original-sky a écrit :
Mr Mulder,
On ne peut que sourire de l'indulgence d'une large fraction des intellectuels français pour le P.C. et l'Union soviétique en leur temps, aboutissant à créer une pensée unique dans tous les secteurs de la culture (avec les conséquences que l'on constate aujourd'hui dans la sphère du politique) c'est-à-dire à la perversion de l'enseignement de l'histoire. Une opération qui a été grandement facilitée par l'imprégnation marxiste de la société française réalisée par les intellectuels compagnons de route du P.C., par les organisations satellites des partis et des syndicats de gauche, sans oublier le travail de sape d'un clergé dit progressiste. Depuis cent ans au moins, l'histoire de France est amputée et déformée, comme à plaisir. Ce n'est que récemment que des auteurs, parfois eux-mêmes venus de la gauche, ont commencé à dénoncer et à rectifier les omissions volontaires, les mensonges et l'utilisation d'une histoire tronquée pour les besoins de l'idéologie dominante : la féodalité, les croisades, les cathares, l'Inquisition, la monarchie dite « absolue », jusqu'à la Commune de 1871, l'antisémitisme et l'affaire Dreyfus, le pacifisme dans l'entre deux guerres, Pie XII diffamé, enfin la décolonisation. Malheureusement, ces travestissements de l'histoire sont enseignés dans les Instituts universitaires de formation des maîtres aux futurs enseignants du primaire et du secondaire qui diffusent ensuite auprès des élèves les bases de l'idéologie ambiante et du politiquement correct. Cela a été facilité par des choix pédagogiques volontairement engagés, comme le refus de l'évènementiel au bénéfice d'un exposé réduit aux structures, des structures qu'il est beaucoup plus facile de manipuler et de soumettre aux idéologies, par omission de tout ce qui peut aller à l'encontre des thèses marxistes, en diffusant sournoisement ces mêmes thèses. L'effondrement de l'Union soviétique n'a rien changé en France dans l'enseignement des dogmes marxistes ou plutôt d'un mélange de marxisme, de tiers-mondisme et de haine de la civilisation occidentale, avec les éternels poncifs de la lutte de classes censée tout expliquer, depuis l'esclavage dans l'Antiquité jusqu'aux horreurs du colonialisme. Jugeant le passé au nom du présent, l'historiquement correct traque le racisme et l'intolérance au Moyen Âge, le sexisme et le capitalisme sous l'Ancien Régime, le fascisme au XIXe siècle. Que ces concepts ne signifient rien hors de leur contexte importe peu : médiatiquement, l'anachronisme est payant. Des personnages, des sociétés et des périodes entières sont ainsi diabolisés. Toutefois, ils ne forment qu'un leurre. Ce ne sont pas eux qui sont visés ; par procuration, c'est nous. Tout s'explique par l'opposition éternelle entre dominants et dominés et par les infrastructures économiques. Il s'agit en fait d'un réductionnisme qui dispense d'enseigner aux élèves la complexité des rapports politiques et sociaux. Cela convient très bien à des professeurs dotés d'un bagage culturel élémentaire. Pendant longtemps ( mais cela a-t-il disparu ?) les maîtres ont enseigné des droits féodaux qui n'ont jamais existé et qui ne sont que des forgeries de l'époque révolutionnaire et du XIXe siècle, confondant d'ailleurs droits féodaux et droits seigneuriaux : droit de cuissage des seigneurs, obligation faite aux serfs de battre les étangs pour faire taire les grenouilles, et autres sottises. Quant à l'Inquisition, on a multiplié à plaisir le nombre des condamnations que nous connaissons aujourd'hui bien plus précisément et l'on a confondu volontairement plusieurs formes d'Inquisitions. En réalité, la torture a été rarement employée et les enquêtes sérieusement conduites. De même, on omet de montrer certains aspects positifs ; ainsi l'Inquisition dans le pays basque espagnol a refusé de sanctionner les faits de sorcellerie ou prétendus tels, qu'elle considérait comme des troubles psychiques, alors qu'en France qui ne connaissait pas l'Inquisition aux XVIe et XVIIe siècles, les juges royaux envoyaient des milliers de sorciers et de sorcières au bûcher. Passons aux croisades des Francs en Orient et à la Reconquête en Espagne, qui furent avant tout des guerres de libération et non de conquête, comme on s'efforce depuis longtemps de nous le faire croire, puisque tout l'Orient, l'Égypte, l'Afrique du Nord et l'Espagne avaient été envahis par les arabes et convertis par le fer et le feu à l'Islam, ou pour le moins soumis à des régimes d'oppression et d'humiliation. Les croisades ne furent en réalité que des entreprises de refoulement des envahisseurs musulmans. La légende noire espagnole se poursuit dans les manuels par le poncif de l'extermination des Indiens dans le Nouveau Monde. En oubliant de rappeler que les soldats de Cortés et de ses émules ont été horrifiés par les cultes monstrueux des autochtones cannibales, sacrifiant des milliers de victimes au sommet de leurs pyramides. En oubliant également que l'énorme mortalité des indigènes ne fut pas la conséquence d'un génocide organisé par les Espagnols, mais qu'elle fut provoquée par de redoutables épidémies. À propos du XVIe siècle,on peut s'étonner que notre enseignement ne retienne que les massacres commis par les catholiques pendant les guerres de religion, en omettant ceux, au moins aussi nombreux, que l'on peut mettre au compte des protestants, avec de terribles destructions de monuments et d'objets d'art.
Nos programmes ne consacrent que très peu de place au Grand Siècle, qui correspond pourtant sur tous les plans à l'apogée de la France dans le monde avec pour conséquence de faire disparaître des études les classiques Richelieu, Versailles et Louis XIV. Que de contresens sur la monarchie dite absolue, assimilée mensongèrement aux systèmes totalitaires actuels ! Les erreurs de vocabulaire ne sont pas involontaires, ou, si elles le sont, c'est que la formation des futurs maîtres est mal assurée. Leur parle-t-on de la constitution coutumière du royaume, des contre-pouvoirs dans l'ancienne France, des réformes nombreuses entreprises par la monarchie ? Leur explique-t-on que les philosophes des Lumières ne sont pas tous des précurseurs de la démocratie moderne, que certains sont à l'inverse les pères de la « démocratie totalitaire » du XXe siècle, d'autres encore antisémites et racistes, justifiant pour certains la traite négrière ? Que l'histoire de France ne commence pas en 1789 ? Pour le XIXe siècle, un rappel fondamental : que les révolutionnaires, socialistes ou autres, ont très peu fait pour améliorer la condition des masses ouvrières ; ce fut l'oeuvre au contraire des catholiques sociaux, souvent conservateurs, qui multiplièrent les associations, les oeuvres de charité et travaillèrent aux premières lois destinées à améliorer le sort des ouvriers. Alors cesser donc de verser votre verve académique de post-collégien trop naïf pour croire que le Monde n'est que ce qu'un professeur parmi d'autre vous à fait croire. Comme vous devriez le savoir, la vérité est ailleurs
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