CR marathon NY 2016.
Il y a un an, on voit que ce marathon 2016 tombera le jour de mon anniversaire, et que la COGIP de madame fera aussi partie du voyage. Adjugé vendu, je ferais NY 2016
On regarde l'édition 2015 au passage, c'est vrai que l'ambiance a l'air sympa.
Durant 2016, je ferais surtout du triathlon. Et c'est toujours en CAP que j'assure pas du tout
Aout arrive vite, et le début de la préparation qui va avec. Le début de la préparation se déroule très bien
J'utilise un plan JP, que je complète avec un peu de Home-Trainer/vélo, et de natation. On va partir sur une allure qui devrait m'amener à 4H15/20 en théorie en accord avec mes temps 10/15/semi, avec pour objectif de faire 4H30 voir 4H40 avec les aléas de la course. Tout se déroule bien, un plan sans accro
Fin aout, je ferais le dernier triathlon de l'année. Ca sera la dernière fois que je ferais du "vrai" vélo et pas du home trainer par peur de chuter/blessure. Le mois de septembre, la préparation se passe pas mal aussi. Les séances s’enchaînent sans douleur, j'ai la confiance, ca ira.
En préparation je ferais paris versailles. Résultat un peu bof. Les 20km de paris. Ca sera l'occasion de valider l'allure marathon. La course se déroule nickel, je tourne pendant 15 bornes déjà plus rapide que mon allure marathon, et sur les 5 derniers, j'accélère tranquille pendant les 5 derniers. Ca se termine vraiment très bien, et je termine frais. Bonus de confiance
Par contre, des putains d'ampoules géantes commencent à me faire chier. Obligation d'alléger un peu
, chaque fois que je cours, un 6ème orteil apparaît de chaque coté, et va jusqu'à sérieusement me gêner pour marcher. Pour rendre la chose plus drôle, sur la plus longue SL à 3 semaines du marathon, une merde de chien me fait chuter bien comme il faut. On a qu'à faire un mur et foutre dehors les chiens
Du "cosmétique" en apparence, mais légère douleur aux cervicales (que je ferais passer avec une séance d'ostéo), cependant depuis la chute, en courant j'ai la sensation d'avoir un "poids" à chaque genoux. C'est une drôle de sensation, pas un gros poids, mais la sensation de "peser" un truc avec mes genoux. Mes ampoules empirent. Je profite du renouvellement du certificat médical pour avoir l'avis du médecin traitant, il ne me répond pas sur la possibilité que tout soit guéri d'ici le marathon. Surement histoire de pas trop me miner le moral. Cependant à ce point, chaque séance devient une torture, n'aide pas vraiment à guérir, et accessoirement me fait vraiment boiter plusieurs jours. Sur conseil indirect d'un médecin du sport, les 2 dernières semaines seront ultra light. Je vais courir une dernière fois avant le départ, mais je ferais régulièrement du home trainer histoire de faire bosser un peu le cardio.
On part pour aller dans le meilleur pays du monde ![[:hollandreou:3] [:hollandreou:3]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/3/hollandreou.gif)
Vendredi, retrait du dossard. La pression monte. Des milliers de coureurs, de tous les pays du monde, c'est bien organisé. Surtout la partie achat asics
Ensuite, on visite la ville. D'un coté, on vient aussi faire du tourisme
Et sans vraiment y préter attention, on marche vraiment pas mal de bornes. Le soir, on se dit qu'on calmera le lendemain. Forcément, nous faisons très attention à notre alimentation, et on se contentera de plat de pâtes. Amusant, on retrouve chaque fois dans les restos des dizaines de participants au marathon, comme si la ville était totalement envahit par les marathoniens. C'est assez sympa
Tu regardes vite fait le numéro sur le dossard du voisin de table, histoire de voir si il prévoit un sub 2H50 ou sur sup 5H20. L'intimidation psychologique
Au passage, découverte de la maltodextrine pour moi. Ca ne semble pas avoir d'effet secondaire
Samedi matin, on fait un petit footing. Les sensations sont super bonnes. Les jambes sont bien la. Malgré la grosse marche à pied de la veille et la grosse absence de course à pied les derniers jours, tous les signes sont au vert
On marchera un peu moins que la veille, mais on marche quand même. Pour couronner le tout, la météo s'annonce parfaite, abc prévoit un grand soleil, un peu de vent mais pas trop, et température très correcte. Tous est fait pour faire de cette journée une journée mémorable. Pour parfaire l'ensemble, je ne subis pas du tout le décalage horaire et dors comme un bébé la nuit 
Le jour J.
La météo prévue est tellement top que je vais alléger un peu le "package vestimentaire" d'attente avant marathon, pas besoin du bonnet ni des gants que j'avais prévu de laisser sur place. Dans le car qui nous emmène au départ, l'ambiance est "étrange". On a l'impression qu'on part pour débarquer sur une plage de normandie. Petite chanson d'anniversaire pour moi
de la part de tout le car. Les mecs c'est cool, mais je suis tendu comme un string et je flippe, mais ca m'aide pas forcément. Une nana vient me voir, visiblement c'est aussi le sien, et elle veut faire un selfie. Ok. Enfin bon, je suis avec ma femme
, faut arrêter la madame. La température dans le car est bien trop élevé (cela jouera t'il pour après?), et le chauffeur n'arrive pas à régler la clim. Bon ben tu te fais chier depuis plusieurs jours à boire, boire, boire, et à 3H du départ, tu transpires comme un goret en étant assis et tu te déshydrates.
En arrivant au départ, on voit de très loin manhattan. Ca semble tellement loin, et en plus on ira pas par le chemin le plus court. L'organisation du départ est très bien foutu. Bon on aime ou pas ce genre de grosse organisation, mais on peut reconnaître une chose, c'est très bien organisé. On sent qu'il n'y a pas d'improvisation. J'irais pisser 2 fois avant de partir. Et attention, il faut bien partir la vessie vide, uriner hors toilettes mis en place par l'organisation c'est risque de disqualification. On est prévenu
Quand on entend les coups de canon des premières vagues, l'ambiance est monstrueuse, on les encourage de loin
Puis c'est notre tour de partir. Un petit coup d'hymne, les américains retirent tous casquettes/chapeau de cowboy/moumoute
pour l'occasion, puis new york new york de sinatra. Le coup de canon, et c'est parti. Une petite larmichette à l'oeil, bordel je pars pour un marathon. Le marathon de NY
. Pour certains ca peut paraitre anodin. Dans ma famille, personne à jamais du courir plus de quelques km, et encore sous la contrainte pendant le service militaire
Ma mère a spammé son facebook de la fierté de voir son fils faire un marathon
Ca commence par monter sur le pont verrazano. La vue sur manhattan est si belle. Il y a beaucoup de monde, il est impossible d'avoir une allure correcte, mais bon, c'est pas grave. Je kiffe tellement l'instant. Quand la route s'aplatit, je m'inquiète un poil. Impossible d'atteindre mon allure marathon. D'une part il y a du monde, et d'autre part, les jambes me disent merde de les avoir fait trop marcher ces 2 derniers jours. On arrive dans brooklyn. C'est tellement magique. Il y a des milliers, des milliers, et encore plus de spectateurs. Ils encouragent tout le monde. Le terrain est plat, le cardio haut, l'allure pas assez rapide, mais je m'en fous, cette ferveur humaine est dingue. Il y a des groupes de musique partout, des danseurs. Plusieurs fois j'entend derrière moi des mecs chanter happy birthday. En me retournant, je vois encore une nana dont c'est aussi l'anniversaire. On parle un peu (English? Yes, wall street english), on sourit, c'est cool. Je kiffe grave et ne jette quasiment jamais un oeil à la montre, seulement à l'autobip de chaque km. Rapidement l'objectif de 4H30 me semblera chaud
Vers le 10ème, je prend un gel et de la boisson au ravito. Vers le 12, merde le bide commence à se faire sentir. J'avais bien prévu de m'arrêter aux toilettes si nécessaire pour pas faire une diniz, mais ca devait pas arriver si tôt. Vers le 15 j'y tiens plus, faut que je fasse une pause.
En repartant, mes jambes faiblissent.
Merde le mur du 15, putain j'étais pas prêt... Ok le manque d'entrainement ces dernières semaines a pu faire mal, mais à ce point
Bon c'est pas grave. Je devrais faire 2 autres visites un peu plus tard
Heureusement l'ambiance reste démente. L'impression de vivre une étape de montagne du tour de france, c'est tellement ouf, les gens applaudissent tous les coureurs, même les flics donnent des encouragements et tapent dans la main des coureurs. Lafayette avenue est un truc tellement indescriptible niveau ambiance. Le quartier juif est ensuite traversé. C'est assez calme, bien plus qu'avant. Vers le 20ème km, je décide de manger du solide plutôt qu'un gel. Ca fait un peu mal au ventre
L'allure est si loin de ce qui est prévu... Avec les ennuis digestifs, je préfère m'hydrater à plein de ravitaillement. Et il y en a à chaque mile. Boirais-je trop? Je me poserais cette question plus tard. Je marche à chaque ravitaillement
Comment c'est possible d'être autant à la ramasse? En SL en mixant allure marathon/endurance fondamentale, je suis sur que je vais bien plus vite. Le passage au semi vers 2H23/25 me fait mal, je m'aperçois que faire moins de 5H sera chaud. Non seulement mon bide tourne un peu, mes jambes ne semblent pas au top de la forme (ca doit pas aider avec les ennuis gastriques). Et la arrive un pont immense, le queensboro bridge est vraiment très grand. On court sur la partie inférieure du pont, il n'y a pas de spectateur autorisé sur le pont. On entend surtout les pas des coureurs. La partie montante du pont semble durer une éternité. Pas mal de gens s'arrêtent sur le bord du pont et prennent des photos. Je marche par moment, c'est vraiment interminable. Bizarrement, la descente semble durer 200 fois moins longtemps. On arrive sur first avenue. C'est monumental
Il doit pas y avoir un mètre sans un panneau, un spectateur. Je vois des tas de drapeaux français, comme depuis le départ. Ca fait toujours chaud au coeur. A l'accent américains très prononcés de certains "Allez la fwance!", ca fait sourire et plaisir
Le mauvais point, c'est que je dois vraiment ralentir, ralentir, mon bide me fout un peu la paix, mais j'ai plus du tout de jus ni de jambes. Les fesses (
non
) me font mal, et j'ai l'impression de plus pouvoir avancer. Le cardio me déprimant à être si haut que je préfère le retirer, surtout qu'il commence à me faire un peu mal. Et avoir touché ma Fcmax à un moment, sur marathon, si lentement, mieux vaut ne pas voir le désastre
Vers le 30, je tente de bouffer un produit distribué sur le bord de la route. C'est immonde, je peux pas le terminer
On rentre dans le bronx. Le quartier ne transpire par la richesse, enfin jamais je me sentirais en insécurité. Certains du groupe avec lequel on fait le marathon ont flippé en traversant le quartier. Faut pas déconner, il y a un flic tout les 10m
Il y a moins de monde qu'ailleurs, enfin on est toujours encouragé. Et enfin arrive mon salut à un ravito. Banana
C'est évidemment trop tard pour que ca puisse avoir un quelconque effet, mais j'adore bouffer des quartiers de banane en course. On retourne sur l'ile de manhattan en traversant d'abord harlem, puis en longeant central park. Un bon gros faux plat montant qui pique. Avec un couple de france, on se croise plusieurs fois au grès de nos ralentissements. Sur un ravito, un mec me dit en bon français "Allez cogip sur mon maillot!" Ca remonte un peu le moral. La traversée de central park est jamais vraiment plate, ca monte/descend légèrement en permanence. Enfin la ligne. On va pas se le cacher, j'ai les yeux humides à ce moment. C'était vraiment un gros plan galère depuis un moment. Depuis le 15ème quoi. Sur une épreuve de 42...Et bon, j'ai fait un marathon. 5h14m quoi
Même pas une minute après avoir passé la ligne, mon père m'envoi un sms, un ancien collègue aussi, ma mère fait de même. Ils sont très content pour moi. Intérieurement par contre, je suis super déçu. Je pensais à divers scénarios de fail/difficultés. Mais putain, pas ça. Je suis écoeuré de la course à pied. 3 mois de préparation centré la dessus, et pfiou, le fail. Une fois la ligne passée, il me faudra marcher environ 1H30/40 pour sortir et rejoindre mon hôtel. C'est dur. Très dur.
La c'est repos. Un moment, long je pense. Une semaine de repos total, et peut-être un peu de piscine la semaine prochaine, ou du vélo. Depuis, ca ressasse dans ma tête. Merde j'ai raté quoi pour faire un fail à ce point
Toute ma bouffe du jour du marathon a été testé et validé en amont.
Bref, j'ai ramé sur un marathon 
https://www.strava.com/activities/770576242