CR Trail de Guerledan 36kms 1100D+ - Étape 4 sur 5 de mon objectif 40 ans
Jeudi matin au taf, je sens une pointe dans le bas du dos juste au dessus de la fesse en portant des cartons vides, à 2j de la course (presque la course d'une vie pour moi) ça le fait pas. Je vais courir le midi tranquillement, je sens bien que je ne peux pas allonger la foulée, ça me fait chier (c'est pas encore le moment khakha
).
Vendredi, je sens toujours cette gêne, la sensation de ne pas pouvoir me tenir droit, relou. Le soir, je rejoins mon pote, je dors chez lui pour me faire gagner 25 minutes de sommeil. On tape la discute, on bouffe léger et on se mate le match de foot de loin.
Samedi matin, réveil 5h15, un bon p'tit dej, on enfile la tenue, on met le sac dans la bagnole et on décolle à 6h15, on passe prendre un collègue à lui qui prépare un 100 bornes et on file direction Mûr-de-Bretagne pour environ une heure de route à travers le centre Bretagne.
Arrivée sur place, retrait des dossards, on finit de s'équiper et direction les WC car j'ai pas réussi à chier chez mon collègue. Faut dire que je suis un peu comme pause caca dans American Pie, pas facile pour moi de chier ailleurs qu'à la maison
. Bon an mal an, je fais mon affaire
Il ne reste que 10 minutes avant le départ, c'est bien y'a pas le temps de gamberger. On s'aligne dans le sas de départ environ à la moitié du tas. Je vise moins de 4h30, mon pote est là pour me tracter. Son collègue est juste là pour de la prépa, il va y aller plus cool.
0-4kms : Départ sur route, c'est large, on ne se marche pas dessus c'est nickel, une petite bosse et une belle descente nous envoie sur un 2nd kilo en 4'34
, on part un peu vite mais bon tout le monde est plus ou moins dans le même mood. Un premier passage dans le bois, ça marche dans cette petite côte, on redescend vers le point départ et c'est parti pour faire toute la partie Nord du lac de Guerlédan. Je sens ma gêne au dos mais ça le fait.
5-15kms : pas grand chose à signaler, je cours pendant un temps avec une M4, je vous en reparlerai plus tard, puis on prend le large avec mon pote, on double des mecs par ci par là. On arrive derrière un mec en blanc qui file un rythme qui nous convient. On se cale derrière. C'est principalement de la monotrace en forêt avec des montées/descentes assez courtes. C'est assez roulant. On passe au pointage du 15km en 1h35, je suis 206ème, c'est vous dire à quel point c'est facile pour le moment
. 1er ravito, je passe juste ma tête sous la flotte, un quartier d'orange et repart, un pit-stop digne d'une écurie de Formule 1
. J'ai ce qu'il faut pour le moment et mon dos est chaud, je ne le sens plus.
16-21kms : On passe à mi-course en 1h50, ne connaissant pas la course, je suis surpris qu'on soit si vite. Je sais cependant que la 2nde partie est beaucoup plus difficile, mon pote m'annonce qu'on a fait que le 1/4 du D+, tu m'étonnes. 21ème km se présente la première grosse difficulté du jour. Mon pote me tire un peu trop, j'ai le cardio qui monte de trop (max 202 au final !), je le sens
. Je ralentis mais pas suffisamment je pense, la relance est déjà difficile, le dos me refait souffrir
. J'ai l'impression de me trainer un peu et c'est pas qu'une impression puisque je me casse la gueule dans une racine
Plus de peur que de mal, un lit de feuilles mortes a bien amorti ma chute mais mon dos en reprend un coup. Je dis à mon pote de prendre le large pour qu'il fasse sub4h, il décline.
22-28kms : On prend le temps au ravito du 23ème de bien récupérer ce coup-ci. Je remplis mes flasques, je mange, je m'arrose la gueule
, putain ce qu'il fait chaud (oui même en Bretagne
). On repart après plusieurs minutes d'arrêt. Je sens bien que j'ai pris un coup sur la tête, la chaleur doit y être aussi pour quelque chose
. On continue d'avancer et se présente un 2nd mur au 24ème km. Je ne sais pas pourquoi, je ne le visualise même plus et ne sais même plus dans quel état j'en suis sorti
. On arrive ensuite au 26ème km qui sera le pire calvaire que j'ai connu
. Une longue, raide et interminable ascension. J'ai dû m'arrêter 3 fois pour récupérer tellement j'étais dans le dur
. Un gars en bleu (mais plus vieux
) en fera de même. Je vois des pelotons entiers me dépasser, je prends un 2nd coup sur le casque. C'est très dur mentalement. La M4 croisée au début de la course me double aussi et me glisse quelques mots d'encouragement mais je n'arrive même pas à m'accrocher à elle...
J'arrive enfin en haut, je vois mon pote en train de m'attendre. Je lui dis de filer, qu'il ne se soucie pas pour moi, reste 9 bornes, j'arriverai à finir. Ce coup-ci il part comme une balle. Je me remets à courir je rattrape 2 gars qui ont l'air pas au mieux non plus. Je fais 1km avec eux, ça me permet de récupérer. Moi qui suis si à l'aise d'habitude en descente, là, je suis sur les freins, je crains la chute à chaque foulée. J'attends que ça se passe et me dis que je vais finir sur ce rythme.
29km-arrivée : Au 29ème, je récupère le gars en bleu, on tape la discute, il me montre du doigt le sommet de la côte qu'il nous reste à grimper, ça me mine un peu mais je retrouve un peu de jambes sur cette portion de halage. Au 30ème je m'arrête au robinet me rafraichir la gueule et pisser un coup. Je tombe sur une tête connue, on discute 30 secondes pour retrouver d'où on se connait, ça me revient, 16 ans que j'avais pas vu ce collègue de boulot. Du coup, ça me change un peu les idées, ça fait du bien. Je repars, toujours sur du halage, les jambes retrouvent de l'allant
. 32ème, on arrive au pied de la dernière grosse difficulté de la journée. J'appréhende un peu. Je me lance dedans et remarque rapidement que ça se monte façon Alpe d'Huez avec un enchainements de lacets. Je marche quand même mais de plus en plus vite, je double même du monde
, ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé dans une côte. Après coup, je regrette même de ne pas avoir couru un minimum dans ces 2kms, je ne la connaissais pas, j'ai joué de prudence. Se présentent maintenant 2 derniers kms de descente, les jambes répondent de nouveau, je dévale comme un cabri, je les ferai en 5' au kilo
, je suis quand même à 2 doigts de gerber sur la fin car je suis en sur-régime. Je passe la ligne en 4h33'53", me manque pas grand chose pour le sub 4h30 qui était l'objectif
, un peu déçu mais je ne peux m'en prendre qu'à moi même. Je prends un bon moment à me restaurer à l'arrivée
. On se tape dans les mains et on se félicite avec différents mecs croisés lors de la course, l'ambiance est top, c'est aussi pour ça que j'aime le trail.
Conclusion : le trail est magnifique avec des points de vue somptueux sur le lac. Il est l'un des plus durs de Bretagne si ce n'est le plus dur, j'ai pu le constater. A refaire peut-être un jour sans mon pote et sans le dos en vrac. Mon pote avait les cannes pour faire sub4h et être top100, je suis limite plus déçu que lui pour lui. Il a doublé presque 50 gars sur les 6 derniers kms, c'est pas rien. Il finit 177 en 4h21
Niveau alimentation et hydratation, je suis content, j'ai super bien géré, moi qui boit peu d'habitude, j'ai sans doute avalé plus de 2,5l. Et merci pour les noix de cajou ;-)
François D'Haene était sur son stand à vendre son pif, il a fait l'ouvreur pour les courses enfants, la classe !
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War Roak Gwengamp