Bien, finalement j'ai quelques minutes tranquilles...
Il y a 17-18 ans, je n'avais pas encore le permis, j'étais au lycée, et j'habitais donc chez mes parents donc forcément pour pouvoir sortir et aller voir les potes en dehors du bled où j'habitais, c'était compliqué puisqu'il fallait faire 40 bornes à chaque fois.
Pour l'anniv d'un pote justement, j'avais réussi à négocier un WE chez lui, c'était ses 18 ans, et je me souviens encore de sa lettre "je peux t'assurer qu'il y aura de la gueuz"
.
Bref, je réussi à négocier ce WE, et je rencontre une fille qui m'a plu tout de suite, et manifestement, c'était réciproque. Moi qui n'arrivait pas à garder une fille plusieurs semaines (envie de changer, toussa
quel connerie la jeunesse ouais
), je me dis celle-là, faut que je la garde.
On accroche tout de suite, c'est l'amour fou ou presque...la distance n'aide pas (nous n'étions pas dans le même lycée). Mais par ses connaissances, je me lie d'amitié avec sa meilleure amie et son copain qui lui avait le permis
.
Donc malgré les bornes, on arrive à se voir quasi tous les WE, comme ça ma mère ne gueulait pas trop...parce que c'est quand même elle qui décidait.
Un jour, on doit se retrouver un samedi soir sur la 'grosse' ville du coin, au Mc Do, toujours tous les 4...ma mère me dépose, et se barre...je ne me doute de rien mais ce qui va suivre va tout changer...
Je rentre tard, on passe une super soirée, j'étais vraiment amoureux, enfin une fille qui me plaît dans tous les sens du terme, bref le quasi bonheur (on avait pas couché ensemble encore
) mais ça suffisait à mon plaisir personnel, j'avais ENFIN MA copine §§§
Le lendemain matin, ma mère, possessive au possible me rentre dans le lard au 'tit déj après lui avoir posé la fameuse question "alors tu la trouves comment?' avec un sourire en coin.
"C'est une s....."
Et là c'est le drame... (il faut que je pense à mettre moins de points de suspension...).
Je ne vous raconte pas le clash qui s'en est suivi
.
Vous vous doutez que ça ne s'est pas super bien passé ; pour résumer, j'ai eu interdiction de la revoir. J'avais une mère possessive, avec qui c'était très fusionnel, avec un passé très douloureux, nous étions à la fois très proche mais souvent (trop même), ça partait en live, d'autant plus qu'en étant ado, je me rebellais plus forcément
Résultat, avec ces menaces, je n'ai pas eu d'autres choix que de rompre
.
Une lettre à la con, purée rien que d'y penser et d'écrire ça, j'ai les mains qui tremblent...j'avais honte, c'était elle ou ma mère ; vu que je n'avais pas d'autres endroits où crêcher, je n'avais pas assez de roustons pour tout plaquer ; par dépit, je n'ai pas eu le choix.
Vénère, dégoûté, vous trouverez le terme adéquat, vous vous imaginez la douloureuse situation.
Quelques mois passent, et pas de nouvelle copine, pas goût à grand chose même. Et mon pote (celui qui m'avait invité au WE) me demande si je veux revenir pour un tournoi de tennis dans son bled ; je dis oui mais sous conditions que môman veuille bien
Elle accepte.
Le samedi se passe...et devinez qui je vois? Elle, toujours là, avec ses copines
...un autre pote me regarde et me balance "elle est toujours amoureuse de toi" .
...je fais quoi, je retourne au charbon ou je fais le mort?
Ni une ni deux, je retourne la voir, lui explique bla bla et paf on ressort ensemble
. Putain, ce plaisir que de la retrouver, j'étais tout fou fou.
Bien évidemment, sur le coup, je ne dis rien à ma mère, enfin pas tout de suite, j'attends quelques semaines pour lui balancer dans la tronche. Mais on se voyait moins forcément, parce que bon, négocier encore pour faire des bornes, c'était chaud, heureusement j'avais des potes
Et puis quelques jours avant mon bac, je reçois une lettre...c'était elle ; ouh là ça sent pas bon
.
Ce qui devait arriver arriva...une lettre de rupture ; elle ne m'a pas pardonné la première fois sur le prétexte de ma mère, qu'elle ne faisait plus confiance, qu'il vaut mieux que nos chemins se séparent...
L'effondrement et la rage...ma mère à côté qui jubile avec un "je te l'avais dit qu'elle n'en valait pas la peine, tu as perdu ton temps gna gna gna" ...
Le clash à nouveau, je n'ai pas supporté, j'étais si heureux d'avoir renoué avec tant de difficultés pour la voir (+ de 40 bornes quand on a pas le permis c'est chaud
).
Il a fallu tourner la page...mouais, chaud chaud mais je n'avais pas le choix
Finalement, j'ai mon bac, je fais mon service militaire, je n'arrive pas à me stabiliser, disons que j'y pense encore mais j'ai perdu confiance en moi, et j'ai traversé une longue période de célibat.
Je prends toutefois mon indépendance, je rencontre une fille qui est aujourd'hui ma femme, mais qui a connu la même chose : ma mère n'en voulait pas.
Et là, le passé m'est revenu dans laggle : hors de question pour elle d'avoir le dernier mot.
Résultat : Nous nous sommes déchirés, je vous passe les détails, ce n'est pas glorieux
Là où je veux en venir, c'est que je ne voulais pas revivre pareille situation, sachant que là j'avais des 'armes' : un taf, un appart, mon indépendance malgré cette emprise qu'avait ma mère sur moi, j'ai réussi à maintenir le cap, au détriment de beaucoup de concessions.
Je l'avoue, je l'ai fait pour moi mais aussi pour ma (future) femme, comme une revanche sur ce qui s'était passé mais pour être honnête, je n'étais pas super amoureux pour autant, mais ça se passait bien donc je ne voyais aucune raison de dire encore amen à ma mère.
Je repense souvent à cette première fille, parce que je revois souvent...sa meilleure copine de l'époque, donc forcément, c'est chaud d'oublier. Je n'ai jamais osé lui demander des nouvelles, ne sachant pas si elles se voyaient encore...étant marié toussa, autant pas remettre de l'huile sur le feu. Mais quelque part, cette fille a fait partie de ma vie, j'ai toujours sa présence quelque part en moi, j'en étais dingue.
Il y a quelques jours, avec ma femme on discute de choses et d'autres, et on reparle d'anecdotes sur notre couple, notamment cette période où ça aurait pu basculer en sa défaveur (= aller dans le sens de ma mère), et je lui raconte ma première aventure...non sans un pincement au cœur.
Voilà, on en parle juste comme ça, elle part faire je sais plus quoi, et moi ça me met le bourdon
...je repense encore à elle ; qu'est-elle devenu depuis ce temps?
Je réfléchis longuement mais je tente quelque chose qui peut-être mal interprété, vous qui lisez ce pavé nostalgique : j'essaye de reprendre contact avec elle MAIS je précise juste, je dis bien JUSTE pour savoir si elle va bien...
Je fais le tour du net, elle est "chaude" à trouver, un peu comme moi, quasi pas de photos, un truc sur copain d'avant et trombi...je la reconnais
toujours aussi belle, bordel allez calme toi...
FB c'est plus facile, hop loupé, introuvable. Une idée me vient à l'esprit : si sa meilleure copine est sur FB, alors je vais 'têt la retrouver...en effet, j'ai réussi et là...le temps s'est arrêté : que fais-je???? Je continue, je lui écris un mot ou j'arrête là?
Je vois qu'elle est en couple, magnifique, qu'elle a déménagé là où je cherche à me faire muter depuis des années...non spa un signe, rien à voir, j'oublie..
Roooh et puis merde, je me créée un autre profil FB histoire d'être discret, bien entendu je ne raconte rien à ma femme, après tout, je ne cherche pas à la tromper mais à me libérer d'un poids : lui dire combien je l'ai aimée et à quel point elle a compté pour moi.
C'est chose faite, je lui rédige une prose dont je vous épargne les détails mais dont vous aurez compris la teneur : je me suis excusé, expliqué les raisons de la première rupture, que je l'ai aimé tellement que je ne l'ai jamais oubliée. En espérant qu'elle aille bien etc.
Je valide le message, après une énorme appréhension, genre elle répondra jamais, ou cherchera à m'éviter ; on s'imagine tout et n'importe quoi quand on est pessimiste...limite après je regrette presque de l'avoir fait genre j'ai fait une connerie, je fais ça dans le dos de ma femme etc.
Mais j'avais besoin de m'exprimer, de lui dire tout ça, et de lui souhaiter plein de belles choses pour la suite en espérant qu'elle soit heureuse.
Répondra t-elle ou pas?
Bam 15 min après, elle me répond...
Elle me répond de la plus belle (ou presque) des manières : qu'elle est heureuse d'avoir de mes nouvelles, qu'elle va bien, que depuis tout ce temps, cette lettre elle a pensé que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire mais voilà, c'était dur...mais surtout, qu'elle me croyait sur parole sur tout ce que je lui avait dit.
Et on a échangé quelques messages sur ce qu'on était devenu etc, et ça s'est terminé par une probable rencontre si je viens vers chez elle (pour le taf c'est souvent) histoire (en tout bien tout honneur hein
) de reparler du passer et de se revoir, avec, je cite ces mots 'un grand plaisir' + smiley.
Pas d'échanges de numéro, pas de bisous etc non juste des retrouvailles qui me font un bien fou...
Maintenant, je pense encore plus à elle vous devez vous en douter, de là à remettre mon couple en question, non mais je suis libéré d'un poids vous n'imaginez pas.
Elle a eu la plus belle des réactions, je suis sur un nuage, mon premier amour...encore aujourd'hui, je ne ne vais pas refaire le passé mais je sais que je n'ai jamais autant aimé quelqu'un d'autre qu'elle.
Les probabilités qu'on se retrouve réellement + nouvelle relation sont infimes, je préfère même pas ne pas y penser, ce n'était pas le but de ma démarche.
J'avais besoin de me libérer, de lui dire tout ça, ce poids depuis tant d'années. Je ne l'ai jamais oubliée, jamais pardonné, j'ai été brisé, je me suis déchiré. Aujourd'hui, j'ai refait ma vie, j'ai des enfants etc. Mais elle a fait partie de ma vie.
Assurément, mon plus gros chagrin d'amour...
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♫ I give in Again and again I give in Will you give it to me? I give in I'll say it again I give in ♫