Reprise du message précédent :
CR Marseille-Cassis:
Je tente mon petit compte-rendu qui s’apparente plus à un pavé
- Contexte
Cette course a une importance particulière pour moi car, même si j'habite en Belgique depuis bientôt 16 ans, je suis né et j'ai grandi à Marseille et mes parents habitent à 1km du Stade Vélodrome devant lequel est donné le départ.
Toute ma famille l'a courue au moins une fois, sauf moi... Je n'ai jamais été sportif étant jeune.
Le seul sport que je pratique régulièrement depuis une dizaine d'année est le tennis.
M'étant empâté avec l'âge (42 ans) et la vie familiale en Belgique (en plus des bonnes frites et de la bière), j'ai eu un déclic pour me reprendre en main en milieu de confinement.
J'ai commencé par marché tous les jours, faire du renforcement musculaire à la maison et j'ai perdu 10kg.
Je me suis ensuite mis à courir en Septembre 2022 je pense.
A Noël dernier, j'annonce à ma famille que je vais faire la course et certains me disent qu'ils vont la faire avec moi.
Au début, je courais n'importe comment, mais j'ai voulu faire une première course pour me tester et essayer d'obtenir un sas préférentiel pour la course.
Je m'inscris donc pour les 10km d'Uccle que je fini en 44'26, mais avec une élongation/déchirure au mollet. J'en parle ici
Je décide alors de structurer mon entrainement, de faire beaucoup d'EF (je courais tjs trop haut en cardio) et d'ajouter ensuite des séances seuil ou fractionnés. J'investi alors dans une Garmin et décide de suivre le programme d'entraînement de la montre qui s'adapte à mon état et à mes entraînements précédents, car je continue à faire du tennis (y compris des tournois).
Sur conseil de mon osthéo (douleurs récurrentes et déchirures fréquentes au mollet), je prends rdv chez une podologue qui me prescrit des semelles et j'achète de nouvelles chaussures (Brooks Glycerin GTS) pour remplacer mes D4.
Je fais 3 autres courses en Belgique pour prendre de l'expérience: une course de village de 12.7km (54'26) en Mai, un semi (1h34'23) début Juillet et je participe à un trail de 17km (1h18'34)nprès de chez moi début octobre où je finis sur le podium
J'ai eu une grosse phase d'entraînement/progression pendant mes 3 semaines de vacances dans le Sud cet été car mes entrainements étaient tous orientés sur la course (même si j'ai fait du vélo et un peu de surf autour).
Par contre, le reste de l'année, je continue le tennis (et notamment des tournois, même si j'ai réduit par rapport aux autres années pour prioriser la course).
- L’avant course
Les dernières semaines n’ont pas été de tout repos d’un point de vue personnel et professionnel, mais j'arrive à Marseille avec mes enfants mardi, chez mes parents, pour une semaine de vacances. Je sais que ma mère va grandement m’aider pour les enfants et que je pourrais me reposer et faire mes dernières séances, tout en profitant de ma famille (j’abuse d’ailleurs un peu des pintes jeudi, en regardant le match de coupe d’Europe de l’OM avec mon frère).
Jeudi, je fais un repérage de l'ascension en partant à peu près de 3.5km du départ pour faire la portion difficile de l’ascension.
Vendredi, repos. Je vais récupérer mon dossard et celui d’un ami Belge qui vient avec sa famille à Cassis pour l’occasion. Mon frère (qui vient d’être papa) et ma sœur (dont les genoux ont souffert cet été en parcourant le GR20) ne participeront pas. En revanche, mon beau-frère sera de la partie et la famille stresse que je prenne mal s’il arrive avant moi car il a beaucoup plus d’expérience que moi et il l’a fait il y a quelques années (ancien parcours) en 1h24. En fait, je m’en fous.
Samedi, 40 min de course dans lesquels je fais une partie de la première grande ligne droite et je m’arrête juste avant la grande ascension. Je ne monte pas trop en cardio, mais plus que ce que j’aurai dû. Ma demi-sœur m’appelle dans la journée pour me dire qu’elle a réussi à avoir un dossard et participera donc.
Nous serons donc quatre. Je suis dans le sas <1h30 (résultat en semi), mon ami et mon beauf sont dans le sas <1h45 et ma demi-sœur avec le grand public.
RDV est donné le matin chez mes parents pour un départ à pied vers le stade, en même temps que ma mère, ma sœur et nos enfants qui vont prendre le train pour Cassis afin de nous accueillir à l’arrivée.
La météo est meilleure qu’attendu (pas de pluie, mais un peu de vent. A voir ce que ça donnera en haut du col de la Gineste).
A l’approche du stade, nous nous séparons. L’accès au stade puis aux sas est un cauchemar pour les claustrophobes. Enorme entonnoir vers une seule porte pour passer sous les gradins du stade Vélodrome, puis à nouveau porte unique pour accéder à une mini-zone d’échauffement et, enfin, aux sas. Nous avons trottiné pour arriver au stade, mais pas possible d’en faire plus car il faut accéder à son sas avant 8h30 et, à cause de cet énorme entonnoir, il est déjà 8h35. Les sas sont petits, pas possible de s’échauffer une fois à l’intérieur (ou uniquement en vertical). Je patiente donc dans le sas à côté du meneur d’allure 1h30. Je prends un gel avant le départ.
- La Course
9h, c’est l’heure du départ. Je démarre vite, mais moins que mon habitude (je progresse donc :-p).
Les 2-3 premiers kilomètres sont denses sur le Boulevard Michelet, malgré le sas, et j’ai fait l’erreur de me placer sur la portion de la route qui est à cheval entre la voie de bus et le reste de la chaussée, où il y a un séparateur. Je dois donc l’enjamber à chaque fois que je dois me déporter pour doubler…
Je gère ça plutôt bien quand même. Il y a de la foule pour encourager et l’ambiance est sympa.
Je finis les 5 premiers km de faux-plat montant en 20’41 (4’08 au km) et j’attaque l’ascension du col sans m’arrêter au ravitaillement (j’ai des flasques souples dans les filets de mon short).
Les km 6 et 7 commencent à monter plus. Je garde une allure correcte, mais je sens que je suis parti un peu vite. Je prends une pate de fruit en début de 7ème. Un riverain a sorti son tuyau d’arrosage et nous asperge d’eau avant d’attaquer les choses sérieuses. Ça fait du bien.
J’attaque le kilomètre 8 (le plus difficile avec une pente de 5,6% avec la sensation de courir moins vite que lors de mon repérage (ce qui n’est pas vrai du tout). Je double encore un peu. Il n’y a plus de supporters sur le côté pendant les 8 et 9.
A l’attaque du 9ème, je me retrouve un peu isolé et, en changeant de versant, je me prends de plein fouet le vent de face. J’arrive quand même à retrouver un petit groupe et à me protéger un peu, mais c’est clairement ce km qui me fait le plus mal. J’ai l’impression de ne plus avancer (5’14).
Je repasse sous les 5’ au km 10 pour la fin du col de la Gineste et le début de la descente vers Cassis. J’ai fait cette portion de 5 à 10 en 24’37 (4’55 au km). A priori, je n’aurai pas de souci à atteindre mon objectif initial de 1h30.
De 10 à 15km, ça alterne descente, plaine et bosse (Carpiagne). Je déroule, mais pas autant que ce que je pensais. Je profite aussi du paysage et des animations (pom-pom girls, percussions…) et prends mon dernier gel. Je fais cette portion en 20’32 (4’06 au km).
Viennent ensuite les km 15 à 18 avec le dénivelé négatif le plus important. Je les fais à une allure de 3’55. Il commence à nouveau à y avoir plus de monde au bord de la route. A la borne du 18, je sais pas pourquoi, mais je suis persuadé d’arriver au 19 (et mon beauf me dira exactement la même chose). Je me rends compte aussi que j’ai lacé trop fort ma chaussure droite et ça me fait mal…
Le 19ème km remonte. En deux fois… Autant, la 2ème fois passe. Autant la 2ème fait du mal… Un gars devant moi s’arrête. J’en double un autre qui marche. Les spectateurs poussent. J’essaie de voir si ma famille est là et je crois les entendre à chaque fois que j’entends un ‘Allez papa’, mais c’est pas eux.
Je continue sur ma lancée pour le dernier km, mais je ne suis pas capable de sprinter trop. A 250m de l’arrivée, je crois entendre des encouragements sur la droite et tourne la tête. C’est ma famille avec des pancartes, mais je ne les vois pas (trop de monde). Je crois juste apercevoir une silhouette familière. J’accélère vraiment sur les derniers 100m et passe la ligne d’arrivée. Dernier tronçon en 20’25 (4’05 au km)
1h26’15’’ au chronométrage officiel. Objectif atteint. Je suis fier de moi, même si dans l’idéal, je visais les 1h25 qui auraient peut-être été atteignables avec moins de vent de face sur le parcours…
- L’après-course
Je me retourne et vois arriver mon beauf qui passe la ligne avec l’air d’avoir tout donné, incapable de parler (alors que je suis plus ‘frais’). Son temps ? Un improbable 1h26’15’’. Le même temps à la seconde près… Pas de conflit familial en perspective