glabouni a écrit :
Je suis ce topic en bon lurker depuis quelques temps déjà. Petit compte-rendu de mon premier semi-marathon (et de ma première course par la même occasion), il y a 3 semaines à San Francisco.
Spoiler :
L'historique
Il y a 6/7 ans, je m'étais inscrit avec un copain au semi-marathon de San Francisco comme ça pour le fun. Je m'étais très mal préparé, chaussures non adaptées, séances d'entraînement à l'arrache du genre courir 30 minutes tous les 10 jours en sous-bois et ça ira bien. Résultat première séance de course en Californie sur du bitume, 1h sous le soleil et sans flotte, j'ai douillé. J'ai fini avec deux tendinites aux tendons d'achille et des inflammations/lésions aux aponévroses plantaires. J'ai douillé pendant plusieurs mois et je n'ai pas pu faire ma course. Je ne pouvais pas rester sur cet échec. La préparation
Octobre/Novembre 2013, reprise de la course à pied. On a démarré doucement par 10/15 minutes puis augmenter progressivement jusqu'à se stabiliser à 45 minutes en Mars/Avril. Avril déménagement, donc je n'ai pas pu courir. Fin Avril reprise de la course et je commence à regarder les plans d'entrainement qui traînent sur le net, sur le topic. Les plans que je trouve sont d'office trop violents, commencer par des 4*1000 à "fond", des sorties d'1h30 la deuxième semaine, etc...
Je tombe sur ce plan : http://www.kalenji-running.com/fr- [...] 00-environ
Difficulté progressive dans l'effort, pas de séance trop compliquée. J'ai bien aimé et pour un débutant comme moi, cela m'a paru adapté.
Résultat j'ai pu le suivre sans trop de difficulté, sauf début juillet en France, le temps était bien pourri. Je ne préférais pas courir sous la flotte et attraper la crève. La course
Jour J, le dimanche 27 juillet, la veille on a mangé des pâtes et essayer de pas se coucher trop tard.
On se réveille, on enfile la tenue, on mange une banane et on boit du gatorade.
Je me prépare ma ceinture avec à nouveau du gatorade et les papiers d'identité. Je ne peux plus courir plus de 30 minutes sans m'hydrater même si des points d'eau sont prévus sur le parcours, je préfère avoir le nécessaire avec moi. L’hôtel est à quelques centaines de mètres à pied, ça fera un petit réveil musculaire. On part avec madame à pied 30 minutes avant le début de la course. J'arrive sur place et la ligne de départ, je vois des gens passer et courir. Je m'inquiète ai-je rater le départ non tout va bien, juste des concurrents qui partent en dehors de vagues. Petit pause biologique psychologique, les toilettes sont en nombres pas d'attente. Le temps est nickel, il fait déjà jour et la température doit être de 18/20°c, avec un très léger vent.
Je rentre dans le sas de départ, je me positionne au "fond" en rentrant par une barrière dissociée mais non en fait je suis au début , il y a encore de nombreux concurrents derrière moi. Je voulais être au fond pour ne pas me faire embarquer par les concurrents et partir trop vite.
Je suis dans la dernière vague. Petite appréhension avant le départ, le speaker met l'ambiance. Je me détends les muscles et je m'étire un peu. J'attends avec impatience le départ, je donne ma veste de survêtement à madame qui est restée sur le côté. On se comprend, elle voit bien que je suis inquiet. Je doute de moi même sur ma capacité à finir. Je mets le casque sur les oreilles, je lance ma playlist et je déclenche mon strava.
6h32, le départ, je m'attendais à ce que tout le monde parte comme des garennes mais il y a tellement de monde, que je franchis la ligne en marchant et je continue à marcher sur encore plusieurs dizaines de mètres. La foule s'écarte, je peux commencer à courir à mon petit rythme du début comme j'ai l'habitude.
J'accélère à mon rythme de croisière. Je commence à doubler pas mal de monde. Ca me surprend et je prends confiance et je prends du plaisir. Je slalome entre les concurrents.
1er mile la route s'élargit et je continue tranquillement en accélérant très légèrement. La baie est embrumé.
2ème mile, tout va bien, je commence à m'hydrater comme d'habitude au bout de 10/15 minutes une petite gorgée, on finit la première ligne droite et on prend un grand virage qui durera plusieurs centaines de mètres.
Je passe les derniers meneurs d'allure et j’aperçois le pont, un des objectifs de la journée, passer ce pont. Je n'ai que ça en tête depuis plusieurs jours, passer le pont. On passe devant Fisherman's Wharf et devant Boudin, une grande boulangerie, ça sent bon le pain, ça donne envie de s’arrêter. La signalisation et les changements de direction sont assurés par des bikers en harley. Il y a un peu de public tout le long de la route, ça applaudit, ça fait du bruit.
Entre le 2ème et le 3ème mile, une vilaine côte, je vois de nombreux coureurs marcher, je ne marcherais pas mais je ralentis un peu, je dois zigzaguer entre les marcheurs, je crois que le premier ravitaillement est là en haut de la côte, je prends un ou deux verres d'eau, je bois et ça fait du bien.
La descente se fait tranquillement, je ne veux pas me laisser emporter, je sais qu'il reste encore du chemin. Le pont se découvre de plus en plus, je sers le poing, je sais que je vais y arriver. 2 miles sur le plat, je récupère de la côte, tout va bien et je regarde d'un côté la baie et de l'autre les maisons en bord de mer.
On approche de la mi-parcours et du 2ème point de ravitaillement avant d'attaquer le pont. Il y a du monde aux toilettes, et je vois les premiers signes de difficultés chez certains concurrents. Pour moi tout va bien, je suis dans mon rythme, je m'éclate et je sais que je vais passer le pont. Je regarde les gens s'arrêter et se prendre en photo.
On attaque l'approche du pont, une belle montée, je ne marche pas et ça se rétrécit à l'approche du pont, il faut un peu jouer des coudes pour passer.
Le pont, ce que j'attendais le plus. Je suis dessus, de plus en plus de monde et deux voies sont réservées pour la course, une dans un sens et une dans l'autre. Les courreurs ayant déjà fait une moitié encourage les autres, ça se croise parfois, ça se tape dans les mains. Un moment génial et je suis forcé un peu de ralentir, j'ai moins de place pour courir.
Je lève les yeux au passage des piles du pont, une vue superbe sur la baie. J'adore.
Je commence le demi-tour et on est à mi-parcours, je prends le ravitaillement, les gels énergétiques, je goûte le premier, c'est inbouffable ce truc , je le recrache et je goûte le deuxième, idem mais j'essaye d'en avaler un peu plus. Je me rince la bouche avec quelques verres d'eau, vraiment pas bons.
Je repars, j'ai du quasiment m'arrêter mais la route se dégage, il y a beaucoup de monde qui profite de la vue. Je me sens mieux et je file, je rattrape pas mal de coureurs partis sur les vagues précédentes.
Je repasse sous les piles du pont, j'adore la vue, je suis content, je sais que je vais finir et surtout j'ai pu courir sur le Golden Gate Bridge pour la course. A la deuxième pile, je ne vois plus personne en face de moi qui courre, le pont se ferme pour les coureurs, il faudra courir sur le trottoir pour eux.
J'ai accompli mon premier objectif mais je sais toujours pas si je pourrais réaliser le second finir en moins de 3h, je ne regarde pas mon portable.
9ème mile, on arrive après le pont et on attaque une grosse descente et ça, ça fait mal. Je ne pensais pas autant souffrir dans la descente, ça calme mes ardeurs.
Après la descente la montée, ça casse les jambes mais je tiens bon.
On rentre dans les quartiers pavillonnaires, et on approche du parc et du but. 11ème et 12ème miles sur la 26 ème avenue en montée, on voit le parc au bout de la ligne droite. Ca commence à être un peu dur. Je double sur cette avenue la meneuse d'allure 2h30 sur le semi, ça me donne un coup de boost et je suis bien content à ce moment la.
13ème mile, on rentre dans le parc, bientôt l'arrivée, j'espère que madame a trouvé pour venir. Ca tourne un peu dans le parc, elle est où cette ligne, je veux finir. Je vois des barrières, bientôt la fin mais non, c'est la séparation pour ceux qui s'arrêtent bientôt et ceux qui continuent. La dernière ligne droite, il y a du monde, du bruit, je cherche madame du regard, je ne la vois pas, je suis déçu. Je passe la ligne et je vois le temps de 3h30 approximativement (me souvient plus ). J'ai réussi, je finis mes dernières foulées et j'arrête Strava et la musique.
Je vois enfin madame, un bisou ça fait du bien. Elle était la, ça fait plaisir. J'ai fini mon premier semi-marathon. Petit passage dans les stands pour prendre la médaille, un peu de réconfort sucré et une couverture de survie pour se réchauffer.
On rentre en bus à l'hôtel, je me sens un peu moins bien dans le bus. Une douche, on s'étire je ne pouvais pas le faire avant, trop fatigué et on va prendre un gros petit déjeuner.
Voila pour le récit. |
En résumé:
Temps officiel: 2h17 pour mon premier semi-marathon Le lien strava pour les curieux http://app.strava.com/activities/171655411
Une très belle course avec un beau parcours.
Mes objectifs étaient: 1 courir sur le pont, 2 finir, 3 finir en moins de 2h45/3h (j'avais peur de lâcher sur les derniers kilomètres).
J'ai fini dans la fourchette basse de mon estimation donc j'estime que je l'ai plutôt bien préparé.
La distance du semi-marathon m'a beaucoup plu, je vais en refaire avec pour objectif de descendre progressivement sous les deux heures.
Je dois travailler la course en montée et descente et conserver les acquis travailler durant ma préparation.
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