut être c'est juste qu'il est chaud maintenant et je vais commencer à remonter les gens, un par un, jusqu'au bout en courant quasiment constamment.
2km avant l'arrivée, je rejoins ma bande de potes qui n'en reviennent pas, et c'est maintenant moi qui les pousse vers l'avant.
On finira tous ensemble, main dans la main à l'arche finale, trop heureux et fiers d'avoir fini l'aventure.
On vous file la médaille et le tshirt finisher, et maintenant place à Petra.
Au final je fais 49/151, 1er tiers donc sur le classement général (des gens ayant fait les 120km), et 38/76 chez les hommes, soit pile la moitié
, ce qui me va largement pour un dépucelage dans le sable en étant blessé le dernier jour.
Je vais pas vous raconter la suite vu que c'est que du tourisme
mais voilà, on était 300 cons à débarquer avec notre tshirt finisher, notre médaille à Petra à se prendre en photos, en mode tous handicapés.
Puis retour à l'hotel pour se reposer avant la remise des prix, gala etc.
5. POST COURSE ET CONCLUSION
Bah c'était super, une super expérience. C'est dur, faut être mentalement prêt. Après le premier jour beaucoup se demandaient ce qu'ils foutaient là. J'avais anticipé pas mal de points et accepté que je ne pourrai pas courir tout le temps (même si je pensais courir plus on va pas se mentir), que j'aurai chaud, que j'aurai des ampoules etc. Humainement c'était incroyable, tu croises des gens tu fais connaissance, tu t'automotives, mes voisins de tente on se parle encore tous les jours sur whatsapp, on a prévu des courses ensemble (maxirace, ultramarin par ex) ensemble, avec les parisiens on va courir ensemble/bouffer prochainement. Je parle avec eux en les connaissant depuis qq jours comme à des potes de longue date parce qu'on est tous dans la même galère. Le dernier jour je demande à ma voisine si elle a bien fait son trou pour son ptit caca dans le sable et on se répond naturellement
.
Alors oui peut être que vous considérez pas ça comme du trail, il y a vraiment de tout, entre ceux qui courent tout le temps (le gagnant est celui qui a gagné 9 fois le MDS), ceux qui viennent pour se dépasser, celles qui viennent pour avoir un bon moment entre copines et montrer qu'une femme peut faire ça blablabla, ceux qui viennent pour faire de la rando.
Perso ce qui m'a le plus dérangé c'est les influenceurs, toujours là à se prendre en photos/vidéos, se la péter voir certains de raler! etc. alors qu'ils ont rien payés. Exception à Matthieu Blanchard qui est venu avec son frère amputé d'une jambe et qui a fait l'épreuve avec une prothèse, autant vous dire que dans le sable il en a bien chié sa race mais c'était beau et ils s'en battaient les couilles du reste ils étaient là pour ça. Super accessible, c'était top.
Côté orga, c'était super bien organisé, ils sont aux petit soins, ils mettent la bonne ambiance c'est top, le staff médical est présent, on se sent en sécurité, accompagné. Ce que j'ai moins aimé c'est vraiment leur côté marketing ambulant où il faut absolument qu'il y ait de l'ambiance et tout pour que sur les vidéos qu'ils font et mettent sur les réseaux sociaux ça en jette et donne envie aux gens de venir...
Ma blessure me faisait toujours mal en rentrant 1 semaine après en france, après echographie puis un IRM les médecins sont arrivé à la conclusion que c'est une rupture d'un kyste poplité du genoux. Le massage aurait aggravé ça. J'avais du coup du liquide synoviale dans le mollet qui a donc mis la zone sous pression c'est pour ça que ça faisait comme une contracture. Pas de remède si ce n'est du repos... J'ai bien souffert ma semaine de vacances pour visiter vu tout ce que j'ai marché encore. Là ça va mieux même si je boite tjr un peu mais j'irai surement recourir semaine pro.